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death of a bachelor — ataraxie
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le problème de la mort c'était
qu’elle ne prévenait pas.

un concept universel et immuable, que vivaldi avait déjà éprouvé une fois - et dès lors, c’était la fois de trop.
c’était le temps d’un regard le concernant. une entrevue rapide, silencieuse, traumatisante, dont il cauchemardait parfois la nuit. mais il fallait croire la faucheuse tombée amoureuse de ses yeux, parce que l’histoire se répétait avec une ironie tragique et insupportable. il y pensait, affalé contre le mur d’une ruelle sale, alors que son sang se vidait de ses veines.

sa main tremblait. sa main, et son corps tout entier. il sentait jusqu’à sa conscience frémir, bousculant ses souvenirs dans des flashs douloureux. l’odeur. le froid nocturne. la lune écrasante. les bruits de la ville. et le monde, ce monde maudit qui ne s’arrêtait pas de tourner alors qu’il était en train de crever. qui ignorait la tragédie qui se jouait sur son propre sol.

d’une familiarité à en vomir.

> hey

à une exception près.

> heyyyyyjh

le portable dans ses mains, et le sang sur l’écran qui rendait tout difficile.

> tntd chee toi ‘’’’

il n’attendit pas la réponse, se relevant avec un râle guttural.
si ataraxie n’était peut être pas la personne idéale pour régler ce problème ci, avec ces causes là, l’autre problème de la mort, c’était qu’elle ne laissait le choix à personne. il fallait faire avec ce qu’on avait, même si là, ce qu’on avait en l’occurrence, c’était un homme qu’il n’avait jamais vu de sa vie avec un penchant pour le théâtral.

> je vaois peut êttrre passé trè ugrnt

son portable lui échappa des mains pour s’éclater par delà le bitume dans un grand fracas de verre brisé. avec un cri de frustration qu’il ne chercha pas à contenir, vivaldi résista à l’envie de le ramasser. s’il se penchait, il tomberait. et s’il tombait, il ne se relèverait pas.

le reste de la route consista à se traîner de mur en mur, appui après appui, alors que tous les jurons qu’il connaissait se bousculaient sur ses lèvres. il se posa aussi des questions. tellement de questions, dans les faits, qu’on aurait pu le déclarer philosophe.

est-ce qu’il allait vraiment mourir comme ça ? avec une balle il ne savait où ? et dans un anonymat pareil ? non, il ne laisserait pas le destin prendre ses aises. il couvrirait le nom de vivaldi de gloire, il se l’était juré. hors de question qu’un petit connard de gang marque sa fin d’un tir hasardeux. hors de question qu’il perde la vie à cause d’une mission d’espionnage partie de travers. sa vie, il la perdrait parce qu’il la sacrifierait pour un autre : c’était ainsi que les héros partaient.

on le lui avait prouvé, une fois.

puis il se disait aussi : seigneur dieu, ataraxie.
qui n’était peut être pas chez lui. ou alors, qui l’était - mais peut être que vivaldi n’allait pas dans la bonne direction. alors qu’il tâchait le trottoir de son sang, tout s’emmêlait : et l’adresse qu’il se répétait comme un mantra perdait de son sens pour ne devenir qu’un piètre amas de syllabe plutôt qu’une destination. ce quartier, il le connaissait mal. ces routes, il ne les parcourait qu’en moto sans jamais leur prêter grande attention.

et sa moto lui manquait. et il avait mal. et il pensa à son chien sans nom qui n’en aurait jamais. à ses chats qu’il n’avait pas nourri aujourd’hui. à biscuit, qui rentrerait à la maison et ne l’y trouverait plus jamais. et il était arrivé. et il avait mal. et c’était trop tôt

et il était arrivé ?
le loft providentiel s’étalait à sa vue. ou du moins, un loft parmi d’autres loft. l’adresse semblait bonne, mais tout convenait à un pauvre con à l’agonie. il martela la sonnerie de coups, répétant dans un murmure ataraxie ataraxie ataraxie, comme si scander son nom suffirait à l’invoquer. ses pensées, quant à elle, ne formaient qu’un vœu : sois la bonne maison sois la bonne maison sois la bonne maison.

tout comme le quartier, vivaldi ne connaissait pas ataraxie. ou du moins, il ne l’avait jamais vu, pas comme ça. leur relation, c’était l’affaire d’un sms aussi hasardeux que la balle qui l’avait transpercé aujourd’hui : tiré dans l’inconnu, le prédateur d’une victime aléatoire.

et la victime, en l’occurrence, c’était vivaldi.
aussi bien du revolver que du téléphone.

un coup final sur la sonnette, qui éclata à son tour dans un bruit qui l’aurait beaucoup fait rire s’il n’était pas en train de mourir. il se promit de payer les frais de remplacement, en assumant qu’il survivrait à l’incident. c’était un autre problème de la mort : c’était une condition à laquelle on ne pouvait se soustraire.

ce SMS inconnu, il l’avait fixé un long moment d’un regard perplexe. il ne comprenait pas la moitié des mots. puis après un haussement d’épaules insouciant, le genre qui précédait toutes les mauvaises décisions, il avait répondu par une remarque piquante et complice, comme tout ce qui sortait de sa bouche sans être un juron.

et c'était le début de la fin. une relation qui se résumait à des messages d'abord curieux, puis familiers, avec le temps. des photographies, parfois. et à force : un secret inavouable. son secret inavouable.

vivaldi avait bu. seul, bien sûr : une gaffe qu'il ne s'autoriserait jamais en public, d'autant plus qu'il devait veiller sur les autres plutôt que de participer à la décadence quand il sortait dans des bars. mais durant la soirée, cette soirée, il n'avait pas considéré son téléphone comme une fenêtre grande ouverte vers quelqu'un, et en avait payé le prix.

dorénavant, ataraxie était l'un des rares qui pouvait se targuer de tout savoir sur vivaldi, ou du moins bien plus que des gens qu'il côtoyait tous les jours, et cela sans l'avoir jamais vu.

les jambes du garçon tremblèrent un instant, avant de perdre de leur force. il était désormais avachi contre la porte, le front collé contre son bois impassible.

ainsi était venue l'heure de la première rencontre. celle ci s'annonçait mémorable. et sanglante.

et terriblement embarrassante autant pour l'un que pour l'autre.

ꕤ quiel ꕤ

Ataraxie
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Ataraxie
D/3
la mort de la délicatesse

LES PERSONNAGES :
VIVALDI, artiste en perdition
ATARAXIE, perdu en artistique

Décor:
le sol est fait de bois brillant, lissé et lustré. ataraxie est une personne comme une autre : il boit son thé au miel et mange ses cookies gourmets truffés de chanvre cultivé. une soirée somme toute bien banale.
VIVALDI
___tntd chee toi ‘’’’
ATARAXIE
___mon bon ami, je ne comprends pas votre poésie.

c'est qu'il est persuadé, Ataraxie, que Vivaldi n'a pas choisi son pseudo par hasard : le ciel ne le permettrait pas. ni le bon goût.
un pseudonyme c'est l'art de mettre l'éternité en bouteille ah c'est vouloir dessiner la Terre entière sur un brin de foin c'est décider dans l'infinité de comment se rappeler de son identité.
et Ataraxie, Ataraxie est un être plein de bonté : il accroche ses espoirs tous les soirs comme la lune accroche ses étoiles, patiemment sous les durs coups qu'est la médiocrité des autres. on ne choisit pas d'être visionnaire. on l'est.
ah, terrible destin qui résonne à ses oreilles : il va devoir faire le prophète, c'est ce doux chant de sonneries martelées à coup de gros doigts qui l'appellent à son devoir
il soupire, repose son ambroisie et son nectar, triste vie
il soupire, se relève, s’époussette ; il remet le nœud de sa cravate à sa place, refait les boutons des manches de sa chemise blanche -quelle élégance, lorsqu'il ouvre les portes de sa demeure
pour qu'on s'écrase à ses pieds en une mare de
ketchup
sûrement du ketchup
ATARAXIE
___oh ! voyez ça !
(il s'esclaffe très fort, du plus haut de ses poumons, surpris et enchanté)
ATARAXIE
___quelle réussite, vraiment !
(ses yeux retombent sur le corps à ses pieds, bêtise innée)
ATARAXIE
___votre ode à l'art est merveilleuse. quel acteur né. on s'y croirait presque.
(il a la main sur le bord des lèvres, comme quand on rit sans vraiment rire, mais que l'on est vraiment amusé)
ATARAXIE
___venez, entrez, vivaldi. mais enlevez le ketchup. c'est beaucoup trop de sucre pour un gentleman.
(il tourne les talons et avance un peu, lui tient la porte en personne polie qu'il est)
il attend, ataraxie, le bras à la porte et les yeux fermés en un sourire de satisfaction mais ah. le bougre n'avance pas.
il attend, ataraxie, et ça commence à faire long : la lumière s'offre à nouveau à ses pupilles et ce qu'il voit c'est
du ketchup
partout
sur son m a g n i f i q u e
parquet
ATARAXIE
___oh.
(il semble réaliser quelque chose. il se penche pour essuyer la tâche.)
ATARAXIE
___vous auriez pu me dire que ce n'était pas du ketchup, enfin. c'est la moindre de la politesse lorsque l'on apporte un cadeau.

et si ataraxie est décadent, il n'est pas stupide : il porte le pauvre vivaldi jusqu'à sa petite clinique. il nettoie il appuie il essaie de réparer -la balle n'est pas restée.
il préfère l'assommer jusqu'à ce qu'il se défasse du frère de morphée.
(: (:
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Invité
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chose incongrue qu’il ne pensait pas possible,
ataraxie est encore pire en vrai.
à force de messages échangés, c’est qu’il avait appris à le connaître, mais il l’avait assumé comme lui, un interprète dans l’âme, un joueur, un comédien. un imbécile à la bêtise factice, là pour amuser et tromper, pour prétendre à l’inoffensif. mais vivaldi se targuait de pouvoir reprendre son sérieux à la seconde même de la nécessité. et alors que devant (au dessus de) lui, son bon ami s’amusait de sa performance, il réalisa avec un mal certain qu’il était condamné.

quelle ironie que ce soit la vérité qui le tue.

mais c’est qu’il ne se laisse pas faire.
les mains aplaties sur le sol, il pousse et pousse sur ses bras, en doigt d’honneur ultime à la vie. elle l’avait déjà crevé une fois, plus jamais on ne l’y reprendrait. peut être qu’ataraxie ne serait pas d’une grande d’aide, mais qu’à cela ne tienne. il s’aiderait tout seul, même s’il ne savait pas encore comment.




comme ses jambes avant lui, ses bras le trahirent. un râle de frustration, et c’est sa joue qui percute de nouveau le sol. le déni n’est pas sien - il possède tout entier le maître de maison, qui confond le sang avec de la purée de légumes. ou de fruits. il ne savait pas. quelle importance ? oh, la couleur est la même, pensa shishio dans le chaos de ses pensées, mais ça se lave différemment.



quel pauvre con.
lui, comme ataraxie. comment l’un pouvait confondre du sang avec du ketchup ? demeurer si inattentif à la souffrance d’un bon ami ? et comment l’autre avait-il pu se laisser repérer de cette façon ? s’il avait été meilleur, plus fort, plus digne de son nom, il n’en serait pas là.




il finira par comprendre, vivaldi en était persuadé. ou alors, il ne comprendrait pas, et il en payerait le prix, ce qui n’était que justice. qu’il s’amuse à nettoyer son sang, tiens. qu’il peine bien à déplacer son cadavre, ultime testament de son ridicule. de toute façon, il en était certain : sa frustration était si grande que les portes du paradis resteront bien closes le temps qu’il expie un peu. en attendant, il hanterait ataraxie. le regarderait manger du caviar toute la journée.



la balle le toucha deux fois. d’abord, alors qu’on la tirait vers lui. et ensuite, à l’instant précis où il se demanda : tout ça pour ça ? la vie ne défila pas devant ses yeux, oh ça non. c’était un arrêt sur image. sa maison. son chien. ses chats. biscuit. les factures à payer. le robinet de la cuisine, qu’il n’était pas sûr d’avoir bien fermé. un film qu’il attendait depuis presque un an, et qui sortait dans deux jours. il ne le verrait jamais. comme suspendues à un fil, ses pensées fonctionnaient par soubresaut. tantôt volatiles et légères, tantôt graves et mélancoliques. mais elles ne tombaient jamais si bas qu'il pensait à l'autre personne de ce monde qui avait partagé son nom, et payé très cher pour cela. il ne voulait pas crever en larmes.



puisque c’était inévitable, il fallait qu’il pense à ses derniers mots, qu’il profite de sa dernière minute de conscience. il ne savait même pas comment il s’était débrouillé pour tenir jusqu’ici. peut être une malédiction à l’encontre d’ataraxie ? ”maudit sois-tu, imbécile !” ou alors une dernière volonté ? il n’avait pas grand chose, mais léguerait tout à biscuit de toute façon, histoire qu’elle ait quelque part où rentrer. ou mieux encore, il pouvait demander à ataraxie de prendre soin d’elle. il était riche. il pouvait devenir son sugar daddy, ou peu importe. tout le monde pliait l’échine face à un mourant.

mais ataraxie n’était pas tout le monde.
il n’était pas personne, non plus.


je... je......

les derniers mots qu’il ne prononcerait jamais. il avait préparé un discours agrémentés de citations célèbres au cas où, mais tout ce qu’il sut dire fut : je paierais pour la sonnette. ainsi plus tard, quand des historiens discuteront de lui (parce que ça arriverai forcément.), ils souligneront autant sa stupidité que son sens de l’honneur.

un alcatraz digne de ce nom, à défaut d’en être un véritable.

sauf qu'il balaya tous ses précédents simagrées d'un revers de main, la faute à une politesse exceptionnelle, une faiblesse d'esprit passagère : il lâcha un merci murmuré alors qu'ataraxie le soulevait pour l'emmener dieu savait où. les voilà, ses derniers mots. le reste était flou ; mais alors qu'il fermait les paupières, trop fatigué pour continuer la lutte, il croisa le regard d'un spectre qu'il n'avait pas vu depuis si longtemps - une hallucination éphémère vers laquelle il tendit la main avant de perdre conscience.


à son réveil, il était seul.
une douleur cuisante dans l’abdomen, à laquelle il porta sa main dans un réflexe. il ouvrit les yeux, et les referma aussitôt, sourcils froncés, aveuglé par le blanc éclatant de la pièce. le voilà, le paradis. il savait qu’il y finirait tôt ou tard. mais n’était-t-on pas censé y ressentir une euphorie éternelle ? tout ce qu’il avait, c’était mal.

il regarda vivement autour de lui. du blanc, du blanc, et du blanc. voilà qui l’aidait beaucoup. après un soupir, les coudes sur le lit, il se força à se redresser, retenant tant bien que mal un gémissement affligé. doucement, se répétait-il, mais il était incapable de suivre jusqu’à ses propres directions.

ses joues étaient humides. il choisit de l'ignorer.

désormais assis au coin du lit, il considéra la situation. sa plaie, d’abord.
elle était...
elle était plutôt pas mal, à vrai dire. le travail d’un infirmier ? il priait pour qu’ataraxie ne l’ait pas emmené dans un hôpital. c’était spécialement pour ne pas s’y rendre que vivaldi s’était traîné jusqu’à lui. doucement, il y laissa glisser son doigt, songeant à la cicatrice qu’elle deviendrait.

il pouvait bouger ses doigts. son dos aussi, même si ça lui faisait un peu mal. de même pour ses jambes et sa nuque.

et il était vivant.
ou alors on exagérait beaucoup la vie après la mort.

après un soupir, il posa les pieds au sol. tout de suite, c’était moins facile - mais pas impossible. il allait devoir avancer pour comprendre où il était, exactement. et retrouver ataraxie, même s’il ne savait pas encore si c’était pour l’étrangler ou le prendre dans ses bras dans toute sa gratitude. probablement la première proposition.

il quitta la pièce, avançant à pas feutrés,
et bien vite, retrouva le héros du jour dans une autre pièce.
une autre pièce familière, parce que vivaldi l’avait déjà vu alors qu’il se vidait de son sang. ce qui voulait dire qu’ils n’avaient pas changé d’endroit depuis l’incident. ce qui voulait dire qu’ils étaient toujours chez ataraxie. ce qui voulait dire que pour une obscure raison, sa maison était pourvue d’une clinique.

lui n’avait même pas de cuisine véritable : elle se fondait dans son salon.

il lui fit face, puis réalisa qu’il aurait dû réfléchir à quoi dire avant de sortir de sa clinique personnelle (comme c’était étrange à penser).
je, euh, je payerais aussi pour le parquet. et la chemise blanche, qui doit être, et bien, rouge maintenant. et les soins. pour la première fois depuis longtemps, vivaldi était embarrassé. leur première vraie rencontre ne devait pas se passer comme ça. où était sa moto dont il descendrait d’une façon élégante, classe, et respectable ? où étaient ses répliques narquoises et charmantes ? c’était une catastrophe, à en perdre son éloquence. je suis désolé pour, tu sais. le sang et les taches. il rougissait presque, entre deux toussotements nerveux.

ꕤ quiel ꕤ


HRP:
 
Ataraxie
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Ataraxie
D/3
ah, quel malheur il traînait derrière lui, ataraxie.
il voyait ce corps dépossédé, ces veines presque arrachées une à une délicatement tranchées ah ; le sang est une araignée à mille pattes, c'était un jour dit ataraxie : il avait peint, comme quand il a toujours une idée qu'il ne crie pas de suite, mais aujourd'hui, c'était l'art qui s'était déposé sur sa chemise. quand il s'en rend compte, le temps se suspend : il est un corps chaud contre des vêtements tièdes des restes de deux hommes. de deux êtres. peu importe.
il a fait ce qu'il a pu. il n'est pas médecin, ataraxie : il ne sait pas recoudre autrement qu'en suivant des tutoriels sur youtube, mais il s'applique et il fait ça joliment -en croix, comme un côté de corset à même la peau.
bon, il aurait pu faire plus beau, mais voyez-vous, ataraxie a d'autres préoccupations qu'un mourant endormi dans sa clinique personnelle.
ATARAXIE
___mais quelle journée que celle-ci.
(il enlève ses gants plein de sang en un claquement de plastique, les mets dans un conteneur et ferme la trappe : on les voit brûler à travers la vitre. les instruments sont partis dans un stérilisateur. il sort de la pièce en chantonnant -de tout ce cauchemar ne restera que le rêve)
il se rassoit à sa place. son canapé est confortable : du cuir véritable sur plus de quatre pièces de la plus belles facture. il y a un feu dans la cheminée, mais voilà : son thé est froid.
ah, vivaldi lui doit au moins ça.
il fait face aux flammes, ataraxie, et il attend. il attend comme une statue : immobile, dormante, même.
mais attention, il dort joliment. comme une oeuvre d'art qu'on oublie dans des archives -sombre, pensante, rafraîchissante lorsqu'on la revoit.
VIVALDI
je, euh
(l'autre sursaute, tourne la tête immédiatement comme un homme fait face à son destin : de manière implacable)
ah, il imagine la joie de vivaldi lorsqu'il le réveille de sa petite voix.
ATARAXIE
ne dis rien de plus, vagabond !! regarde !
(il s'élance se lance d'un coup sur ses pieds, on dirait qu'il fait trois mètres qu'il agrandit les gratte-ciels oh oui regarde vivaldi)
ATARAXIE
regarde !!
(ses bras s'ouvrent sur lui sur sa chemise de sang et de blanc)
ATARAXIE
regarde !!!
(il tourne danse sur lui-même pour arriver jusqu'à sa porte d'entrée sur les pas que vivaldi a bien voulu lui laisser)
on pourrait penser qu'il est en colère : c'est mal connaître ataraxie.
voyez-vous, ataraxie ne peut pas être en colère.
il ne peut qu'être en furie.
ATARAXIE
c'est de l'art.

mais ce n'était pas le cas.
il s'élance te prend les mains et mime une danse avant de s'arrêter de but-en-blanc. Il soupire, s'écarte, retourne près du feu.
ATARAXIE
enfin le parquet, c'est un peu de gâchis quand même.

un peu. ataraxie n'avait pas vraiment conscience de la valeur des choses, si ce n'est à un niveau quantitatif.
ATARAXIE
ne t'inquiètes pas. de toutes manières, tu ne peux rembourser ni le sol ni la sonnette alors à quoi sert donc ta désolation.
(il prend un air désolé, presque agacé)
ATARAXIE
c'est même pas dramatique.
(c'est une phrase qui devient murmure. une note à voix haute, mais pas trop.)
ATARAXIE
mais si tu te sens redevable, tu sais ce que je veux.
(ses yeux se tournent et oh, il le dévisage de ses longs cils délicats)C'est tout ce qu'il avait besoin de savoir. il avait confiance en lui. il allait comprendre bien assez vite. ataraxie en était convaincu, il choisirait quelque chose qui le rebuterait -pourquoi choisir le plus simple quand on est endetté. et ataraxie, il adorait le dramatique. le vrai. pas comme un parquet qu'on défonce.
ATARAXIE
par contre, j'adore ma chemise. T'en penses quoi ? Il faudrait que je trouve comment garder le motif et la couleur. Le sang devient brun quand il sèche totalement, c'est immonde.
(il s'observe le torse, un verre soudainement à la main. probablement de l'eau. peut-être pas. les cookies sont toujours sur la table. son thé froid aussi.)
bon réveil ♥
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Invité
What’s the matter ?
You don’t have enough rain
To make up your storm ?
il sursaute aussi.
c’est qu’ataraxie s’élance vers lui comme la pauvreté sur le monde. et puis, vagabond ? voilà ce qu’il pense. la tête légèrement inclinée, les bras croisés, son regard suit la figure de son sauveur qui parcourt les distances. un électron libre.
plutôt que la culpabilité, c’est la perplexité qui s’étale dans tout son long sur ses traits, car où ataraxie veut-il en venir ?

quand il dévoile sa chemise, il comprend.


au mieux, la tache deviendrait rose, comme du vin humide. au pire, il jetterait la chemise.

seigneur dieu. une déclaration identique à la précédente, mais plus appuyée, alors qu'on lui montre le sol. remplacer un vêtement était aisé, surtout pour quelqu’un d’aussi riche qu’ataraxie, mais un parquet ? il soupire, la main contre l’arrête de son nez, les yeux clos. il pense.

c’est de l’art.
il ouvre les yeux.



je peux payer en nature. assura vivaldi avec un rire bruyant. son sourire disparut alors qu’ataraxie sous-entendit cette exacte proposition. c'était que monsieur aimait bien blaguer sur la situation, pas en perdre le contrôle. il devint blanc comme un linge.

tu sais ce que je veux, prétendait-il. après un regard lourd de sens, un soupir anxieux, il se détourna de la scène, fastueux, pour rejoindre la fenêtre. éloignant son rideau d’un revers de main, il découvrit la ville vue du ciel. tout en lumières, comme des étoiles. la nuit était bel et bien tombée. sur la devanture d’un immeuble, il discernait une publicité, louant les talents d’une chanteuse trop familière. il poussa un soupir, à mi chemin entre une nostalgie mélancolique et un dégoût cristallin.

on l’interpelle, comme un rappel à l’ordre. s’éloignant de la fenêtre, il se retourne curieusement, pour s’approcher un peu de la pièce à critiquer. un regard à l’hôte, alors qu’il remarquait son verre.
tu ne sers pas tes invités ? sourire narquois. quelle impolitesse. parce qu’arriver chez quelqu’un autant à l’improviste qu’à l’agonie, c'était tellement plus poli. mais mieux valait s’éloigner de ce sujet là encore un moment. j’ai toujours pensé que le rouge t'allait bien -, une pause, pendant laquelle il pensa aux millions de costumes qu’il avait vu défiler dans ses messages. ou le bordeaux, tout du moins.

une solution au problème énoncé, désormais. il réfléchit de la même façon qu’avant, bras croisés, tête inclinée, les yeux fixés sur la source de son désarroi. le torse d’ataraxie, en l’occurrence. sa chemise, il supposait. tous les regards étaient tournés vers elle. de la même façon que l’on conserve un tableau, peut être. un regard trop doux, alors qu’il réalisait l’absurde de leur situation. ils ne s’étaient même pas présentés.

tu sais ce que je veux.

un regard vif vers ataraxie, qu’il jaugeait de haut en bas, une question tuée au fond des yeux.

il lui devait la vie.
et aussi beaucoup, beaucoup d’argent.
il supposait la vie plus importante.

fixant le garçon comme un mystère à élucider (ce qui n’était pas si éloigné de la vérité), il prit une décision.
une mauvaise, avec ceci.

mauvaise, alors que lentement, si lentement, ses doigts glissaient le long de son bras, jusqu’à rejoindre sa nuque. une caresse fantôme.
c’est pour,
mauvaise, alors que de l’autre main, il effleurait sa joue, pour pencher son regard vers lui. payer ma dette.
mauvaise, alors qu’il relevait les pupilles pour les tendre vers ataraxie, car il méritait au moins cela.
mauvaise, ses yeux sur ses lèvres, les respirations de deux êtres. c’était l’affaire de dix centimètres.







il ne sut pas les franchir.

ses lèvres finirent leur chemin dans son cou, s’étirant en un large sourire. désespéré par sa propre incompétence. incapable d’un baiser.
je trouverais autre chose, il promit. il ne savait pas quoi.

ꕤ quiel ꕤ

Ataraxie
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Ataraxie
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ah, vivaldi -la vérité, c'est qu'il n'était pas quatre saisons.
il a des expressions bien jolies ; des choses que l'on dit du bout de la langue parce qu'on ne peut s'empêcher de réagir mais qu'on reste trop choqué pour le faire vraiment : ataraxie se demande, n'as-tu pas vu pire, vivaldi ? ataraxie se demande, n'as-tu pas d'autres mots à coller sur d'autres lèvres, vivaldi ?
c'est un printemps. jamais totalement ouvert, mais légèrement fleuri.
il aurait pu continuer. se questionner longtemps mais la vérité, c'est qu'autre chose l'accapare -le broie, fait frétiller ses envies dévorantes de savoir ce qu'il fera. ce qu'il choisira, parmi toutes les possibilités possibles -c'était ça qui était beau, qui était brut. la spontanéité. la capacité de ne pas calculer, ou pas vraiment, parce que quelqu'un d'autre calcule pour vous.
ataraxie calcule toujours très bien.
alors soit -s'il veut, ça ne sera pas de l'art. ça ne sera qu'un tâche macabre à nettoyer, à effacer à arracher à javelliser. ataraxie se le note dans un coin de son esprit. il a déjà plein d'idées derrières sa caboche cabossée.
mais il retient, ataraxie, qu'il pense, vivaldi. il pense avec une délicatesse toute faîte, fraîche mais pas trop, macabre tels ceux qui se font traîner par la vie comme si c'était une voiture de course lancée sur circuit sans vouloir pour autant la lâcher. à vrai dire, ataraxie se demande si vivaldi ne crie pas au chauffeur d'aller plus vite. peut-être qu'il se dit qu'à un moment, il ne sentira plus rien.
il ne sait pas, ataraxie -sa chose à lui, c'est la paix.
pas les pauvres torturés qu'il va voir au théâtre -peut-être que vivaldi était une de ses catharsis, et oh, une pensée fugace traverse son esprit. celle-là aussi, il la garde pour plus tard : il a enfin parlé. choisi. décidé. il rit, alors ataraxie aussi.
à vrai dire, il aurait ri même si ce n'était pas une blague -c'était d'un stéréotype.
mais ah -vivaldi ne lie pas parole et actions : il préfère tokyo aux yeux d'ataraxie. il comprend. qui pourrait ne pas tomber amoureux de cette ville aux milles lumières ? parfois, il a l'impression que la nuit n'atteint jamais la capitale.
oh, oui, il est impoli, ataraxie, de n'avoir rien offert -mais oh la politesse n'est pas pour aujourd'hui. il se contente de sourire, toru. les mots sont délicats, pris comme on arracherait un pétale d'une rose : avec milles précisions. il se révélait et oh, comme il aimait ça.
et il pourrait l'encadrer, sa chemise, la mettre sous vide empêcher toute oxydation mais vois-tu, vivaldi, tu avais dit que ce n'était pas de l'art. et ataraxie était bien d'accord. tu saura pourquoi plus tard. plus tard. sois patient.
et il voit presque, ataraxie, les rouages tourner dans ton cerveau, les pièces qui s'empilent oh que tu n'essaies même pas de plier, juste d'un peu désaxer. de quoi se donner bonne conscience, peut-être.
il décide de jouer le jeu.
ataraxie est quelqu'un qui aime l'attention. il l'a sent qui coule le long de sa colonne vertébrale quand tu lui effleures la nuque. il a les yeux qui ne décollent pas des tiens ah et peut-être qu'à ton tour tu essuies des larmes qui n'existent pas (les tiennes, peut-être. encore.) des excuses passables et de l'affection que l'on dira feinte mais qui ne paraît pas vraiment l'être.
paie ta dette, komatsu. paie-la comme tu penses qu'elle doit être payée : ataraxie ne t'a rien dit. ataraxie ne dira jamais rien, parce que c'est ainsi qu'on se lave les mains.
alors il regarde. le grain de ta peau est plus détaillé que ce qu'il aurait pensé ; c'est de la couleur de la douceur d'une pêche, du coton des nuages, du soyeux de la soie. alors il regarde, et il apprécie, et il joue (l'acteur ou le jeu)
et ce n'est pas lui qui n'arrive pas à garder la face
quel dommage -il était presque prêt
ATARAXIE
vois-tu, vivaldi, je suis d'accord avec toi. ce n'était pas de l'art.
(il ne bouge pas de sa place, frissonne du contact des lèvres, de tout ce qui en découle)
ATARAXIE
mais toi, tu es une oeuvre. terrible tragédie,  théâtre qui respecte la bienséance comme la folie d'oreste. ne viens pas me dire que toute cette tension n'était pas intentionnelle.
(cette fois, il baisse son rideau de cils sur la face de vivaldi)
c'était une oeuvre, et c'est sa catharsis qui est la plus belle parce qu'elle est réelle.

ATARAXIE
tu trouvera ce que tu voudra.

ce que tu voudra bien faire, ce que tu acceptera, ce qui te conviendra. ataraxie n'est pas si dur. il se contentera de dire non.
ATARAXIE
à boire, donc ? tu es mon invité. je me plierai à tes demandes.
(les mains dans ses poches restent immobiles et pourtant il meurt d'envie de les sortir pour les coller à des carotides trop folle à de la vie qui s'exprime à des envies qui s'affirment.)
et voyez-vous, ataraxie joue encore. parfois, il se dit que la vie n'est qu'une grosse pièce de théâtre. cinq actes : naissance, enfance, adolescence, adulte, adieux.
mais il ne joue jamais sans parfaitement maîtriser son texte : c'est une chose qu'un artiste ne peut pas se permettre.
encore bon réveil ♥
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What’s the matter ?
You don’t have enough rain
To make up your storm ?
il demeure,
le visage enfoui dans le cou d’ataraxie.
et puis ses mains descendent elles-aussi, elles le doivent. de sa nuque jusqu’à ses hanches, de sa joue jusque dans son dos. elle flotte par dessus ses côtes un instant.
mais il demeure.
là, et dans son silence, aussi. même alors qu’on le dissèque, ce n’est pas sa voix qui le trahit : c’est la façon qu’ont ses épaules de s’élever un peu alors qu’on lui parle d’intention,
ingrédient de l’art.
(un terme qu’il n’aimait pas.)
(comme s’il existait une recette.)

son sourire ne le quitte jamais, parce que voilà où il excellait, vivaldi : la façade, la prétention. mais sa pensée éclate comme une bulle de savon dans la pièce, des murs jusqu’aux fenêtres, celle qu’ataraxie se trompait. jusqu’au dernier moment, jusqu’au dernier centimètre, il se jurait en être capable, qu’est-ce qu’un baiser, après tout ?
trop pour lui, de toute évidence.


tu l’as dit toi-même : je suis un acteur-né. et un incapable. et un menteur. il n’abandonnerait pas sa dette.



tu trouveras ce que tu voudra, il ajoute.

n’est-ce pas le problème ? et il s’éloigne d’un pas pour pouvoir affronter le regard d’ataraxie tout entier. quel est la valeur d’un sacrifice s’il est consenti ? si on se prépare, si on accepte sa perte ? vivaldi voulait la justice. ne plus rien devoir à personne, et que lui le sache, comme les autres. ataraxie n’avait pas eu le choix, alors il le refusait aussi.

c’est un peu facile. les yeux sombres, désormais. il réfléchit encore. la recherche fait partie de la dette, qu’il souffre un peu, mais c’est injuste. j’ai encore le choix. celui de penser à tout, à n’importe quoi, à rejeter des idées, à en accepter d’autres. où était la difficulté ?

le dramatique ?
lui voulait l'impossible.


l’exception était le baiser - qui ne lui plaisait pas sans lui déplaire. parce qu’il s’était dit que ce n’était rien, alors il avait accepté. il s’était donné tort, le juste auteur de son propre chute.

la question de la boisson, maintenant,
sa réponse est sans appel. montrant la coupe d’ataraxie, il déclare : ça. c’est qu’il est fier, taquin, et pas très inspiré. une demande claire, concise, un souhait. maintenant je veux savoir : qu’est-ce que tu veux ? il le mettait au défi d’en faire tant lui même.

ꕤ quiel ꕤ



HRP:
 
Ataraxie
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la proximité n'a jamais fait peur à ataraxie. mieux : il aime les contacts.
c'est avec les gestes qu'il s'exprime le mieux ; il n'en est pas peureux. il s'avance met en lumière des zones plus ombrées des choses que parfois on ignore ou qu'on aimerait oublier oh il s'invite en sculpteur et il réinvente les corps les tissus les formes.
vivaldi ne lui fait pas peur. comment pourrait-il avoir peur -ce n'est qu'un jeu, et il en connaît toutes les règles, il en écrit même certaines. il connaît les trous dans la carapace de vivaldi, les vides dans ses mots ou les montagnes derrière de simples expressions. ou du moins il essaie, il devine.
bel acteur qu'il est, pour sûr. en charme et en mensonge, pailleté sur sa confiance morcelée qu'il tente de réparer avec des idées volées à d'autres. des comportements étranges, du langage des bas-fonds. il en est certain, ataraxie, qu'il y aurait bien mieux à voir : mais c'est cela le comble des acteurs. on n'est jamais vraiment certains de ce qu'ils nous présentent.
et pourtant, il est si vrai, vivaldi. si présent si vivide, à l'opposé de livide et pourtant il n'est que printemps. une renaissance commencée, à moitié gâché. il aurait aimé lire tout ça sur son visage, ataraxie, mais vivaldi ne lui offre que sa nuque : il pourrait la trancher en un instant mais elle est si délicate, si tranquille (comme celle d'un dormeur du val)
vivaldi ne réagit pas au compliment. comment pourrait-il, après tout, alors qu'il est en plein acte, au milieu de la scène, les projecteurs braqués sur lui, près à déceler le moindre doute ? il voudrait lui faire comprendre, ataraxie, qu'il n'a pas besoin de ça ici. jamais. pas avec lui.
il plonge dans ses yeux. c'est une métaphore dépassée, de celles qui font lever les yeux, mais ataraxie n'a pas d'autres mots : ses pupilles sont chocolat fondu et ah, il rêverait presque d'en faire son bain du soir, de le laisser se cristalliser sur sa peau pour se défaire de trop de blanc. et pour bien d'autres choses, mais voilà, il ne peut que regarder.
et il ne lâche pas : tout est hypnotique. son regard est fixe oh il n'y a que ses paupières parfois qui vacillent un peu, mouvement amplifié par la longueur ridicule de ses cils noirs. il écoute, mais il regarde surtout : il note comme sa pomme d'adam remonte et redescend quand il déglutit, il inspecte sa langue qui se cache dès qu'il arrête de parler, il continue d'observer les dilatations de son regard. il a deux mondes dans son cerveau, après tout.
ataraxie se plie à ses demandes. il est toujours un hôte remarquable, aujourd'hui ne changera pas la donne. il part chercher la main de vivaldi, l'appose à son verre et va jusqu'à l'amener aux lèvres de l'assoiffé. il le laisse prendre une gorgée, et pas vraiment plus.
ATARAXIE
indirect kiss.
(il a un sourire qui fleurit sur sa bouche)
oh il arrache à vivaldi ce qu'il ne voulait pas donner et rien que dans la symbolique c'est du plus bel effet ; il est tellement sûr de lui ataraxie comment pourrait-il flancher douter arrêter
(nozomi)
il lâche le verre dans la main de vivaldi ah il replace ses dix doigts dans ses deux poches et il essaie de rester dans le jeu dans ces choses qui ne sont jamais trop sérieuses
(nozomi)
parlons d'autres choses
ATARAXIE
oh non, ce n'est pas facile, que d'avoir le choix.
(cette fois une main sort de ses vêtements pour accompagner sa parole : il gesticule en l'air, effleure l'épaule de l'autre)
ATARAXIE
ou du moins, pas pour toi. tu as trop d'honneur pour me donner quelque chose que tu estimes non équivalent.
(son sourire s'amplifie)
ATARAXIE
un alcatraz dans toute sa beauté.

vraiment, dans toute sa beauté.
un alcatraz à torturer.
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il prend ce qu’on lui tend,
surtout lorsqu’il en fait la requête.
mais ça se lisait dans ses regards, dans ses pupilles trop aiguisées, une méfiance capricieuse alors qu’on lui effleurait la main. s’il n’était pas l’instigateur du toucher, alors il n’en voulait pas : c’était ce genre d’égocentrisme. prendre aux autres, mais qu’on lui laisse à lui. une prudence, un zèle, un égoïsme, aussi, peut-être.

le liquide coule jusqu’au fond de sa gorge, c’est une saveur qu’il ne reconnaît pas. à croire que le luxe changeait jusqu’à la langue. et jamais il ne détourne ses yeux, comme un défi à ataraxie, une preuve qu’il n’était pas dans son élément, mais jamais intimidé. courage. bravoure. des qualités à serrer contre soi coûte que coûte, plus près encore que la sagesse et la patience.

indirect kiss, et quel sourire.
le voilà, le prix à payer.


c’est qu’il écarquille les yeux, surpris d’un tel dénouement, qu’il pensait plus terrible. et c’est que son regard change, de l’étonnement jusqu’à une douceur trop grande encore, jusqu’à un attendrissement désolé. tu m’as eu. et il tourne le verre pour parfaire la victoire, la touche finale sur le gâteau de la tromperie indulgente : les conséquences, la leçon apprise.

le traumatisme.
n’employons pas des mots si durs ici.  

c’est sur ses lèvres prétendument dépossédées que naît un sourire fébrile, comme lorsqu’on veut rire mais qu’on sait qu’il ne faut pas. un baiser si romantique. il parle dans son verre, les yeux brillants. il n’était pas sûr de -

c’était dur à expliquer.
le pourquoi du comment, du pour qui.
la malaise qu’il ressentait pour les sentiments.
parce que les touchers n’étaient rien : la chair contre la chair ? les artistes voyaient par delà le corps. mais vivaldi ne pouvait nier qu’à des caresses trop langoureuses, des regards trop appuyés, des sentiments indésirables naissaient, la faute à un cœur trop fidèle aux actes.

un baiser, c’était,
comme une ligne à franchir avec ataraxie. il restait sur le départ, fixant la course par des yeux absents.


reprenons,
parlons du choix.




mais c’est certainement contre-productif si l’on parle d’obligation.

réponds à la question, ataraxie.
paix mensongère, qui trouble les autres.


un autre regard vers sa main, alors qu’il effleure son épaule : pas l’ombre d’une menace, mais ses épaules tendues trahissaient son malaise. quand il parle d’honneur alors, vivaldi croise les bras, l’expression perplexe. quid de l’honneur pour un menteur ? un comédien ? qu’on ne s’y méprenne pas, il y a des circonstances qui méritent qu’on trahisse pour elles. et vivaldi les guettait sans cesse, à travers la violence, à travers le chaos.




quelle décadence, de jeter les clans dans cette affaire.
c’est que vivaldi les oubliait parfois : ses combats à lui étaient sur tout les fronts. tu m’estimes trop, ataraxie. la douceur ne quittait pas ses yeux. s’y joignit un sourire facétieux. l’affection d’un monde, les devoirs de l’autre. et je sais que tu n'es pas naïf au point de croire qu’un clan garantit une psyché.


ꕤ quiel ꕤ

Ataraxie
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il accepte : il boit comme on boirait du Graal. il y a du mystique autour de la scène, sans qu'il ne soit trop forcé ; la brume n'est que dans leurs esprits. à vrai dire, tout est si flou. qu'est-ce qu'ils font ici ? pourquoi est-ce qu'ils restent ?
pourquoi tu pars pas ?
il t'a eu. game over. c'est fini. terminé. enterré. il n'y a plus de quoi jouer. alors voilà :
pourquoi tu pars pas ?
il t'en manque, peut-être ? t'as d'autres plans sur la comète, t'as d'autres étoiles à voir, d'autre corps à asperger d'essence avant d'oublier de les incendier ?
pourquoi tu pars pas ?
le romantisme est mort. toru achetait beaucoup de roses. parfois des iris, des jacinthes, des myosotis. beaucoup d'autres. une chaque mercredi. parfois le lundi. souvent le dimanche. occasionnellement le jeudi. rarement le vendredi. jamais le mardi. et puis le samedi, c'était elle qui en amenait.
pourquoi tu pars pas ?
ATARAXIE
___ tu es le seul à avoir parlé d'obligation.
(il reprend son verre, boit une gorgée. c'est toujours aussi sucré.)
ATARAXIE
___ ce qui étaie ma théorie.

c'est aussi simple que ça : persuader avec l'argument des autres. il l'a toujours fait, toru. c'est une ficelle de la rhétorique, des grands discours et des conversations de rue ; quel meilleur charme que le sien transplanté sur un autre ?
ATARAXIE
___ je ne surestime pas.
(on sent qu'il aurait voulu dire "jamais" à la place, mais que son ego l'en empêchait)
ATARAXIE
___ et je ne suis pas naïf.

oh non on ne le trompe pas vraiment, ataraxie : il a bien trop d'imagination.
ATARAXIE
___ mais pourtant tu restes là.

pourquoi tu pars pas ?
ATARAXIE
___ mais je retiens qu'alcatraz n'est qu'un nom parmi d'autres pour toi. si tu veux rejoindre le futur, je te donnerai autant d'invitations qu'il le faudra.

il était recruteur, ataraxie. il l'est toujours, il le restera probablement longtemps, ah ! il te l'avait dit aussi. c'est son discours habituel. il n'est porteur que de l'avenir, du bonheur et du vrai.
mais t'y as pas cru, nozomi.
alors pourquoi t'es encore là, dans sa mémoire ?
mais t'y croira pas, vivaldi.
alors pourquoi t'es encore là, dans ses déboires ?
il tourne le dos à son invité. il préfère faire face au feu : il a parfois l'impression qu'il le réchauffe plus loin que sa peau mais la vérité c'est qu'il est déjà brûlant depuis longtemps. il ne s'en rend pas compte, mais sa rage est bien trop grande. bien trop forte. trop imposante pour un si petit corps, mais il ne sait que grandir les choses aussi petites que des grains de riz. pas les grosses choses qui prennent déjà trop de place.
ATARAXIE
___ si tu ne veux pas rembourser, ne le fait pas. ce n'est qu'une vie après tout. il paraît que ça arrive trop souvent, par chez nous.
(c'est une voix de stentor qui vient du dos, qui se réverbère sur la pierre de la cheminée)
pourquoi tu pars pas ? dis-moi.
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sa main se porte jusqu’à sa poche,
il cherche ses cigarettes.
comme si leur fumée suffirait à faire écran, camoufler les faiblesses et les non-dits qui flottaient dans l’air. comme s’il serait tranquille, parce que qui embêterait un fumeur pendant sa pause ? peut être pourrait-il réfléchir. c’était si rare que ça lui devienne une nécessité, et pourtant : c’est qu’ataraxie était maître dans l’art de retourner les neurones.

fait problématique,
il ne les trouve pas.
peut-être étaient-elles gorgées de sang, de toute façon
mais c’était d’une déception.


il regrette d’être si proche d’ataraxie. face à face, on voyait jusqu’aux cils tomber, jusqu’à la plus petite réaction aux trop grandes conséquences. et à cette distance, le visage de vivaldi était l’étalage de sa frustration contenue, polie comme un diamant, caractérisée par des yeux trop sombres et des doigts inconstants.

ataraxie l’avait vaincu, encore.
il prendrait une revanche éventuelle. longue, peut être, l’affaire de plusieurs années s’il le fallait, mais ça devenait soudain très personnel de casser son piédestal à mains nues, pierre par pierre. il en connaissait, des gens trop hauts. c'était une vie trop solitaire pour quelqu'un comme lui.
il en distinguait déjà les fissures alors qu’il prétendait à la clairvoyance quant il s’agissait des autres, au pragmatisme. vivaldi ne lui ferait pas l’injure d’un regard perplexe face à ses certitudes, mais doutait. qu’à cela ne tienne : c’était une question à laquelle ils répondraient avec le temps et ses insultes.

ses doigts se figent,
mais pourtant, tu restes là.
il fallait bien que quelqu’un reste, après tout.
surtout quand la salle était vide.


sa frustration s’efface pour laisser place à un amusement sincère alors qu’on lui parle d’invitation. pour quoi donc, oméga ? le futur ? j'ai peur que le passé m'emprisonne encore.


ataraxie lui tourne le dos,
avait-il touché une corde sensible ? la musique de ses pensées était si dure à suivre. mais il ne s’en plaindrait pas, vivaldi, pas alors qu’il poursuivait l’intrigue et le drame de lui même. quand il ouvre la bouche, il obtient sa réponse : c’était d’un ton trop retentissant pour être anodin, un ton qui demandait qu’on l’entende,
qu’on l’écoute.

ce n’est qu’une vie, après tout.



son paquet encore dans ses poches, il aurait sorti une autre cigarette. ataraxie l’aurait poussé jusqu’à l’addiction. ne m’en parles même pas. d’une main absente, il effleura sa plaie.



il payerait sa dette,
il payerait sa dette parce qu’il n’en était pas obligé.
il ne s’arrêtait jamais et,
en faisait toujours trop.


une autre erreur, une mauvaise idée. ne pas se laisser le temps de penser, vivre trop vite.

rejoindre la course.
voler la voiture.


il n’entendait plus rien.
même son cœur retenait son souffle.
ses pensées étaient un amas véhément et criard : mais il n’y a que les murmures qu’on écoute vraiment. qu’ils reprennent là où ils en étaient, qu’ils reprennent comme s’il n’avait pas pris peur : s’approcher un peu, un pas après l’autre. après la balle, il se traînait ainsi. c’était ainsi qu’il se traînerait sans. le spectre de sa main sur son dos, avertissement et avant-goût. peut être qu’ataraxie avait raison, peut être qu’il aimait faire languir.

lui faire face, désormais, les yeux dans les yeux. ne rien y laisser sinon un désir brûlant. une provocation. qu’ataraxie brûle tout si vivaldi ne lâchait pas l’allumette. la main qui glisse sur sa joue, les doigts qui tremblent, qui hésitent. ne pas se laisser le temps de penser. fermer les yeux. réaliser qu’il n’y a personne d’autre qu’on veut imaginer.

l’affaire de dix centimètres.





les franchir à toute vitesse.

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Ataraxie
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qu'est-ce qu'oser ?
est-ce que c'est plonger sans savoir ou en sentant les chaînes à ses pieds ? est-ce que c'est rêver dans la réalité ou lutter pour continuer ? est-ce que c'est l'inconscience d'icare ou la rage d'achilles ? est-ce que c'est l'inconnu ou les arbres à pendus ?
ataraxie ne sait pas vraiment.
est-ce qu'il a peur ?
probablement. il n'y a que les imbéciles qui n'ont pas peur et ah, ça l'effrayerait sûrement, de ne pas avoir cette appréhension amère qui colonise sa salive.
il pensait ce qu'il vient de dire.
ce n'est pas grave. il se sent presque voleur. ça ne lui a pris que quelques minutes, une heure tout au plus -et pourtant. ça lui a sauvé la vie. c'est étrange, non ? comme la balance est inégale. comme le temps est relatif. comme les poids sont si différents.
les flammes l'ont toujours fasciné. c'est un thème récurrent dans la littérature et il ne peut s'empêcher de penser que ce qui brûle tout le temps, ce n'est pas que les passions. c'est aussi tout le reste.
c'est comme un virus : ça se propage.
et ça rase tout sur son passage. ataraxie doit l'avouer, il n'est pas vraiment résilient. résistant pour sûr oh mais un peu trop mourant pour ces semblants troublants de désenchantements incendiant.
il n'y a que le silence : c'est là qu'on entend le mieux les bûches craquer. céder. s'immoler.
VIVALDI
___ j'ai peur que le passé m'emprisonne encore.
(il a l'air de rire)
quels sons sinistres.
ataraxie a l'esprit vide. surmené d'images, et d'autres choses que l'on imaginerait pas. il se redemande : est-ce que le printemps est sa vraie couleur ? il n'est pas vert. le vert c'est l'espoir. vivaldi n'en a plus depuis qu'il s'est lié les poignets de sa propres volonté.
peut-être qu'il parlait si légèrement parce qu'il se demandait parfois pourquoi il était encore là. il pense que tout le monde se le demande un jour -ce n'est pas si mal.
il a la tête baissée, ataraxie. on pourrait dire qu'il regarde les flammes mais c'est juste que ses pensées sont devenues trop lourdes à porter ; il sait qu'il transpire le dépit, il a toujours été trop expressif. il paraît plus adulte que d'habitude ; on sent la trentaine passée dans ses yeux délavés, rengorgés par les reflets carmins que renvoient la cheminée.
nature morte : il ne manque que le crâne nu, la chaire enlevée, délicatement scalpée.
il a trop de violence dans son esprit.
ta main vient creuser le sillon de son dos : il devient vieillard en un instant. il sait qu'il n'a pas vécu grand chose, ataraxie. il se demande ce que cet enfant jumeau aurait fait à sa place. si on lui avait laissé plus de temps. plus de présent.
ta paume paraît plus chaude que les flammes. il s'en rend compte quand tu t'avances, quand tu la bouges un peu malgré toi. il est en décalé, ataraxie. il ne te regarde pas. il n'y a que le feu dans ses yeux. tu n'es pas rouge non plus. c'est trop sanglant pour toi.
les doigts qui glissent sur sa joue -cascade, on dirait que chaque toucher lui brise un nouveau pan d'une chose qu'il croyait ne plus avoir : un masque. une fausse armure. de l'argile coulé dans des restes lacrymaux. c'était impossible : ataraxie ne pleurait pas.
il relève les yeux. il voit les tiens -il est décalé. désaxé. déphasé. désorienté.
qu'est-ce qui vous arrive ?
c'est l'histoire d'un naufrage. les navires ont coulés depuis longtemps. le matelot a cru pouvoir être sauvé. il s'y est accroché, à sa bouée. il pensait encore l'avoir attrapée, et la mer était douce comme des lèvres que l'on caresse, et les vagues allaient vite comme un cœur qui bat trop fort, et un monde qui s'évanouit comme le mirage d'une vie.
ce n'était qu'un rêve de noyé. on lui enlève son dernier souffle.
c'est ta marée qui l'emporte -loin, si loin d'ici. il ne sait pas vraiment quoi dire ; il sait qu'il n'en a pas besoin, que ses mains sur tes hanches sont assez ah que c'est les sirènes qui mènent aux naufrages.
mais tu n'es pas bleu, vivaldi. c'est trop froid pour toi. c'est ce qu'il se dit en quittant la sûreté de ton rivage (de ton visage). il est redevenu glacé, tout fendillé, sans comprendre où continuer à nager.
alors voilà ce que tu proposais, vivaldi ? une vie contre un baiser. contre des habitudes arrachées, contre un cerveau retourné, contre une identité saccagé. contre l'arrêt de la descente, contre une ancre qui nous lacère l'estomac parce qu'elle continue de tomber.
ce n'est même pas une bouffée d'oxygène. c'est juste un baiser.
ou du moins se le dit-il pour se rassurer.
ATARAXIE
___ je vais te dire ce que je veux.
(il a les yeux fiévreux qui se reposent sur les tiens)
ça semble dire tu verra. ce n'est pas si compliqué.
il n'y va pas par quatre chemins.

ATARAXIE
___ et que tu me dises ce que ça veut dire.

il le dit avec tant de douceur, on dirait presque qu'il supplie.
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quand il s’agit de creuser sa propre tombe, il s’y met tout entier.
quelques mètres aurait suffi, vivaldi. à quoi bon en vider dix ?
c’est pour allonger la descente ? tu veux tomber plus longtemps ?
l’arrivée est la même, plus douloureuse seulement.

c’est qu’il se promet d’y mettre fin. c’est qu’il se jure que ce sera bref, comme la balle. ce n’est qu’une vie après tout. n’étaient-ce pas ses mots exacts ? la somme est petite. les intérêts, inexistants. c’était une corvée, une piètre seconde sans incidence.
et c’est qu’une fois ses lèvres sur les siennes, il réalise qu’il en a besoin. ataraxie ou lui, peu importe : le résultat est le même. il y a un vide à combler comme on peut, et ils s’y tombent ensembles. même ses pensées se taisent, tout les avertissements du monde ne sauraient rien y faire. les vraies mauvaises idées sont si douces quand on s’y commet.

alors il laisse sa main vagabonder sur le dos d’ataraxie, il s’y accroche comme si c’était une question de vie ou de mort. ça y ressemblait tellement. quelle réponse, alors ? quel choix ? les deux à la fois, peut-être. il s’y perd en entier. et comme avec la faucheuse, le plus dur, c’est de lui survivre avec dignité. il fait de son mieux, vivaldi, il fait dans la nuance. ne pas retirer ses mains immédiatement comme sur du charbon chaud, supporter la brûlure. le regarder dans les yeux, éteindre l’incendie. calmer sa respiration, souffler sur la fumée.

je vais te dire ce que je veux.
remarquer la flammèche.


c’est son souffle qu’on vole désormais.



il lui demandait l’impossible. l’impossible intransigeant, qui ordonnait de faire demi-tour. l’infranchissable mur de prison. vivaldi reste interdit face à son souhait. c'était quelque chose qui valait deux vies, deux noms.
fallait-il qu’il triche de cette terrible façon ?
il n’en avait sauvé qu’une,
et le baiser n’était rien.




le baiser n’était rien,
n’est-ce pas ?
pourtant, il l’avait dépouillé de son éloquence. ou alors, la question était à blâmer ? elle était trop vaste. peut être était-ce celui qui la posait qu'il fallait accabler de reproches. c’était d’un ridicule. c’était d’une simplicité. mais ses lèvres n’étaient que des soubresauts trop émotifs alors qu’il ne savait pas se définir.




les mots, il les saigne. ils débordent de ses yeux, se mélangent à l’eau salé qui roulent sur ses joues. c’est qu’il a trop de choses à expliquer, en trop peu de temps. c’est qu’il repense au coup de feu, comme un écho au passé, c’est qu’il repense au sang, et que jusqu’à la dernière seconde de la dernière minute, il était encore l’autre, à crever avec un sourire.

ses pleurs ne sont pas hystériques. ils sont calmes, presque assumés. des pleurs de ceux qu’on a trop l’habitude d’ignorer. à force, ils sont juste là : inconvénients plutôt que signes. il ne s’arrêtera pas pour eux. il ne les essuiera pas dans le cou de quiconque.

parce qu’ataraxie oubliait quelque chose
c’est dit dans un sourire trop doux, un sourire trop amoureux. un souffle langoureux, désolé, incapable. un souffle qui demandait pardon.

ma dette est déjà payée, ataraxie.

il part, arrache son masque alors qu'y glissent ses doigts une dernière fois.

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D/3
ataraxie ne pleure pas. c'est là qu'on voit toute l'étendue de ses mea culpa.

et pourtant, il pleure, vivaldi. il pleure comme la bruine tombe sur la ville lorsque la nuit tire son manteau : sans qu'on le remarque. sans bruit. sans peine. avec le vide, celui pour lequel on se déchire sans trop comprendre pourquoi.
ataraxie comprend. il croit. ce n'est pas facile. ça ne l'est jamais, et il se demande si c'est pire de pleurer des êtres perdus ou des autres disparus. si c'est pire d'être sûr ou de les regarder au loin. si c'est pire une tombe ou des souvenirs.
mais non.
c'est le glas qui sonne.
il aurait pu pensé qu'il s'agisse du sien. un bruit funèbre pour la plus grande blague du siècle : son existence. il aurait pu pensé qu'il lui avait arraché le cœur sans même qu'il ne le sente ; à vrai dire, il se disait souvent qu'il ne sentait plus grand chose depuis deux ans. comment pourrait-il se plaindre -n'est-ce pas la paix, l’anesthésie ? n'est pas un bout d'ataraxie ?
mais non, le glas sonne encore, et il est debout, et des mots résonnent à ses oreilles, et des pas s'y ajoutent, et tout est si flou oh n'aurait-ce été qu'un rêve un fantasme peut-être une soirée arrachée aux rêves et aux illusions ah un paysage tracé par la belle dame blanche.
mais n o n
il sent ses doigts qui glissent comme des griffes pire que les plus dangereux prédateurs, il le met à vif il découpe sa chaire comme avec délice -pour lui dire voilà ta peine
il avait enlevé le masque -tu l'as défiguré
tu l'as javellisé tu as renversé de la vodka sur des pièces encore saignantes tu l'as retourné, transformé en érinyes (mégère tisiphone et alecto en même temps)
il a presque les ailes monstrueuses qui grandissent dans son dos, corbeau de malheur -mais ses yeux sont restés fixe.
c'est le feu.
le feu.
le feu.
la lumière -raison et esprit
cosmogonie -symbole de vie
le feu -puissance divine
le feu -force orpheline
le feu -qui tremble qui tremble
le feu -qui étrangle qui contemple et qui rassemble
porteur du destin

il ne s'en ira pas.

all (: is (: fine (:
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un fait,
on ne touche jamais le fond
à chaque fois qu’on l’atteint, il s’éloigne encore.


la porte se ferme en un claquement sec, le début de la fin. le destin ou le karma - peu importe. force est de constater qu’il s’abat immédiatement, dans la même minute qui suit l’erreur qui l’enrage. et vivaldi ne dit rien, un spectre à la présence divisée. face à la sortie, désormais mur, il se contente de tourner la tête si doucement, regarder du coin de l’œil ataraxie sans que lui n’obtienne un fragment de son regard. plutôt que la colère, l’appréhension.

un constat, désormais,
certains ne croyaient pas en son infini et,
s’amusaient à le repousser jusqu’au noyau terrestre


et la peau brûle.
il ne supporte pas la douleur, vivaldi, pas chez les autres. lui encaisse, lui réplique, mais tout autre circonstance est intruse, injustifiée. alors il se retourne vivement, avec un sursaut audible et les mêmes larmes silencieuses, celles qui n’ont jamais séché. le visage horrifié alors que le sang coule, et un pas nécessaire, parce qu’il devait arrêter ça.

puis la prudence, puis la peur.
animal terrifié.

c’est familier, cette impression - celle que la situation lui échappe, glisse de ses mains comme un serpent trop habile. il glisse avec elle, la tête sous l’eau désormais, l’œil et la main tendue vers la surface sans savoir l’atteindre. l’écrasante catastrophe qui broie et s’abat sur lui, sur eux.


ꕤ quiel ꕤ



résumé du rp:
 
Ataraxie
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Ataraxie
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si beau.
tout paraît si beau. c'est comme des papiers de soie qui volent, emportés par un vent ascendant, c'est comme des danseuses d'or et de rouge, c'est comme du soleil qu'on déverse sur des âmes trop vagues, c'est se rendre aveugle pour mieux voir les couleurs ensuite, c'est enlever le non-nécessaire pour mieux continuer pour savoir où aller pour
c'est si beau.
il en perd ses mots ce n'est pas sa faute ; il est hypnotisé il ne voit ni les mains ni la douceur oh il n'y a que les flammes et ce qui l'empêche de les atteindre mais oh ! il a un feu comme Pyrrhus : à l'intérieur et à l'extérieur ; son Andromaque n'est plus humaine, il l'a dépassée transcendée oubliée
le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange
mais quand il voit le feu, il se dit
qu'il y a tellement plus à suivre
et dès que tu t'en vas, il y retourne : c'est une fascination une obsession, la pièce devient odéon mais il n'a pas la force pour danser, il veut juste
toucher
si près
si beau
et le verre qui éclate n'est qu'un son au loin, des trompettes tout au plus qui annoncent qui chantent qui parlent du bonheur qui l'attend -parce qu'il est certain, ataraxie, qu'elle se trouve quelque part.
la paix.
sûrement dans les flammes
elles le chuchotent dans leurs craquements comme des secrets -personne ne peut entendre, sauf lui, sauf lui qui se rapproche qui veut toujours en savoir plus ; il a la clé de l'univers au bout du bras il suffit
d'y aller
de continuer
d'asséner le coup final
de tout achever
les flammes
le bruit
et lui



les mots
qui reviennent
qui s'impriment
qui s'insufflent
les maux
qui reviennent
qui s'impriment
et qui restent.

: bruh :
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ꕤ quiel ꕤ

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je suis toujours désolée du temps que j'ai mis ;_;
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