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Asunder, Sweet And Other Distress -Ft Rinne
Lavande
Asunder, Sweet And Other Distress -Ft Rinne 1503175769-2017-08-19-22h49-10
FT : Akashi - The Tatami Galaxy
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Lavande
D/5
  • Lavande
  • Rinne
Asunder, Sweet And Other Distress
Est-ce que vous avez déjà vécu une journée de merde ?
Pas la simple mauvaise journée qui vous fout en rogne, non, la véritable qui vous pompe toute votre énergie vitale et  donne l’envie de vérifier les lois de newton depuis un building désaffecté.

Lavande peut vous en conter une.
Ça commence par un lever du pied gauche, et le droit dans un coin de la table.
S’ébouillanter avec l’eau chaude du thé puis ne plus avoir le temps de se préparer.
Grimper dans un métro bondé pour se retrouver sous les auréoles d’un mec à l’hygiène douteuse.
Comme un symbole prophétique, la rame qui s’arrête au milieu du tunnel.
Arriver en retard au travail lui est pourtant extrêmement rare, ça ne l’empêche pas de recevoir les sermons des supérieurs hiérarchiques.
Bloqué dans un mauvais effet papillon, tout s’enchaîne dans un cercle vicieux. Les stagiaires font tout de travers, obligée des les materner, à se demander s’ils ont ne lui pas refilé les moins compétents. Pas de temps pour les engueuler, elle croulait déjà sous une montagne de documents à classifier, mais le temps avance plus vite que ses méninges.
Adieu pause du midi, c’est le ventre vide qu’elle se collait à finir ce qui semblait ne jamais terminer.

17h06 se reflétait sur le pendule du bâtiment, le même moment où elle put lever la tête pour se sortir de son ingrate tâche, pas une seule seconde permise pour s’occuper des contrats déjà retardés de certains clients. Dépitée, elle jeta son dévolu sur un distributeur automatique pour y récupérer de la nourriture pour son estomac qui hurlait à la mort. Ce n’est qu’au moment de prendre le précieux en cas qu’elle remarquât ce qui clochait. Il n’était jamais tombé, bloqué entre la vitre et l’étalage, il narguait la jeune femme. Les coups de pieds de sa faible force n’auront pas inversé le destin, mais seulement bousillé la machine. Comme dans un supplice de Tantale version éco+, elle se résigna dans un dernier grommellement.
Mentalement à bout, elle trouvera sans doute le réconfort dans le monde sous terrain. Ironique pensée pour celle qui détestait pourtant profondément cet endroit. Monde obscur où se mêle l’odeur de l’herbe et de poudre. Ici on vend les rêves et les cauchemars comme l’on distribue des prospectus, chacun gère son petit business à sa façon, les informations se transmettent aussi rapidement qu’une MST dans les coins pourris d’Ueno. Entre deux ou trois roublards, on achète des bribes de son propre paradis. Les lois ne touchent pas cette sphère, le gouvernement y ferme les yeux, car lui même en tire des avantages.
Entre la mine décomposée des consommateurs de stupéfiant ruinés et le sourire vicelard des vendeurs opportuns, Lavande connaît maintenant bien le chemin. Elle salut certain d’une humeur hypocrite, chuchote quelques renseignements à voix basse, poursuis son chemin la tête baissée, lacrymo au poing, jamais à l’abri d’une déconvenue.
« Tu vas te faire bouffer tout cru » lui répète peut-être sa conscience ou juste une remarque désobligeante de l’extérieur.
Elle avait donné rendez-vous dans un petit coin reclus du marché comme elle aime, hors d’atteinte des oreilles et yeux indiscrets. Un accord bien juteux allait s’accomplir, un homme d’affaires qui quémandait quelques documents falsifiés, une paye astronomique pour un si petit effort.
Lavande déchanta vite en fouillant son sac, l’horreur, une simple étourderie, mais un énorme gouffre sous ses pieds. Elle sait pertinemment là où ils se trouvent : encore sur le bureau de travail aux Archives.
« Merde » se laissa s’échapper d’un ton ferme.
Les excuses et supplications ne firent que retarder de quelques minutes la sentence. Contrat annulé, menaces haineuses, client colérique, injures sur le métier des femmes de rue.
Elle avait fait tout capoter, elle sentait cette coquille de femme sérieuse se craqueler. La culmination de tous les échecs quotidiens sur les épaules la fracasser.
Avec un peu d’espoir, un métro pourrait emprunter la ligne désaffectée ce qui lui laisserait le temps de se jeter dessous. Pleurer c’est inutile, le soleil est ici inexistant, les larmes ne sécheront pas.
Comme un automate qui choisirait lui-même de presser le bouton « autodestruction ». Elle se dirigea machinalement vers l’adresse du bar le plus proche. Elle en possédait l’habitude pour les jours ternes de finir sa petite journée au comptoir jusqu’à ce que son esprit ne puisse plus dire son nom.
Mais aujourd’hui, la seule détermination qu’elle tenait c’était celle de s’achever jusqu’à sans doute terminer au sol ou dans un endroit miteux à ne plus vouloir s’en souvenir. Que son futur et le travail qui l’attendait de pied ferme au lendemain aillent se faire foutre. Si le monde est dépravé, rien ne lui empêche de suivre cette directive.

Assise devant au comptoir, le visage fatigué, elle posa les coudes sur le bar pour mieux se tenir la tête dans la paume des mains.
Elle fit la moue,ne  se contenta que de commander un cocktail avec un nom exotique, plus c’est dur à prononcer plus ça attaque le cerveau.
La boisson sous le bec, elle entama sa longue chute, se délectant de ce plaisir infect.
Une boisson tout va bien.
Une deuxième tout va bien.
Une troisième plus rien ne va.
Plus les gorgées passèrent, plus les minutes devenaient un concept flou tout comme sa vision.
Déphasée, le regard vide, la conscience qui s’éteint, on aurait pu s’y méprendre à une scène de ces peintures d’impressionnismes où l’on peint le déboire du monde populaire par de jeunes femmes noyées dans l’alcool.
Plus rien ne comptait à part se laisser aller, tant pis si la note est salée c’est son autre elle qui paie l’addition. Bientôt ses pensées se mélangèrent et les émotions n’avaient plus de frontière avec le rationnel. Happée dans un carrousel, elle connaissait bien ce petit manège, ça tourne à n’en plus finir. On se tient à ses doutes et peurs pour ne pas tomber, on laisse sa langue se délier pour en faire un délit.
Sa cornée se rendait vitreuse, au bord d’un craquage, plus rien n’avait de sens, les mots qu’elles tentaient d’organiser finissaient comme ses objectifs, par échouer autre part. Si certains ont l’alcool mauvais, d’autres joyeux, Lavande rentre dans la catégorie du pote qui se met en dépression à chaque enivrement.
Évacuer tout le malheur c’est tout ce qu’elle sait faire dans ces moments. L’amertume et la rancœur prirent le pas dans ses paroles, le corps à peine apte à se coordonner correctement, elle tente de trouver un psychologue de comptoir pour apaiser son mal après ce énième verre qui retournait les idées.
Étrangement (ou pas tout compte fait), son attention se tourna vers cette silhouette atypique dans ce genre d’endroit, une forme féminine se dessinait à l’autre bout du zinc. Sans trop réfléchir ni y pouvoir arriver, elle se rapprochait aussi bien méthodiquement que maladroitement vers la place libre qui traînait comme un signe a coté d’elle. Sans se soucier des commodités, elle la dévisagea quelques secondes avant de pouvoir aligner une réflexion. Elle ne ressemblait pas aux autres pochtrons que l’on croise ici, plus distinguée et mondaine, on ne lui a jamais dit que traîner seule le soir dans ce coin n’est pas conseillé ? Lavande pouffa doucement de rire en reflétant cette remarque envers elle. Zut, l’éthanol faisait définitivement effet en plus de donner l’air de se moquer légèrement de l’individu qu’elle voulait aborder. Elle arrêta de la regarder de son air déboussolé et intercepta le Barman pour se réconforter dans une autre liqueur et pris l’initiative de commander en double avec la conviction de pouvoir l’offrir si elle ne faisait pas remballer avant cela.
Un long silence planait, à la fois gênant et ordinaire. Embrumée dans un état ethylique, Lavande leva légèrement sa voix pour crever le calme.
« Toi aussi t’es perdue ? »
Bravo, super introduction, on aurait rarement fait plus glauque. C'est pas la réunion des gens en panne de Google Maps ici, mais essaye de développer pour voir.
« C’est drôle comme le monde est grand, mais je me retrouve à brasser des idées pas saines ... Pourtant on m’a toujours dit qu’il suffit d’y trouver sa place, mais c’est con parce qu’il n’y a aucune étiquette où il y a mon nom pour la trouver… et me voilà ici à siroter des trucs qui n’ont pas de goût, alors ptêtre je suis faite pour finir ici... » OK Baudelaire, ferme ta gueule un peu,ca serait mieux pour tout le monde.

Après cette tirade monotone Lavande finit le contenu de son cocktail pour se rafraîchir le gosier. En attente de sa prochaine commande elle fixa encore celle qui se tenait tranquillement sur son tabouret.
« T’es à ta place toi ? »
Wôw, quelle prose divine, les plus grands poètes peuvent aller se coucher.
Désolé, c'est un peu (trop) long et (surtout) nul ;____;
Rinne
Asunder, Sweet And Other Distress -Ft Rinne 1503175769-2017-08-19-22h49-10
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Rinne
C/4

Something about us.

    Il fallait bien parfois se salir les mains — accepter plutôt, de se rendre soit-même dans le monde extérieur. De quitter son enveloppe chaleureuse et rassurante — quoique parfois bien angoissante — pour se mêler à la foule, s’imprégner du quotidien de certains de ses camarades. En bref, se fondre dans la masse informe et méprisable des bas-fonds et des basses âmes.

Tu n’es clairement pas différente.

Rinne n’existait en tant qu’Omega officielle que sous une identité bien définie, celle de Riné. Et pour que cette identité soit viable, il fallait qu’elle s’illustre par ses actions : qu’elle ait un semblant de consistance. Or si Rinne se contentait d’être Riné uniquement pour aller au bar, et parfois glisser quelques contrats à ses camarades (contrats sortis d’où exactement ?), il risquait fort qu’un jour on s’interrogea à son égard. Qu’on se demande ce qu’elle foutait là ; d’où s’élevaient ces contrats parfois drôlement alléchants, complexes, et bien confidentiels. Qu’une fouine, comme il y en a tant dans cet univers de mécréants, fasse de Riné une de ses énigmes à décomposer. (Comme tu le fais si souvent avec ceux qui clignotent sur ton écran) Non pas que Riné avait cette prétention d’être intrigante, elle jouait carte sur table pour s’éviter toute attention compromettante. Mais Omega était de ceux qui se méfient de tout et voient à travers, traquent les embrouilles, pistes les individus capables de leur faire défaut.

Alors, quelque très rares fois par mois, Riné s’adressait un contrat. S’obligeait à aller voir des contacts, à se donner en spectacle. Bien sûr, comme tout le monde, elle exécutait ses tâches dans la plus grande discrétion, au-delà des regards de la plèbe innocente. Mais elle s’arrangeait pour qu’on puisse confirmer « l’avoir vu, pas plus tard que la semaine dernière ». Elle fomentait son identité pour qu’on perçoive d’elle une banalité sans précédent, celle d’une petite frappe, un peu maligne, traquant les plans les plus affriolant. — Donner une justification à son omnipotence en matière d’échanges.

Parce que Rinne possédait déjà les informations qu’elle allait saisir, en réalité. Elle arrivait toujours sur un terrain bien préparé, balisé de ses propres prédictions. Ces informations, c’était X, son informateur, qui lui communiquait, ou Tequila - lorsqu’il s’agissait de quelque chose d’extrêmement important, ou encore ses algorithmes, son ordinateur, sa veille de rapace affamé de données. Plus récemment, son blog anonyme. Souvent alors, tout était facile. Il lui suffisait d’user de ce qu’elle savait ; de s’immiscer dans les creux des individus qu’elle fréquentait, et dont elle avait déjà établit l’identité. Cet espionnage des temps modernes l’amusait parfois mais, le plus souvent, la lassait rapidement. Parce qu’il était rare dans le cas des trafiques, qu’un énergumène sorte du lot ; l’intrigue d’une singularité.

En fait, ironiquement, le plus souvent ce n’était pas tant les clients que les membres même de l’organisation Omega qui ravissait son intellect en manque de chamboulement. (Toi qui déteste pourtant tout imprévu, toute défiance). D’une part parce qu’il y avait la plupart du temps une histoire assez fascinante, et toute en nuance, derrière l’adhésion à un groupuscule de cet acabit et d’autre part parce qu’il s’agissait de son boulot, que ces inconnus-connus faisaient partie de son quotidien, de sa vie tapie. Et que donc, d’une certaine façon, qu’il s’agisse de gens que Riné fréquentait sous son déguisement d’Omega, ou de membres jamais croisés au-delà de son attirail informatisés, ils étaient plus proches de son cœur et de ses préoccupations que des clients envers qui elle s’interdisait d’entretenir tout affect. Bien sûr qu’elle tentait de laisser entre son gang et son cœur un gap conséquent — elle n’avait jamais souhaité faire partie de ce rassemblement —, mais les quelques verres échangés, et le soin qu’elle apportait à son travail et à sa qualité, justifiait que son cerveau s’y consacre avec davantage d’application et donc quelque part, de curiosité.



Aujourd’hui était une de ces rares fois par mois. Rhyme, informaticienne exigeante et épave ambulante vaguement ressemblante à la Rinne civile, avait donc pris une douche et revêtu ses habits de fête, vissé sur sa tête une casquette blanche, lissé sa perruque de jet, appliqué sa mouche, parsemé ses joues de tâches de rousseurs vraisemblables, contouré son visage pour le modeler à son avantage. Sa bouche avait été surlignée d’un rouge vif et luisant, ses dents augmentée d’une prothèse qui taillait en pointe ses canines, assez faiblement pour paraitre naturelle. La dentition aussi, c’était important.

Riné était prête ; il était temps d’être trouble-fête.

Elle avait parcouru Tokyo, ses métros, ses avenues noircies de population, pour se diriger jusqu’à une ruelle attenante au marché noir où se trouvait une porte dérobée. Là, elle avait parcourut un couloir lui rappelant des souvenirs absents ; mémoires effacées face aux tremblements. Dans la confidentialité obscure des lieux, des paroles s’étaient échangées, des mains s’étaient déliées à défaut de langues, des paroles avaient claquées en silence. Faire son taff. Récupérer de l’argent. Ecouter ce que les murs susurrent aux passants. Et tout, tout faire pour ignorer ce sol miteux et les relents illusoire d’un cigarillo y ayant cramé il y a trop longtemps. Tout, tout faire pour ignorer ce visage familier, cette figure detestée. 

Rinne était douée pour ça. Des mois de sévices avaient endormies toute présence d’affection de ses traits, avait raidit ses épaules, consacré toute sa concentration aux tâches à combler. Elle sortie du couloir avec une nausée invisible, et l’envie pressante de se débarrasser de la souillure imaginaire. Réparer son crâne qui tambourinait en grinçant.

Elle passa la porte du bar le plus proche, sans réaliser tout à fait qu’elle l’avait déjà croisé quelques semaines auparavant. Un bar s’enfonçant dans les entrailles du tokyo vivant. S’accouda au bar en revissant sa casquette soigneusement. Une jeune femme était placée non loin, et quelques badaud remplissait des banquettes en cuir, renfoncés dans l’obscurité relative du sous-sol peu avenant (quoique chaleureux, à sa manière). Elle sentit assez vite qu’on lui jetait des œillades insistante. Un petit rire fusa, qui dut l’irriter. Mais Rinne n’était pas à ça prêt, quelque chose de plus sérieux séquestrait son cœur derrière des barreaux.

« Toi aussi t’es perdue ? »

Féminité ; Alcool consommé. Il était clair que la demoiselle n’était plus très nette. Pourtant, ses paroles eurent comme un écho bien étrange, presque providentiel. Oui, je me suis perdue ; je cherche justement mon chemin en ce moment-même. La réflexion la fit sourire, presque rire. L’inconnue commença a déblatérer des tas de propos pseudo-philosophiques, que n’importe quel humain sobre aurait jugé avec dédain, pures errances d’une âme imbibée. Mais Rinne écouta chaque mot avec attention, alors même que sa mémoire auditive était si mauvaise. (Ce que mes yeux gravent, mes oreilles oublient). Le monde est si grand… Elle tendit sa main devant elle. Elle aussi, s’était dit ça. Elle s’en rappelait bien ; elle avait tenté de découvrir l’étendue de cette planète en y voyageant, d’éprouver les limites de sa connaissance, et de sa défiance de l’inconnu. Jeune. « Ptêtre que je suis faite pour finir ici… ». La touillette laissée dans le verre qu’avait rapidement commandé Rinne tappa contre le solide transparent dans un bruit aigu, une sorte de scintillement ondulatoire.

L’inconnu finit cul sec son verre et lui posa une question. La, question. Rinne se retourna vers elle. Son regard la toisa silencieusement, profondeur obscure de pupilles élargies par l’absence suffisante de lumière. Il y eu un blanc. Un petit bruit de bouche, comme un rire arrêté en plein vent.

    « On se trouve tous à la place qui est la notre. »

Sa voix était posée, très calme. Le barman essuyait ses verres soigneusement, et personne ne semblait porter attention aux deux femmes en plein dérangement.

    « Mais ça ne veut pas dire que cette place est unique, comme figée dans le temps. »

Elle s’attarda sur son visage. Reconnu Lavande. Elle ne l’avait jamais rencontrée avant ; en chair et en os. Mais il lui avait suffit d’un coup d’œil pour se rappeler de qui il s’agissait. Une charmante demoiselle, partie du gang. En l’état, Riné pouvait très bien lui décliner son identité. Elles faisaient toutes les deux parties de la même organisation ; il n’y avait rien à se cacher. Elle n’en fit rien cependant.

    « Le sentiment d’appartenance ou de propriété… »

Elle leva son verre, un fond de Mojito.

    « Dépends de celui à qui il est adressé. »

Un fin sourire.

    « Tu peux coller l’étiquette de ton choix sur ce qui te plait. »

Elle bu une gorgée, la paille fit un bruit de succion. Une marée sans remous. Quelque chose chez Lavande attendrissait Rinne. Et puis, il y avait cette curiosité latente.

    « Si tu veux, ce soir ma place est prêt de toi. »

Elle lui adressa une moue bienveillante. Cela faisait longtemps que ses manies maternelles ne s’étaient pas manifestées à elle. Sans doute parce que son isolement ne l’avait plus menée à rencontrer des gens… Fragilisés ? Ou tout en errance… Comme elle ?



Lavande
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Ce n’est que lorsque l’on se retrouve perdu qu’il est possible de recouvrer un chemin, que lorsqu’on tombe que l’on se relève, que la lueur n'a de signification que dans l’obscurité.
L’on pourrait continuer ces analogies plates et niaises de longues heures, pourtant ces images portent un semblant de sens aux yeux de Lavande, bien que l’alcool eut déjà raison de la majorité de son libre arbitre il demeure cette part enfantine qui aime se rattacher à ces choses-là. Car dans un espoir naïf elle rêve parfois cette existence sous de longues symboliques, que se donner un nom de plante ferait d’elle une personne différente.
Mais qui lui donnerait tort dans cette réalité distordue ?
Pas cette soirée en tout fait.

Étrange bar à cet étrange moment de sa vie, si jusqu’ici tout avait la saveur rébarbative de cette amère routine. Une secousse la réveilla de la léthargie intérieure qu’elle s’efforçait de maintenir. Rien de physique, aucun contact, seulement cette sensation presque inconnue ou juste enfouie. Déjà qu'il est difficile d’analyser ses propres sentiments et émotions, la tâche en devient comique dans les moments d’ivresses comme celui la. Démunie de toute réponse concrète, égarée dans une avalanche de questions sans queues ni têtes, Lavande resta des secondes se camouflant en minutes devant son verre à présent vide.

Elle savait pertinemment que la réponse et la cause de ce pincement exaltant se trouvait proche d’elle. Ce qui était une silhouette anodine assise paisiblement sur sa chaise, ce qui devait être un exutoire pour ses balbutiements geignards habituels, cette forme avait aspiré l’acoustique environnante l’espace de quelques phrases. Plus que cela, les mots prononcés résonnaient encore dans sa boîte crânienne.
Ce n’était que des sons, des lettres alignées pour former des mots, des mots qui indiquent des concepts, concepts eux-mêmes relatifs à la sensibilité de l’interlocuteur. Ils n’avaient rien d’incroyable, n’importe qui possède la capacité d’assembler une phrase.
D’ailleurs n’importe qui lui avait déjà dit des mots avant qu’elle en oublie le sens entre deux verres.
Mais ceux-là, comme portés par une aura bienfaisante, ne mentaient pas comme les autres ils ne ressemblaient pas à ceux que l’on lui jetait pour simplement la contenir, parler pour parler.
Ils lui répondaient, ils ne la considéraient pas comme cette ivrogne en manque de sensation.
Elle se fichait bien de savoir si les propos racontés se trouvèrent véridiques, vrais ou faux, qu’importait, son esprit peinait déjà à tenir les remue des boissons ingurgitées. Ce qui comptait était la bonté et sincérité avec laquelle on lui a exprimé.
Au fond, elle ne gardait qu’en tête ce visage rayonnant la sincérité, ces agréables paroles qui ne lui donnait plus envie d’oublier cette soirée de base catastrophique
« Si tu veux, ce soir ma place est près de toi. »
Une ultime phrase prononcée, les émotions ballottées, l’effervescence dans son for intérieur. Elle aurait maudit tout bas la moindre personne osant proférer ce genre de paroles. Mais ici, c’est un flot perpétuel de choses inconnues qui la traversait, seul son hoquet d’étonnement mélangé à son taux d’alcoolémie élevé marqua le temps.
Elle bouillonnait, partagée entre tous les émois possibles. L’avait-on déstabilisée en connaissance de cause ? Bientôt son sang-froid habituel se transforma en timide panique. Les joues empourprées par l’alcool firent mêlés au carmin formé par l’embarras.
Désespérément tournée vers le comptoir en recherche de solution. Lavande pensa bon de peut être accepter sans hésiter, de s’écrouler dans ses bras comme la dernière des gamines et de pleurer un bon coup. Ou alors, refuser en toute politesse cette gentillesse qu’une ratée comme elle ne méritait pas. Rien ne semblait logique, le cerveau des gribouillis s’embrouillaient dans ses formes absurdes.
Mais rester silencieuse n’était pas respectueux pour sa dignité, et elle comptait bien la garder avec une certaine dose de verres fatidique.
Lavande se retourna, le visage cette fois empli d’un léger sourire, une sincérité dont elle n’avait que rarement fait part.
La distance entre les deux personnes entrant dans la sphère du personnel. Elle hoqueta d’une discrétion discutable avant de se lancer. Elle allait lui dire donner sa réponse...
« Eh bah... si on m’avait dit que les anges passaient dans cet enfer, j’aurais élu domicile depuis un bout de temps par ici... »

Attends. Oups. Non. Annuler. C’était censé rester dans les pensées pas y sortir comme dans un moulin. Comment on ctrl+z dans la vraie vie. À l’aide.
Lavande sursauta, sa propre raison la trahissait. Définitivement rien ne voulait aller dans sa direction.
Plus que gênés par sa propre réponse, tous ses mécanismes de pensées devenaient des engrenages déréglés s’actionnant aléatoirement. Alors, elle bafoua d’un ton incompréhensible

« En fait, c’n’est pas ça.. Que... voilà... je... ça..... oui.. Mais... »

Elle apprécierait pouvoir s’enfuir en courant, malheureusement elle restait vissée bêtement sur le siège à la recherche d’oxygène pour alimenter le peu de neurones qui n’ont pas commis un suicide devant cette piteuse prestation. Elle calculait maintenant toutes les réactions désastreuses qu’elle allait subir, elle n’osait plus regarder calmement celle qui l’avait compris pendant un instant si précieux. Dans une impasse où elle n’attendait que le pire, la rédemption provisoire provint de l'autre coté du bar.
Le barman qui ne s’étonnait pas ou ne remarquait pas cette scène anodine pour quiconque d'extérieur ne fit que lever les sourcils en dévisageant la mine fragmentée de la maladroite.
Il y déposa de sa main les deux cocktails précédemment commandés. Distraite par cette simple manœuvre, Lavande toisa d’un air vide le nouveau contenu proposé sur le comptoir. Elle pourrait s’en débarrasser en une gorgée, aggraver sa condition, s’enfoncer dans sa propre mélasse, en finir totalement avec cette histoire, retourner case départ sans souci.
Pourtant, dans un éclair de lucidité et une grande expiration pour simuler un contrôle de soi inexistant, elle refit brusquement face à l’allocutaire.

« Désolé... Je voulais dire : oui je veux bien. »

Bon dieu Lavande, pathétique lorsqu’il s’agit de ne pas se cacher derrière son petit jeu pour se sociabiliser.
À défaut de trop regarder le comptoir, elle ne savait dorénavant plus où poser ses yeux, garder le contact visuel avec l’autre personne relevait d’un défi insurmontable. Ni à sa place ni ne voulant être autre part, Lavande tapait une montagne russe interne, alternante entre appréhension, peur, espoir, joie, honte. À défaut de ne pas savoir sur quel pied danser, elle savait avec quelles jambes courir pour atteindre la sortie le plus rapidement possible en cas d’échec cuisant. Au moins elle sera guérie pendant plusieurs semaines des bars.
Dans une tentative de déplacer encore l’attention elle enchaîna pour oublier tout ce qui précède.

« 'Fin si t’as du temps à perdre avec des épaves dans mon genre. Je ne suis ni passionnante ni talentueuse, j’ai un taf qui me ronge la conscience. Je dois me mêler avec des gens plus pourris les uns que les autres, mais m’efforcer de me faire une place parmi eux si je veux poursuivre mon ‘rêve’, j’ai presque l’impression de devenir pire qu’eux, à force je ne sais même plus vers quoi je me dirige…
Et toi, tu apparais ici pour supporter mes paroles maladroites dans un état second sans broncher...
Ptêtre qu’au fond on est dans le même panier, c’est parce qu’on est brisé à un certain degré que l’on ne veut pas que l’autre le soit et puis... et puis.. et puis... je sais plus, j'en ai un peu marre
 »

Un long soupir, elle vient de perdre son fil directeur dans cette logorrhée, drôle de spirale.
Réfléchir devient lourd. Mais cette épaule sur laquelle elle peut se reposer est confortable.
Pourvu que cette nuit soit immortelle.
Tout était mieux dans ma tête :(.
Rinne
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Rinne
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Something about us.

    C’est une jeune fille au visage fin, aux cheveux corbeau, au regard dans le lointain.


Un signe qui s’éteins sous la douceur de la neige
Un lampadaire éclaire une rue de rayons jaunes
et le fond cramoisi et gris se confonds
Tu patauges. 
Pour Rinne, Lavande est une drôle de poupée.
Tu lui offres ce que ses algorithmes n’auraient pas sut trouver. Ce que son esprit n’a pas pris le temps de fouiller. Une demoiselle errante, qui plonge dans des liquides pour regagner confiance ; Perdre de vue sa défiance. (Une fragilité tout en subtilité). Elle t’observe et t’absorbe, son propre esprit chevauche dans l’espace de sa tête des nuages qui montent bien haut. Ton état la ramène à sa propre déliquescence. Elle t’est reconnaissante : sans ton visage à admirer, sans tes gestes à scruter ; elle serait affalée, avachie, démembrée (au figuré). Parce que le couloir des milles et uns cauchemars n’est pas si loin, elle peut sentir son parfum glisser le long du bar, depuis l’aurée de la porte, parvenu de l’eau qui coule dans les chaussées. Son ombre proche ; tu es comme une lumière qui l’en décroche. Tu titubes, elle penche sa tête ; tu te redresses, son regard suit tes gestes.

Il y a du temps qui s’étire entre vos échanges, et Rinne apprécie. Parce qu’il n’y a pas de latence sans pensées, pas de pause sans respirations, pas d’hésitation sans préoccupation. Il y a de la profondeur vraisemblable dans votre face à face, quand bien même il ne ressemble à rien qu’au reflet d’une bourrée vers une âme plus sobre. Rinne a envie de te tendre la main, de fouiner tes recoins. D’y plonger, d’y mettre les ongles, de gratter. Tu es une existence qui lui donne une irrépressible envie de protéger (quelque chose). Ou alors es-tu simplement là au bon moment, apparition fugace qui ne demande qu’à être saisie ; pour mieux l’envoyer loin de ses problèmes et de l’air vicié.

Elle ne sait pas pourquoi, mais il y a un sentiment confus qui la trouble, une sorte de mélancolie ; comme le film d’un souvenir qui faiblit : la présence d’un au revoir, d’un oubli. Elle s’égarerait un peu plus, bientôt. Il te faudrait lui dire quelque chose pour la ramener. Elle touille son verre, boit une gorgée, laisse le liquide s’écouler le long de sa trachée. Il a la fraicheur d’une rivière dans son gosier.

Et là, une parole , une phrase si clichée. Rinne te fixe incrédule, elle remet sa casquette en place sur sa tête, rabaisse la visière. Eclate de rire ; d’un rire sincère, pas opportun. Il a la voix d’un carillon ; Tu te confonds en bribes d’excuses, de justification. Si enfantin, pour une si grande dame comme toi. Rinne essuie l’humidité qui a gagné les cotés de ses yeux. Tu devrais le savoir, qu’elle ne se moque pas.

Tes joues de porcelaines vireraient au carmin. Tu as perdu son regard du fil de tes yeux, mais tu ne te défile pas du creux de vos saluts. Et le bar résonne du bruit de deux verres que l’on pose. D’une couleur vermeille ; des reflets houleux, qui prédise monts et merveille. Et de la fleur en éveil éclos une sincérité à la douceur sans pareil. « Je voulais dire : oui je veux bien. ». C’est bien de surmonter l’instant de trouble ; de faire remonter à la surface ce qui nous anime, de dire les choses, en face. Rinne apprécie cette spontaneité, elle bénit l’alcool de l’autoriser à visser sur Lavande un regard autre que celui d’un cliché ambulant, d’une petite frappe dans des couloire, errant. De voir de l’humanité, derrière ce boulot infâme. De se re-rencontrer, peut-être. De se pardonner. Il y a un peu d’acidité dans ses pensées, à Riné. Parce qu’elle se dit que c’est peut-être uniquement pour l’utiliser, qu’elle lui prête une oreille. Pour s’autoriser un instant à se croire elle aussi absoute de tords. Que rien n’est jamais trop noir ni trop blanc ; et que par procuration, ce qu’elle fait, elle le fait à ses dépends ; et que sa faiblesse est une évidence, et que ce n’est pas grave, qu’elle fera tout pour se racheter — qu'il est encore temps.

«  j’ai un taf qui me ronge la conscience. Je dois me mêler avec des gens plus pourris les uns que les autres, mais m’efforcer de me faire une place parmi eux si je veux poursuivre mon ‘rêve’, j’ai presque l’impression de devenir pire qu’eux, à force je ne sais même plus vers quoi je me dirige… »

Mais qui es-tu ? Le geste doit te paraitre étrange, mais Riné tends son bras, l’agite face à toi, doucement. Comme pour vérifier qu’elle ne rêve pas. Que tu n’es pas un reflet dans une glace. Elle pose sa main sur le comptoir. Effleure le verre. Tu as mal pour elle, tu as mal pour toi. Et si vous continuez à vous enfoncer dans les dédales de ces affres sans fin, si la culpabilité continue de gagner du chemin, vos mots de la placer dans un bel écrin… Rinne se permet de boire le verre sans même te demander. Elle considère que ce sera une façon de payer ; de te soudoyer de… Non, rien de tout ça. Elle avait juste envie de boire. De réchauffer sa gorge, de bruler son œusophage. Pour avaler la pillule. Parce que Rinne n’a rien entendu de tout ça, jamais. Elle se l’est répétée, se l’est hurlée en silence. N’en a jamais parlé, vraiment. N’a jamais put dire à personne quoi que ce soit. Ère en vain à la recherche des étapes qui elle aussi, la mène vers son destin.

« c’est parce qu’on est brisé à un certain degré que l’on ne veut pas que l’autre le soit » Tu es si belle Lavande, si douce, si grande. Tu ne te rends pas compte que tu as la force de dire des vérités qui dérangent. Que tu mets des mots sur des sentiments qui la dépassent. Sur des évidences qu’elle efface. Le déni vole en éclat, et tes pétales s’étendent.

    « Tu n’es pas une épave. »

Ses jambes se balancent au creux du tabouret, entre les pieds qui soutiennent le faible poids de leur fessier.

    « La preuve, tu sais encore flotter. »

Elle sourit avec amusement, encore une fois. Parce que c’est ce qui pourra toujours les sauver. Rinne connait ça ; elle sait y faire. Mettre une nouvelle couche de peinture pour effacer les traces ; du temps et des crasses.

    « Je m’appelle Riné. »

Elle te tends son petit doigt dans la foulée de son identité ; —étrangeté.

    « Faisons une promesse. »

Tu lui serviras de corde, à tout prix, lorsqu’il faut savoir se raccrocher.

    « À chaque fois que tu auras besoin de l’ivresse. Parce que ton propre cœur te blesse (lorsqu’il bat) ; parce que tes pensées n’ont plus rien d’agréables caresses ; que tu as l’impression que tu es prête à te vomir toi-même dans l’assiette d’un destin en pièce… Nous serons-là. »

Elle appuie sur le « Nous ». C’est l’idée de former une paire. C’est soudain ; pas vraiment sa tasse de thé (l’engouement, le soutient). Mais y’a de la providence dans tes paroles. En fait, Rinne a envie de pleurer. Mais elle le fera jamais. Elle pleure pas devant les gens ; même pas devant les beautés. Elle a plus besoin de toi que toi ; Tu ne le crois.

Y’a un soleil qui se lève à l’horizon
Et la maison est pleine
Ce n’est pas ma vie, mais un rêve
Un idéal répit, une fausse trève.


Lavande
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Lavande
D/5
  • Lavande
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Asunder, Sweet And Other Distress
Volupté et vipères en ce nid de ronces duveteux. L’on se sent à l’abri dans la délicate douleur, l’on ressent l’accalmie dans la tribulation. L’on préfère les morsures venimeuses au chuintement de la foudre extérieur. Que ce doux envenimé poison vienne paralyser chaque membre, annihiler le moindre instinct, que se laisse se répandre un spectre aux lames émoussées. Le corps est volatile, mais la mémoire immortelle, lavande brûle à petit feu pour mieux répandre ses cendres. Les nuages l’effraient, ils sont de ce vide existentiel, portent la couleur insaisissable du dernier regard avant la fin, elle le sait. Ils frappent d’un tonnerre morbide, ne laissent que des dépouilles vides de ce qui était nommé existence.
Oh non, Lavande, fleur immaculée, reste dans son habitat d’épines acérées qui lui promet une agonie satinée aux berceuses envoûtantes, bientôt les sangsues auront appauvri ses canaux, les paupières sont lourdes et la descente longue. Elle se repose dans un vacarme silencieux, quelle attente si fastidieuse pour une vie si chiatique.

Le plafond est démuni. Mais au-dessus de son regard destitué de raison se remue une chose.
Vive, d’une rare véhémence cela bouge en une fulgurance. Douce lumière véloce se balance.
Lavande passe son bras à travers le mur aiguisé, que les épines sont agressives, les entailles progressives, quel espoir incertain de toucher cette lueur, à deux doigts de cette beauté insondable, le sang qui coule le long de sa chair rosâtre. Lavande consume son être pour s’agripper à cet instant folâtre.

Soudainement, l’équilibre dans le chaos, l’organisation dans la discorde. Somptueux présent. Comme détaché de ce temps sordide, lavande contemple de ses pupilles humides la forme humaine se dessiner sous des traits démiurgiques. De mielleuses sonorités presque évangéliques vibraient de ses cordes vocales. Les vipères étaient effrayées. Les spinules ne coupaient plus. Si un léger sanglot perlait au bout de sa pommette, ce n’était que pour marquer l’expiation.
De la tristesse, oui, mais celle de ne jamais avoir aperçu cette lumière avant. Elle se sentait crasseuse, honteuse de transparaître dans cet état devant elle. Le verre toujours à sa portée, le regret d’avoir consommé ce vice, les dialogues en pâtissaient. Les mots s’égarèrent, emportés par le liquide enivrant. Les propos en devenaient phatiques, dénués d’intérêt pour un simple humain, mais la belle plante ne bougeait pas, pire encore elle tendait l’oreille aux complaintes enfantines.

Aussi placide que soit son attitude, la lumière semblait-elle aussi tourbillonner dans cet espace où les rires gras se mêlent à la cacophonie parasitant l’ouïe. Lavande aimerait la repousser, lui dire de rentrer, de ne pas pourrir dans ce bas monde, car les fébriles luisances sont soufflées ici, son rayonnant éclat doit demeurer hors de ce fantôme pervers qui rôde dans chaque pan de mur.
Lavande se remémore en regardant son buste. Un trou béant, les vestiges d’une étincelante chaleur qui l’animait autrefois, le son aigu du carillon d’une boutique aux senteurs florales, l’ignorance de la cruelle réalité. Tous incinérer par les flammes du destin.
Qu’en est-il du chatoiement de la jeune femme ? Allait-il s’éteindre et rejoindre les confins du méandre ? Lavande, la rattraperait si elle tombe, c’était l’unique fois qu’elle admirait ce pseudo-reflet d’elle même. Comme elle quelques minutes avant, elle porta d’un geste brusque le cocktail dans son bec, avant de lui lancer :

« Tu n’es pas une épave. »
« Je suis à la dérive alors » se triturait-elle mentalement.
« La preuve, tu sais encore flotter. »
« C’est parce que tu m’as donné une paire d’ailes pendant cet instant »
Lavande ne décrochait pas de ses paroles, elle attendait les dires comme la clé qui la délivrerait du verrou. Elle subsiste encore malgré les attaques répétées dans son crâne des verres précédent, elle ne veut plus boire.
« Je m’appelle Riné. » Elle s’en souviendra. Deux sonorités simples pour une personnalité complexe. Une pointe d’amertume traversa son estomac. Une origine inconnue. Une crainte indicible.

« Faisons une promesse. »

Ce mot résonna quelques instants tant il rebondissait sur les murs. Une promesse. Une sombre bête ressurgissait des entrailles, elle déteste cette locution.
« À chaque fois que tu auras besoin de l’ivresse. Parce que ton propre cœur te blesse (lorsqu’il bat) ; parce que tes pensées n’ont plus rien d’agréables caresses ; que tu as l’impression que tu es prête à te vomir toi-même dans l’assiette d’un destin en pièce ! Nous serons-là. » Accompagné par une invitation à joindre d’un symbole cet espoir.
La peur, par une intention salvatrice. Vicieuse ironie.
Lavande se recula brusquement. L’air devint glacial, un iceberg insolent venait saborder la chaloupe.
L’incompréhension sur les visages. Les yeux vissés sur le plancher. Deux cafards s’y battaient.
« Je ne peux pas promettre. »
Non, elle a peur de promettre. Cette main sur le cœur la resserre férocement. La douleur impitoyable broya sans concessions ses frêles os.
Quant à ses pensées, des réminiscences de moment difficilement supportable.
Comment voudrait-elle promettre si elle n’est pas capable de tenir debout ? Comment pourrait-elle prendre soin de ses paroles si elle ne peut occuper d’elle-même ?
Elle ne connaissait que trop bien les mots qu’elle avait prononcés dans le vent, brisés par la tempête
Les serments souillés par son inhabilité. Elle ne veut pas être ce poids pour elle. Elle veut ne jamais la décevoir.
« Je suis désolée »
Elle commence à faire ses excuses avant d’en chercher.
Les nuages s’amoncelaient, la lumière allait fuir.
La vision se trouble, elle s’éplore, le radeau prit l’eau. Les émotions envahissent son minois jonché des perlettes.
Tout perdre encore une fois, elle le refusait. Un ultime baroud dans une folie bienveillante.
Elle pose ses mains sur les épaules finaudes, mais si réelles de la douce adulte.
Quelques lentes respirations marquées par l’odeur intempestive de l’éthanol.
Les doigts remontèrent légèrement pour atteindre le col, la présence aussi angélique que son épiderme. Elle rejoint de ses paumes les joues teintées d’un carmin amusant.
Elle la défia d’un regard perçant. Même si la mine abattue de la demoiselle criait de la laisser en paix, elle persista dans sa tentative.
« Je ne peux pas promettre si l’on ne me regarde pas correctement dans les yeux, c’est pour cela. »
D’une main avenante, Lavande dégagea la mince mèche brune qui incommodait la vue si appréciable. Elle oublia ses peurs, cette brillante entité chassait tous les maux.
« On était où ? »
De sa seconde poigne elle s’empara d’une main qui pendait de surprise.
« Ah oui, donc, moi, Lavande. Lorsque les remous du quotidien seront de mise. Quand tes yeux se réfugieront vers les abysses. Au moment où les ténèbres frapperont d’un châtiment injuste. Quand la clarté se transformera en un concept abstrait, il n’y aura aucune chance d’éclairer ta lanterne. La lumière n’existera pas. C’est pour ça que je serais la tienne, car rien n’empêche d’être les architectes d'un paradis perdu. Je serais le glaive contre tes démons, le bouclier face aux harpies, ton bandage contre les blessures. Car tant que nous n’apercevrons pas le bout du tunnel enfermé dans cette géhenne, je préfère mourir dans ton sillage plutôt qu’échouer dans ma promesse ».

Visage défiguré par les larmes, loin d’être une référence en élégance, elle finit sa tirade d’un regard fuyant. La respiration usée, les nerfs au bord du précipice, elle relâcha cette pression étouffante.
Un léger pleurnichement. Elle l’enlaça amicalement, des bras faibles, mais protecteurs. Enfonça sa tête dans le creux d’une de ses épaules.
« Je me suis un brin emportée. » Réalisation à voix haute. Elle ne regrettait pas.
Elle lâcha prise après ce qui semblait une longue minute. Plongée dans la sérénité, elle oublie le temps. Le souffle toujours cadencé par une adrénaline oubliée. Elle se demandait presque si elle n’en avait pas trop fait.
« Ne buvons plus, je ne veux pas te voir comme moi.  »
Empathie profonde.
Snif Snof.
Rinne
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Rinne
C/4

Something about us.


Tu verses dans un sentimentalisme qui ne te ressemble pas,
mais c’est sans doute parce que tu t’aperçois que ça fait longtemps (qu’on ne t’a pas comprise).
Et lorsque ton regard se penche sur Lavande, il y a un monde de mirage qui s’efface, et une réalité dérangeante qui s’apaise. Il y a de la quiétude, de l’appétence, celle d’accepter ce qui parfois arrive à nos dépends.

    Et elle si fragile
    te semble si semblable
    un oiseau en cage
    muré de ses propres angoisses.

L’alcool réchauffe ton gosier, il passe comme une coulée de lave — pour tout effacer. Toi qui tiens si bien l’alcool, l’ivresse mélancolique te le rends plus engagé, bientôt, il rougit tes joues maquillées. Ton cœur s’emballe à chaque phrases que tu as dite, parce qu’une honte, pudique, te donne envie de disparaître en filigrane. Tu lui as donné la main (mentalement) ; proposé de lier vos destins. Mélodrame extrait de ton quotidien. Tu as eu envie de dire tout haut, ces pensées basses que tu masques par défaut.

Ce n’est pas pour elle, cette promesse. Toi qui ne sait plus quel poids donner aux mots. C’est ton besoin d’avoir quelqu’un — quelque chose — qui sacre une attache, la quiétude de pouvoir préoccuper (l’esprit de quelqu’un). Tu as envie qu’on ai envie de te soulager. Et tu penses pouvoir te racheter en soulageant l’autre. Une démarche égoïste, infantile, inspirée par les vapeurs malheureuses, consolidée par l’excès. Ton doigt est tendu comme un pont au dessus des flots formés par vos propos ; et tu attends qu’il rencontre la chair de celle en face de toi.

Mais le contact ne viendra pas. Le recul est brusque, la séparation presque fatale. Tu as ton cœur qui se serre, il y a eu l’entente des mots qui te ramènent > (vers une réalité morne mais bien plus sensée). Et pourtant quelque chose fait écho, une nouvelle fois, litanie perpétuelle de coïncidences qui s’enchainent. « Je ne peut pas promettre. ». Est-ce l’hésitation qui la hante ? Mais tu n’es qu’une inconnue qui la tente. Et ces paroles qu’on aurait put croire légère, promesse d’ébahies face aux vertiges de l’alcoolémie, prennent un poids moins léger. Le refus leur a consacré sérieux et importance.

Il y a ensuite le temps des excuses. Et Riné fixe Lavande de ses yeux surpris, peut-être un peu contris. La détente et l’amusement maternel a été remplacé par une adolescente en mal de proximité fraternelle. Se ressaisir, prendre sur elle. Et la voix de Lavande intime le décollement qu’elle ressent. Et le visage de poupée a une source bien en vie ; de ses yeux s’échappent des gelées e diamants, liquides qui brillent et roulent comme des bijoux de serment.
Rinne rougit de plus belle sous son mascara. Là, les mains de la belle glisse vers toi.

Ses épaules entre ses mains. Remontent vers ton col. Une proximité qui d’habitude t’éructe du dédain. Elles s’appliquent sur tes joues. Et la malice regagne ses yeux qui brillent de larmes. « Je ne peux pas promettre si l’on ne me regarde pas correctement dans les yeux, c’est pour cela ». C’est pour cela. Tu ne sais pas pourquoi le soulagement est là — après tout, ce n’était que des mots lancés au revers d’une journée terrible, vers la seule présence que tu pensais susceptible de… T’apporter, quoi au juste ? Depuis quand verses-tu dans le sentimental (en public) ?

Une mèche est replacée. Une localisation re-située. Et la litanie repars dans des notes aigres douces de ceux qui sont tristes mais se l’avouent ; de ceux qui ont peur mais se placent au garde à vous ; de ceux qui errent et dont l’alcool à exhibé tous les dessous. Une prose en victuailles poétiques, des images qui fondent dans ta tête des envies de continuer à vider des verres de fête.
Et tu as envie de croire à des choses qui d’habitude te font peur ; que tu tiens éloigner parce qu’elle te rappelle le cerceuil, où tu n’as pas jeté de fleur mais tes propres envies, tes désirs insoumis que l’on a retranché, ces frasques adolescentes qui t’ont mené jusqu’ici, les risques savoureux qui ont torturé ton âme, valu à ton toi d’être si malheureux. Ou est-ce ta propre impuissance qui t’immobilises depuis si longtemps ? Tu as lancé à Lavande des paroles prophétiques ; elles ne sont en réalité que les murmures que tu aimerais entendre, des élucubrations que tu aimerais transformer en fait ; établir au rang d’une vérité absolue. Pour que peut-être, toi, toi et toujours toi, tu retrouves un peu de gaité, un peu de confiance, un peu moins d’émoi si c’est de l’émoi pour pourfendre.

Tu bois ses mots comme autant de larmes ; et à chaque rivière qui court sur la terre de ce joli visage, tu as l’impression que c’est un peu de toi qui s’absout. Elle t’enlace, et ton cœur se réchauffe, pas parce qu’il était froid ; mais de ces températures qu’il te faut, et que même l’amour des énigmes, les sinueuses questions que tu résous pour t’ériger une satisfaction, dernier rempart contre tout abandon, ne sont capable de te donner. Elle est un Ange, ou tu la veux comme ça. « Je me suis un brin emportée ». Et elle n’a pas d’idée d’à quel point, toi aussi, tu es loin. Alors tu restes placides même si un sourire étends peu à peu, la peau jusqu’ici retenue tout en creux. Il y a l’accalmie, et la dernière parole. Comme ton dernier verre.

« Ne buvons plus, je ne veux pas te voir comme moi. »

Il y a des cheveux collés sur ton visage, de l’humidité qu’elle a transposé dans le contact humain. Tu la toise d’un air apaisé ; tu tends la main, la glisse sur le haut de son crâne. Tu caresses les brins si fin, ils sont doux, tu l’avais deviné.

    « Nous n’avons plus soif. »

Tu te lèves, et le tabouret racle sur le sol crasse. Tu lui tends la main, l’attire à toi. Tu te sent fébrile, en insécurité, tu ne sais pas très bien ce que tu fais ni si tu le fais bien. L’alcool t’aide à tenir bon ; à continuer de mimer le guide alors que tu es toi aussi, peut-être même plus que Lavande ici, un agneau blessé. Quelle étrange sensation de proximité ; quel étrange désir de familiarité. Ce n’est pas de l’amou sexué, ni une attirance passagère. C’est une conviction intérieur sybilline, qui grave en lettres de feu une estime évidente. On parle parfois de sixième sens. Toi tu ne crois pas à tout ça. Mais Lavande est là ; et ton besoin irrepressible de la garder près ne décroit pas.

    « La nuit est tombée. Suit-moi. »

Tu as envie de l’emmener. Un peu comme une princesse qu’on aurait kidnapper. Elle pourtant si reliée au monde qui t’agrippe vers le bas ; ressemble à l’incarnation d’une échappatoire. Aussi fugace soit-elle, tu as envie que ce soir dur pour l’éternité. 


Ce matin, j'ai pleuré
je n'ai pas reconnu très bien
ces vagues refrains, de goutelettes chantantes
Je n'ai pas sut te dire si tu m'avais blessé
encore aujourd'hui, je ne manque pas d'y penser.


Lavande
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Lavande
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Asunder, Sweet And Other Distress
Comme un goût de purgatoire dans l’atmosphère.
Bloquée entre l’enfer et le paradis, se tenir les pieds sur terre n’avait plus d’importance.
Les mots ne portaient plus concordance.
Les formes se scindèrent dans l’imaginaire.
Le pandémonium se tut, le temps figea les démons dans leur orchestique.
Le mal fut vaincu, l’espace d’un instant les secondes devinrent des minutes.
Avinée dans son esprit comme dans son regard, le tangible se questionnait.
Pourtant, elle se tenait là, proche d’elle, l’empyrée au bout de son sourire, d’une profonde idylle qui se glissait dans ses phalanges. Le visage dénoté par cet angélisme, quelques paroles pour l’arracher d’un songe.

« Nous n’avons plus soif. »
Simple vérité, elle n’avait jamais eu soif. Uniquement la satiété de s’égarer dans les limbes par des gorgées brûlantes aux sensations infernales.
Car notre futur est mort dans le passé, et les rêves se sont volatilisés. Dans cet infâme shéol, nous nous donnons l’illusion de les retrouver. À jouer aux nécromanciens manipulant les effluves juste pour y discerner des reflets. Ce ne sont que des miettes de nôtre être qui s’y sont égarées.

« La nuit est tombée. Suis-moi. »
Une main tendue, une certaine ébriété.
Le dernier verre maudit enterré sur le comptoir.
L’orage qui plombait les joues de Lavande laissa place à une douce averse, les prémisses d’un arc-en-ciel après la tempête.
Elle s’abandonna, encore, non pas aux désirs âcres que procurait la boisson. Mais contre cette entité, elle se laissa presque tombée, se blottit contre l’unique guide dans la tourbe. Elle seule avait entendu les hurlements silencieux qu’elle époumonait pendant ces années. Le destin biscornu lui tendait cette perche dans sa plus grande ironie.
L’on était venue la chercher dans le plus profond des précipices, au bord de la rupture, lorsque la conscience venait à sa limite, quand l’ultime acte de cette pièce de non-sens allait se jouer.

Dans un dernier doute, elle ne put s’empêcher de tâter la réalité, les mains étaient si douces. Les bras si berceurs.
Les épaules qui lui faisaient face semblaient si solides, supportait-elle aussi un poids si assommant ?
Les regards se croisèrent, elle toisa, longuement, où bien furtivement les mesures devenaient indiscernables. Ils ne mentaient pas, tout était vrai.
Lavande faible animale boitait ou bien titubait tant la différence fut infime.

« Ce plafond manque d’étoiles, allons-nous-en. »

C’est d’une voix sincère qu’elle désirait. Fuir loin, s’échapper avec elle, elle ne voulait plus connaître le chaos routinier en quittant ce bar. Les idées catatoniques pour mieux renoncer, les mains avilir son corps. Rester béante, se mortifier aux portes du désespoir. Les relents vomitifs d’un lendemain, la culpabilité d’un pantin des Parques.

« Mène-moi loin de cette confusion »

Quelle étrange lourdeur, depuis combien de temps n’avait-elle pas confié son fardeau ?
Depuis combien de temps n’avait-elle pas senti son corps si pesant, prêt à s’effondrer ?
Demeurait cette sensation volatile, tel un flottement qui l’empêchait de chuter sur le sol.
Cela embaumait son eccéité, rampait dans chaque pore. Une envie de s’arracher de la flagrance.

Espoir, espoir, espoir.

Ce ne sont que deux âmes écharpées par l’infélicité qui poursuivent cet idéal.
Des plaies béantes qui ne demandent qu’à cicatriser. Des tribulations à la poursuite de la compassion. Virgile l’une pour l’autre dans cet enfer.

Les pas pleins de maladresse, elle marchait, non. Elle entraînait rapidement la seconde âme vers la sortie. Lumière.
Plus rien ne portait importance à présent. Le bar n’existe plus. Les regards ne sont qu’illusions, les bruits ne sont qu’hallucinations ici. Elle retenait sa respiration, l’ambiance squalide insoutenable ne pouvait plus demeurer. Cet endroit brûlera un jour ou l’autre, comme de vieilles réminiscences.

Une bouffée d’air, un oxygène reconnaissable. Un souffle saccadée, comme si elle venait d’échapper aux crocs d’une bête affamée (et pourtant.).
Des bâtiments délabrés, un gris morne pourrissant sur les façades, un sol jonché de détritus comme de sans-abris. Tokyo reste la même.
Un seul regard suffit pour adoucir l’environnement crasseux. Lavande jeta un œil vers sa comparse. Lorsque même une mine légèrement déboussolée se décelait sur son minois, cela n’enlevait pas moins de son doux naturel.
Quelle audace ont eu les tout puissants de damner une telle personne ?
Lentement revenue à ses esprits depuis les méandres de ce dédale et d’alcool. Aucun son désobligeant ne se déroba de sa bouche, aucun commentaire honteux d’approche ringarde ne s’énonça. Quelques glapissements.

« Heu... »

Rien. Lavande se contenta d’une seule chose. D’étreindre la main qu’elle avait traînée hors de cela, de sentir le délicat réconfort dans cette même main tendue auparavant. Elle ne voulait certainement plus la lâcher. Elle voulait elle aussi la protéger de tout son être.

« Où va-t-on ? »

Faible voix, fort enthousiasme.



Car dans la nuit irréfrénable, seule une étoile comme toi peut me guider.


Je suis désolé pour le ( très long ) retard aaaaaaaa
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