Forum RPG | Tokyo | City & Gangs | NC-16
 

mon bébé le balais. { Pure(té) <3 }

avatar

FT : Hanmi / Unbreakable Siblings
Âge : 24 ans
Fiche de liens : http://fiche_de_liens
Messages : 87
En ligne
D/3

Crunky my lovely, Crunky crunky, I'm so hungry

Il est trois heure du matin et l'ennui palpable.
Bien une heure et demi que la musique du Family Mart n'a pas chantonné à coup de tititi l'entrée d'un visiteur.
Rinne dévisage les rayons blancs immaculés avec l'œil d'un poisson mort.

Elle fait rouler entre ses doigts son briquet, impatiente d'aller fumer - pour une raison obscure - la volonté d'être une bonne citoyenne ? -, elle se sent obligée de patienter jusqu'à sa pause (ou est-ce la flemme qui l'empêche de dépasser son comptoir jusqu'à la porte automatique ?). Son collègue n'est toujours pas revenu de sa course ("une urgence, je suis super désolé, soit sympa Tsukasa !") ; et le temps s'étends comme un chewing-gum morose.

S'occuper l'esprit. D'habitude, Rinne calcule. Elle s'invente des programmes, cherche de nouvelles façons d'intégrer des bases de données à son serveur privé. Des chemins de traverses dessinés en équations algorithmiques ; des accès inespérés à coup de mathématiques.

Mais ce soir, quelque chose grésille dans sa tête (autant que lui gratte la nuque son uniforme simplet). Il lui faut s'animer le corps.  -
Cette idée la laisse elle-même sceptique ; mais puisqu'elle s'agite ... Autant profiter de l'impulsion et faire autre chose que la statue statique.

La nerd se dirige vers l'arrière salle et récupère un balais et une serpillère. L'endroit est nickel, mais tant qu'à faire, sait-on jamais. (sait-on jamais quoi ?) (les service d'hygiène sont passés il y a deux semaines. Alors, quoi ?) Rinne s'affaire tandis que le liquide tout en bulle éclate les quelques moutons encore en place. C'est ça. Voilà. Maintenant, tout de suite, son cerveau deconnecte. Entre en veille prolongée. Tu sais, cette sensation de détente extrême ; la même qu'on peut ressentir lorsqu'on dort contre un être humain qu'on aime, ces après-midi où la lumière dore la peau et la brise réchauffe l'âme.

Ben là, c'est Rinne. Avec son super balais et sa serpillère à poil rose.

Et sa tête reflète une chose rare ; comme une sorte de sourir
autre chose que le brouillard, qui lui sied à ravir.

4h — L'obscurité contrastée de néons colorés acceuille à bras ouvert une soubrette zombifiée.


avatar

FT : Satsuki Kiryuin — Kill la Kill
Âge : 25 ans.
Habitation : IKEBUKURO
Présentation : LOST IN TRANSLATION
Messages : 60
En ligne
D/4
Si la nuit s’est avancée, que les rideaux ont été tirés, les grandes veines lumineuses du quartier n’en ont en rien perdu leur éclat. L’animation amoindrie par l’heure tardive reste toujours palpable, présente. Pure elle déambule, elle évite les silhouettes hésitantes aux haleines alcoolisées, elle fait profile bas. Après avoir fait dégueuler son cendrier froid sur son rebord de fenêtre, elle en a conclu qu’il était temps de sortir, de chercher de quoi se nourrir. Et même si son regard méfiant se meut sous sa frange, elle sait qu’elle n’a pas besoin de traquer, que la solution est offerte à elle, à l’angle d’une rue.

Elle saisit quelques mèches caressant son front, les pointes ont rencontrées la flammèche de son briquet un peu plus tôt dans la soirée. Chose qui arrive lorsqu’on ne fait plus attention à ses faits et gestes. La lumière blanchâtre la baigne lorsque les portes automatiques s’ouvrent à elle, la musique retentissant comme si elle était inappropriée dans ce silence. Pure, elle en serait presque gênée, de faire savoir son arrivée en grande pompe. Alors elle accélère le pas vers le rayon intéressé, ses talons claquent sur le carrelage blanc et aseptisé.

Si elle croise avec étonnement une employée, qu’un sol humide les sépare, elle s’excuse d’un rapide mouvement de tête, de devoir piétiner son travail pour pouvoir accéder au graal. « Excusez-moi. » Tu enjambes sans hésitation aucune la marre invisible qui ne révèle ses limites qu’à la lumière des néons, t’accroupissant pour voir ce qu’il reste. Tu ouvres ton portable pour regarder l’heure, mais surtout pour regarder la liste que tu t’es efforcée de rédiger avec peu d’inspiration. Tu sais très bien que tu repartiras avec l’exacte opposé, qu’il te manquera probablement quelque chose une fois tes clefs rangées dans la coupelle de l’entrée et la porte de ton appartement close.

Si tu saisis d’abord quelques articles dans tes bras, tu te rends vite compte que tes capacités sont moindres, qu’un panier aurait été une idée brillante plutôt que d’être accroupie là, l’air bête à penser que tu peux tout porter. L’heure tardive n’aide pas ta logique, ni la têtue que tu peux être. Si les articles commencent à s’empiler dans tes bras, à s’étaler contre ta poitrine et à se loger maladroitement dans le creux de tes bras, tu vois bien que l’une des canettes de bière tente de se faire la malle discrètement.

Celle-ci finit par tomber, cabossant l’aluminium avant de rouler sur le sol, passant la flaque humide devant l’employée pour se loger contre une étagère un peu plus loin. Tu te crispes un instant, les lèvres plissées. « Ah! » Tu amorces un mouvement pour aller la chercher, tu t’excuses à nouveau rapidement entre les deux, te penchant en avant. « Désolé, je vais aller la chercher. » Mais tu entends bien qu’il y a un train de retard entre tes paroles et les actes, qu’à peine ta phrase terminée, la silhouette s’est déjà avancée pour récupérer ta maladresse.

Lorsque tu te redresses, tu peux apercevoir entre tes mèches noires ce que certains appelleraient le moment x ou y. Celui où tu aperçois avec perspicacité le mouvement avorté, où le pied glisse, que la silhouette est prête à s’effondrer. Alors tu lâches tes victuailles dans ce réflexe inutile, pour tendre le bras, tenter de rattraper quelque chose qui est hors de ta portée, seul l’invisible rencontrant la poigne de ta main.


HRP — En fait j'ai eu la flemme de coder un truc.  

_________________

avatar

FT : Hanmi / Unbreakable Siblings
Âge : 24 ans
Fiche de liens : http://fiche_de_liens
Messages : 87
En ligne
D/3

Crunky my lovely, Crunky crunky, I'm so hungry




        Et finalement dans la tâche et son alignement, une note détonante amplis l’espace blanc.



Une voix meuble, une excuse furtive. De l’élégance dans une démarche talonnante. Rinne relève la tête tandis que les notes du Konbini s’effacent pour laisser place à une grande demoiselle. Sa chevelure de jet volètent jusqu’au revers de ses fesses. Rinne s’incline, et enchaine un bref « Dozo » et l’éternel phrase de bienvenue. Tandis que l’intriguante demoiselle  s’affaire, sa curiosité s’anime, ses yeux s’éclaircissent imperceptiblement. Elle trouve la scène étrange - parce qu’elle n’a pas l’habitude de voir des oiseaux de nuits aussi élegants. L’informaticienne essaye de se replonger dans son travail, mais elle se dit qu’elle n’en aura pas le temps : personne n’est à la caisse prêt à attendre la cliente. Elle se dirige vers la salle du fond d’un pas constant quoiqu’energique, et repose à leur emplacements les ustensiles nettoyants.

Lorsqu’elle ressort du local, une demi minute même pas après y avoir pénétré, elle s’aperçoit que la majestueuse porte contre ses bras élancés toute une armada de produits agencés. Rinne peut déjà prédire ce qui va se passer ; et à peine a-t-elle eu le temps d’y penser que son présage est réalité. La canette roule devant ses pieds, écharpe un peu d’humidité au-delà de la flaque encore non séchée. Rinne s’agace brutalement ; parce qu’elle déteste ne pas palier à ce qu’elle a anticipé. Reprendre contenance. Se hâter jusqu’a l’objet qui s’est faufilé. Elle est au bout du rayon, en dessous des currys iophilisés. Une énième courbette indique à la cliente que ce n’est pas à elle de s’en charger : la vendeuse est là pour ça, pour lui ramasser.

Impossible de savoir si l’inconnue l’aura trop troublée ; ou si voulant bien faire elle s’est trop précipitée. Mais Rinne comprends très vite que quelque chose ne va pas, car son visage se rapproche à une vitesse impressionnante du sol encore trempé. Réflexe stupide, elle lève vigoureusement le bras pour se rattraper au haut de l’étagère du rayon ; qui lui arrive habituellement à la poitrine. Sa main gauche s’enfonce dans l’angle de féraille peint en blanc. Et ripe. Son genou touche le sol, et la douleur irradie le bas de son corps. Sonne la fin de sa descente. Jambes au sol, torse droit, sa main glisse le long de l’étagère sans aucune résistance, engourdie.

Rinne ne sait pas pourquoi, elle se sent brusquement sonnée. Certes l’impact du carrelage contre son os n’est pas des plus agréables ; mais il lui semble que le mal vient d’autre part. Elle hoche la tête de droite à gauche ; aperçoit la grande japonaise qui se rapproche déjà — son chemin jusqu’ici ayant débuté à l’instant même de la chute de l’objet. En redressant sa vision jusqu’à l’endroit d’où sa menotte s’est affaissée, l’Omega comprends soudainement. Une couleur carmin sertie à présent les contours de l’étagère. Une trainée visqueuse, brillante. Et merde. Rinne se relève avant même que la singulière demoiselle ait atteint l’allée. Elle fixe sa main gauche puis le sol avec un air agacé. Dire qu’elle venait de tout nettoyer… La plaie est assez peu profonde ; elle se demande même comment elle a fait pour aller jusqu’à s’ouvrir la peau. Le choc, trop violent ?  L’écart entre sa main et le reste de son corps ? Le metal, trop usé ? Et son collègue toujours absent. Et la cliente toujours présente.

    « Je vous prie sincèrement de m’excuser madame. Je vais nettoyer tout ça au plus vite. »

Rinne fais quelque pas en chancelant ; son alimentation des derniers jours n’aidant pas son corps à supporter le sang fuyant. Elle se retourne vers Pure, eloigne sa propre main de son propre corps, pour ne pas salir son uniforme. Trouver le rayon des compresses ; s’arranger pour tout nettoyer. Un paquet, des ciseaux derrière la caisse. Elle reprends du poil de la vête et se précipite rassembler sa pharmacie de détresse. Emballe maladroitement sa main dans des bandages informes. Regarde piteusement son travail médiocre. Reviens timidement vers l’inconnue.

    « Je suis vraiment désolée de vous demander votre aide Madame, mais je ne voudrais surtout pas prendre le risque de salir vos affaires. En laissant couler davantage de sang. Et je ne suis pas des plus adroite avec ces choses-là… Pourriez-vous m’aider à refermer le bandage à l’aide de ce scotch ? »

Dit-elle en lui indiquant le strap, posé sur sa caisse. Une tâche s’épaissit à l’intérieur de la paume de sa main; forme comme une fleur aux teintes carmins.


avatar

FT : Satsuki Kiryuin — Kill la Kill
Âge : 25 ans.
Habitation : IKEBUKURO
Présentation : LOST IN TRANSLATION
Messages : 60
En ligne
D/4
Parce que les événements s’enchaînent rapidement, elle n’a pas vraiment le temps  de faire quoique soit, s’arrêtant net dans ses mouvements amorcés. C’est l’effet papillon, une canette roule et un corps coule sur le carrelage désinfecté. Pure elle grimace parce que son regard accroche immédiatement le liquide rougeâtre, se crispant. Dans cette étrange scène, la première silhouette s’affaire, s’agite, tandis que la seconde reste immobile. Souhaitant qu’elle ne se débatte pas autant, tu rentres quelque peu ton cou dans tes épaules, détournant rapidement le regard.

Si elle semble avoir la situation en main, c’est la responsable de ce malencontreux événement qui stagne au milieu du carnage de supermarché. T’aimerais faire quelque chose, te rendre utile ou au moins articuler des excuses, demander si elle va bien bien que cela soit davantage réthorique. Mais les mots restent coincés dans la trachée, ils sont biliaires, lui donnent la nausée. Rien d’insurmontable, mais assez pour la contraindre au silence, à l’inaction quelques instants. Mais Pure, elle finit par prendre sur elle, elle rabaisse ses épaules, un regard sévère collé sur son visage, bien décidée à surmonter l’angoisse de l’hémoglobine. Parce que pour elle, c’est une peur enfantine, rien de plus, rien de rationnel à en tirer.

Mais c’est l’employée, la plus active des deux qui finit par revenir à elle après ces incessants allers et retours animés que Pure maudit bassement. Parce qu’on pourrait la suivre à la trace, que ça la dérange. Mais qu’elle sait aussi qu’elle est égoïste de penser aussi, alors elle se musèle.

« Je suis vraiment désolée de vous demander votre aide Madame, mais je ne voudrais surtout pas prendre le risque de salir vos affaires. En laissant couler davantage de sang. Et je ne suis pas des plus adroite avec ces choses-là… Pourriez-vous m’aider à refermer le bandage à l’aide de ce scotch ? »

Pure elle détourne le regard à nouveau, les lèvres se plissant l’une contre l’autre. Tu te sens coupable, incapable de refuser, alors tu hoches lentement la tête, fixant toujours un coin de carrelage et tu grimaces en voyant le bandage. Évidemment, il recouvre efficacement le tout, rien de visuel ne devrais te déranger. Pourtant, tu prends ton courage à deux mains. « … Le bandage. Il est terriblement mal fait. » Que tu finis par articuler. Parce que les travaux manuels n’ont pas l’air d’être fait pour elle et que vu la tête que tu tires, c’est évident que c’est la première pensée qui t’as effleurée l’esprit, que tu n’as pas pu te retenir de le dire à voix haute.

Si tu poses ta main sur l’une de ses omoplates, c’est pour l’attirer consciencieusement près de la caisse, un regard toujours aussi caustique qui flanque ton visage fin. Tu lui fais signe de s’asseoir, regardant la petite trousse. « Je vais pas te laisser dans cet état. » Que tu dis à voix basse, oubliant naturellement de la vouvoyer car elle est après tout, une inconnue. Tu retires les compresses, ta main se crispe et ton visage se ferme. Mais tu ne dis rien, tu tentes de ravaler tes envies biliaires. Car après tout, dans ta peur irrationnelle, rien n’est logique. Tu préfères certainement voir la plaie en elle-même que de voir des traces sanguines de sources inconnues. Là au moins, tu sais d’où ça vient.

Désinfectant en main, tu rinces le tout avant d’appliquer correctement une compresse, découpant le scotch fibreux entre tes dents pour l’appliquer. « Ça n’a rien à voir. » Tu le lances à voix haute, comme si tu étais seule, sans pour autant te féliciter. Mais il est clair à tes yeux que les deux méthodes n’ont rien à voir. Tu finis par esquisser un sourire, parce que cette soirée est improbable. Il y en a des Konbini, dans tout Tokyo. Mais il a fallut que tu tombes dans celui où il y aurait des effusions ce soir. « Je suis désolée. J’suis en partie fautive mais j’vais pas pouvoir aider à nettoyer. » Du dos de la main, tu repousses les compresses usées, détournant pour de bon ton regard de la charpille. « Je suis hémophile, si ça continue on va être deux handicapées dans un Konbini. » Et à tes paroles, tu imaginais aisément le ridicule de la situation, qui t’arracha un sourire plus large, étirant la commissure de tes lèvres.

Pure, elle se place alors à l’entrée, les mains dans les poches, histoire que les portes automatiques s’ouvrent, faisant rentrer un peu d’air frais. Parce que son palpitant et ses sens s’y attendaient pas, que davantage que l’angoisse, tout ça l’a prise au dépourvu. Qu’elle s’était pas préparée mentalement, en allant faire ses courses.

_________________

avatar

FT : Hanmi / Unbreakable Siblings
Âge : 24 ans
Fiche de liens : http://fiche_de_liens
Messages : 87
En ligne
D/3

Crunky my lovely, Crunky crunky, I'm so hungry




        Le monde duquel je viens est sertis de bruits qui fusent sans aucune honnêteté. Ce sont des mensonges qu’on se lance pour meubler l’absence de droit ; faire fuser une justice éphémère : celle des mots, contre nos jugulaires.



Son regard tangue, il semble s’absenter. Rinne remarque bien que quelque chose chez l’inconnue défaille, mais quoi ? L’informaticienne n’est pourtant pas observatrice par nature. Elle observe ce qui lui est nécessaire, et rien de plus. Ce serait risquer de mémoriser des informations inutile ; de noyer sa matière grise de futilités évasives. Mais là, quelque chose de trouble. Puis un vacarme, comme une déchirure dans cette scène aseptisée de blanc et de traces de sang.

« Le bandage. Il est terriblement mal fait. »

De but en blanc. Pas une excuse — Rinne n’en attendais pas. Pas une parole, plus haute qu’une autre ; un son monocorde, plat, simple, frais, là, vrai. Rinne écarquille les yeux. Son orgueil vol en éclat, sa fierté mugit, gronde. Ses prunelles vibrent tandis que les pupilles se dilatent. Est-ce de la colère ? Quelque chose gonfle au fond de sa poitrine. Le mot résonne. Une main la touche, un contact presque oublié qui hérisse son poil. Pourtant, machinalement, le corps fragile et cabossé de Rinne pivote et suit le pas. S’abaisse, sur le tabouret qui par chance, trainait encore là. Cligne des yeux, reçoit la seconde phrase. « Je vais pas te laisser dans cet état ». Il y a quelque chose d’incroyablement dichotomique chez cette femme. Une stature adulte, une douceur des traits, et une évidence, énorme, prenant la place d’une planète, dans les mots qu’elle prononce. Aussi vrai qu’un soleil brulant. 

Le désinfectant coule sur sa peau, brulant dans son froid. Mais Rinne ne grimace pas. En fait, la veille prolongée est tout entière : son cerveau s’est planté. Ou peut-être est-ce autre chose, de la contemplation. Elle se laisse faire. Des mains qui touchent les siennes. Un contact ancien ;; un geste oublié. Puis, la troisième phrase. « Ça n’a rien à voir. ». Sa fébrilité s’accentue, et là, la boule remonte jusqu’à sa gorge ; une boule informe et nouvelle. Les yeux de Rinne rencontrent ceux de Pure. Et un mince filet étire la peau de diaphane qui lui font face. Un mince sourire et la phrase retentie dans sa tête. « Ça n’a rien à voir. » « Le bandage. Il est terriblement mal fait. ». Mais rien n’est finit, la boule peut toujours grimper, l’inconnue poursuit. La bandage est parfaitement ciselé, accroché, désinfecté. « Je suis désolée. J’suis en partie fautive mais j’vais pas pouvoir aider à nettoyer. ». Et les compresses sont repoussée d’un revers de menottes.  « Je suis hémophile, si ça continue on va être deux handicapées dans un Konbini. » Et son sourire qui s’élargit. Moquerie ? Plaisanterie ? Sarcasme ? La boule s’intensifie dans la gorge de Rinne ; et son regard se mâtifie davantage. L’inconnue est près de la porte ; qui s’ouvre, et le jingle du Family Mart retentit. Comme une note de trop ; ou un bouton poussoir.

Rinne é-c-l-a-t-e  l-i-t-t-é-r-a-l-e-m-e-n-t de rire.

A n’en plus finir. A s’en demander si le bandage ne va pas exploser sous la pression sanguine. C’est quoi, ça ? Se demande-t-elle. Cet étrange personnage, hors du temps, du monde. Ces vérités lancées au hasard du silence. Elle pouffe, pouffe. Sa politesse s’étiole ; elle ne peut pas se rentier davantage. Elle saisit les compresses sales d’une main, rassemble les ustensile et les range coté caisse; nettoie le plan de travail où se tiennent les scanners de code barres. Elle essuyé du revers d’un doigt une larme d’euphorie qui a perlé discrètement.

    « Je suis désolée, vraiment. »

Pas d’explication à lui fournir. C’est juste que c’est gros. De la colère, de l’orgueil bafoué, ne reste qu’une rafraichissante sensation de nouveauté et de simplicité. Chaque phrase prononcée par l’inconnue est inutile ; inutile dans le sens où elle aurait put être évitée, personne ne la sollicitait, personne n’attendait de détail sur ses impressions personnelles ; il aurait suffit de refuser, de s’esquiver, de rester las. Mais une vérité tonitruante a percé des volets de sa bouche, et ses yeux ont appuyé dans une sorte de quiétude indifférente, le bon sens de ces paroles tout en contenance et fermeté. Jusqu’à ces détails bancals trahissant son infirmité face au sang.

    « Je vais nettoyer. Laissez-moi vous offrir quelque chose pour patienter. Sentez-vous libre de consommer ce que vous voulez à la machine à café. »

Les machines sont en effet libre d’accès ; il s’agit généralement de se diriger vers la caisse avant tout pour payer. Mais ce soir, c’est sur elle que l’addition est placée. Accompagnant le geste à la parole, Rinne dépose à coté de la machine un melon-pan, pain sucré, et des crunky - les meilleurs chocolats selon son avis. La politesse n’a jamais été aussi absentée. L’étiquette aurait voulu qu’elle lui tende ces présents à deux mains ; mais son hémophilie lui indique de se tenir à distance. Toujours aussi amusée, Rinne s’attèle à rassembler les produits tombés au sol de sa cliente ; et mémorise leur identité. Elle fixe le sang qui a parlé près de la scène de crime. Soupire. Puis souris d’un air carnassier. Ramenant le sac remplit de courses échangées vers la demoiselle, Rinne s’incline à nouveau.

    « Voici vos courses. À ma charge. C’est la moindre des choses que je puisse faire. Souhaitez-vous prendre l’air ? »

Elle sort de sa poche un paquet de Seven Stars Charcoal Filters souple, et son briquet.

    « J’allais justement prendre ma pause. »

Demi mensonge ; son collègue toujours absent. Mais ce bordel, aurait sans doute été différent avec sa présence. Il se pardonnerait en nettoyant à sa place. Rinne se fichait bien de l’impression légère que pourrait peut-être laisser le fait de ne pas nettoyer tout de suite l’effusion de sang ; elle était davantage intriguée par cette étrange poupée aux facettes réfléchissantes.


avatar

FT : Satsuki Kiryuin — Kill la Kill
Âge : 25 ans.
Habitation : IKEBUKURO
Présentation : LOST IN TRANSLATION
Messages : 60
En ligne
D/4
C’est un éclat de rire qui te fais jeter un regard par-dessus l’épaule, d’abord intriguée, avant de te mettre à sourire largement. Si ton teint diaphane reprend des couleurs, l’air frais n’est pas le seul facteur. Tu la regardes se tordre, ses traits s’étirer dans une expression hilare qui te tires toi-même des rides d’expressions en parenthèses au coin des lèvres. Parce que tu es sensible à ce genre de choses, qu’elles te sont communicatives à l’extrême. Si elle est encore l’élément actif tandis que tu la regardes faire, grande perche immobile plantée à l’entrée. Elle t’invite à attendre à la machine en libre service tandis qu’elle s’occupe de nettoyer et ça te tire un énième sourire amusé, les yeux rieurs tandis que tu t’enfonces à nouveau sous les néons blancs.

« Merci. » Pure, elle regarde les présents avec amusement, regardant les packaging colorés avec une certaine tendresse dans le cœur. « Fallait pas en faire autant. » Qu’elle lance par-dessus son épaule, regardant la silhouette de dos qui s’affaire à ranger les stigmates d’un champ de bataille impromptu. Mais elle le pense. Elle a été plutôt inutile en fin de compte et n’a su aider en rien finalement. Attrapant d’une main le sac de course qui lui est tendu, elle s’inclina à son tour, un léger sourire contagieux étirant toujours ses commissures, tandis qu’elle tenait dans le creux de son bras les deux présents lui ayant été offerts. « Merci beaucoup. Mais je pense que j’ai déjà reçu ma compensation. » Enfournant les deux articles dans le sac plastique, Pure se redresse, ses cheveux se remettant maladroitement en place.

Beaucoup de courbettes en une soirée. Mais malgré les événements, tout cela l’amuse profondément. Elle la voit sortir de sa poche un paquet de cigarettes accompagné d’un briquet, l’invitant à l’extérieur. Hochant la tête, comme en guise de réponse Pure sortie de la poche de son trench bleu marine un paquet similaire, les yeux toujours aussi rieurs. « Bonne idée. » La laissant sortir, elle glissa sous le rebord de la caisse un billet avec discrétion, soigneusement plié avant de marcher sur ses pas.

Pure, elle vînt s’appuyer sur une borne pour y cadenasser les vélos, les bras ballants. Elle déposa à ses pieds le sac de courses, y extirpant une canette de bière cylindrique, probablement celle qui avait causée autant de soucis ce soir. Soulevant l’opercule d’aluminium du bout de l’ongle, le gaz s’échappa et elle porta rapidement le rebord à ses lèvres pour aspirer la mousse avant que celle-ci ne vienne s’échouer sur son habit. Première gorgée salvatrice. Tu pousses un léger soupir, paraissait étrangement satisfaite tandis que tu portes une cigarette mentholée à tes lèvres. Mélange étrange que toi seule peut apprécier en de pareilles occasions, drôle d’oiseau. L’alcool, le tabac, deux poisons qui se marient agréablement ensemble.

« J’espère que ça ira. » Tu soulèves ton menton, un bref signe pour montrer que tu parles de sa main, tenant la cannette de son bout concave au niveau du bas de ta hanche. Tu hésites un instant, parce que ça serait étrange de te présenter sous ton pseudonyme, ça donnerait un côté louche. Alors, à ce moment-là, tu ne réalises pas encore. De qui elle est, de tout ce qu’il va se passer. « Kogo. » Tu balances ton prénom avec aisance et ça te fais quelque chose de les entendre, ces consonnes occlusives sourdes se former sur ta langue. La rondeur des lettres. Tu l’avais presque oublié et tu tends ta main dont seulement trois doigts sont libres, l’index et le majeur tenant fermement le cylindre de tabac empaqueté.

Parce que pour toi, tu te présentes à une civile banale, à quelqu’un dont tu retiendras probablement le visage lorsque tu feras ton travail. Que quelque part, tu protèges aussi à ta manière des caissières de konbini maladroites. Tout en faisant la nique aux arrogants.

_________________

avatar

FT : Hanmi / Unbreakable Siblings
Âge : 24 ans
Fiche de liens : http://fiche_de_liens
Messages : 87
En ligne
D/3

Crunky my lovely, Crunky crunky, I'm so hungry


        Il y a du rire dans tes yeux amusés, de la chaleur sur ce sourire esquissé. Les angles de ton visage qui s’étendent à mesure que ton expression change.


Rinne ne remarque pas vraiment - pas tout de suite - l’expression adoucie de la cliente hémophile. Elle se concentre sur sa voix, ou sur le tableau d’ensemble que dresse l’être gracile. « Merci. ». La voix résonne à nouveau dans ses oreilles. « Fallait pas en faire autant. ». Rinne s’interroge. Autant de ? Il lui semble évident de se comporter ainsi à l’égard d’une cliente. En fait, elle a terriblement honte de s’être cassé la figure. D’avoir faillit à son rôle de parfaite petite gérante. Ces pensées se mêlent aux gestes qui l’animent.

Lorsqu’elle lui tends le sac de course, les fins segments que forment sa bouche s’étirent davantage. Rinne regarde avec intérêt cette fois-ci l’infime métamorphose. Est-ce que pour une fois, elle s’en est bien sortie ? « Merci beaucoup. Mais je pense que j’ai déjà reçu ma compensation. ». Rinne retiens un petit hoquet de rire qu’on étouffe. Tandis que la jeune femme s’incline, le visage de l'Omega sourit à son tour, et ses sourcils s’arquent en un demi cercle bienveillant. Appréciables nuances que celle de cet oiseau de nuit incongru ; d’une franchise presque violente à une politesse tout en douceur, désarmante.

Rinne ne remarque pas le billet tandis qu’elle dépasse la porte du kombini. Elle est encore amusée par le personnage que la nuit lui a offert. Elle l’observe déposer ses courses, ouvrir sa bière. Entre temps, l’informaticienne a déjà saisit une cigarette et allumé son foyer. Une épaisse fumée âcre s’échappe de sa gorge. « J’espère que ça ira. ». Rinne n’a pas l’habitude qu'on s’en fasse pour elle. Quelque part ; cette simple phrase tout en convenance la touche.

Puis un mot ; une identité, quelque chose qui s’ouvre sans jamais s’être vraiment annoncé. « Kogo ». C’est dans cette même fausse neutralité que s’annonce le prénom ; que Rinne ingère et digère avec légereté. L’ensemble lui semble étrange. Depuis combien de temps n’a-t-elle pas vécut de présentation en toute honnêteté ? Kogo. Kogo, c’est beau; C’est doux ; c’est presque mou. C’est une sonorité meuble, qui a de la stature. Elle trouve que ça lui ressemble beaucoup. Rinne se détache du mur auquel elle s’est adossée. Une main tendue — dans l’immensité.

    « Rinne. »

Son prénom est soufflé dans une bouffée de cigarette ; il a l’odeur âcre et fumée du tabac ; mais aussi la légèreté des volutes qui s’étiolent. Elle place sa main valide dans celle qui l’y invite. Un énième contact ; toujours inattendu. 



    « Ça va aller. J’ai l’habitude de me faire mal. »

Alerte. Son cerveau lui indique que ce ne sont pas des choses qu’on dit. Intérieurement, elle grimace, d’extérieur, son air tranquille et bienveillant demeurt en place.

    « Les crunky sont les meilleurs chocolats du Family Mart. Si vous n’avez pas tout mangé demain matin, glissez en dans votre melon pan. Il faut aimer le sucre. J’aime le sucre. »

Elle se sourit à elle-même. Mais qu’est-ce que je fout, à raconter ma vie ?

    « C’est l’avantage de travailler dans un Kombini. On prends le temps de goûter à tout et à la fin, on sait ce qui en vaut vraiment la peine. »

Mon dieu, que d’élucubrations faussement intellectuelles.

    « Il semble que même le moins clinquant des travail prodigue son lot de connaissances. »

Elle se l’adresse plus à elle-même qu’à Kogo, mais son regard navigue vers les yeux d’un bleu étincelant. Tiens. Quelle jolie couleur.  


avatar

FT : Satsuki Kiryuin — Kill la Kill
Âge : 25 ans.
Habitation : IKEBUKURO
Présentation : LOST IN TRANSLATION
Messages : 60
En ligne
D/4
Si elle sourit lors des présentations c’est parce que celles-ci sont spontanées mais surtout simples. Aucunes enjolivures ou arabesques au tableau, la cordialité anime vos bonnes intentions. Tu ne saisis pas vraiment son âge car elle possède une attitude quoique mature mais son visage te semble diablement jeune. Ou alors ce sont tes propres cernes qui ont tendance à te vieillir, tu n’en sais rien. Quoiqu’il en soit, Rinne a quelqu’un chose de profondément infantile en elle. Tu souffles la fumée, écoutant en hochant frénétiquement la tête pour marquer à ton interlocuteur que, malgré ton regard lointain, se posant sur des visages ici et là ou bien des éléments du décor, tu es présente.

Son attrait pour le sucre renforce cette idée enfantine, découpant dans ton esprit ce contraste étrange. Entre l’odeur âcre de la cigarette et ses grands yeux, il y a un monde. « J’ai un peu de mal avec les excès de sucre. » Que tu confies, entre deux bouffées, comme si ton sang était celui d’un diabétique. Les explosions sucrées sont agréables au palais, mais deviennent vite une regrettable bouchée. Nauséeuse, aqueuse. Si tu l’écoutes avec ton air habituel, ta concentration est mise à rude épreuve lorsqu’une goutte te tombe sur le dos de la main. Tu lèves le bout de ton nez, il y a ce courant d’air frais particulier, annonciateur de la pluie. Comme pour toute averse, lorsque la première s’est déversée, c’est ensuite un rideau qui s’abat.

Protégées par la devanture du magasin, tu hausses les épaules, car tu sais que ça ne durera pas. « Il semble que même le moins clinquant des travail prodigue son lot de connaissances. » Cette remarque te teinte, tu la retiens quelques secondes, il y a un écho. Tu ne saurais dire si tu en penses de même concernant ton propre travail, mais sa remarque courbe tes lèvres à nouveau. « C’est peut-être pas clinquant, mais ça reste utile. Si personne faisait ce genre de jobs, on serait tous perdus. » Une gorgée de bière coulant le long de ta trachée plus tard, tu termines ton fil de pensées. « On a tendance à l’oublier. L’élitiste peut pas l’être sans les autres. » Parce que toi aussi, finalement, tu fais parti de ces gens qui ont rien dont ils peuvent être fiers. Tu n’as pas fait de grandes études dans un grand établissement, tu ne les as même pas terminées d’ailleurs. Avec le peu que tu as, tu n’étais destinée à pas faire grand chose, dû moins, aux yeux des autres.

Parce que toi, cette idée t’as jamais dérangée. Celle d’être un engrenage multiple afin d’aider un plus grand nombre, même si ta fonction propre est ignorée. « Du coup, tu travailles ici tout les jours? Je sais pas si je dis ça parce que je t’ai jamais vue ou parce que j’ai jamais fais attention, c’est un peu embarrassant à avouer. » Tu pourrais presque te cacher derrière tes cheveux noirs lorsque tu avoues cela, une gêne courtoise rayonnant sur le haut de tes pommettes. « En tout les cas, ça doit pas être facile de travailler de nuit. Si je devais passer la nuit au poste, je deviendrais peut-être folle… » Mettant une mèche derrière ton oreille, tu hausses une épaule, perplexe face à ta propre déclaration, venant à nouveau hydrater ce gosier bavard.

HRP — Ouin, pardon pour l'attente. ;;

_________________

avatar

FT : Hanmi / Unbreakable Siblings
Âge : 24 ans
Fiche de liens : http://fiche_de_liens
Messages : 87
En ligne
D/3

Crunky my lovely, Crunky crunky, I'm so hungry


        Il y a une sérénité dans leur face à face sans attentes ni précépités.

Elle te regarde paisiblement ; son regard se perds parfois tandis que tes mots - des mots errants - s’étirent joyeusement dans l’espace entre vous deux. Une communication détente comme tu n’en avais plus eu (depuis quand ?). Tu ne sais pas pourquoi, mais quelque chose d’étrange fait que ce soir, pour la première fois depuis longtemps, tu te sent toi. C’est un équilibre inconstant ; et à cette pensée tu crains déjà de le voir repartir. Mais un simple coup d’œil, tandis que ses fines lèvres s’étirent en sourire suffit à repousser davantage la brume quotidienne dans laquelle tu as fait ton nid. Elle te réponds sans timidité et avec la même franchise qu’aux premières minutes de paroles échangées.

Bien sûr, on ne se métamorphose pas d’une seconde à l’autre — du moins, pas dans ce monde-là. Tu ne peux t’empêcher d’écarquiller un peu les yeux, parce que le sucre à tes yeux est si précieux. La fumée de cigarette joue parfois comme des stores entre tes cils et la vision du corps gracile. Dans un silence qui n’a rien de pesant, les bouffées de tabac te donnent une contenance inutile ; pour cette fois, tu ne te sens pas trop à coté des gens.

L’utilité. Ce mot révoque furtivement une pincée de ton bonheur présent. Parce qu’il convoque chez toi des souvenirs vaquants. Ceux d’une époque où tes ambitions coulaient dans d’autres fleuves que ceux qui ne mènent qu’à l’aigreur de l’oubli.
Mais si vite, elle rattrape ta main, d’une parole à laquelle, tu le sais, tu ne dois rien. C’est ainsi que semble être Kogo : comme les ressorts d’une machine lisant du papier à musique ; les mots s’échouent du bord de sa bouche jusqu’à tes oreilles sans jamais avoir été pris dans un gant. C’est ce naturel évident qui te fais l’apprécier depuis les minutes qui vous séparent de votre ignorance mutuelle ; de l’époque où vous ne vous connaissiez pas. Parce que vous en êtes déjà là : en un regard et quelques malheurs, vous vous êtes détournées d’un état qui ne pourra jamais plus jamais être retrouvé. L’anonymité, l’inconnu mutuel de vos deux visages, le premier regard qui vous restitue de l’autre l’impression que seule la découverte authentique d’autrui permet. Cette épiphanie si quotidienne que plus personne ne prends le temps de contempler ; vous l’avez vous aussi laissée fâner comme c’est son seul destin que celui de périr. « Rien ne sera plus jamais comme avant ». La phrase à de quoi faire sourire ; mais à la pensée que des choses se perdent pour toujours — même les plus infimes ou les plus logiques — Rinne ne peut s’empêcher de sentir comme un grondement au creux de son ventre.

« L’élitiste peut pas l’être sans les autres. »

Et dans un murmure Rinne sussure « une perpétuelle nécessité d’autrui… ». C’est une remarque pour elle-même que la rumeur de la ville a déjà engloutit. Elle se ressaisit ; son errance, à peine apparente en surface, ayant été pour elle de l’ordre du voyage intérieur. Kogo s’adresse directement à elle. Cette jeune fille à décidément un talent pour la faire rire. Elle ne peut s’empêcher d’embrasser un rictus amusé devant sa déroutante tendance à dire tout haut ce qui, généralement, est étouffé par le trop plein de bonne conscience des gens. Rinne s’apprête à lui répondre quand un tout autre type d’information franchit le seuil du néant. Son cerveau fait un aller-retour expéditif sous la forme d’une bouffée de chaleur. Mais la Omega n’en laisse rien paraître — parce qu’on l’a formée pour ça.

    « Les deux hypothèses sont très probables. Je ne bosse ici que deux nuits par semaines, aujourd’hui, et le vendredi. »

Nous sommes dimanche soir. Et de l’orage s’invite quand le soleil gronde. Rinne n’est cependant pas d’humeur à triturer plus violemment son cœur déjà branlant.

    « Tu es gardienne quelque part ?… Tu as parlé d’un poste. La nuit a ses avantages, selon son travail c’est parfois l’occasion d’être paisible. »

Elle esquisse un demi sourire tandis que son regard s’illumine. Que le destin s’encanaille ; ce soir la providence a des relents d’histoire ancienne.


avatar

FT : Satsuki Kiryuin — Kill la Kill
Âge : 25 ans.
Habitation : IKEBUKURO
Présentation : LOST IN TRANSLATION
Messages : 60
En ligne
D/4
Tu hausses la tête avec une certaine énergie lorsqu’elle vient compléter ta pensée, un sourire aux lèvres. Tu murmures entre tes lèvres un « c’est ça! » recouvert par le bruit de la pluie. Il y a quelque chose de plaisant à converser de tout et de rien ainsi, aussi tardivement. L’heure n’est pas aux grands débats, mais aux rencontres impromptues, à celles qui apporteront plus de bien que de mal dans le fond. Tu examines avec chirurgie ce qu’elle te dit. « Tu as deux boulots alors? T’es une travailleuse en fait. Ça se voit pas aux premiers abords, mais ça fait sens. » Pure ou l’honnêteté triomphante. Elle le dit avec entrain, comme si de rien n’était. Parce qu’au final de ce qu’il en ressort, c’est que les apparences sont trompeuses, c’est une admiration timide. Parce qu’elle sait qu’elle ne pourrait être de ces personnes qui courent à droite, à gauche, après différents domaines, lieux. Qui ne pourrait scinder son travail en deux. Peut-être par fainéantise, mais surtout par chance finalement.

Rinne questionne sur la vocation. Pure, elle est entraînée par le fil de la discussion, elle ne pèse pas ses mots. Alors elle déballe naturellement.

« C’est un peu ça. Je travaille pour les Shinsengumi. » Et tu ne te rends pas compte à ce moment-là, que c’est comme un point final scindant une phrase. Que ton sourire écorche malgré-lui, que tu coupes nettes aux illusions. Que si tu pouvais rembobiner les événements x ou y ayant ponctués tes choix, la caméra reviendrait probablement sur cet instant. Celui où, bercée par les confidences spontanées tu t’es laissée à trop en dire. Que tu as beau crié que la Citadine t’as tuée, il reste encore en toi les ruines d’une crédulité passée. Celle qui croit en tout, mais surtout aux personnes, à leurs apparences. Qu’à cause d’une cigarette partagée, de l’hémoglobine versée, le tout sous l’humidité, tu t’es permise de trop en dire.

Ce qui est probablement terrible c’est que tu souris. Parce que tu te dis que tu es face à une civile, que finalement si tu fais ça, malgré ton arrogance, c’est aussi pour eux. Que tu espères être une ombre rassurante et que tout ça, c’est plus fort que toi. « Si un jour tu as un soucis, tu sais qu’un flic fais ses courses ici. » Qu’elle rajoute, remuant sans le savoir le couteau dans la plaie. Ou bien, précisant, comme si le doute était permis. Et tu te rends pas compte toi, écervelée. Parce que cette figure t’es sympathique, que t’as envie de lui donner plus que de recevoir. Que c’est ta nature profonde.

Mais que surtout, parmi tes relations extérieures, c’est sûrement l’une des rares fois où tu peux dire à voix haute, presque fière à quoi tu appartiens. Que tu as l’impression que pour une fois, ça ne dérangera pas. Que, sans vouloir attirer une quelconque admiration, tu espères pouvoir dire ce que tu es, simplement. Parce que la flicaille, personne l’aime. Parce qu’on leur crache dessus. Et que Pure, elle fait de même en retour. Parce qu’elle a pas honte de ce qu’elle est.

_________________

avatar

FT : Hanmi / Unbreakable Siblings
Âge : 24 ans
Fiche de liens : http://fiche_de_liens
Messages : 87
En ligne
D/3

Crunky my lovely, Crunky crunky, I'm so hungry


        Parfois le destin s’amuse
        il verse sur tes joues
        des larmes de sang.

Il y a d’abord, encore, cette ambiance légère qui surplombe son être. Une réflexion de plus, qui lui arrache un petit rire ; mais qui indisciblement, creuse quelque chose. « T’es une travailleuse en fait. ». Rinne est éprise d’un sentiment de culpabilité inhabituel. Peut-être est-ce parce que ses mots lui réchauffe le cœur avant de le geler ? Que l’individu en face d’elle est un monstre d’honnêteté ? (et toi tu te perds dans tes mensonges). — Rinne veut oublier que la vie n’est pas un songe, et se blottir dans cette fausseté merveilleuse. Occulter que quelque chose sonne faux dans l’accord parfait de leur dialogue tranquil.

Mais au-delà de cet accord triomphant, qui bien que blessant continue de t’émouvoir d’une telle entiereté, se situe un ravin dans lequel tu glisses à pied joint. Shin-sen-gu-mi. Les kanjis se dessinent dans ta tête au fer rouge. Comme une plaie qui s’étends du dessous de la peau ; dévoile en lettre carmin une réalité ineffable. Tu demeure pourtant stoïque, dans ton rôle d’ingénue qui s’amuse. Ton sourire s’efface avec naturel ; sans aucune pointe suspicieuse de déception previsible. C’est un regard tendre que tu lui adresses — si tu connais quelque chose de la tendresse. Qu’est-ce qui me sauvera ? La complainte que tu adresses à ta tête est sans fin et si vaine. Tu finis par te dire que c’est peut-être le prix : ta peine. Contre ce moment tranquille au cœur d’un fatras.

Et l’ironie se répands de plus belle. Mais que sais-tu d’elle ? Tu es loin d’imaginer les espoirs qui l’animent quand elle abat, ignorante, la lame du couperet. Ce n’est pas ta tête qui tombe, mais bien un peu d’espoir. Un visage flotte, sombre, et appelle ta mémoire. « Tu ne peux pas fuir, nul part. Il n’y a rien pour toi, mon petit cafard. ». Quelques phrases qui résonnent comme la voie off de cette scène pourtant banale, sur laquelle personne ne se retournera dans la nuit Tokyoïte. « Si un jour tu as un soucis ». Rinne rougit imperceptiblement, ce qui lui arrache un haut le cœur qu’elle masque en entamant une nouvelle cigarette, le sourire aux lèvres. Un sourire qui pends comme ses sentiments au bout d’un couteau. Diantre ; que ces paroles sont belles. Elles ne sont peut-être qu’un mirage, mais pour elle, c’est un mirage affable : il lui témoigne un intérêt, presque de l’inquiétude.

    « Kogo. »

La sonorité de sa voix l’étonne elle-même. Rinne réalise ensuite que ce n’est pas tant son timbre, que le mot en lui-même. C’est si rare d’être familière. Et c’est la première fois que son prénom franchis ses propres lèvres.

    « Je dois t’avouer quelque chose… Maintenant que nous avons partagé une cigarette. »

Elle marque une pause dramatique, et projette son regard dans les prunelles de la belle. D’un coup sec, d’un regard franc, pénétrant. Elle la jauge. Ses poings font jouer une bille invisible entre leurs doigts. Sa cigarette se consume en l’absence de sa bouche ; et la cendre s’écrase par terre en projetant des paillettes. Couleur morne. Le monde vibre peut-être autour d’elle ; dans ce suspens étrange.

    « … En fait, mon second baito est un peu particulier. »

Et sa respiration se fait haletante, comme une hésitation suffocant l’oxygène. Un peu plus, et ses cils se montreraient vibratoires, à osciller sous le poids d’une vérité trop rude.

    « …Je suis un super-héro.
    Alors surtout, compte sur moi en cas de mission. »

Elle éclate de rire abruptement, en se tenant une côte — de la mauvaise main. Grimace en réalisant qu’elle a serré le poing le plus fragile, et que super héros ou pas, c’est quand même une fragile. Maintenant qu’elle y pense, sa réaction est puérile.

Tirer la couverture du déni,
se vêtir de mensonges, comme d’une parure céleste
recouvrir l’univers d’un manteau lourd de songe.


Contenu sponsorisé
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum