Forum RPG | Tokyo | City & Gangs | NC-16
 

愛-SAME-CRIER 愛撫-SAVE-LIAR ✕ P U R E

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whaaaat ?
FT : katsuki bakugo // bnha {suga de bts irl}
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In this shaken, twisted world, I gradually become transparent
Musiquewe don't know what is wrong tonight everybody's got no place to hide no one's left and there's no one to go on all I know is my life is gone, oh where is my brother i got no power, i'm standing alone, no way, calling out your name - call my name // snk ost

Une tombe. De la pluie. La nuit. Il est là, debout, les mains dans les poches, la capuche sur la tête et le corps sans vie. Il ne bouge pas, il reste juste là, à attendre que la motivation revienne s'emparer de lui. Crescendo ne bouge plus, depuis sa mort, il n'est tout simplement "plus". Et un profond soupir quitte sa bouche pour transpercer le silence, remettant le monde sur "play" plutôt que sur pause. C'est dans un élan nonchalant qu'il se dirige vers la sortie du cimetière, la capuche un peu plus vissée sur la tête, cachant ses yeux brisés par la tristesse des souvenirs du passé. Il s'est suicidé, sans doute contraint, presque forcé, tout simplement parce qu'il s'était foutus dans la merde et pas seulement les pieds, non, jusqu'au cou. Une cigarette vient prendre place entre les lippes du fantôme qui rehausse la bandoulière de son sac, avançant en esquivant les caméras du quartier qu'il avait piraté pour toujours rester l'anonyme qu'il est depuis plusieurs années. Lui aussi est désormais mort et enterré.

C'est dans Dōgen-zaka qu'il se perd avec volonté, percutant de son épaule des passants qui préfère regarder leur téléphone que leur pied, rouspétant légèrement sans jamais avoir la force de véritablement l'embrouiller. Crescendo fait peur, Crescendo se meurt. Il est comme la faucheuse, arpentant les rues en quête d'une victime à faire plier, à faire crier. Nouveau soupir cette fois-ci maculé de fumée, il avance sans un bruit, sur un pas lent, mais décidé. C'est dans le Cyber-café d'un ami à lui qu'il s'arrête, s'enfonce dans l'arrière salle et se laissant choir sur l'un des canapés. Un café vient être déposé par son ami qui lui explique qu'il peut rester autant qu'il le souhaite et c'est avec un sourire furtif que Crescendo lui répond, hochant la tête en signe d'approbation. Et le voilà qui se redresse et attrape le café chaud qu'il porte à ses lèvres après avoir écrasée sa clope dans le cendrier posé sur la table basse. Son pull large à capuche est enlevé et déposé sur une chaise pour être séché et le voilà qui dégaine sa bête, son pc portable adoré ; enfin, le cinquième de la lignée.

Aujourd'hui est un jour parfait
Pour une vengeance un peu aigre
Il ne sait pas s'il en sortira satisfait
Mais sa folie passagère le désintègre


Ni une ni deux, il amorce son code, création d'un chat privé, juste pour toi, rien que pour toi. Un lien vient apparaître sur l'écran de ton pc qu'il a réussi à pirater à distance ; ce qui lui a prit quelques mois de recherches intenses. Il attend que tu cliques Crescendo, le café porté de nouveau à ses lèvres. L'icon rouge et son pseudo "CrOw" attend patiemment ton arrivé ; il est le messager de la mort, celui qui va t'escorter vers ta déchéance ; celle qui va de paire avec la sienne. Et te voilà, qui apparaît et c'est sans attendre, qu'il tapote avec rapidité sur son clavier, un sourire narquois et pourtant teinté de mélancolie sur ses lèvres décharnées. « Bonsoir "Pure" ; comment va ma destructrice de famille préférée ? »

Il ne joue pas vraiment un jeu
Non, loin de là, il n'est pas dieu
Finalement il est un peu nerveux
Il se crève lui même le cœur avec un épieu


Et il attend, sans rien dire, un joint de cannabis prenant place entre ses lippes. Il est fatigué, il est aigri, mais il doit continuer, pour honorer la mémoire d'Hideyoshi.


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FT : Satsuki Kiryuin — Kill la Kill
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Parce que l’eau chaude qui inonde ton crâne t’apaise, te voilà bloquée depuis de longues minutes sous le jet, dans la buée infernale et la chaleur insupportable pour les communs. Tu as fais taire tes pensées, tes interrogations du jour dans une vague continue, tes muscles se sont enfin détendus. Mais tu n’es pas sereine, tu ne l’es jamais complètement après tout malgré les apparences illusionnistes. Les esprits ténébreux que tu côtoies, t’abîment, ils t’arrachent fibres par fibres, à ta propre essence. Si tu aimes côtoyer le criminel, tu n’en as pas la raison ou bien la justification. Tu désires simplement la compréhension de ces êtres, disséquer leur manière de faire. Mais il y en a aujourd’hui un en particulier qui t’arraches régulièrement à ta nouvelle réalité, qui te musèle fièrement par procuration indirecte.

Le corps encore humide, tu passes la serviette éponge négligemment, essuyant avec minutie tes pointes dégoulinantes qui risqueraient de tremper le bas de ton dos, sous tes reins. Si tu enfiles un sous-vêtement, ce sera ce soir ton seul apparat tandis que la serviette gorgée d’eau aux senteurs de shampoing repose sur tes épaules. Parce que parmi la lumière terne de ton appartement, seul un écran à la lumière blanche éclaire faiblement le reste tandis que la pluie tombe à l’extérieur. Pure, tu as cet instant d’hésitation où tu fixes l’objet avec perplexité, tes sourcils formant une intrigue sur ton visage. Je l’avais éteint. Voilà ce que tu te dis tout en lui tournant le dos, le regard loin d’être alarmé, tes mains tirant la porte du frigo. Tu portes le goulot à tes lèvres, mais ton regard en coulisse se glisse vers la source, il fricote avec jusqu’à ce que le contraste irrite tes pupilles.

Tu t’en approches finalement, il y a quelque chose d’étrange dans la page ouverte qui te frappes immédiatement. Tes épaules reculent par elles-mêmes tandis que tes paupières sursautes le temps d’une seconde.

Bonsoir "Pure" ; comment va ma destructrice de famille préférée ?

On ne s’y attend jamais vraiment, à cette agression par distance, qui ne prend racine ni dans le temps, ni dans l’espace. La mauvaise herbe a fissurée le béton, elle s’y insérée et c’est comme si tu étais obligée de regarder. Cet amas pixelisé ne devrait rien signifier, il ne devrait pas pouvoir t’atteindre. Mais ton cœur, il a fait un bond en arrière, il s’est entouré à bras le corps, il s’étouffe. Parce que les images d’un corps inanimé te faisant la niaque sans vie t’obsèdes aujourd’hui encore, que ce comportement t’as marquée au fer. Quelqu’un qui a préféré la mort aux négociations, s’arracher la vie plutôt que de parler en la conservant. C’est la symbolique de ce corps sans vie qui te crispes. Ce plutôt crever que de devoir te parler, que d’être en face à face avec toi. Cette foi absolue et indéchiffrable.

Tu tapes sur le clavier, tu effaces, tu recommences. Tu ne dis finalement rien. Mais tu vois que la bulle s’anime, que trois points s’alignent pour signifier ton désarroi.

...

Il y a tant de choses à dire et c’est pourtant le néant face à l’alphabet désorientant. Tu pourrais l’insulter, crever l’abcès, poser des questions. Mais il te perd, car il a un pouvoir que tu ne possèdes pas, tu n’as aucun contrôle et c’est la frustration qui te ronges. Celle de ne pouvoir rien faire à part admirer ton propre silence.

Tu tentes, durant de longues secondes. Parce que ton esprit cherche un visage, il aimerait poser une identité sur l’anonyme et tirer cette grande farce de l’abîme. Le bout de ses doigts sont fébriles, ils effleurent à peine les touches, ça tape frénétiquement des phrases sans réponses. Tu poses la question la plus absurde mais la plus évidente.


Qui es-tu?


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Lire le désarroi de quelqu'un au travers d'un écran, c'est possible, c'est ce qu'il fait, c'est ce qu'il voit. Les points de suspensions qui dansent encore et encore, preuve de l'écriture d'un message qui se retrouve effacé, puis réécrit, puis de nouveau expédier par la touche 'delete'. Il ne sourit pas Crescendo, car cela ne l'amuse pas en soit, il n'éprouve qu'un goût amer à te torturer, à te faire subir tout ça ; mais son amertume le pousse à agir ainsi ; il n'a pas d'autres choix. Profond soupir, le voilà qui enserre sa jambe gauche rabattue contre lui, il attend patiemment. Il sait. Il sait ce que tu vas lui demander, il s'imagine ton visage un peu brouillé par l'incompréhension... S'il le désirait, il pourrait pirater ton système pour accéder à ta webcam, lire ta tristesse ou bien ta rage face à ce qu'il suscite chez toi. Mais non. Crescendo ne le fera pas. Ce n'est pas son but et surtout, encore une fois, ça ne l'éclate pas de faire ça. Mais voilà, le visage de son frère plane derrière lui, l'enserre dans cette sphère de haine à laquelle il ne décroche pas, à laquelle il se rattache et c'est dans un soupir que le message s'affiche, son joint suspendu à ses lèvres...

'Qui es-tu ?' que tu lui demandes
Mais la réponse se fera sans doute attendre
Il ne s'en rend pas compte, mais ses muscles se tendent
Sa mâchoire se contracte, v'la que tombe la cendre


Ses mains se posent sur son clavier, mais les doigts ne bougent pas. Inerte, les effluves de cannabis lui font peser le pour et le contre, continuer ce petit jeu, oui, mais combien de temps ? Les paupières sont lourdes, les sentiments sont creux, la tête est vide, le cœur est mort. Nouveau soupir, il inspire longuement sur le carton de son petit plaisir, mais ce qui le soulage normalement lui donne désormais la gerbe ; impossible de se détendre... Les mains bougent, mais les doigts se crispent. Qu'écrire ? Crescendo n'en sait rien, il se pose la question, mais les pensées sont vides ; rien ne vient, c'est un flot silencieux qui tournoie dans sa tête et il n'y a pas pire sensation pour lui. Main droite posée sur sa nuque, le jeune homme la glisse avec violence dans sa tignasse, enfonçant ses ongles au passage comme pour s'extirper cette incompréhension à laquelle il fait désormais face. Puis, d'un coup, l'inspiration lui vient, alors il tape avec rapidité son message, sa sentence irrévocable. « Je suis le corbeau, le messager de la mort qui te rappelle ton impardonnable erreur. » Il attend, quelques secondes, inspire de nouveau une taf de son joint qui cette fois-ci agit comme un anti-stress, puis il repart de plus belle. « Moi, en revanche, je sais qui tu es. »

Car il fouille Crescendo
Comme les poubelles d'un clodo
Il fouille dans la vie des gens
Et leur fait apprendre à leur dépends
Qu'il sait tout d'eux, du début à la fin
Et il les pousse parfois de lui-même au déclin


Le voilà qui s'échoue sur le canapé, la tasse portée à ses lèvres alors que le joint est déposé dans le cendrier. Allongé, il s'étire un peu, se masse légèrement la nuque et c'est en se redressant qu'il lie ses mains devant son visage, s'accoudant sur ses genoux, attendant la suite des événements. C'est un connard, un cancer, un gars qui n'hésite pas, qui n'hésite plus... Il est prêt à te faire vivre un enfer ; même si cela ne lui ramènera pas son frère.


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La solitude en compagnie, la lumière blanche te crève les yeux tandis que les mots sont des pieux dans ta conscience. Une cigarette se meurt au bout de tes doigts, la cendre fragile menace de s’écraser à la moindre secousse. Et si la chaleur vient brûler ta peau fine, ce n’est pas la douleur en surprise mais l’apparition d’un nouveau message qui te fais lâcher le cadavre maladroitement. Le tout s’étale, en partie entre les rainures du clavier. Mais soyons honnêtes, ça ne t’empêches pas de presser tes doigts moites contre la crasse, sur les touches, avec une hâte non-dissimulée. T’as à peine lu que tu voudrais répondre, aboyer, mais rien ne sort. Rien à part les éternels points de suspensions.

Tu cesses de pianoter, de gigoter, de te débattre et de lui faire savoir.
Parce que les mots tuent, qu’ils ont le poids d’un coup et l’arrière goût âcre.

Il t’as saisie la poitrine et l’a acérée, ça pompe douloureusement le sang dans tes valves. Je sais qui tu es. C’est ça qui t’as arrachée quelques sueurs froides dans le creux de ta nuque, qui ont contournées tes omoplates pour se perdre un peu plus bas. C’est moche d’être mise à nue. De se sentir vulnérable face à un écran, sans personne en face. T’aurais peut-être préférée avoir un visage, une présence humanoïde plutôt que la froideur d’un écran. C’est pire de pas savoir. Mais pire encore, t’as aucun secrets pour cet anonyme.

Comme beaucoup, t’as eu tendance à trop faire confiance en la technologie, mais c’est elle-même qui t’as vendue. Elle a pas eu besoin d’être payée en pot de vins, ni soustraite à un interrogatoire. Il a suffit de caresser les touches pour qu’elle crache ce qu’elle savait. T’es honnête, tu le sais, tu le sens. T’es simplement terrifiée par cette simplicité. Une menace invisible.

T’essuies le bout de tes doigts en spirales, ramollis par l’eau chaude, sur la serviette qui pend misérablement sur tes épaules. T’enlèves l’excédent qui les fais glisser sur le plastique illuminé par l’alphabet. T’es K.O en deux coups et t’aimerais pouvoir t’époumoner. C’est pas moi qui suis en cause, j’ai pas tirée la première. Dans le fond, je suis pas la véritable adversaire. J’suis la représentante d’un organe malade, il s’est condamné par sa propre rebuffade.

Dans le fond de ton crâne Pure, y la peur qui te dicte d’éteindre tout ça. Que c’est la limite entre vous, que tu pourrais la couper nette, rien lui permettre.

Pourquoi maintenant? Qu'est-ce que tu vas en tirer?

Voilà ce que tu lâches, parce que parmi le flot incompréhensible qui forme tes pensées, tu tires à la loterie.

De la satisfaction? Sûrement. Parce que quand bien même il n’y a ni coups ni blessures pour justifier l’attaque, celle-ci est présente, ouverte. La déclaration est claire. Ta main s’est posée instinctivement sur ton téléphone, aussi hésitante que tu l’es. Ton répertoire défile dans ton esprit, les noms, les numéros. Tu sais pas qui appeler. À qui demander de l’aide. T’as l’impression que le moindre faux pas pourrait empirer la situation, tu sais pas jusqu’où il est allé. En cet instant, t’es technophobe, la paranoïa vrillant le coin de tes tempes.

T’as pas envie de faire confiance à ce qui t’as vendue. Alors tu le fais glisser au bord de la table, hors de ta vue, de ta portée.

Il s'est donné la mort, j'ai rien pu y faire.


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Qu'est-ce que tu vas en tirer ?
Une vaste blague, n'est-ce pas ?
Et pourtant, il n'y a clairement pas d'quoi rire, ni même sourire. Il sait très bien Crescendo qu'il ne va en tirer aucune satisfaction ; mais bordel, tu viens de retourner la situation.
Qu'est-ce que tu vas en tirer ?
Son cœur s'accélère, la sueur coule le long de ses tempes, le souffle est coupé et ses pupilles sont dilatées. Tout tourne au ralenti, une question vient de lui retourner les tripes, de brouiller sa vision, de détruire ses convictions.
Qu'est-ce que tu vas en tirer ?
Bordel de merde, c'est la phrase qui tourne désormais en boucle dans les tréfonds de son esprit embrumé, les tremblements de ses mains ne semblent pas prêt de se calmer. Ses dents croisent le fer alors qu'il se laisse tomber dans un mouvement lent sur le canapé, le regard porté sur le plafond, tentant de calmer du mieux qu'il le peut ses pensées conflictuelles. Peser le pour et le contre ? Crescendo le fait toujours ; car il ne veut pas être un de ses "parfaits enculés" qu'il traque comme un chasseur dans les rues tokyoïte. Non. Il n'est pas comme eux et il ne le sera jamais... Mais ta putain de question Pure vient de lui retourner le cerveau, de mettre sa tête à l'envers et d'le noyer dans les méandres de sa conscience. Il ne va rien en tirer, il le sait, il l'a toujours su et pourtant, quelque chose lui dicte d'agir ainsi ; sa souffrance et sa colère. Oui. Encore une fois il succombe à ses émotions, celles qu'il refoule les trois-quarts du temps.

Et voilà qu'il réfléchit, qu'il cogite avec lui-même, se parlant dans les tréfonds de son imaginaire, cherchant une réponse ; même éphémère si tant est qu'elle soit convaincante. Son joint retrouve la commissure de ses lèvres et la fumée opaque qui s'en échappe vient planer dans la pièce, le dissimulant comme le fantôme qu'il est. Crescendo ne sait pas ce qu'il va en tirer, mais une chose est sûre, il se doit de continuer ; pour honorer la mémoire d'un homme qui a trop subit, qui a trop enduré et qui s'est laissé malencontreusement bouffé. Un bras derrière la nuque en guise de coussin, le jeune homme à la tignasse décoloré cherche ses mots ; mais avant qu'il n'ait pu vraiment penser à quoi que ce soit, la petite note de musique retentit, laissant apparaître un nouveau message.
Il s'est donné la mort, j'ai rien pu y faire.
Et le voilà, quelques années en arrière.
Cette excuse, il ne la supporte plus.
Il y a toujours quelque chose à faire.
La pression qu'il a dû ressentir, Crescendo est capable d'en voir les lignes, il l'aurait clairement vu venir. La mâchoire se serre de nouveau et plus rien ne sort, si ce n'est un souffle de ses narines. Lui dont le visage arborait une expression de regret laissait maintenant transparaître sa rage, sa colère et son incompréhension face à une telle injustice. Les doigts viennent tapoter sur son clavier avec lenteur, le cerveau un peu embrouillé, mais les convictions étaient là. « Tu n'aurais pas quitté la pièce, il serait encore de ce monde. N'essaye pas d'échapper à tes responsabilités ; ne soit pas lâche ; "tortionnaire". » Il sait tout de vous, de votre fonctionnement, de votre façon de "gérer" vos "proies" ; et en soit, il est comme vous, lui aussi torture ceux qu'ils considèrent comme néfastes. Combien de gens a-t-il poussé au suicide ? Crescendo ne les compte plus, car il considère qu'il a accompli sa mission, qu'il a fait quelque chose de juste...

Mais lui aussi se voile la face
Attends patiemment que se brise la glace
Il est instable, aussi fragile que du cristal
Et pourtant, il continue de fleurir cette pierre tombale


Le voilà parti sur sa lancée, plus rien ne peut désormais l'arrêté ; il succombe à ses émotions, les laisse parler pour lui ; il est prêt à tout pour te ruiner à vie. « Ne crois pas que cela me fait plaisir ou que j'en tire quelque chose ; mais tu as détruit une vie et avec celle-ci, celle d'une famille. Qu'est-ce que tu as tiré de cette leçon Pure ? Dis-moi ? » Est-ce que le jeu en vaut la peine ? Crescendo ne sait pas, il ne sait plus, mais il ne peut pas s'avouer vaincu ; il ne peut pas tourner le dos au passé. Vivre avec et l'accepter. « Tu n'as aucun regret ? Tu n'en as rien tiré ? »

Il fait écho avec ce qui le tourmente.
Il n'en tirera rien.
Et toi Pure ?
Cet événement, qu'est-ce que tu en as appris ?
« Il y a des gens qui ne se relèveront sans doute jamais de la mort de cet homme... Est-ce que tu t'en moques ? »
Crescendo, lui, il souffre. Crescendo, lui, c'est de toi dont il se moque.


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Si t’étais moins bête, t’aurais évité de dégoupiller la grenade qu’il tenait.
Vas-y, signe ton arrêt de mort, t’as raison. Une fois le flot écoulé, avec un peu de chance, ça cessera de saigner. Il n’y aura plus rien à dire. Mais l’espérer secrètement ne veut pas dire que ça va se réaliser. Pure, t’es une véritable idiote. Même si tu trouves ça injuste, tu sais bien que t’es celle qui a mis le feu à la poudrière. Tu le savais pas à cette époque, tu pensais pas aux conséquences. Tu digérais encore ton erreur, t’étais incapable de t’imaginer le futur et la lascive torture que ton calomniateur te ferais subir.

Le premier argument lancé te crispe, ton poing se serre et tu seras à deux doigts de le frapper contre ton bureau. Parce que c’est injuste, que ça a pas de sens. Si t’avais pas tourné la tête, ton gamin se serait pas pris la camionnette. Si t’avais eu un double des clefs, t’aurais pu la sauver. Si t’avais répondu au téléphone, aujourd’hui il serait pas aphone. Et toi Pure, si t’avais pas quitté la pièce, cet homme serait pas dans une caisse. L’histoire du si et si les choses avaient été faites différemment. Ça reste une erreur, la seule différence c’est que ça repose sur la faute à pas de chance. De l’inattention? Sûrement.

C’est lorsqu’on est trop insouciants que ce genre d’incidents arrivent. Mais dire, j’ai peut-être été négligente, ça ramène pas les morts. Ça bande pas non les plaies des perdants. Les guillemets entre lesquels ton rôle est mis à part, solitaire du reste, te frappe. Si ce soir ce sont les mots qui te font violence, tu te rappelles pourtant bel et bien, que ce jour-là, tu ne levas pas une seule fois le bras. T’étais restée assise assez longtemps face à lui pour voir dans son regard, qu’il parlerait pas. Écartelé, tabassé, édenté. Qu’importe. Ses lèvres étaient scellées. Quelqu’un de déterminé, il a une aura particulière. Ça transpire dans ses pores, ça crie dans ses yeux, qu’il préfère crever que parler.

Et toi là, dans cet uniforme presque trop neuf pour s’être fait à ta silhouette, tu trouvais pas les bons mots. On t’as bien reproché que t’aurais dû l’intimider, que t’étais là pour ça. Mais t’es resté assise et t’as su. Que c’était inutile. Que tu étais inutile. T’as quitté la pièce, quelques minutes, le ton était acerbe entre toi et ton collègue. Vous étiez d’accord de votre désaccord, c’était sûr. Il voulait le secouer, tu voyais pas l’intérêt. Mais tu pouvais pas te justifier. Dire simplement, je sais, c’est pas un argument dans une conversation, encore moins quand t’es face à un adulte et qu’on te demande ce que tu fous ici, que t’es trop jeune.

La suite, on la connaît.

Tu continues de lire et ton regard devient flou, il se perd dans le vide, humide. Oh, oui, tu les as imaginées, les funérailles. T’as imaginé le choc, d’un père, d’une mère, peut-être même de frères et de sœurs. T’en as passé du temps à te torturer l’esprit, d’ailleurs, t’as pas su rester digne, ni garder la face. On a pas compris pourquoi tu pleurais la mort d’un nuisible, pourquoi ça t’arrachais le cœur. T’aimerais être assez têtue, assez barrée, pour pouvoir t’en moquer. Avoir le droit de t’indigner. Parce qu’il est tard et que tu te fais maraver la conscience par un corbeau lorgneur.
Je me doute, que j’ai brisé des vies. Si certains ne s’en relèveront jamais, j’en fais probablement partie.
Qu’est-ce que j’en ai tiré? Que c’est injuste. Que c’était pas notre but. Et que si j’ai été désolée, je le suis encore.
Être désolé ne suffit pas, effondrée non plus.
Pas besoin qu’on te le dise, tu sais bien qu’il n’y a plus rien à faire. Mais tu t’avoueras à toi-même que t’étais soulagée quelque part, de pas avoir à confronter la famille. Que tu te devais de rester anonyme. Jusqu’à aujourd’hui du moins. Tu relis les mots, tu sais plus quoi dire. Tu frissonnes maintenant, le souvenir, la dureté des mots, tes cheveux humides qui glacent ta nuque et les quelques gouttes froides qui se perdent dans ton dos t’ont données la chaire de poule. Tu quittes l’écran, quelques instants, tu te demandes si lorsque tu te retourneras, tout ça aura disparu. C’est une prière silencieuse, tu l’espères.

Tu te repasses la conversation en boucle, tu pèses les mots dans ton esprit. Et puis un élément te frappe, tu reviens à ton clavier, presque animée.
Et toi? Si tu n’en tires rien, que ça ne t’amuses pas, pourquoi? Pourquoi tu fais ça?
Pure, tu t’imaginais que tout ça était une excursion malsaine, avec des ressorts pervers. Qu’il y aurait un plaisir à faire souffrir, à pénétrer dans ton intimité, dans ton passé. Mais lui-même le dit. Ne crois pas que cela me fait plaisir. Pour toi, il y avait deux possibilités. Soit il en tirait satisfaction, soit il était concerné. S’il n’est ni l’un, ni l’autre, quel était le but?
Il était qui, dans le fond, ce corbeau?

Bizarrement, tout ça, ça l’humanise soudainement dans ton esprit. Parce qu’en réalité, t’es pas la seule esseulée devant un écran bleuté.

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you can't wake up this is not a dream
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Le doute, le regret, l'amertume, l'incompréhension, la colère, la tristesse ; toutes ses émotions si humaine qui hante chaque être, que l'on côtoie au quotidien sans pouvoir y faire quoi que ce soit, subissant en silence que le temps fasse son oeuvre. Tout s'enchaîne à une vitesse folle et le jeune homme n'a même pas le temps de respirer, de peser ses idées, de déposer son flot de haine déchaîné ; non, pour l'instant, il subit lui aussi tes mots, tes phrases... Il subit tes émotions... Et malgré lui, il te trouve infiniment humaine. La pression sur ses épaules retombe, mais l'étaux sur son cœur se resserre, bordel, qu'est-ce qu'il doit faire ? Les points de suspensions apparaissent, laisse place à de nouvelles révélations, le laissant un peu plus sur le carreaux avec ses nombreuses questions. Et voilà qu'il craque Crescendo, qu'il capture sa tête entre ses deux mains tremblantes, se remémore le pire passage de sa vie ; la mort d'un frère et celui d'une famille unie. La sortie de l'hôpital occasionnelle de sa sœur l'avait conduite au cimetière pour enterrer l'un de ses grands frère aimant ; le père étant mort de maladie et une mère morte de chagrin. Et il pleure Crescendo, ce qu'il ne put évacuer ce jour là, sortait maintenant de ses prunelles désabusés par les événements. Il l'avait cherché, c'est lui qui avait tout amorcé, mais jamais il n'aurait pensé se laisser sombrer à ce point. Qu'est-ce qu'il est devenu ? Il contemple en ravalant ses sanglots, les circonstances du drame qui sont tombé sur sa famille ; il voit le fil se tisser, il voit la frise chronologique de sa vie qui bat de l'aile depuis cette histoire... Une vie à laquelle il a mit fin en même temps que "lui" ; une mise à mort symbolique, rayé une identité unique pour devenir le fantôme vagabond de Tokyo. Les choix. Crescendo avait fait ses choix. Il se devait de les assumer ; comme tu te devais de prendre tes responsabilités. Et malgré tes remords perceptible de là où il était, il devait poursuivre sa mission ; car il lui aussi est "mort" ce jour là, dans cette salle d'interrogatoire.

Et les doigts se posent sur le clavier
Tape avec lenteur après s'être essuyé le nez
Renifle une fois avant de soupirer
Il ne sait plus du tout comment s'exprimer


Que faire ? Que dire ? Comment continuer sans se vendre ? Crescendo ne sait plus vraiment, son esprit est embrouillé, perdu dans le temps fugace du passé, les souvenirs prenant d'assaut son cerveau défoncé et embrumé par le cannabis ingurgité. Son fessier quitte alors le canapé, debout devant la fenêtre, le jeune homme pose son front sur la surface froide, le regard suspendu sur les lumières de la ville. Faire face, ne pas prendre de gants, continuer pour honorer une mémoire ; lutter pour les vies réduites à néant. Les doigts ne tremblent plus, il semble résolus et c'est en s'asseyant de nouveau devant son écran que Crescendo tombe sur tes dernières palabres. Pourquoi tu fais ça ? Excellente question, à laquelle il a désormais une réponse ; c'est orchestré dans les limbes de son esprit, il n'y a plus à hésiter, c'est pour ça qu'il est encore en vie. « Je suis celui qui exprime la rancœur et la souffrance à la place de ceux qui ne peuvent pas - ou plus - le faire. Cet homme souffrait et vous n'avez rien fait pour lui venir en aide. Faire parler un homme qui risque de mourir en le faisant, c'est le conduire à sa mort ; tu devais en être consciente, non ? » Et c'est peut-être injuste de t'accabler à ce point, parce qu'en soit, tu n'as sans doute fait que suivre les ordres ; tu t'es voulu douce et aimable alors que d'autre aurait été violent et ferme... Il le sait Crescendo, il en est conscient, mais malheureusement, c'est bien toi qui était chargé de cette affaire, c'est donc vers toi qu'il doit exprimer sa haine. « Je connaissais cet homme, c'était quelqu'un de bon, qui voulait juste venir en aide aux siens, qui s'était mis dans une merde qu'il n'avait pas prévu... Il ne méritait clairement pas ça. » Mettre fin à ces jours pour éviter que d'autres ne le face, c'était bien la mentalité de son frère. Après tout, Crescendo le connaissait comme personne, c'était son model, sa force, son pilier éternel. « Tu as beau être désolée, tu as beau t'excuser, ça ne le ramènera jamais. Et j'en ai conscience, mais tu n'as aucune idée de ce que sa mort à engendrer... Alors épargne moi tes regrets ; il ne sont présent que pour être prise en pitié. »

Les sentences sont dures, mais c'est ainsi que Crescendo doit être, un salopard froid de la pire espèce ; mettre à la porte ses impressions et ses émotions que ta "peine" suscite chez lui ; pour te mettre en charpie en bon gros égoïste. Les victimes sont celles qui enterre quelqu'un, pas ceux qui oeuvre pour la mise en boîte... « Je ne te le pardonnerai jamais. » Et les larmes sont de nouveau un fléau, elles tombent indubitablement sur sa face ravagée, le ramenant à cette amère réalité ; celle d'une vie fatalement gâchée.  


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FT : Satsuki Kiryuin — Kill la Kill
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D/2
Touché.
Pas besoin de bien choisir ses mots lorsqu’on parle de l’être aimé, de l’être perdu injustement. Dans le fond, t’es pas la plus à plaindre, tu le sais bien. Tu sens tes paupières s’échauffer doucement, comme un vent tiède avant la moisson. Parce qu’après ce battement de cil imperceptible, c’est une cataracte stagnante qui se forme, qui vient inonder tes joues. T’aimerais lui faire comprendre que tu sais que t’es coupable et que le poids t’incomberas jusqu’à la fin. Que t’as jamais pris plaisir à voir les autres souffrir. Que t’es la pire, pour ce rôle, que c’est une vaste blague, que toi-même tu comprends pas ce que tu fais-là. Qu’au début, t’as accepté pour éviter ça.

Coulé.
Pas besoin d’être marin pour savoir faire un nœud coulant. C’est étrange de voir la physique d’un corps mort tenant à un fil. Pas besoin de te concentrer pour entendre le couinement du cuire qui grince sous le poids, le frottement contre le fer froid. Tu prends pas la peine d’essuyer tes yeux, mais tu plaques tes mains contre ton visage, pour étouffer ses hoquets ridicules qui viennent secouer votre carcasse lorsque la peine est trop grande pour être contenue. On dirait qu’elle fracasse vos côtes comme un taulard en prison, un bagnard vociférant. Et tu t’entends, dans le silence de l’appartement hoqueter ridiculement.

T’aimerais l’avoir en face. Pas pour lui montrer ta peine, mais parce que tu voudrais le serrer dans tes bras, le lover contre toi. Tu imagines bien le cauchemar que cela pourrait être pour lui, dans les bras de la tortionnaire. Mais tu voudrais le consoler, lui montrer que rien ne reste impunie. Ta part du marché, elle a été payée. C’est une dette lourde, un crédit à vie, t’as pris perpét’.

T’aimerais faire comprendre que tu l’as vu dans son regard. Sous la couche de colère, de dégoût qu’il avait pour toi. Qu’il s’abaisserait pas à vivre en leur parlant, qu’il resterait muet. C’est peut-être pour ça que t’as eu tout faux de a à z avec lui. Parce qu’il était le plus déterminé de vous deux et que sans savoir, t’as lu dans les traits de son visage, qu’il y avait quelque chose de funeste chez lui. Tu balances ta tête en arrière, tu la laisses pendre, nuque mollement appuyée sur le dossier de la chaise. Les lèvres entrouvertes, presque haletantes, le visage trempé. Tu fixes le plafond, vide. Et étrangement toujours aussi lourde.

Parce que tu sais qu’il va falloir parler, peut-être s’expliquer, si tu trouves la force. Tu essuies tes doigts sur ton haut, mouillés par les larmes. Tu retiens une nouvelle vague, tu la refuses à l’entrée. T’as assez pleurée. T’as plus rien à dire. Parce que ces mots ont été assassins, qu’il a raison. Que t’as plus rien à dire pour ta foutue défense.
Il n’y a rien à pardonner, surtout quand c'est impardonnable. Et toi, si tu devais me juger comme nous on les juge, qu’est-ce que tu ferais? Ça serait quoi ta sentence?


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whaaaat ?
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D/3
I cried the rain that fills the ocean wide
Musiquewe don't know what is wrong tonight everybody's got no place to hide no one's left and there's no one to go on all I know is my life is gone, oh where is my brother i got no power, i'm standing alone, no way, calling out your name - call my name // snk ost

Le visage dans le creux de ses mains, il ne capte plus le monde autour de lui, se laisse tomber du canapé ; vie sur le déclin. Les larmes coulent, celle qu'il retient depuis des années, elles daignent enfin s'échapper... Et plus il pleure Crescendo, plus le poids sur ses épaules se libère, l'étaux sur son cœur se desserre, tout semble déjà un peu plus clair. Il a entendu le bip de la réponse, mais il est dans l'incapacité de relever la tête, de la hisser hors de l'eau, non, pour l'instant, tout ce que le jeune homme a toujours enfoui en lui ne demande qu'à être évacuer... Un cri d'agonie ne fait aucun bruit, il ne s'en échappe aucun son, Crescendo en est la preuve vivante ; car il se meurt en cet instant, il pleure sa peine, il évacue sa souffrance ; avec la tienne, oui, avec toi, à l'unisson. Et le jeune homme aimerait hurler pour pouvoir véritablement se libérer des entraves du passé, mais non, sa voix est scellée, elle est capturée et mis sous clés. Le calme survient toujours après la tempête, constater les dégâts, c'est à présent ce qu'il allait faire ; se redressant avec le peu de force qu'il lui reste, Crescendo se dirige un instant vers les toilettes, laissant son regard affronter le miroir ; reflet d'une âme et d'une enveloppe physique terne, pâle comme un mort, esprit éreinté. Il se meurt depuis bien des années et il a l'impression d'être arrivé à son apogée. Tête mise sous l'eau froide pour mieux le réveiller, pour capter l'indubitable réalité, le jeune homme reste là, prêt à se noyer, à givrer son cerveau bien trop sollicité pour une telle soirée. Le cœur et le cerveau sont en conflits depuis bien trop longtemps, il était temps que la lutte cesse et qu'un accord entre ses deux organes se tissent.

Et les larmes coulent encore, fatalement
Son cœur et son corps tangue, malencontreusement
Son flot de pensées est incohérent, vraisemblablement  
Ses tripes sont vidés dans le lavabo, radicalement


La bile se mélange au goût de ses larmes, le sel se mélange à son désespoir, celui qui règne depuis toujours dans le tréfonds de ses organes ; c'est horrible, ça fait mal ; et pourtant il encaisse, avec fierté, avec force et respect... Car Crescendo ne veut pas se laisser sombrer, non, jamais. L'eau revient couler sa tignasse en pétard, le laissant un peu sur le carreau ; son regard vitreux rencontrant le blanc froid de l'évier. Qu'est-ce qu'il fait bordel ? Est-ce qu'il a merdé quelque part ? Le jeune homme à la tignasse trempé n'en sait rien... D'un geste lent, il attrape une serviette dans le placard, la portant tout d'abord à son visage, essuyant les sillages des gouttes d'eau et de ses larmes ; elles ont beau s'être arrêtés, il y constate toujours leurs ravages. Yeux rouges fatigués, cernes apparentes ancrées, sourire en coin figé ; une claque pour mieux avancer, il quitte la salle d'eau, approchant de nouveau de son écran, les gouttes tombant sous son tee-shirt le faisant frisonner un peu. Ses yeux parcours les lignes et c'est une cigarette qui vient prendre place entre ses lèvres bleutées, cherchant à camoufler le goût de son estomac récemment recraché... Il tape d'une main pendant que la deuxième essuie une nouvelle fois son visage, essuie ses cheveux décolorés. « Tu la subis déjà ma sentence... Non ? » Regard baissé, scrutant le sol, il ne sait pas quoi penser de ses actes, il ne sait pas si ce qu'il fait est bien ou pas ; est-ce réellement la solution à ses problèmes ? Est-ce le meilleur moyen pour lui d'évacuer sa haine ? De lutter contre sa peine ? « Est-ce que tu souffres Pure ? Est-ce que tu as mal ? Est-ce que tu dors bien le soir ? Est-ce que tu te rappelles parfois de son visage ? Est-ce que tu penses à lui de temps en temps ? Est-ce que ça te torture encore maintenant ? » Les questions fusent, elle sortent tout naturellement, elles prennent d'assaut ses doigts qui tapent frénétiquement, sans se faire attendre. « Est-ce que tu souhaites que je sois ton juge ? »

Les doigts s'arrêtent, la cendre de sa cigarette tombe sur le sol, ses pupilles fixent un point précis de l'écran. Qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qu'il attend ? Crescendo est perdu, il est confus ; mais quelque chose le prend d'assaut immédiatement. « Tu crois que si je te juge, tout sera oublié ? » Non. Rien ne sera oublié, car le mal est déjà fait ; plus jamais il ne pourra s'en échapper... Il est condamné à se souvenir, à ne pas oublier...


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D/2

Ton corbeau, il t’écrit toujours avec passion.
Que ça soit dans la négation ou la véhémence, il a toujours le pas sur toi, cette longueur d’avance. Et toi, dans ta latence, tu peines à suivre. Ce qui était avant un inconnu et qui pourtant l’est toujours, maintenant, il te paraît plus proche, à portée de mains. Tu te surprends. Le corbeau est devenu le tien, c’est ton ombre noire qui te survoles, qui chante sans prévenir qui te rappelle qu’il traînera toujours au-dessus de toi. Si lui te vois, t’atteins, toi t’y peux rien, stupide bipède qui peut seulement lever la tête. Il y a cette pause des deux côtés, un temps mort pour reprendre son souffle, sécher l’humidité des cils, admirer la rougeur des paupières éplorées. Dans son écriture d’abord sûre, tu y lis maintenant une sorte d’hésitation.

Tu subissais déjà avant son arrivée, mais il est venu, a enfoncé les touches pour faire mouche. Pure, t’aurais presque envie de le remercier parce que cette histoire a cessée d’être étouffée. Il a éclaté la bulle.
Tu pourrais faire pire. Tu pourrais rendre la pareille, faire ce qu’on t’as fais. Tu pourrais perpétuer.
Et tu l’avoues, que tu y as pensé. Qu’à la suite de l’incident, tu t’es demandée pour combien de temps encore t’en avais. Avant qu’un esprit tuméfié par la peine, rongé par la haine, apaisé à coup d’antidépresseurs vienne t’inoculer sa gangrène. Que cet assainisseur vienne nettoyer l’erreur commise.

T’as vécu sporadiquement dans la peur d’être traquée. Et c’est probablement à ce moment-là que t’as su, que t’as compris, ce que ça signifiait de baigner dans la criminalité. Parce que ton badge nettoie pas les pêchés, l’institution à laquelle t’appartiens ne vous rend pas meilleurs. Et puis le chat s’emballe, les bulles apparaissent, se succèdent, décroissantes. C’est comme une alarme qui te préviens tant les sons sont rapprochés. Le soupir que t’as voulu expulser, il s’est transformé en un spasme, il t’as secouée. Parce que tu les sens dorénavant coincées, dans ta trachée, au fond de ton gosier.
Oui. Je souffre, oui ça me fait mal. Non, je sais plus ce qu’est le sommeil.
Tu réponds, tes mots semblent automatiques, robotisés, énumérés. T’oses pas lui avouer, que t’as toujours son dossier. Que dans ces documents, une vidéo de l’entretient a été enregistré. Que parfois tu la regardes à nouveau, que t’anticipes ses réponses à force d’appuyer sur play. Que tu cherches dans ses mots, dans ses expressions, des indices de ce qui va arriver. Que ça te heurte de voir ta propre image, ton regard inconscient qui se perd dans le néant. Que cet homme, c’est ton fantôme dans le placard.
Je peux pas oublier son visage.
Et tu te dis Pure, que ce cadavre, c’est l’homme auquel t’as le plus pensé jusqu’à présent et cette pensée te fais sourire.  T’es ni fière, ni amusée. Ce sourire il t’écartèle le cœur, il te trace une plaie dans les entrailles. Parce que tu trouves tout ça bien pathétique. Tu te demandes à quoi rêvent les jeune femmes, à quoi elles pensent, pendant que toi, tu t’enfonces dans ta propre belligérance. Tu peux pas prétendre aux choses simples. Les derniers mots postés, ils te font quitter. Tu balances ton corps en arrière, tu te laisses tomber. Parce que dans le fond t’en as assez de batailler, de te remémorer, que le souvenir soit forcé.

Tu fixes la fenêtre, t’as une envie soudaine d’air frais.
Alors tu te décides. T’écris tes derniers mots.
Je cherche pas à me faire pardonner. Je suis pas celle qui suis venue sonder, exposer. Réfléchis à ça. La prochaine fois qu’on se parle, je veux des réponses.
T’es mal-placée pour donner des ordres, enquérir quoique soit. Mais t’as plus rien à perdre. Dans le fond, t’as le sentiment que c’est pas terminé, qu’il y en aura davantage, que t’auras juste à attendre patiemment avant que ça te tombe dessus sans crier gare. T’as quitté ta place sur laquelle t’es vissée depuis ce qui te semble être une éternité. T’enfiles un manteau, une cigarette entre les lèvres, une paire de baskets aux lacés défaits. Tu signes, tu tires ta révérence.
Bonne nuit, dors bien.

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