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il était une fois [Jun] <over>
Rinne
il était une fois [Jun] <over> 1503175769-2017-08-19-22h49-10
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
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Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
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Rinne
C/4

Le chant des sirènes,
me paraît bien affable.

, 15h03




Tu te souviens d’une paume qui n’était pas ta main
elle encerclait tout ; comme un globe terrestre miniature,
toi le soleil, lui…
Tu te souviens des doigts, doux, et si grands à la fois
tu devais tendre le bras, mais eux se baissaient déjà
Tu buttais parfois sur quelques pas, il y avait des cailloux sous tes pieds
À d’autres, tu t’élançais, tu étais joie
Et cette main, tu te souviens
tu priais pour qu’elle ne te lâche jamais.



Parce que le temps était compté.


Rinne repris phase avec la réalité. Il était 15h, le soleil était à la bonne hauteur : il régnait dans le salon de thé cette même ambiance apaisée qu’elle avait pris l’habitude de tant apprécier. Pas une seule fois l’habitude n’avait tari l’affection qu’elle portait à l’endroit. À l’inverse du konbini, il ne s’agissait pas de se murer dans une tâche parfois ingrate, mais de voguer dans une position de service délicat, une sorte de révérence à l’encontre du consommateur qui avait l’avantage de nourrir ses connaissances, ravir ses papilles, embaumer son nez de succulentes odeurs.

Comme si souvent ici, quelques tablées étaient déjà remplies en ce milieu d’après-midi. Des gens âgés, habitués aux visages marqués par la vie, et aux goûts très marqués. Rinne n’essayait pas toujours de leur indiquer de nouvelles directions, mais la patronne aimait actualiser la carte de ses monts et merveilles. Elle avait donc malgré l’entêtement de l’âge, l’occasion de les conseiller, et c’était ce qu’elle préférait. Il y avait dans leurs yeux ridés des reflets étranges qui ne cessaient de l’obséder. Et des oreilles attentives. Comme si travailler au Chat Noir avait permis à Rinne d’un peu s’apaiser, mais aussi, d’avoir pleine conscience d’une complexité inhérente à l’existence. Elle ne se l’expliquait pas, mais l’individualité sautait aux yeux chez ces personnes.

Peut-être étaient-ils tous plus particuliers que n’importe quel japonais. Mais elle en doutait. Ce devait être un contexte ; une latence, le temps que lui accordait (imposait) ce travail exigeant. Elle avait de la chance. Depuis plusieurs semaines, ses journées de labeur (elle avait du mal à associer ce vocable à une telle occupation) bénéficiait du sourire solaire. La lumière venait toujours jouer sur le parquet laqué, et il lui était infiniment difficile, parfois, de résister à l’envie de s’absorber totalement dans la contemplation. L’œil du photographe aurait été râvi par le nombre de choses qu’il y avait à saisir dans l’espace si silencieux et si calme.

Elle reposa l’assiette en porcelaine que son chiffon venait d’essuyer. Son chiffon, pas sa main, parce qu’elle se sentait encore trop déconnectée. Le geste mécanique semblait ne pas lui avoir appartenu.

Pourtant, le bout de ses doigts était bien humide.

Depuis quelques temps, Rinne recevait chez elle une étrange parade visuelle ; qui glissait momentanément un rideau sur les évènements du présent. C’était une sorte d’ombre diffuse qui survenait en valves impromptues. Plus que des images, c’était de l’ordre d’une sensation que son esprit ensuite, seulement, parvenait à formaliser (d’une façon toute aussi étrange). Elle n’osait pas parler de souvenir (d’ailleurs, elle n’en parlait tout simplement pas), mais quelque chose de bien enfoui, lointain, et pourtant tout devant, lui criait qu’il s’agissait non pas de rêves mais de mémoire ; des chimères d’un autre temps.

Elle ne comprenait pas d’où provenait l’effet. Ces dernières semaines avaient été dures, jonchées de tranches dans l’ordre bien ordonné de ses habitudes, mais rien, rien qui ne se reliait aux sensations bienfaisantes (et extrêmement troublantes) de ces images sans visages. Et pour une fois, bien que son esprit fut tout intrigué, elle ne s’en inquiétait pas. Il y avait une étrange mélancolie, peut-être, un peu de tristesse, ou une crainte infime, mais rien, non rien, de menaçant.
Rinne arrosait les plantes encerclant l’entrée, là où les nombreuses chaussures avaient été déposées et remplacées par des Geta, quand le carillon sonna. Elle se redressa calmement, et s’inclina, quelques mèches échappées de ses longs cheveux s’agglutinant sur le devant de son visage. En se redressant, Rinne tomba nez à nez avec un visage vieillit qui lui était familier. Elle l’avait déjà croisé, quelque fois, ici-même. Deux fois pour être exact. Il régnait autour de ce personnage une aura incertaine, et plus que ça, l’impression immuable d’être insaisissable.


    « Bonjour Kagure-san ! »

Elle se redressa, un sourire sincère, quoiqu’un peu timide sur les lèvres. Il y avait des clients plus intimidants que d’autres.


    « La table de la verrière est libre. C’est assez rare pour valoir le coup de vous laisser tenter ! »

Rinne n’était jamais aussi enjouée qu’ici (sauf peut-être, en borne d’arcade). Ce n’était pas son enthousiasme tel qu’il pouvait s’exprimer face aux mignonnerie, ou à son idole du moment, Momoka. Ce n’était pas teinté de sa timidité et maladresse maladive (et pourtant si rare dans d’autres cas). C’était une joie comme on en a lorsqu’on souhaite communiquer sa passion à quelqu’un ; que l’on aimerait prendre l’autre par la main et lui dire « regarde ! c’est si bien ! ». C’était cependant un enthousiasme dilué, adoucit, pour correspondre à l’étiquette exigée, et se fondre ; ne surtout pas, importuner.

Elle ne put s’empêcher de se demander
quel parfum
quel thé.



Junichi Kagure
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Junichi Kagure
D/5

Y a rien à faire.
Il n’y avait décidément rien à faire. Le bruit de l’horloge, de la maison parfois grinçante, des portes coulissantes tremblantes au moindre coup de vent. À cela s’était ajouté le sifflement de la bouilloire, dans ce calme parfait, cet ordre organisé, perfectionné au cours des années. Tu finis par reposer ton journal, retirant tes lunettes, tes doigts venant masser tes sinus. Apprendre à ne rien faire. Une discipline difficile que tu avais du mal à adopter. Si l’on croyait que cela faisait déjà une heure que tu t’étais attaqué à décortiquer les nouvelles, cela faisant en réalité à peine quelques minutes. Tu avais lu les gros titres, les sourcils froncés, réservant un mot doux pour chacun d’eux.

« Des conneries, ça on s’en fout, ça c’est d’la merde… Ils en ont pas marre d’écrire n’importe quoi? » Les mots croisés partiellement remplit, tu avais finis par froisser les pages, laisser le journal gire sur un coin de la table. Si d’habitude tu savais faire l’impasse sur ce genre de futilités, t’accommodais du temps qui passait, aujourd’hui la patience te manquais. Tu fais parti de ces gens qui vivent avec leurs tares, qui parfois pensent au passé et lâchent un léger rire. Les tu te souviens, accompagnés d’histoire plus terribles les unes que les autres. Mais ce visage croisé dans la lumière blafarde d’un néon, au détour d’un Konbini, il t’avait marqué.

C’était comme revenir quarante ans dans le passé. Et il faut bien se l’avouer, à partir d’un certain âge, les sauts temporels possèdent de nouvelles importances. C’était comme si elle était revenu te hanter, ta satanée fille. Qu’elle s’était cristallisée sous sa forme la plus juvénile pour te faire la nique, te dire, regarde ce que t’as raté. Et toi tu l’as regardée, mains dans les poches, regard cireux, une épaule haussé. Mais le nom brodé sur la veste de l’employée du salon de thé disait autre chose. Autre nom, autre identité, autre personne. Elle t’as rendue ta monnaie et tu t’en es allé, non sans arrières pensées. T’as beau être vieux, tu n’es pas fou.

Tu t’es renseigné, savoir qui elle était, à qui elle était apparentée. Parce que ces traits-là, c’était les tiens, ceux de ta défunte épouse et ceux de ta détestable fille couplé à un étranger dont tu ne voulais rien savoir. C’était tout ces visages là, concentrés en un sourire, comme si cette petite n’avait désirée prendre que le meilleur de vous. Un nom était tombé. Et sur le bout de papier, t’as pas eu besoin de lire le dossier, les simples caractères formant Rinne t’avais confirmé qui elle était. Une cigarette à la main, tu t’étais décidé. À ne rien dire, ne rien faire, ignorer ce qu’il en était.

La gamine avait survécu sans toi, elle le pouvait probablement encore jusqu’à ta mort. Mais il faut croire que c’est dans les gènes, d’aimer la gangrène, de vouloir s’aventurer. Alors te voilà dans ce salon de thé baigné par la lumière, accueillit convenablement par cette jeune demoiselle à qui tu rends un sourire lunaire. Imper au bras, chapeau sur la poitrine, tu lui rend ces salutations.

« Bonjour. Va pour la verrière alors. »

Tu te laisses conduire, tu prends place. Et tu t’imagines que tu te fonds si bien dans la masse. Que tes cheveux blancs attendrissent, que tes rides marquées lui font penser que tu as vécu une vie bien agitée. T’es un vendu, un converti à la violence qui tiendra bientôt de la porcelaine entre ses doigts. Tu salueras peut-être des visages familiers qui eux ont aussi ont l’habitude de se traîner dans ces lieux coupés du reste. Tu plisses les yeux, recule le menu afin d’apercevoir les caractères. T’as envie de faire l’effort bien que tes lunettes soient dans ta poche. Tu finis par la poser, affichant un sourire satisfait.

« Je vais prendre comme d’habitude. » Mais avant qu’elle reparte, tu la garde encore un peu auprès de toi avec un « D’ailleurs, Rinne, » que tu laisses en suspens. Et tu lances, « Comment va ta mère depuis le temps? » glissant une photo sur la nappe repassée. La photo date, mais l’on reconnait avec évidence les protagonistes. Jun, tu es à peine vieillissant sur celle-ci, ton épouse est encore là, à tes côtés. Tandis qu’entre vous deux, il y a cette silhouette identique quoique plus âgée, tirant une moue agacée. Ta main est placée sur ton épaule, ton air est presque sinistre. C’est pas comme si tu étais un grand passionné de photographie, un aimé de l’objectif.

Et malgré l'éclat, tu conserves ton sourire, tu le temporises. C'est pas de la joie, c'est pas bienveillant. Ni vraiment méchant. Mais ça traduit aisément ton envie de surprendre, ce côté pervers que t'as toujours eu de sourire avec parfois cet air inquiétant.
Rinne
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Rinne
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Le chant des sirènes,
me paraît bien affable.

, 15h06






Il y a un peu de nuit dans le sourire de ces lèvres
et tu l’emprunte pour le cacher contre toi,
comme un trésor d’enfant que tu caches sous tes yeux.


Rinne te guide jusqu’à la table. Tu ne le sais pas, mais elle est intriguée, et surtout, elle a hâte. De te proposer la nouvelle spécialité, parce que c’est ainsi qu’elle a procédé toute la journée. Parce qu’elle ne peut pas s’empêcher de vouloir en parler, parce que le gout est si particulier, que les arômes du thés sont si bien accompagnés. Lorsque tu lui dis « Je vais prendre comme d’habitude », elle ne démord pas ; et son sourire doux s’agrandie, elle se donne du courage. Ici Rinne réapprends un peu la vie. Et sous le colle roulé d’un noir corbeau qui cercle son cou, le collier de bleus semble un peu plus discret. Comme si ce lieu était une parenthèse, plus béante encorte que ne l’est son quotidien en entier. Quelque chose de plus vaporeux. Alors elle entonne à ta réponse, directement.

    « Vous ne voulez pas plutôt… »

Et sa requête, déjà bien impolie (mais qui fait office de classique ici), meurt avorté sous une photo glissée. Son regard s’est figé sur des couleurs passées, que le temps a mangé. Il y a un mot qui lui semble étranger, qui sonne comme si elle l’entendait pour la première fois, alors qu’il fait partie des premiers. « Okasan ». Rinne ne sait pas si ce qu’elle a entendu est réel. Pourquoi monsieur Kagure lui demanderait comment va sa mère ? Et l’interrogation lui fait mal ; parce qu’elle pensait qu’on lui épargnerait. Qu’au moins au delà des atrocités, on laisserait reposer en paix les souvenirs d’une famille unie. Quelle ironie. Et son cerveau met du temps à comprendre, identifier strates par strates ce qui lui est donné à voir. Et son regard se trouble parce qu’elle ne sait pas trop ce qu’il faut croire. Quelque chose s’est tû, a mué en statue.

« Maman a quelque chose de difficile à t’annoncer petit ange. »

Il y a des larmes qui roulent sur les joues d’une enfant. Elle a huit ans, et que le monde est grand. Insaisissable mirage, las, cependant. A cet âge, on comprends déjà tout ; alors pourquoi n’a-t-elle pas sut le voir ?



« C’est la meilleure solution ! J’ai assez payé de son égoïsme ! L’y emmener était une erreur ! Une erreur ! Mais je préfère encore qu’elle le pense mort qu’innaccessible. Elle n’a pas besoin de le retrouver, elle n’a pas besoin… C’est pour son bien… »

C’est la voix d’une figure maternelle qui se brise dans les murs d’un appartement. Rinne, tu ne dors pas, et le vide est géant. Tu ne sais pas ce que tu entends, ou alors, ton esprit t’indiques qu’il faut choisir l’ignorance.



« Il ne faut pas parler de papé, Rinne, sinon son âme va se réveiller. »

C’est de l’oubli qu’on t’inflige, de bras aimants qui se perdent sur ce qui est juste. De la peur de la haine, on prends crainte de ce qui devrait nous aider (rester humains).


Combien de minutes, figée dans la glace d’une réalité incongrue ? Il y a de la contraction sur ton faciès Rinne. Et tes yeux se redressent lentement dans ceux qui te toisent, et tu y vois quelque chose que tu ne sait pas sonder. Comme une main qui se tends - trop loin pour être attrapée. Et ton faciès heureux ne sait pas mentir parce que tu es acculée. Tu tends une main vers ta gorge, là où l’air a tant de difficultés à circuler. Puis te ravise, interromp ton mouvement.


    « O… »

Et ton bras se baisse, indubitablement, il rejoins le coté de tes fesses. Tu a l’impression que le sol s’effondre, qu’il y a un tremblement. Mais tu sais que ce n’est pas un séisme : juste ton propre univers qui une fois de plus, s’effrite cruellement. Alors il y a de la buée sur tes pupilles noires ; et on peut sentir dans ton regard une foule éparses de segments qui se croisent, s’entrechoquent, une escrime désordonnée à l’honneur du mois le plus mouvementé. De contradictions en déni, ta tête accepte l’idée d’éclater.

Face à toi,
un homme qu’on t’avais dis mort.

Une petite fille grandit
avec le désir de se conformer aux attentes
elle comprends que pour réussir
il lui faudra choisir l’omission
Alors elle prends dans le creux de ses mains un souvenir encore chaud
Elle le fixe comme si tout le chagrin y avait été inscrit
Et d’un revers de main, le glisse à l’intérieur d’une toute petite boite



« …Ji-san ? »


Qu’il ne faudra plus jamais ré-ouvrir


Sur le bord de ses joues, Rinne a une larme qui coule.
Autant de solitude pour des années
d'oubli


Junichi Kagure
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Junichi Kagure
D/5

Tu lâches ton sourire désarmant, tu poses les armes à terre le temps d’un instant. Parce que ce visage là, tu t’y attendais pas. Ni à une telle sensibilité. Tu tires à nouveau la photo vers toi, tu la ranges l’air de rien, car ça ne sert plus à rien d’en tirer davantage. Parce que cette soudaine n’a pas tardé à alerter les yeux agiles des commères en quête d’activité, tu te lèves doucement. « Il faut pas se mettre dans des états pareils. » Tu saisis son avant bras avec ta poigne naturelle, tu l’invites à s’asseoir en face, histoire qu’elle puisse se reprendre. Car dans le fond, ça t’embêterais d’avoir une petite fille éplorée pour les quinze prochaines minutes.

Une fois l’attention retombée, tu fais signes à une autre serveuse, cet air toujours aussi aimable, implacable qui orne ton visage. Tu sais pas pourquoi elles sont ses larmes, ou pour qui. En tout les cas dans son regard, elle t’as donné l’impression de voir un revenant, comme si t’avais poussé ta pierre tombale pour venir lui passer le bonjour. Finalement, celui qui hante les gens, c’est toi. « Je crois que votre collègue est un peu surmenée. Vous devriez prendre soin de vos employés, comment voulez-vous qu’elle serve dans cet état. » Tu pointes sur le menu ce que tu désires prendre, faisant signe du bout des doigts qu’il y en aura deux.

Vous voilà seuls, face à face et tu lui tends un mouchoir, ton sourire est vacant, ça n’a jamais été ton fort de consoler les âmes esseulées. Tu es celui qui donne les premiers soins avant de laisser le reste aux mains de quelqu’un plus expérimentées. En réalité, tu ne t’es jamais attardé sur le chagrin. Tu as toujours trouvé ce sentiment étrange, tu as toujours fais en sorte de le ravaler, de le digérer silencieusement. Un coude posé sur la table, tu l’observes. Elle ressemble beaucoup à sa mère, il n’y a pas de doute. Mais c’est seulement physique, car tu connais la génitrice et celle-ci n’aurait pas daignée verser la moindre larme en ta compagnie.

Elle aurait probablement eut l’air terriblement dédaigneuse, se serait peut-être même permise de renverser quelque chose sur son passage une fois la fuite prise. Une vraie tempête. Tu es étrangement calme, détendu et on s’attendrait à ce que tu sois d’une bienveillance infinie. Mais tu observes simplement la chute, te demandant combien de temps ça prendra. « Je pensais pas que tu te mettrais dans cet état. Elle est morte? Ça m’étonnerait pas qu’elle ait même pas daignée m’inviter à son enterrement. Butée jusqu’au bout. »

Tu sais bien qu’on pourrait te qualifier de nombreux noms d’oiseaux, que ta réaction manque de sensibilité. Mais tu sais bien qu’elle est pas morte va. Que même s’il y a un fond de vérité coriace là-dedans, tu réagirais pas ainsi. Mais ça fait partie de ta personnalité, de ton humour douteux. De cette déformation professionnelle qui te fais rire face à la mort. Pour toi, c’est plus tabou tout ça. Les tabous, on les craint jeunes. À ton âge, on s’en fout. Et tu vois ses yeux rouges qui ne semblent pas se lasser. Alors tu fais à nouveau signe. « Vous pourriez lui apporter un linge froid? Avec sa tête, la journée va se terminer difficilement pour vous, je le crains. »

Le tout finit par arriver sur la table, il n’y a plus de craintes quant à être dérangé. Et tandis que tu lui laisses le temps de se reprendre, tu t’occupes du thé, soulevant le haut de la théière afin de vérifier que celui-ci n’infuse pas trop. Au prix que tu payes, tu vas pas boire un truc amer.
Rinne
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Rinne
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Le chant des sirènes,
me paraît bien affable.

, 15h16






Ça avait le goût amer et doux
des bâtons de réglisses.


Y’a des cailloux humides qui coulent sur ses joues, et pas un son ne sort de cette bouche. Y’a comme une déviation de ce qui est réel vers un état de fait où rien ne collerait. La main vieillie récupère la photo en glissade. Y’a sans doute des regards qui se tournent, le bruit maladif du nez qui renifle, un peu, légèrement, qui se veut discret, gêné, pudique, Sensiblement. « Il faut pas se mettre dans des états pareils. ». Ces mêmes doigts rejoignent ton avant bras. Des mains grandes, calleuses, osseuses. Tu sais pas trop pourquoi ; tu crois que tu les connais plus que ça. Rinne s’assoit parce que le mouvement lui indique qu’il faut le faire. Elle s’est un peu éteinte dans le revers du portrait ; y’a quelque chose qui s’est retiré en même temps que ce bout de papier.

Tu l’entends parler à ta collègue, dire des choses qui devraient t’énerver. Non elle n’est pas surmenée. Ou peut-être, mais qu’est-ce qu’il en sais ? Et au fond ça t’agace, qu’il ose remettre ça sur le dos de ta patronne, si aimable, si chaude. Et au fond ça te glace, qu’il parle de ton « état ». Qu’est-ce que ça te fais, à toi ? Et pourquoi t’es venu, là ? Tu sent bien qu’il a commandé quelque chose. Tu sent aussi le regard couveur de ta collègue qui s’en va un peu inquiète, parce qu’elle t’aime au moins un peu, qu’ici vous formez une micro-famille toutes les deux. Ephémère, mais gracile. Y’a un mouchoir qui se tends face à tes yeux qui ne voient plus, que le fond d’un océan (faudrait toucher le fond pour retrouver la surface). Alors Rinne prends la bonbonne de gaz de chiffon, et se mouche. Y’a toujours de la pluie sur ses joues irritées.

T’arrives pas vraiment à t’animer. Tu sais pas si t’es heureuse ou désespérée. Trop de paramètres s’entrechoquent, de souvenirs familiers aux contours très grossiers. Tu laisses les serpents d’eau circuler sur ta peau. Parce que maintenant que c’est fait ; t’as pas envie de les effacer. Tu sais pas quoi penser de cet homme face à toi, tu sais pas si tu l’aimes, ou si tu l’exècre, si tu l’as attendu, si tu en as voulu, si tout ça a du sens. Et ton corps est faible, fatigué ; parce qu’à chaque micro-menu moment de bonheur t’as l’impression que tout est voué qu’à venir s’éclater. Qu’on te mettra toujours à l’épreuve « pour voir jusqu’où tu peux aller ». Et t’as un haut le cœur rien que d’y penser, parce que y’a une ombre qui te surveille d’un œil amusé, et cet œil là, t’aimerais plus jamais le croiser. Pourtant, il sera toujours dans un coin de ta tête.

« Elle est morte? Ça m’étonnerait pas qu’elle ait même pas daignée m’inviter à son enterrement. Butée jusqu’au bout. »

Et la main qui tenait ton mouchoir se contracte, et tes yeux se révulsent en même temps qu’ils prennent vie. Mais pour qui se prends-t-il ?! La conscience de sa position te frappe ; et l’ignorance dont tu fais preuve aussi ; tu ne sais pas qui il est, pourquoi ta mère t’en a éloigné ; tu comprends vaguement que le décor dans lequel tu le voyais était celui d’un incarcéré. Y’a une couche de questions supplémentaire qui s’aligne, une strate non nécessaire qui rajoute au conflit. « Vous pourriez lui apporter un linge froid? Avec sa tête, la journée va se terminer difficilement pour vous, je le crains. ». Tu sais pourquoi tu t’es toujours gardée de les approcher. Eux. Les gens qui t’atteignent. T’en as quelques uns ; parce que t’as craqué. Mais t’as tout, tout fait pour tout leur cacher. Pas te dévoiler. Parce qu’à chaque fois, tu as l’impression d’être totalement ignorée.

Que d’un geste de la main, on dépose un voile, sur ta peine, ton chagrin. Alors que toi t’aimerais bien, qu’on te caresse la tête, qu’on te dise « tout vas bien. ». Y’a une rare présence ; mais même à elle, parfois, t’oses plus avouer. Et en ce moment, tout te sépare du reste de ton intimité. Rinne prends le linge déjà arrivé à la tablée, et ses yeux inexpressifs réussissent quand même à communiquer. « Airi, je suis désolée », c’est ce que tu tentes d’y insuffler. Elle repart après t’avoir adressé ce sourire doux de maturité que tu lui connais. Tu voudrais courir après elle, et faire comme si tout ça n’avait jamais existé. Revenir à ton job, effacer à la gomme l’image de cet homme. Faire sauter une suture de l’enveloppe organique de ton cœur qui s’épuise.

« Oji-san. »

Alors ta voix s’est posée, elle est incisive, c’est un point découpé sur du papier millimétré. Y’a plus de trémolo, et tes larmes sont figées. Ton poing est toujours un peu contracté, et entre tes lèvres, on pourrait discerner d’la fumée.

« Qu’est-ce que tu es venu trouver ici ? »

Il y avait pleins de façon de la poser. « Qu’est-ce que tu veux ? » ; « Qu’est-ce que tu es venu faire ? » ; « Qu’est-ce que tu attends ? ». Mais y’a l’idée de la quête qui s’est imposée ; parce qu’il lui a présenté la photo comme lorsqu’on cherche un enfant disparu, qu’on court après un fantôme que le temps ne rattrapera plus. Alors peu à peu tes prunelles se durcissent ; et même si c’est pas de la haine, c’est une rationalité distinctive.


moi j'ai passé mon temps à attendre, et maintenant, j'aimerai te dire
que je t'en veux.


Junichi Kagure
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Junichi Kagure
D/5

Heureusement que l’après-midi est belle.
Qu’elle est chaleureuse malgré la température basse, que la verrière offre un nid solaire. Parce que toi, tu fais de l’ombre à tout ça. T’es une dissonance grinçante parmi le reste. T’étais pas assez naïf pour t’attendre à ce qu’elle te saute dans les bras, oh non. À son poing serré, cet air partiellement déterminé, t’entrevois l’enfant que t’as conçu. Qui elle-même a partagée ses gênes afin de construire cette individu. T’aimerais dire que t’es passé par-là par hasard, histoire de voir ce qu’il en était advenu, de ton héritage génétique.

« Appelle-moi Junichi. » Tu souffles à la surface de ta tasse, ta phrase est un couperet. « On me nommera Oji-san quand j’aurais un pied dans la tombe. Ce qui est pas le cas je te rassure. » Parce que la mauvaise herbe est pas une herbe folle, qu’elle a ses racines profondément ancrées, qu’elle refuse de te laisser du répit. Qu’elle vit et se développe dans des lieux insondables. D’un mouvement las, tu enlèves la décoration qui orne la pâtisserie. T’es pas vraiment un adepte du sucre, ni de fioritures en tout genre. Mais puisqu’il y a une fille à ta table, tu t’es dis que c’était des choses qui se faisaient.

Qu’après tout, autant qu’elle apprécie un minimum l’entrevue. Car il est clair que ce n’est pas la discussion qui va être agréable. « Je suis venu voir ce qu’il en était de ma descendance. Ça va faire plus de dix ans. » Une dizaine d’années pour toi, c’est plus grand chose. Ça te rapproche de la ligne d’arrivée, mais pour une enfant, c’est autre chose. Elle a grandit, c’est plus une gamine. D’ailleurs tu peux le voir à sa manière de se tenir, de te toiser. T’as un sourire aux lèvres parce qu’on dirait sa mère, que ça pourrait t’attendrir autant que t’agacer. La première version était déjà pas au point, pourquoi en avoir fait une copie conforme quand on pouvait l’améliorer?

« Sache que je te retiens pas. Je suis pas venu séquestrer une gamine. » Tu t’enfonces dans ton fauteuil et d’un signe de la main, tu montres la table remplit, un sourcil haussé. « Si on peut appeler ça de la séquestration. » Et ça te fais sourire, parce que t’en as vu d’autres. Avant tu nettoyais les porcheries d’Alcatraz, maintenant tu terrorises des jeunes filles avec du thé et des pâtisseries. Tu baisserais presque dans ton estime.

« T’es une adulte. Je me suis dis que t’étais capable de prendre tes propres décisions. Ta mère voulait pas de moi dans ta vie, ce que je peux comprendre. » Tu bois une nouvelle gorgée, le regard perdu dans la pièce. « Mais faut croire que t’as pas eu besoin de moi pour t’encanailler. » Et oups. Encore une fois, lorsqu’on te confie quelque chose de délicat, tu peux pas t’empêcher de mettre les pieds dans le plat. Mauvaise habitude que tu ne pourras plus éradiquer.

Rinne
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Le chant des sirènes,
me paraît bien affable.

, 15h28





Des épices au milieu de mon thé.


« Appelle-moi Junichi ».

Junichi, c’est son prénom. D’aussi loin que remonte les lambeaux mémoriels, c’est la première fois que Rinne l’entends. Tu découvres au fil de ses mots son sale caractère ; cette force de la nature qui a permis de donner naissance à ta mère. L’être en face de toi est l’origine de ton sang ; il y a dans ses gênes une partie de toi. Tu te demandes où s’est mû l’assurance et le venin qui siffle dans ses sentences. Chez toi, il n’y a pas autant d’assurance. (Ou peut-être est-ce que tu te sens si vulnérable que tu penses irradier la faiblesse). On a toujours du mal à percevoir notre propre reflet.

Sa descendance. Rinne a l’impression d’appartenir à une caste particulière d’animaux bovidés. Un truc dans cet esprit. Et à la fois, d’être remise au chaud dans une place qu’elle avait quitté. La notion de communauté lui revient peu à peu comme une notion oubliée. Plus de dix ans. Oui, plus de dix ans. Voilà plus de douze ans que votre foyer a déménagé en dehors de l’espace Tokyoïte. Tu te rappelles encore faiblement avoir fixé le paysage de tes yeux dérangés ; d’avoir imprimé sur ta rétine la campagne environnante tandis qu’on t’arrachait à ta ville de toujours. Mais tu étais une enfant docile et douce, souriante, aimée, et surtout, soucieuse d’être acceptée. Tu avais muré dans le silence les quelques protestations de ta conscience. Et le temps passe si différemment quand on a pas vingt ans.

Y’a une patisserie sur la table ; toi qui aimes tant le sucré. Tu te demandes si il l’a fait uniquement parce que tu as un tant soit peu de féminité. Quelque part, le cliché t’exaspère. Ou alors, peut-être, et c’est un espoir qui te fais t’exciter (et cette fébrilité t’agaces), que du décombres de sa mémoire à lui, il a tiré cet amour que tu portes aux mets patissiers. « Sache que je te retiens pas. ». Tu buttes même pas sur le « gamine », qui d’habitude te fais hurler. Parce qu’encore une fois, ça ramène quelqu’un qui sait comment te mépriser. L’homme qui a tout violé, les barrières de ton corps à coup de martelets, et l’encre de ton esprit à coup de paroles acérées. Mais là, non. Ce qui te marque c’est ça. Qu’il te retiendra pas. Comme si c’était à toi de t’en aller ; s’il fallait vous éloigner. Et ça te brise un peu plus le cœur, parce que dans la confusion y’a l’amour enfantin qui s’est fixé à ton huitième printemps. Et la remarque suivante à quelque chose d’un peu drôle, qui appuie sur tes plaies. Parce que d’un coté toi tu hurles à la mort, et lui, t’as l’impression que c’est rien ; qu’une façon de vérifier un fait opportun ; un passe-temps, une idée, de celle qu’on note sur un post-it et qu’on oublie après. (Après l’avoir fait).

« T’es une adulte ». Pas une gamine ? Tu notes l’incohérence. Tu saisis un peu plus ses nuances. Y’a du piquant dans ses mots, mais ils veulent pas toujours dire ce qu’ils semblent écrire. Il boit calmement. Alors toi aussi, tu te rappelles que tu peux, et tu portes à tes lèvres ce thé si doux, et tu arrives presque à trouver normal de boire à l’heure où tu dois travailler. Puis tu manques de t’étouffer parce que le vieux (ça y est, tu sais que ça l’aurait énervé) à balancer une bombe. Là, dans ta tasse, y’a une météorite qui flotte.

    « Pardon Oji-san ? »

C’est sortit tout seul, comme une revanche sur un bras de fer. Ta façon a toi de lui dire que si il te retiens pas, il va néanmoins peut-être devoir te subir. En même temps, ton poul s’emballe, mais tu te caches derrière ton air sérieux et ta langue fourchue. T’essayes peut-être de marché dans les traces de celui qui t’as reconnu.

    « Parce que t’aurais put m’aider à m’encanailler ? »

Y’a rien qui affirme sa proposition. Par contre y’a quelque chose dans ses paroles à lui qui soulève d’autres questions.

    « C’est vrai, quand on est allé en prison… On doit en connaitre un rayon. »

Ça te fais du bien de parler, de balancer ces choses qui chez toi pèse mille tonnes ; et de leur donner un ton l’air de ne pas y toucher ; une couleur presque dérisoire sur des faits qui pourtant t’ont marqués. De mimer cette légèreté du terrible. Retrouver ton meilleur ami : le déni.

Tu sais pas pourquoi il était en prison. C’est quelque chose sans nul doute que t’aimerais rechercher. Maintenant que tu le sais en vie, y’a des choses qui commencent à bouger. Et au fond même si tu te donne l’air d’une statue de verre, du type qui réfléchit la lumière tout en gardant sa superbe (et qui déforme la réalité quand on veut voir à travers), t’es pas sûre d’avoir envie de t’y aventurer. Dans ces récits inconnus. Dans ces histoires tordues.


Parce que ça voudrait dire que la finalité dans laquelle tu es
Etait peut-être moins qu’une pénitence
Un destin tout tracé



Junichi Kagure
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Junichi Kagure
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Ton regard perdu finit par revenir sur sa cible, tu la fixes.
Elle peut pas s’empêcher d’ignorer tes paroles précédentes, l’insolente. Ça te fais sourire parce que t’aurais presque été déçu qu’elle se plie gentiment à n’importe quelle demande. Ça t’aurais embêté que ta fille ait engendré ce genre de personnes. Cela aurait été comme une rature. L’aider à s’encanailler? Tu lâches un rire qui secoue tes épaules tandis que tu reposes la tasse. T’aurais bien aimé voir la tête de sa mère, ça t’aurais amusé. Mais t’as beau être méprisant, sûrement trop amer, tu te rends bien compte que si t’es là, c’est aussi pour empêcher ce qu’elle craignait. Elle t’as éloignée pour maintes raisons, toutes n’ont pas trouvées de légitimité à tes yeux.

« Tu connais ta mère, joue pas à ça. J’suis un salaud, pas un fou. »

Elle semblait avoir tout fait pour l’éviter. Elle t’as éloignée, a fais en sorte de donner à l’enfant un milieu sain. Et elle échoue, lamentablement. Alors tu te demandes ce que ça lui ferait de comprendre qu’on a pas le contrôle sur tout, encore moins sur les siens. Qu’on peut pas empêcher la volonté, que gérer une famille, personne n’est né pour. Qu’on le devient, qu’on fait ce qu’on peut. Si tu la méprises parfois, selon tes humeurs, tu la détestes pas. Tu lui aurais d’ailleurs probablement jamais souhaité ça. Cette situation dont elle ignore tout. Parce que ça te parais évident qu’elle a une confiance aveugle en ce minois, que cette mi-gamine, mi-adulte, cette chimère d’entre deux a été assez maligne pour effacer ses traces.

« La prison? » Tu hausses un sourcil, avant de sourire tranquillement. Le coude posé sur la table, tu regardes par la verrière, avant de lâcher un léger rire. À force de se remémorer le passé, on finit par en rire tout seul. « Tu crois vraiment que j’ai eu besoin de la prison pour découvrir? Que j’suis tombé là-bas par hasard? » Tu te demandes si dans son esprit, c’est pareil à un plateau de Monopoly. Que t’as juste pas eu de chance, que t’aies tombé sur la mauvaise case.

Et comme si elle pouvait savoir à quoi tu peux penser, tu continues. « Mais c’est bien. Ça veut dire que ta mère a fait sa part du boulot, elle t’as préservée. » Tu hausses une épaule avant de tourner ta tête en sa direction. « Et que toi t’as sagement obéit. » Mais tu sens bien que son esprit, y a des questions qui grouillent. Que t’arrives ici l’air de rien que tu viens tout chambouler comme si elle était un jeu de quilles. Tu te redresses, ça t’agaces d’être immobile. Tu passes ton temps à l’être.

« J’ai pas de raisons précises pour être ici. Je me doute que t’aimerais savoir pourquoi maintenant, mais y a rien pour le justifier. Si j’étais venu dans un but précis, ça voudrait dire que je veux quelque chose de toi. Et c’est pas le cas. » Si t’étais mourant, en besoin d’une présence, de quelque chose. Mais t’es pas ce genre de personnes. T’es beaucoup de choses, mais l’appât du gain chez l’individu te rebute. Mais tu es venu, tu t’es imposé. Parce que toi, tu penses que t’as rien à donner et que si jamais il y a quelqu’un ici qui voudrait parler, peut-être te faire un nouveau procès, c’est elle. T’as beau faire la conversation, dans le fond, c’est pas à toi de parler. C’est à elle.  
Rinne
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Rinne
C/4

Le chant des sirènes,
me paraît bien affable.

, 15h28





L'enfance a ce gout un peu sucré du passé
Que j'idéalise malgré tout.


« Tu connais ta mère, joue pas à ça. J’suis un salaud, pas un fou. »


Y’a presque un sourire qui force l’entrée de tes lèvres, parce que cette phrase résonne chez toi comme un souvenir drôle ; celui du caractère détonant d’une femme bienveillante. Quelqu’un qui ne t’avais pas élevé avec le dos de la cuillère. Et c’était tant mieux, ça lui avait appris à résister, à être droite, à savoir quoi penser. Puis y’avais toujours eu cette éternelle chaleur, ce désir de préservation ; juste derrière ce caractère à toute épreuve. Une louve qui couve son petit, l’unique qu’elle aurait jamais. Le désir de sécurité pousse à faire de grands sacrifices.

L’esprit un peu plus tranquille, et même s’il se marque de mélancolie, tu découpes à la cuillère le gâteau délicat. « Tu crois vraiment que j’ai eu besoin de la prison pour découvrir? Que j’suis tombé là-bas par hasard? ». Hasard. Par Hasard. Pas de hasard. Rinne l’écoute avec un regard perçant. Oui, elle était intriguée. Mais y’avais aussi une appréhension qui lui donnait envie de reculer ; d’ignorer la remarque, de se faire violence pour cadenasser les questions dans une boite, un mouroir. Pourquoi, déjà ? Qu’est-ce qu’on lui avait dit ? Lui avait-on seulement dit pourquoi ? Elle avait forcement dut poser la question à sa mère, du haut de ses six ans. Mais la mémoire est trop vieille, et on l’a trop reniée, elle n’offre que des dessins de dentelles, tissus irréguliers.

« Ça veut dire que ta mère a fait sa part du boulot, elle t’as préservée. » Préservée de quoi ? Et y’a comme une petite pression contre ton cœur ; parce que Papy non plus il sait pas, à quel point t’as trahis tout ça. T’as tout fait foirer. Et t’es prise en otage, mais tu peux pas en parler. Alors du coup, quand il dit « Et que toi t’as sagement obéit. », y’a une culpabilité qui s’enfonce, comme on coule vers le fond de la mer après un plongeon.

« Si j’étais venu dans un but précis, ça voudrait dire que je veux quelque chose de toi. Et c’est pas le cas. » Et ça, c’est un peu de soulagement qu’il t’offre, enfin, tu sais pas, mais tu crois. Quelque part, ce que t’aurais put prendre comme l’aveux de te voir en passe-temps, tu le saisis surtout comme une prudence, un peu de douceur, légère, invisible, de te laisser l’espace nécessaire, de ne pas te brusquer. Et c’est vrai que tu as besoin de recul, d’avoir le temps d’étaler tes cartes, tes souvenirs blessés. Y’a un peu du gateau sur le coin de ta lèvre, tu ne le remarqueras pas. Tu bois une gorgée de thé, et tu as très envie de fumer, mais ça attendra.

    « Pourquoi t’étais là-bas ? »

C’est la question la plus évidente, sans doute la plus facile à formuler, et aussi, tu crois, à régler. Qu’est-ce que t’as foutu pour qu’on t’enfermes ? Qui es-tu, où est-ce que tu traines ? Même si t’as crut jamais pouvoir t’en soucier, que y’a cinq minutes même pas l’idée de savoir te terrifiais, c’est la seule qui se formule à toi, sans doute parce qu’elle est terre à terre, que c’est pas d’un bric et de broc de souvenirs mal agencés, aux airs de pantins désarticulés. Que y’a pas besoin en plus de trop t’impliquer, que ça le concerne lui, que tu vas encore le laisser parler. Mais y’a des trucs qui ont besoin de se dire et qui refusent de se taire.

    « Moi, on m’a dit que tu étais mort. »

Et ça brule tes yeux, parce que concrétise l’absurdité de la scène. Et la cruauté du message. Et t’es un peu en colère, parce que t’as l’impression que malgré tes efforts, tu seras toujours la dernière.

toujours derrière


Junichi Kagure
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Junichi Kagure
D/5

Tu t’attaques davantage à la pâtisserie par imitation que par réel désire. Tu la dissèque sous ta fourchette et avant que celle-ci n’atteignes ton palais, tu es stoppé. Tu plisses tes lèvres avant d’afficher quelque chose de carnassier. Moi, on m’a dit que tu étais mort. Une situation commode et bien que tu la saches innocente, qu’elle ne sait rien des raisons de toute cette situation, tu peux pas t’empêcher de sourire. C’est donc ça la vérité, celle dont tu te doutais. C’était donc ça, le désir honteusement caché. Évidemment, qu’ils auraient préférés te savoir mort, plutôt qu’en vie, à pouvoir accomplir tes méfaits, à continuer d’exister.

Tu te dis que c’est fou, comme l’existence d’une personne peut peser malgré son absence. Que la simple pensée qu’un individu soit toujours là à respirer, peut donner des idées saugrenues à des idiots. « Parce que je suis mort pour ta mère, elle l’a décidée ainsi. Alors, c’est pas tout à fait un mensonge. » Tu déculpabilises la mémoire d’un être qui est ta chaire, vous vous souhaitez beaucoup de chose, vos mots sont cruels et intolérables. Mais toi Jun, t’es assez vieux pour que ça t’amuses. Tu te dis que vu ton âge, ça aurait pu être la question de quelques années avant que cette calomnie se transforme en vérité. Qu’elle avait oubliée d’être idiote, celle-là.

« J’ai été là-bas dix ans. Pour falsification de documents, dissimulation de preuves, coopération criminelle, etc. Des choses en surfaces. » Tu aurais pu tout aussi bien dire, des broutilles. Parce que si cette part si infime avait pu te faire enfermer une décennie, leur rebrousser le poil pour te condamner, t’imaginais pas ce que la vérité nue et totale aurait pu te coûter. « J’étais médecin légiste. Mais avant tout j’étais membre d’Alcatraz, je travaillais avec eux. » Et non pour eux. Tu te considérais pas asservie par l’autorité à l’époque, t’étais assez condescendant et confiant pour te dire que tu leur rendais service. Que quelque part, heureusement que t’étais là, même si n’importe qui aurait pu faire ton travail. Pourtant, tu finissais toujours par te demander s’il l’aurait aussi bien fait. « Je nettoyais leurs scènes de crimes. »

Tu manges enfin une première cuillerée, car l’évocation de ton métier passé, les souvenirs avaient beau remontés, jamais ils ne t’avaient coupés l’appétit. Si par le passé tu avais dû jeuner pour faire passer la nausée à quelques occasions, tu t’étais aujourd’hui guéris de ce genre de futilités. « Ta mère n’en savait rien jusqu’à ce que l’affaire éclate. J’avais fais en sorte de la tenir à l’écart. Mais personne a le pouvoir de faire taire les médias. » Il y avait un côté redondant pour toi, à devoir simplifier cette histoire familiale terriblement complexe, à parler d’atrocités autour d’un thé. Mais tu continuais, sans que l’évocation des événements ne semble te perturber, te troubler. « Notre première rencontre, entre toi et moi, s’est faite derrière les barreaux. Grâce à ta grand-mère. » Tu n’en dis pas plus. Parce que tu savais que ta fille avait toujours été très proche d’elle, que la seule qui avait pu la convaincre était bel et bien elle. Que si lui était considéré mort et enterré, que son souvenir était inexistant, il y aurait toujours de la place pour la défunte et aimée mère. Qu’on compterait son histoire à elle plutôt que la tienne.

Qu’elle avait pour elle cet sorte d’amour immuable, qu’une partie d’elle était probablement morte en même temps qu’elle. Que toi, tu l’avais bien vu dans son regard fatigué, se creusant de semaines en semaines, qu’elle allait bientôt vous lâcher. Que le mal qui la rongeait était pas incurable, qu’elle aurait pu se soigner, continuer à vos côtés. Mais dans toute maladie, qu’importe que celle-ci ronge des tissus, parsème des cellules mortes. Si on a pas la volonté de continuer, on peut pas survivre. Matsuko, elle était fatiguée de vivre, tout ça avait eu raison d’elle. Elle aurait probablement aimé rester davantage, tempérer les ardeurs, négocier les rencontres et continuer d’être le liant de cette famille disparaître à souhait. Mais la vie qu’elle avait menée à ses côtés l’avait bien trop épuisée. Et il le savait.

« Quand elle est morte, ta mère a tirée un trait. Parce que pour elle je suis responsable de beaucoup de vos maux. » Mais toi aujourd’hui, t’en as assez de ressasser le passé. T’es assis face à un nouveau juge, au regard plus éclairé. Et t’es là non pas pour un procès, mais pour voir si elle possède cette même vision, dans laquelle tout est blanc ou tout est noir. T’es venu parce que t’avais envie de voir si les idiots en engendraient d’autre. Si après cette génération, il y en une nouvelle assez décolorée pour comprendre. Que dans le fond, c’est pas toi qui tout réduit en cendres, qu’il en faut davantage pour produire un esclandre.
Rinne
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Rinne
C/4

Je ne peut qu'écouter
les vaines prières avortées.

, 15h48



« Parce que je suis mort pour ta mère. »


Rinne, tu le regardes.
Et tes yeux si noirs laissent circuler des reflets.
Sans doute le paysage de cette année
Par-delà la fenêtre du train, tout avait continué de filer.



<>



Il mange la pâtisserie, et tu te demandes si il aime vraiment ça. Parce que même ça, tu sais pas. Son sourire continue de s’émacier sous tes dires, et tu demandes si au fond, il est pas juste venu se moquer. Ou s’il le fait pour cacher qu’il est blessé. (C’est une pensée qui t’éclaire comme un espoir égoïste). (Au fond, t’aimerai que quelqu’un t’habites). (Qu’on pense à toi dans la peur de te perdre). (Pas mourir seule sur terre). Mais tu raisonnes toutes tes suppositions édulcorées, ces tentatives vaines de lui plaquer des histoires sans aucunes attaches. Pas de support, rien qui tienne. Tu joues du bout des doigts sur un piano qui lui non plus n’existe pas. Sans les ongles, juste à plat.  

Ce visage qui revient te hanter est une réalité confirmée. Une petite fille aurait reçut son miracle ; toi tu obtiens juste un peu de regrets dépassés. Tes mains soulèvent la tasse, encore une fois. Tu l’écoutes te répondre, toi qui ne lui offres que des phrases sans longueur ; qui lui joues la même langueur qu’à tout le monde. Mais en même temps ; n’est-ce pas ce qu’il est, lui aussi ? Un étranger. Juste affublé de cet étrange et insaisissable lien familier.

Ton esprit n’est pas remonté assez loin, Rinne
Tu ne comprends pas que ce sont ses mains que tu as tant aimée.


Il te faut encore un peu l’écouter, suivre le récit sans images qu’il te conte. Dix ans. Falsification de documents. Tu retiens surtout ce mot : « surfaces ». Il y a dix ans, tu n’y aurais rien perçu. Tu aurais acquiescé. Rien compris. Rien effleuré. Aujourd’hui, cet adjectif te semble bien audacieux. Et surtout, pernicieux. Tu te rappelles qu’à la surface des choses se trouvent finalement le plus compliqué. C’est la poudre aux yeux qui nécessite un travail acharné. Et il t’offre ces souvenirs comme s’ils n’en valaient pas la peine ; et tu vois bien que ce détachement n’est pas feint. Quelque part, ça te travaille. Et après son silence vient une petite tempête.

« J’étais médecin légiste. Mais avant tout j’étais membre d’Alcatraz, je travaillais avec eux »


Avec. Avec. Avec eux. Médecin légiste. Avec. La coordination a tout balayé ; tu ne retiens que ça. Avec. Il. Avec eux. Aurait-ce été pire qu’il dise « y appartenir » ? Rinne n’arrivait même pas à y penser. Les syllabes tournaient en boucle dans sa tête, et une colère grondait. Une déception immense. Ou plutôt, du désespoir intense. Alors, c’était dans son sang ? Tout ça, ça tombait sous le sens ? Mais elle ne voulait pas, que ces retrouvailles aussi bancales soient-elles, lui soit volées par le même visage, le même personnage, toujours la même ombre qui arrivait toujours à tout lui vo(i)ler. Pourtant,  comme l’éclaire n’a pas suffit, la foudre tape.

« Je nettoyais leur scènes de crimes. »


Et y’a des bribes d’un hiver qui te reviennent, des images austères, et un parfum terrible ; une nuit d’enfer. Tu te prends un peu plus de goudron sur tes épaules, une débandade de bar de fer ; des poids à n’en plus finir qui s’assoient sur tes épaules. Comme deux diables. Ils soufflent contre ta nuque de l’air chaud. Tu as envie de claquer ta peau. Chasser les oripeaux de tes propres bassesses. Tu ne veux pas qu’il n’en ait ne serais-ce qu’une miette. Tout ceci est enterré ; tapi.

Alors tais-toi,
Envie.
Tais-toi,
Même lui, il ne pourra pas. C’est ton salut contre tes souvenirs maudits.


Il mange. Enfin. Et tu te focalises sur ses rides, essaye d’y voir un peu de surprise.  

Rinne se met dans la peau de celle qui lui a donné la vie. Une surprise ; la sensation d’être trahis. Quand elle réalises, elle doit étouffer un soufflement. Si sa mère apprenait pour sa fille… Rinne serait la cause de son décès ; ou d’un chagrin mortel. Y’a des peines que même le temps ne referme pas. Personne a le pouvoir de faire taire les médias, mais Rinne s’était déjà jurée de ne jamais rien leur offrir à dire. C’était pour ces raisons qu’elle était si docile ; si prisonnière ; si flegmatique. Même si elle luttait à sa manière. « Grand-mère. ». Grand-mère. A quoi ressemblait-elle ? Pourquoi elle aussi, son image s’était délitée dans l’air ?

Si elle avait permis ces rencontres ; Rinne ne doutait pas que c’était une femme très douce. Ou quelqu’un qui en avait. Mais quelqu’un de bon. Quelqu’un qui connaissait la gentillesse ; le pardon.

« Quand elle est morte, ta mère a tirée un trait. Parce que pour elle je suis responsable de beaucoup de vos maux. »

Qui était-elle ?
Rinne but une dernière gorgée délicate. Même les émotions de cet après-midi n’entachait pas la superbe de ces feuilles aux arômes boisés.


    « Parle-moi de grand-mère. »

Rien. Elle n’avait rien relevé d’Alcatraz, de ton travail qui aurait put l’horrifier. Rien. Elle n’irait pas sur ce terrain. Et elle sentait que de toute façon, l’histoire te faisait déjà chier. Et puis Rinne en avait assez. Assez de ne parler que d’atrocité, de choix compliqués, de décisions ayant éclos en bouquet fané. Et les souvenirs affluaient trop dans ce sens ; et pas assez vers ce qui comptait vraiment. La famille, le passé ; un temps qu’elle ne récupérait jamais. Mais elle voulait quand même savoir. Savoir d’où elle venait. Savoir si tout était si… Orchestré.





(AHAHAH DÉSOLÉE CETTE MEUF EST MUETTE COMME UNE CARPE XDDD)

Junichi Kagure
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Junichi Kagure
D/5

Mauvaise question.
Voilà ce que tu penses, prenant une gorgée de thé supplémentaire. Parce que tu étais celui qui parlait, qui comptait. Tu étais venu t’imposer ici alors dans un sens, tu savais qu’il était normal pour toi de devoir t’assécher. Raconter quarante ans en quelques minutes. Tu réfléchis, tu souris. Qu’on ait voulu te faire disparaître de l’histoire familiale était une chose, mais tu trouvais cela injuste de la part de ta fille d’en avoir fait de même de sa mère. Il fallait croire que ton association à elle avait fait en sorte de réduire sa mémoire en cendres aux yeux de la descendance. Il y aurait presque une pointe d’agacement dans ton regard, si tu l’avais en face ta gamine, t’aurais quelques mots à lui toucher.

« Elle aurait sûrement beaucoup apprécié venir ici. Du thé, des pâtisseries, du calme. »

C’est ce que t’en déduis. Mais tu voudrais pas dresser un portrait basé sur des suppositions, car il y a des faits bien moins enchanteurs que tu te devais d’évoquer. T’as jamais trop su quoi dire des morts, de ceux qui t’ont quittés. Est-ce que l’on se doit d’enjoliver leur mémoire ou bien d’être fidèle à ce qu’ils ont étaient, bien que cela comprenne les défauts? Parce que dans le fond, c’est quoi la mémoire à ton âge. Est-ce que ça reste véridique à ton âge, après quarante ans. Où est-ce que finalement tu crois te souvenir et c’est en réalité le sentiment que toutes les années t’ont laissées?

Soyons honnêtes.
T’en sais rien.
Et tu t’en fous.

Parce qu’elle désire dans son regard curieux seulement des petits choses auxquelles se raccrocher. « Matsuko, parce que c’était son nom, c’était une belle femme. Mais elle a jamais eu trop de chance. » T’as cru à un moment donné, à une époque, que tu serais son sauveur. Que tu pourrais endosser ce genre de rôle, parce que t’étais un poil trop confiant. Et puis t’en es venu à te demander si tu l’avais pas sauvée d’une prison pour une autre. « Elle était prostituée chez Exodus. Alors je l’ai épousée. Pour leur faire la nique. » T’expliques ça sans romantisme aucun, t’es pas là pour faire dans le sentimentalisme. « Elle a repris ses études, elle est devenue enseignante. Elle était constamment entourée d’enfants, en prenait soin. Le genre douce et patiente. »

Tu t’entends parler, t’hausses un sourcil. Depuis quand dans ton esprit, t’as le souvenir que tout a été rose? Parce que tu sais bien que ça pas été le cas. Et puisque qu’épargner, tu sais pas faire, tu rajoutes ton acide habituel. « Après on a tous eu nos déviances. Tu sors jamais indemne de la vie de gang pour quelque chose de plus… normal. Elle avait l’impression qu’elle devait se prouver plus que les autres à cause de son passé, qu’elle avait déjà eu de la chance en épousant une sorte de… médecin. Elle a voulu pousser le rôle d’épouse parfaite un peu loin. Elle s’y est un peu perdue des fois. » Comme la fidélité par exemple. Mais ça tu le passes sous silence, ça remonte à trop loin pour être déterré. Et puis, tu sais bien que la gamine a pas envie de savoir ce genre de choses.

« Mais ça a toujours été quelqu’un qui a soutenu sa famille. Une bien meilleure personne que moi, en apparence comme sur le papier. »

Tu poses ta fourchette, la petite histoire comme ta pâtisserie sont terminées. Tu penses pas désirer en rajouter davantage. Et puis à force de boire, tu vas finir par le regretter et passer ton temps aux toilettes, tu le sais bien.

« J’ai assez blablaté. » Que tu rétorques, ton air sinistre toujours collé au visage. « Le sucre m’a donné envie de fumer. Tu fumes toi? » Tu poses ton paquet sur la table, tu le fais glisser sur la nappe comme pour l'inviter à en faire de même.
Rinne
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Rinne
C/4

Je ne peut qu'écouter
les vaines prières avortées.

, 16h00


C’est comme le début d’un conte
et une petite fille a les coudes posé sur une table, l’oreille pendante, à l’affût des mots qui formeront l’histoire encore en attente.



<>




« Elle aurait sûrement beaucoup apprécié venir ici. »



C’est prononcé de cette même droiture et force d’âme ; sans les embruns de l’âge qui s’attriste du temps de passage. Toi Rinne, au fond, ça te fais un peu mal : t’as l’impression qu’on t’arrache de nouveau (et pour toujours sans doute), des bras aimants que tu n’as pas sut garder. Tout à coup, parce que tu es en leur présence, tu sent le poids immense de leur immuable absence. Tu frottes un de tes bras du creux de ta main, comme si l’hiver avait pénétré les lieux d’un coup de vent. Mais ce n’est pas le froid : c’est le manque de chaleur.

Matsuko. Si joli prénom. Aux sonorités meubles comme le bois des vieilles maisons ; de la tradition, du soutient. Rinne l’entends comme ça. C’est peut-être tarte. Y’a encore un peu d’eau au fond de ses yeux troubles ; et elle retient les vannes d’un ultime barrage : celui de la dignité, ou d’une colère qui gronde. Ne pas se laisser malmener par des pulsions absconses. Chacun son lot de solitude ; et même si Atlas te dépasse, tu veux continuer de porter sur tes épaules le poids de ton propre monde. Après tout ; rien ne rime de tout décharger : la course n’est pas finie, il faudra continuer.

Mais quelque chose sur le bord de la route littérale t’arrête de nouveau. Un mot qui te bloque, subrepticement, tandis que ta gorge picote comme par ressentiment. Huit jours après, encore, le collier sanguinaire te rappelle la proximité ; l’absence ; l’altercation ; et une foule de sentiments confus qui serpentent du nœud qu’Akagami a, sans y faire attention, noué à tes poignets. Quelque chose brule un peu tes joues, comme la flamme volante d’une bougie. Prosituée chez Exodus. Pour leur faire la nique. Tu perds l’essentiel de ce qu’il te dit : de ce que ça démarque. De son caractère, de leur histoire, de leur vie.

Puis les pièces du puzzle tombe au fond du cadre, et tu réalises que quelque chose se met en place. L’explication de ces formats détachés, éparses. De ces mensonges éhontés. De ce que tu pensais n’avoir jamais fréquenté, jusqu’a l’orée de tes vingt et un ans. Les gangs. Ce n’est plus qu’une histoire de boulot mal tourné. C’est une partie qui prends le pas sur son sang, sa vie, son héritage. Sa grand-mère était une prostituée. Et Rinne se revoit dans le miroir et sa mère à son âge. Qu’a-t-elle bien put prendre de papa ?

Enseignante. Elle aussi. Maman aura suivit ses traces. « Le genre douce et patiente ». Oh Mamie, où que tu sois, j’aurai toujours besoin de toi. Elle a envie de hurler Rinne. Pourquoi lui as-t-on toujours volé les quelques occasions d’avoir des bras où se lover ? Les gens qui comptaient vraiment ; ceux qui auraient put être… Et depuis quand raisonne-t-elle si bêtement sur un passé voué à l’éternité ? L’immanence du temps n’a aucune pitié. Les choses sont ce qu’elles sont. Mais quelque fois Rinne a l’impression que sa vie est une mauvaise blague. Pour autant, elle continuera à filer.

« Tu sors jamais indemne de la vie de gang pour quelque chose de plus… normal ». Et la décadence. D’une fleure douce et aimante. Et tu vois en flash des images qui se superposent, d’une sorte de fatalité de l’être et de l’histoire. Non, pas de superstitions. Retiens-toi de sombrer vers la facilité. « Elle s’y est un peu perdue des fois. « . Est-ce que c’est toi, Jun, qui l’a sortie des dédales ? Est-ce que tu as retenu sa main quand elle partait trop loin, Est-ce qu’on est condamné à se perdre toujours ; une fois qu’on a emprunté le mauvais chemin ?

« Une bien meilleure personne que moi, en apparence comme sur le papier. ». Rinne s’était égarée : elle remonte son regard d’encre vers toi ; sur ce visage a peine entamé de rides creuses ; de sillages pointus. Es-tu si mauvais ? Ou Matsuko était-elle trop bonne ? Elle a envie de te taquiner, subitement ; d’être d’une telle familiarité. Mais non. La fourchette se pose, et tu fais de même ; ça fait longtemps que ton gateau a gagné tes lèvres à présent closes. « J’ai assez blablaté. ». Est-ce que cette aura ternie que tu donnes à chacun de tes mots ; au-delà de l’aura impavide quoique tenace qui te suit, est un bouclier ou le simple reflet de la réalité ? Rinne, synonyme ironique de la sensibilité ; échappe à ces conceptions étranges des gens que plus rien n’étonne ou ne surprend.

Tu regardes le paquet de cigarette qui glisse presque vers toi et tu souris doucement. Sans crier gare, ta main se tends, et tu t’en saisis.

    « Oui, merci Oji-san. »

Esquive de toute protestation, ou défiance à ta propre gêne ; tu te lèves après avoir saisit une cigarette dans son paquet qui a rejoint ta bouche. Derrière la véranda, une parcelle de la place du cerisier présente des bancs pour fumeurs indiqués à la clientèle. Le fleuve est non loin, Rinne, tu y vas sans non plus t’y précipiter. Un regard jeté en arrière pour voir si le grand homme suit ; et tu lui retends son paquet.

    « Ma marque préférée. »

C’est un détail lancé au hasard ; pas tant une tentative de consolidation que la pure vérité. Rinne, tu ne parles jamais beaucoup. Parce que souvent, tu n’as trop rien à dire.

    « Maintenant, des choses vont me manquer. »

Tu as allumé ta cigarette et paisiblement, ton regard s’est rivé sur l’eau à peine mouvante. Tu tends ton briquet devant lui, la flamme danse : pas assez de vent pour qu’elle meurt tout de suite. Tes yeux ne se sont pas relevés comme ton bras ; mais ta bouche s’adresse à lui, pas à toi.

    « Oji-san. Connais-tu des regrets ? »

Elle aurait put te demander si tu en avais. Mais elle croit qu’au fond, c’est plus comme une rencontre et un développement ; une relation étrange qu’on nourrit avec des souvenirs ou des actes branlants. Des nuances qu’on contemple et qui nous pincent peut-être un peu le cœur. Tu risques de grimacer ; parce que sans même y toucher, Rinne t’a encore relancé la balle verbale. Mais elle ne sait pas faire autrement. Sa façon de partager, c’est de laisser à l’autre l’occasion d’expliquer. Au travers de ses questions, Rinne dispose en réalité plus d’indices sur elle qu’aucune de ses confessions n’étreindra jamais.


L’eau calme dispose de l’espace
elle rame contre les bords
du lit qui l’enserre
comme autant de bras de pierres,
Chaudes.





(le poisson continue)

Junichi Kagure
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Junichi Kagure
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Vous sortez,
côtes à côtes. Et dans l’entrelacement de vos silhouettes sur le sol, dans l’inégalité de leurs tailles, de vos corpulences frêles, y a un air de déjà vu. D’une scène qui a déjà été jouée, mais qui n’est plus. Tu tires sur ta cigarette, une main dans la poche, tu fixes le jardin paisible sans t’offusquer de la question. T’aurais pu penser, petite idiote, mais rien de néfaste ne vient ternir ton fil de pensée unique. C’est la légitimité qui fais taire tes mauvaises habitudes. Parce qu’elle a le droit de demander, comme de savoir.

Tu souffles te première bouffée, tu es catégorique. « Non. »

Il y a des images qui te reviennent en tête, une sélection faite minutieusement par ton inconscient. Ça défile, tu les observes de loin, sans que ça te fasse vaciller ou sourciller. « Pour regretter, faut avoir perdu. Moi j’ai tout gagné. » Tu le dis, la misère dans le tracé de tes rides, la vieillesse au coin des yeux. Peut-être parce que t’as été élevé dans un climat particulier, que t’as grandi dans une nouvelle ère. Mais tes choix, tu peux pas les regretter. Et même si tu ressentais une once de honte, tu saurais la sécher.

L’air frais te contente, malgré ta chemise fine, la température te contente. « Et toi, dis moi. » Un sourire s’étire, parce que t’apprêtes à retourner la question, à sonder ton interlocutrice de la même manière. « Tu as des regrets? »

HRP — 1) PARDON POUR LE RETARD, 2) PARDON POUR LE RP COURT mais sache que c'est pas ta faute ou celle de ta rep, c'est genre 100% moi. en espérant que ça te convienne quand même. ;;
Rinne
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Rinne
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Je ne peut qu'écouter
les vaines prières avortées.

Salon de thé le Chat Noir, 16h10


Papy, je te raconterai des choses
Des histoires fantasques qui n’égalent peut-être pas les tiennes
Elles te diront combien la vie est une chienne
Et laisse plus de traces encore que des échymozes.



<>



« Tu as des regrets ? »

Papy, je te raconterai des choses
Des histoires fantasques qui n’égalent peut-être pas les tiennes
Elles te diront combien la vie est une chienne
Et laisse plus de traces que des ecchymoses.

    « Quand l’âme se perds dans le doute ; elle ne se retrouve plus jamais. Je ne sais pas qui as dit ça, mais je le crois. Et ce qui est perdu ne saurait jamais revenir alors… Non. Non. Non je ne regrette pas. Rien. »

Tu as prononcé ces paroles les yeux pétri d’espoir : celui de peut-être parvenir à y croire. Il y a des choses qui finissent pas revenir ; Rinne. Ce sont justes parfois celles qu’on voudrait garder à l’oubli. Ta cigarette touche à sa fin, comme cette comédie à demi jouées qui se tient entre vos deux silhouettes enfumées. Tu te lèves du banc, époussette tes cuisses (pourquoi ?). Et ton regard se fiche, vraiment, dans ce que tu crois être le fond de ses orbites.

    « Junichi. »

Sa voix est comme du papier de verre. Rinne, qu’est-ce qui te rends si amère ?

    « Qui as tué Hideo Mishima ? »

Et le vent semble accompagner cette question, sortie du néant. La machine est en marche ; la petite-fille s’est tue. En cet instant de grâce, une adulescente essaye d’extirper à un vieux loup quelques miettes des remparts ; de celles qui édifient entre le monde et nos secrets, un peu de mystère pour éloigner les mauvais.

Le terrain délaissé paraît attrayant ;
Il suffit de s’y glisser en prenant la tangeante.



<3

Junichi Kagure
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Junichi Kagure
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ft. rinne


Mode de vie nul, j'avale la pilule tristement. Admettre la vérité j'refuse, j'me monte des complots. Longtemps que j'simule, persuadé que j'fixe le temps.

Réponse évasive et contemplative, tu te serais davantage attendu à des confessions, à des choses dont elle était l’actrice, peut-être même la persécutrice. Mais Jun, tu sais bien que tu peux pas t’attendre à avoir le droit à une part de son intimité, toi qui venait de s’inviter dans sa vie bien rangée. Alors tu souris, hausse une épaule. Tout ce qui touche à la philosophie, aux questionnements individuels, tu les as évités durant de longues années. Alors tu te dis habituellement, ne pas être en position de juger. Car tu ne te donnes pas la peine de refléter les mots sur les tiens.
Tes propres maux.

Le changement de sujet est soudain, te prends de court. Mais t’arraches une drôle de grimace. Tu hausses les deux épaules, les paumes levées vers le ciel. Une manière guignolesque qui fend ton désintérêt. Celui que tu aimerais posséder. « J’en sais rien. » Tu fumes calmement ta cigarette, posant ton coude sur le dos du banc, ton poing reposant contre ta tempe. Tu deviens silencieux, tu te demandes. Si tu le savais, est-ce que tu le dirais? Est-ce que tu ferais ce cadeau-là à ceux qui t’ont tant ôté? Contre qui t’as jamais rien osé faire, à part diriger ta rancœur, car ta loyauté maladive t’en empêchait.

Tu souffles, t’expires bruyamment.
Elle en pose de ces questions.

« Quelqu’un est forcément au courant. » Et tu jettes ton regard en sa direction, qu’elle devine le fond de ta pensée, celle-ci étant des plus évidentes. Pas de crime sans coupable. Tu écrases la fin de ta cigarette dans le cendrier, te lèves à ton tour.

« Pourquoi cette question? Tu t’y intéresses de près? »

HRP — retournement de situation ~


Rinne
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Rinne
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les vaines prières avortées.

Salon de thé le Chat Noir, 16h16


Ah, d’accord, il le jouera comme ça.
Pourquoi t’en étonner ?
Votre retrouvaille est une découverte aux allures de duel. Pas tant de l’animosité ; mais un pas en avant pour trois pas en arrière : l’un qui lance l’offensive, l’autre qui rabat ses troupes : vous voilà en pleine tension d’un jeu de ping pong verbal.



<>


Jun
Que ton désintérêt soit fein ou une réalité ne lui importe pas ;
L’essentiel est sans doute encore… D’entendre ta voix.

Il a haussé les épaules, montré les mains (pas de patte blanche).
Rinne a le regard fixe ; et ne perds pas pied. Les réponses sont simples, claires, équilibrées. Mais elle y entend comme un peu de mystères car « Quelqu’un » n’est jamais « Personne ». Alors quand il lui fait face et qu’il renvoit la balle, elle esquisse un sourire.

    « Bien sûr Oji-san. »

Elle lui sert l’honnêteté comme une friandise. Ses pas la décalent vers le salon de thé précédemment quitté. Lentement ; il faudra du temps pour en rouvrir l’accès.

    « Comme la majorité des gens qui ne feignent pas l’ignorance. »

Cette pique t’es-t-elle adressée ? En réalité ; sans doute pas.
Il y a du vent, toujours, et les arbres tanguent en jouant des notes acres de craquements sonores ; vifs dans les aigus. Rinne s’est stoppée un peu et elle te dévisage, son mince sourire continue (de s’étendre comme un filet de texte).


Qu’il ne feigne pas
L’ignorance.



<3


_________________
il était une fois [Jun] <over> 100x1011    il était une fois [Jun] <over> 100x1012    il était une fois [Jun] <over> 100x1010
Rinne a une identité multiple ; il faut au moins ça 
pour protéger son propre petit jardin secret s a c r é.
* rinne < civile >  ** riné < omega > 
*** rhyme < gérante du marché noir pour omega >
Junichi Kagure
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Junichi Kagure
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ft. rinne


Ils s'en vont, on se cherche dans les bois. Ils s'en vont, on respire ce qu'on voit. Ils s'en vont, on se cherche dans les bois. Ils s'en vont, on respire ce qu'on voit

L’après-midi vous avez offerte ce dont vous désiriez. Et si ta petite fille avait peut-être été lésée, tu t’en sortais avec curiosité. Montre au poignet que tu découvres, tu regardes l’heure sans intérêt. Tu n’es plus occupé, ni pressé en tant que retraité. Mais le monde autour de toi continuer de valser, de s’ébruiter et tu ne peux pas davantage accaparer le temps des autres. Non pas que tu t’en voudrais, mais cela te semble être une normalité.

Curieusement satisfait de votre petite épopée, tu t’es levé. Mains dans les poches, tu en retires quelques éléments que tu lui tends, souriant. « Voici mon numéro de téléphone. » Gribouillé maladroitement sur un morceau de papier pourtant parfaitement déchiré. L’on reconnait les écritures longilignes des médecins, celles qui déforment les lettres. Tu glisses tes doigts sur le papier, pour séparer les deux morceaux. Sous le numéro se trouve la photo que tu lui avais montré un peu plus tôt. « Tu enverras ça à ta mère pour moi? »

Si votre rencontre avait débuté par des ordres et parfois de la cruauté, tu lui posais dorénavant une question. Pas d’obligation, simplement une interrogation à laquelle elle se devait de répondre. « Disons que notre prochaine entrevue dépend de toi. » Tu hoches la tête, tu es prêt à partir payer avant de finalement t’en aller. Main sur la porte de la petite verrière, un pied dehors, l’autre dehors, tu ajoutes cependant, « L’on verra si j’ai des informations sur le fameux Hideo Mishima. Je te tiendrais au courant. » Car même lorsque l’ignorance est feinte, tu te dis que le sujet n’a pas été abordé par hasard.

Qu’il y a derrière la demande, quelque chose à creuser. Et tu ne le feras pas, tu ne demanderas pas. Mais tu y apporteras peut-être un semblant d’hypothèse, quelque chose qui continuera de créer un contact, une conversation. Tout est bon à prendre dans cette relation avortée puis reprise sur le tard. Alors tu t’en vas, souriant et si tu étais de trois quart lorsque tu as souris, l’on se dit que peut-être l’a-t-elle vu ou peut-être même ressenti.

« Merci de m’avoir accordé ton temps Rinne. »

HRP — voilà bbchat en espérant que ça te conviennes ;; ♥︎


Rinne
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Rinne
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Salon de thé le Chat Noir, 16h28


Des choses perdues une fois retrouvées
Qui ont cette ambivalence du connu et de l’oublié.



<>


Il te tends de sa main ridée quelques morceaux de papiers ; dont la signifiance a plus d’importance que la simple apparence. Rinne, tu le regardes et ta bouche ne se détend pas ; elle reste suspendue dans un sourire avorté. Ses doigts glissent sur la surface, et révèlent en fait deux éléments distincts. Papier – Photo. Puis une demande ; d’un autre ton, et pourtant, avec toujours cette même prestance.


« Tu enverras ça à ta mère pour moi ? »


Rinne se dit égoïstement ((et ça la surprend)) qu’elle aimerait plutôt bien la garder pour elle. Mais son sourire se poursuit, s’achève, comme pour clore une entente dont le contrat n’est pas bien dessiné.

Alors, décidée, tu saisis ses offrandes, les glisse dans ton bleu de travail (noir corbeau). Tes yeux ont séché, le vent les a dé-bouffis. Les quelques mèches de cheveux encore éparses chatouillent le bout de tes joues ternes. Mais une forme de tranquillité a assagie ton envie de justice et ta peine rafraichie. L’accalmie à cette vertu qui balaye l’intensité des émois et éclaire les regards perdus.


« Disons que notre prochaine entrevue dépend de toi.
((si tu savais, Rinne))

Comme une formule magique ; autre chose qu’une promesse ou une supplication. Rinne tu sent que ta poitrine s’allège. Et en cadeau plus discret, tout sertit de pudeur et d’application, Jun prononce une façon de nouer le fil rouge ((de réparer ce que les tisseuses ont brisé)).

On verra.
Je te tiendrais a u c o u r a n t.

Alors à cette dernière sentence aux allures de conquête, tu hoches la tête à ton tour et le salues dignement d’une courbette, comme pour n’importe quel client. À cela prêt que repose contre ta cuisse la preuve, l’évidence, de votre entrevue ; c’est sur ces formats rectangulaires à l’épaisseur infime, qu’est gravée pour un temps l’aura véritable de vos liens de sang.

Lorsque son visage taillé par l’âge passe le pan, tu jurerais avoir sentit une plume virevolter dans l’atmosphère, effleurer vos visages comme la caresse d’un être aimé.


Un doux parfum de coton, une aura qui ne t’est pas étrangère.



<3

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