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de l'indéfectible loyauté (monsieur)
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( merci monsieur )


la porte est là devant elle, béance familière par laquelle jiji entre non sans avoir frappé au préalable. elle s'est elle-même inscrite dans l'emploi du temps de monsieur; pour être sur de le respecter parfaitement. elle s'y est insérée pour une durée déterminée afin d'être certaine de ne pas empiéter sur les activités qui suivront. elle pose sur le bureau un petit paquet contenant des pâtisseries, comme on ferait une offrande polie à une déité.
au panthéon de jiji, monsieur apparaissait comme une figure importante, une figure à qui elle offrait une loyauté sans failles.
incapable de s'asseoir pour l'instant, elle restait stoïque, debout, regardant tantôt son patron, tantôt le mur derrière lui. puis elle finit par relâcher un petit soupir.

― monsieur, je me suis permise de m'immiscer dans votre emploi du temps aujourd'hui, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

elle s'incline respectueusement une nouvelle fois, puis décide enfin de venir s'asseoir, croisant devant elle ses jambes interminables.

―  je sais que vous êtes bien le meilleur dans le domaine de la résolution de problème puisque je travaille pour vous.

elle détache ses mots, lentement, avec douceur, sur le ton le plus calme qu'elle puisse offrir. alors qu'en vérité, au fond d'elle serpentait l'agacement et quelques brides de colère. elle se sentait humiliée, elle se sentait véritablement peu encline à faire de concession sur l'épisode qui s'était joué au parc ueno quelques jours plus tôt. la rancune violente rendait amère sa bouche.

― et j'aimerais, si vous y êtes enclin, que vous me permettiez d'emprunter vos services pour que je puisse résoudre un problème.


elle croise ses mains sur ses genoux, ses lèvres frémissent de dégoût.


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Monsieur était arrivé tôt, comme à son habitude. Difficile d’accès jusqu’au temps de son premier café, il se cloitrait généralement dans son bureau, faisait la tournée de ses courriels avant de s’attaquer au journal. Il s’était amouraché d’une variété de café lors d’une visite impromptue dans une brûlerie en vogue et c’était  avec beaucoup d’effort qu’il peinait à distinguer les arômes caractéristiques du Jamaican Blue Mountain, feuilletant les nouvelles du jour. Par l’ouverture de la porte (maintenant ouverte, signe qu’on pouvait lui parler), il vit Jiji s’approcher, le bruit de ses talons aussitôt suivi par celui de son poing contre la porte. Il redresse la tête vers elle, remarque son air perturbé, mais n’en dit rien. Il l’écoute dans un silence impartial, mains jointes sur le dessus de son bureau, ignorant les pâtisseries pour le moment. Il savait Jiji très respectueuse, mais quelque chose le faisait tiquer dans son excès de politesse. Il désigna la chaise à côté d’elle, tout juste ne face de lui. «Je vous en prie, Jiji, asseyez-vous »  Il attendit qu’elle s’exécute, la proposition s’apparentant plutôt à un ordre, mais il souhaitait la voir à l’aise, plus qu’elle ne l’était présentement, du moins.

«Vous voulez un café?» Il se leva pour remplir sa tasse à nouveau, ajoutant du sucre –beaucoup- pour couper l’acidité. Il vint se rasseoir face à sa secrétaire. «Jiji, vous n’avez pas à vous confondre en courbettes ou autres politesses pour me demander quelque chose. Vous savez très bien que ma porte vous est toujours ouverte et je vois bien que vous n’êtes pas dans votre assiette. Que se passe-t-il?» Il finit tout de même par céder, attrapant un croissant du bout des doigts.
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( merci monsieur )

elle avait toujours trouvé à sa voix un timbre rassurant - de ces voix qui font paraître chaque mot importants. un peu comme celle qu'avait son père. ses épaules s'affaissèrent doucement, laissant à chacune de ses expirations s'échapper la tension qui crispait sa mâchoire. la jeune femme inclina sa tête vers l'avant, acquiesçant le café, s'excusant de son ton formel, de ces procédures de communication qui la confortait dans une sorte de cadre rassurant.
elle laissa pourtant s'étendre un silence qui aurait pu paraître gênant, mais qui n'était pour elle qu'une sorte de mise en place de ce qu'elle voulait exprimer. en ce temps, elle but une gorgée de café, appréciant la qualité. et finalement, elle reprit la parole.

― il y a quelque jour, j'ai été me promener au parc d'ueno. je n'y vais pas souvent. elle marqua une pause, croisant et décroisant nerveusement ses jambes. j'y ai croisé un homme, pas vraiment des plus charmant.

elle repensait alors à ces doigts dégoutants qui pressaient sans vergogne ses seins, à cette haleine, cette odeur de sueur par dessus tout. jiji déglutit, ses dents serrées. si elle avait toujours eu une facilité déconcertante à n'afficher rien d'autre qu'une visage poli, aujourd'hui le manque de considération et de respect qu'elle avait subit rendait son visage plus furieux.

― en vérité, même très déplaisant, il m'a agressé, a volé mes affaires et je dois dire que je n'ai jamais été aussi en colère depuis... enfin. vous savez. et il a eu le culot de m'inviter chez lui après ça.

elle fixait monsieur, yeux dans yeux, dans l'attente inévitable qu'il lui dise quelque chose qui la rassurerait. qui lui ferait à nouveau prendre conscience qu'elle mérite du respect.


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