May I have some sugar ? || ft. dems
Dove
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May I have some sugar ?ft. dems
Pourquoi suis-je là ?

Quatre mots. Tout ce qu'il y a de plus simple, à premier abord. Pourtant, ces quatre mots me laissent dans la confusion la plus complète. Aujourd'hui encore je suis là, plantée dans la vie comme un arbre ayant vu tout les autres être déracinés. Ou peut-être suis-je l'arbre qui a été arraché à ses comparses, et replanté au beau milieu de l'inconnu ?

Je baisse la tête vers ma tasse de thé. Mon reflet disparaît alors que ma cuillère, en tournant, l'assassine. Je n'ai pas envie de me voir, pour l'instant. Les filaments blonds de mes cheveux glissent sur mon visage et, dans un geste empli de lassitude, je repousse les mèches pour les caler derrière l'une de mes oreilles. C'est une vilaine manie. Un sourire mélancolique aux lèvres, je me souviens de la façon qu'avait ma mère de me dire qu'en faisant cela je finirais pas avoir les oreilles de Dumbo. Tout ça me paraît si loin, à présent. Tant de temps a passé. J'ai tant vieilli. Mon sourire s'étire, puis s'efface. Depuis quand suis-je là ? Cinq mots. Aurais-je du mal avec les phrases courtes, aujourd'hui ?

Un serveur, poliment, se glisse à ma hauteur pour me demander si je souhaite manger quelque chose. J'observe ses yeux descendre sur la main que j'ai, par instinct, descendu sur mon ventre si discrètement arrondi. Et souris.

« Non, je vous en remercie. »

Est-ce ma voix ? Je ne sais plus. Les notes agressent mes tympans comme une nuée d'aiguilles. L'ironie, c'est que les environs sont agités, bruyants, mais que le plus désagréable ce sont ces notes familières. Je n'ai visiblement pas envie de m'entendre non plus.

Je retourne le regard sur ma tasse de thé. Elle doit être froide. Je soupire, discrètement, en remettant encore une fois en place quelques mèches rebelles. Je pourrais regarder l'heure pour me consoler, me dire que je pourrais bientôt aller chercher mon époux. Mais j'ai peur que l'horloge me dise la vérité, qu'il reste l'éternité entre lui et moi. Le bleu de mes yeux se lève alors, mollement, et se dépose sur les vitres contre lesquelles de lourdes gouttes s'écrasent. Tac. Tac. Il pleut à grosses gouttes. Quelque part, ce temps me console. Quand il pleut, je ne suis pas la seule à avoir le vague à l'âme.
notes ; navrée, je n'avais pas beaucoup d'idées ;.; j'espère que ce début t'ira tout de même !

Dems
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- « Putain…. »

Une fois que la porte du local s’referma derrière moi, j’pestai. J’savais pas si les gens avaient entendu ou non mon juron, mais j’en avais vraiment rien à foutre, sérieux. J’détestais tout c’qui était en rapport avec le froid. La flotte en f’sait largement partie, du moins quand j’étais pas dehors entrain de souffrir. J’kiffais un tel temps sous une couette bien chaude, mais ça s’arrêtait là. En repliant mon parapluie, j’pestai encore une fois avant d’m’avancer vers le comptoir où s’trouvait l’proprio des lieux que j’connaissais bien et que j’appréciais pas mal. Ouais. Y’avait des gens comme ça qu’avaient ma sympathie et qui pouvaient même s’permettre d’me remettre à ma place quand j’dérapais sévère.

Ce type en faisait partie.

Après quelques salutations et une conversation de deux trois minutes pour lui raconter ma journée d’merde, j’quittai l’comptoir pour m’chercher une table pépère d’où j’pourrais m’poser un peu avant d’daigner rentrer chez moi. La journée avait été chargé, mais avec cette satanée averse, l’détour dans c’petit coin d’paradis en valait l’détour avant que j’rentre. Vu que j’avais également d’autres choses à faire une fois chez moi, j’avais commandé un café pour changer un peu d’la binouze que j’m’enfilais à longueur d’temps. En plus d’me faire du bien –et j’entendais par-là m’réchauffer agréablement-, l’breuvage m’tiendrait éveillé jusqu’à pas d’heure. Tout benef comme qui dirait l’autre.

Mais alors que j’continuai d’chercher un coin libre, j’vis une bouille. Que j’avais pas vu d’puis un bail d’ailleurs.

- « Ça fait une paie Louise ! »

Et sans même lui demander permission, j’posai mon sac au pied d’sa table, avant d’retirer mon manteau pour poser mon cul sur la chaise qui lui faisait face. Sans gêne, ouais. J’me mis à me fouiller pendant quelques petites secondes jusqu’à dégoter un paquet de clopes et l’briquet qui allait avec. Sauf que pour une fois, pas d’bol : J’avais plus aucune cigarette. J’poussai alors un long soupir avant d’reporter mes mirettes bleutées vers la « jeune » femme qui s’trouvait face à moi. « Toujours aussi belle, hé. » J’écrasai dans mes mains l’paquet d’clopes vide que je jetai habilement sur l’plateau qu’une serveuse qui passait par là tenait, avant d’me mettre à jouer avec mon briquet en attendant mon café.

- « Alors ? On est v’nu chercher son p’tit chéri ? »

Rater une occasion d’l’asticoter ? Jamais.


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Tac. Tac. Encore et toujours. La pluie crée une bulle, invisible, emprisonnant les âmes vagabondes comme la mienne. Chaque goutte qui s'écrase contre le verre m'attire, m'aspire, alors que ma main reprend de faire tourner la cuillère dans ma tasse. J'entends comme de loin les coups contre la grosse faïence. Jusqu'à ce qu'une voix plombe mon nuage.

« Louise ! »

Louise ? C'est à moi que l'on parle ? Le diminutif de mon prénom me décroche. Je lève le nez, l'air légèrement ahuri. Pour tomber sur un visage familier. Mes lèvres se pincent, discrètement, y faisant monter le sang les rougissant. Ma langue chauffe, se met à brûler contre les courbes de son prénom. Pourtant, je ne parviens pas à l'extirper de ma bouche.

Il s'impose, tout naturellement. Son manteau retiré, s'installe face à moi, de l'autre côté de la petite table, pour partir à la recherche de quelque chose. Un paquet de cigarette, un briquet. Mon mari me saute au visage, lui et sa manie de fumer à la moindre occasion. Un instant, je repense aux murs grisés de ce qui a un jour été mon cocon, et manque de peu de soupirer. Pourtant, c'est une profonde expiration de mon comparse qui se presse dans l'air. Ses yeux posés sur moi, il reprend de me parler, ses lippes laissant fuir le japonais à l'accent parfait.

« Toujours aussi belle, hé. »

Un rire m'échappe. Nerveux, peut-être. Belle n'est pas le premier mot me venant à l'esprit. Mais lequel est-ce, d'ailleurs, perdu quelque part dans les méandres de ma psyché ? Tout me semble flou. Le bruit de son paquet de cigarettes froissé, puis écrasé, vibre dans mes oreilles. Un drôle de bruit, au milieu des voix.

Jusque là, la possibilité qu'il ne soit que de passage était encore en jeu. Mais sa voix reprend, après qu'il se soit débarrassé du paquet vide sur le plateau d'une serveuse en mouvement. Joli lancer.

« Alors ? On est v’nu chercher son p’tit chéri ? »

La possibilité disparaît. Contrairement aux apparences, je ne suis pas mécontente de la présence de cet homme. Simplement embêtée de devoir feindre le bonheur devant une personne de plus, qui me parle comme à toute autre. Je me redresse un peu, m'installant plus convenablement dans ma chaise, ma main de libre reprenant de caresser mon ventre si imperceptiblement arrondi sous mon épais pull beige. Mon autre main abandonne la cuillère pour soulever la tasse par sa hanse, venant presser le récipient contre mes lèvres. Le thé, froid comme je m'y attendais, glisse et vient se faufiler jusque dans ma gorge avant que je ne repose la tasse, tranquillisée par cette courte gorgée. Ne jamais rien laisser transparaître.

« Bonjour, Daichi ! »

Daichi. Le mot est sorti tout seul. En ouvrant une poignée de secondes des yeux légèrement arrondis par la surprise, je me demande s'il s'agit au moins du bon prénom. Très certainement. Probablement ? Je n'ai pas la mémoire des noms. Je me souviens des voix, des visages. Je me souviens du masque des autres. Lui, n'en porte pas. Quelqu'un de fort, pour sûr.

« Effectivement, oui, je suis là pour Yasuhiro. Je profite de pouvoir encore venir le chercher à pied, avant de n'être réduite à rouler. Rouler littéralement. »

Un autre rire. Plus naturel, cela dit, plus enjoué. L'idée de grossir à vue d’œil pour la vie grandissant au creux de mon ventre m'enchante certainement trop. Après tout, je vais prendre du poids. Je me console : je n'ai jamais été fine de toutes manières. Une nouvelle gorgée de thé. Je devrais peut-être en demander un autre ? Non. Je ne veux déranger personne. Les serveurs ont bien d'autres choses à faire. La tasse redescend, se repose sur la soucoupe blanche. Un nouveau sourire vient paresser sur mes lippes, et je remets en place une mèche de mes cheveux pour reprendre.

« Et toi, que fais-tu là ? Je suis étonnée de voir quiconque de la maison avoir le temps de prendre un café. », je marque une pause, en cherchant mes mots, puis ose malgré tout poursuivre. « Les récents événements ont mit tout le monde sur le qui-vive, n'est-ce pas ? Et les médias n'aident en rien, bien sûr. »

Je sursaute, légèrement, en songeant à mon impolitesse. Lui parler ainsi des problèmes du pays sans prendre le temps de lui demander ce qu'il souhaite boire. Mon sourire prend cet air embêté, et je reprends de rire légèrement nerveusement en agitant une main dans l'air pour souligner l'embarras.

« Oh, excuse-moi ! Avec tout ça, je m'inquiète sans cesse et j'en perds mes bonnes manières. Tu veux commander quelque chose ? Je paie, aujourd'hui, si tu veux. »
notes ; hop, et une réponse pour monsieur !

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