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aux sombres héros de l'amer ft. rinne
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❝ aux sombres héros ❞  
ft. rinne


au bord de l'eau, les yeux dans l'amer. et la mer à ses pieds. la période grise est installée, depuis trop longtemps déjà. cette routine, ce spleen annuel qui la noie dans l'émoi. elle regarde les vaguelettes se former et se déformer. la marée est basse. une légère brise agite ses mèches de cheveux. elle ne s'est pas coiffée, pas lavée depuis plusieurs jours. trois, ou quatre. elle ne compte plus.
un souvenir fugace la retient sur le bord de cette plage, elle remonte la fermeture de l'immonde sweat à capuche. ses souvenirs sont vagues.
plantée dans le sable à côté d'elle, une bouteille d'alcool. entamée bien évidemment. elle ne conduira pas aujourd'hui, elle essaie de se noyer. de s'assomer, d'oublier. le black-out, sa fuite en avant pour ne surtout pas faire face à l'absence et à la tristesse.
nana ne doit pas être triste, nana doit être tout sauf triste.
alors elle est soûl.
sur la plage, seule, solitaire.

« vivement l'année prochaine. »

elle murmure, empoigne sa bouteille et se resserre.
à sa santé.
elle réajuste ses lunettes bleues favorites sur l'arrête de son nez et se met à chanter. une comptine pour enfant et sa voix déraille. pathétique spectacle. il faut qu'elle se reprenne, elle le sait. mais avant, elle se met une dérouillée, elle se fera probablement baisée, et puis demain, elle retournera travailler.

arrête tes conneries.
c'est probablement ça qu'il lui aurait dit.
papa.
Rinne
aux sombres héros de l'amer ft. rinne 1503175769-2017-08-19-22h49-10
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 532
Rinne
C/4

Pour m'aérer,
j'irai voir la mer.

19 novembre 2017 - 15h30





Y’a voilà deux semaines que t’as pas put prendre l’air
que ton corps est une carcasse alitée qui a besoin d’aide pour rester animée
que t’es fichée dans un matelas qui sent le vieux, le renfermé
que les lumières sont blanches, et qu’elles te crèvent les yeux
Puis ce bipbip infernal
ces cables et branchements qui n’ont rien de normal (pour toi)
T’as fais pression pour qu’ils te laissent t’en aller (plus tôt)

T’en pouvais plus, t’allait craquer.

Pourtant, d’une certaine façon, cette parenthèse hors du temps et de la société t’avais reposée. Un moment de repos, une retraite forcée, un congé impromptu. Rinne, du fond de ta chambre d’hopital, les os en miette et l’esprit perturbé, t’avais put pour une des premières fois, obtempérer à tout laisser couler. De là où t’étais, observée et interrogée, personne avait osé t’approcher, quémander un service, rappeler qu’il fallait…
Si. Y’avais bien eu une visite. De ces tréfonds que tu pensais éloigné. Ça t’avais glacé le sang ; mais tu avais trouvé ça logique. Il était venu te faire la nique. Ou glisser dans tes veines déjà perfusées un peu plus de sang froid, un rappel, un énième, et ce sourire cassant, effilé comme un morceau de viande saignante.

Rinne avait filé droit en sortant de là. Elle avait déjà son idée en tête ; son besoin primaire. C’était d’aller prendre tout l’air nécessaire ; de récupérer à tout prix l’oxygène naturel qui semblait lui avoir été arraché. Son dos brulait encore ; et sa démarche était bien baisée. Mais elle avait marché d’un pas énergique quand même jusqu’au métro ; ses quelques biens fiché dans le sac de cette soirée-là. Rinne, y penser, elle voulait pas. Elle voulait juste voir la mer, l’horizon à perte d’occulaire.
Se perdre dans la contemplation, nécessaire.


<>


Lorsqu’elle arriva sur la plage, il était 15h30. Quelques heures avant que la nuit tombe, encore du jour pour faire jouer les ombres. La marée était basse, la mer s’était comme retirée. Bien qu’elle se fit la remarque (comme si elle s’était tirée pour se moquer), Rinne ne se formalisa pas. La nature a ses droits. Y’avais pas âme qui vive à l’horizon, juste la brise, le froid de novembre, et la fraicheur incroyable de l’espace vivifiant. Elle descendit vers le sable en ignorant son corps qui grognait. Sous son épais pull de laine et son pantalon ample, tissus informes récupérés malgré elles, des bandages encore neuf maintenait secrètement une ossature en dérive.

Elle reviendrait prochainement à l’hopital, elle le savait. Mais ils avaient acceptés qu’en attente de l’opération finale, elle puisse recouvrer un peu de sa liberté. Rinne avait sut argumenter. Trop de spleen pour y rester.

Elle remarqua sur le tard la présence discrète et tragique enfoncée dans le sable. Ses yeux ripèrent, attentifs à quelque chose qui semblait les appeler. L’adulescente ne compris pas tout de suite, et elle dut les plisser. Ce pull… Ce pull était étrangement familier. Sa mémoire s’activa ; épluchant les visuels qu’elle avait emmaganisée. L’oral se perdait, les images demeuraient. Telle avait toujours été sa capacité étrange, à tout imprimer, à ne rien enregistrer.

Putain ! C’était SON pull. D’une soirée délabrée. D’un moment de grâce où un ange bien étrange avait décidé de la prendre. De la sortir du caniveau où elle avait glissé. Rinne se dit que le destin était vraiment bien étrange. La ville si grande semblait circonscrire son monde à quelques échanges. Rinne était cependant bien différente de cette soirée. Déjà, elle était Rinne. Pas Rhyme. Pas cette épave ambulante. Ensuite, malgré les nombreux soucis qui s’étaient accumulés, Rinne était bien plus solide et déterminée que le soir où tout avait fondu de larmes acides qui avait eu du mal à s’arrêter (jusqu’à ce qu’Elle, s’arrête). Nana. Oui. Voilà. Et elle, Seika. Elle fut enchantée de s’en rappeler. De ne pas merder sur ce coup-là. D’avoir un sens des priorités aussi anormalement hiérarchisé.

Elle se rapprocha en silence, ses yeux clignants parfois subitement sous les contractions de son corps défoncé. Posa sa voix sur le sable, calmement.

    « Il sert bien pour ce genre de jour-là. »

Rinne faisait référence aux éléments frisquets en présence. Mais son regard glissa du haut de la capuche à une bouteille qui dépassait de ses mains. Ah. On buvait rarement seule à cette heure-ci des alcools corrosifs sans motifs dangereux. Qu’ils soient positifs, ou malheureux.
Elle aurait aimé lui en demander ; mais son état de santé le déconseillait. Et Rinne voulait tout, sauf retourner d’où elle venait.

Elle se posa à coté d’elle ; en laissant un espace raisonnable. De ce qu’elle connaissait d’elle, si elle le souhaitait, elle s’en irait.

En revanche, une cigarette… Elle plongea dans son sac et en sortie son habituel paquet. Dedans était fiché le même briquet ; parce que Rinne n’avait pas eu l’occasion de fumer depuis un bon moment. L’immobilité l’y avait forcée. Elle l’alluma et tendit muettement son paquet vers Nana. Une bonne clope accompagnait toujours agréablement ces liquides corcés.

et toi qu'es-tu donc
venu chercher ?



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❝ aux sombres héros ❞  
ft. rinne


c'est l'étalage du triste, l'apanage du dueil, le florilège de fin d'année. elle se sent se noyer doucement dans le pathétique et au fond, elle déteste ça. elle abhorre ce  manque de vie, ce manque de volonté. au fond, elle se hait d'être aussi sentimentale, de subir cette inlassable déprime de fin d'année, depuis si longtemps.
elle crache. charmant. ses doigts sont engourdis. et elle tente tant bien que mal des les réchauffer en les coinçant sous ses aisselles.
elle entend quelque chose, des mots, une phrase. sous la capuche, elle se tourne légèrement.


« il convient aux jours gris. » articule-t-elle doucement.

elle accepte ce qu'on lui tend avec un hochement de tête et tire une cigarette du paquet de ses deux doigts rougis. entre ses doigts, elle regarde le cancer, la mort lente, et caetera...


« techniquement j'ai arrêté de fumer. »

elle fait un clin d'œil à rinne et ça lui arrache un petit rire. un rire con. puis elle allume la clope et recrache une bouffée de fumée viciée. y a rien qu'elle aimerait dire de plus ou faire. elle évalue son état à en dessous de zéro. un chiffre dans le négatif. et recrache encore. elle reprend ses ruminations, serre les mâchoires.
pensive, elle se laisse presque endormir par le bruit des vaguelettes.
puis elle sursaute.
la clope vient de tomber sur son legging en synthétique et a eu le temps d'y faire un trou avant qu'elle ne puisse sauter en arrière.

« merrrrddeeee- »

suivit d'une autre bordée de juron tandis qu'elle replante la cigarette entre ses lèvres. elle retire la capuche d'un geste rageur et se redresse pour évaluer les dégâts mais peu stable, elle finit par s'écrouler sur sa voisine...

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