doubts ft. eli
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le crissement du cuir neuf a quelque chose de réconfortant, là, contre la paume de sa main. des gants de belle facture, un cadeau à sa propre personne, sans raison autre que l'envie d'en acheter. brun chocolat, accentués de coutures blanc cassé et faits mains, le prix était plus que justifié, sans parler de— un soupire s'échappe, le file de sa pensée est brisé, au même titre que sa patience. « Tu penses qu'il va se décider à arriver un jour? » elle n'a qu'un bref regard pour l'homme se tenant à sa gauche, le bleu dépareillé de ses prunelles retrouvant très vite son observation précédente.

et justement, le tintement reconnaissable de l'ascenseur enfin arrivé à destination se fait entendre, quelques instants plus tard. de quoi la soulager, bien qu'uniquement à demi. arielle n'aime pas ces boîtes de métal qui pourtant emmènent à bon porte des centaines de milliers de personnes jour après jour ; peut-être leur aspect confiné, peut-être l'impression d'être piégée. l'un comme l'autre, c'est un secret dissimulé derrière le masque impassible de son faciès, tout juste troublé d'un froncement de sourcils et fines rides associées.

alors elle soupire faiblement, un pas puis deux, et les portes finissent par se refermer sur eux deux — l'absence d'étrangers une maigre consolation. elle a ses habitudes, toujours : adossée au mur de droite, bras croisés sous sa poitrine et le regard rivé sur le deux battants métalliques. à croire qu'elle s'attend à un malheur. le genre de mauvaises habitudes difficiles à perdre. « Est-ce qu'on a bien fait? » le ton est un peu lointain, la question cependant claire quoi que probablement rhétorique, au fond. il est trop tard après tout pour revenir sur sa décision.
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doutes

elijah n'est pas bien réveillé, elijah râle. il grommelle en passant et repassant ses doigts à l'apparence étonnamment propre sur sa barbe naissante. les callosités au creux de ses pouces sont les seuls défauts apparents.
il lance un regard en biais à ariel qui se tient à son côté et a peine à afficher une mine réjouie alors qu'il vient de passer une horrible nuit, à suer, et tourner et re-tourner dans son lit.
depuis qu'ils sont ici, il dort relativement mal régulièrement. de vieux démons, des cauchemars prenants où il court haletants dans des forêts de mânes hurlantes.

ouais. sois pas pressée. l'ascenseur apparaît, les portes s'ouvrent, et il ne peut s'empêcher de la pousser un peu de l'épaule pour qu'elle finisse par se prendre l'encadrement. il sourit alors pour la première fois depuis qu'il est levé. ils se retrouvent alors seuls dans l'espace clos. des réminiscences l'assaillent un instant comme les effluves d'un parfum trop agressif. puis elles passent. il tourne à peine ses pupilles vers ariel, consciencieusement occupé à se ronger les ongles. puis soudain une question fend l'air étriqué de la boite dans laquelle ils sont enfermés.

ariel, s'il te plait.... il relève ses yeux et pose sur elle un regard doux et sévère à la fois. il est pas assez tard pour qu eje réussisse à formuler un argumentaire complet pour répondre à cette question.

il sourit, évidemment.
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un gamin soufflé avec beaucoup trop d'affection, l'esquisse à peine d'un rire gardé silencieux. c'est à ça que ressemble leur relation, plus familière que l'apparence d'Arielle le laisserait penser ; les formalités ont été oubliées il y a longtemps déjà, abandonnées au profit d'un confort bon enfant — mais pas moins dépourvu de certaines tensions.

« Il est déjà plus de dix heures. » c'est lancé d'un ton feignant les reproches, quoi que la vérité est bien moins sérieuse. « Mauvaise nuit? » là encore, c'est l'évidence qu'elle souligne d'une question n'en était pas vraiment une ; mais son regard parle pour elle, bien plus honnête et soucieux. et qu'il ne l'accuse pas d'essayer de le couver!

et malgré la légèreté toute relative, les pensées s'entassent et s'accumulent, ses épaules s'affaissent tandis que les étages défilent bien trop lentement à son goût. « T'as vraiment l'air d'avoir besoin d'un café. » l'ascenseur est étroit, suffisamment pour qu'un pas suffise et la voilà proche ; sa main saisit sa mâchoire, fermement et pourtant en douceur, pour qu'elle puisse l'observer. elle se permet les contacts avec lui, mais ils sont toujours brefs, donnent presque l'impression d'être le fruit de son imagination — le contact entre sa peau et le cuir déjà évanoui, rien de plus qu'un souvenir.

« On va devoir quand même en parler. Je suis sérieuse. » elle l'est surement toujours trop. et de retour sa position initiale, l'air de rien.
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doutes

j'ai besoin d'une cafetière complète à ce stade. eli passe sa main sur son visage et essuie comme il peut la fatigue de son esprit. la journée promettait d'être longue mais il fallait la mener à bien sans sourciller.
ariel parle, et il aime l'entendre, parce qu'elle a cet accent chaud qui fait rouler ses r et claquer sa langue contre son palais. mais il aime moins l'entendre lorsqu'elle remet en doute la mission qu'ils ont acceptés. une décision prise après une mûre réflexion - rien avoir avec une quelconque forme d'impulsion immature.
eli n'est pas de ces hommes qui reculent après avoir accepté de faire quelque chose. et quitte à se casser la gueule, il ira au bout de tout. on parle d'homme de parole, il se voit plutôt comme une sorte d'acharné - un âne. têtu.

sa patience est son plus grand atout. aussi patient qu'une araignée en bord de sa toile. ses jointures craquent quand il tend les bras devant lui. et il finit par appuyer sur le bouton de l'ascenseur, stoppant net la montée. il la fixe, les yeux dans les yeux, droit comme un I et sur son visage s'attarde la trace du contact de ses doigts.
on en a déjà parlé, ariel. plusieurs fois. pourquoi est-ce que tout à coup ça te préoccupe tant que ça ?

ni agressif, ni incisif, juste inquiet.
inquiet de savori ce qui pouvait pousser sa partenaire de toujours à remettre une nouvelle fois en question leur présence ici. ils n'avaient plus à prouver à personne l'efficacité de leur travail, de leur duo et pourtant... il lui semblait l'apercevoir bien plus souvent sur le fil que lui ne l'était.
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si lui n'est pas de ceux qui doutent, elle ne peut en affirmer de même. les certitudes ont souvent été source pour elle de désenchantement et regrets, et aujourd'hui Arielle n'et plus certaine d'avoir l'envie d'en essuyer d'autres.

du coin de l’œil, elle a suivit son geste sans pour autant l'avoir stoppé. elle n'est pas à l'aise pour autant, méprise silencieusement son inconscient l'ayant dissuadée d'agir. l'ascenseur s'immobilise, sa gorge se serre et son front se plisse. « On aurait pu faire ça dans le bureau. » discrètement, elle déglutit mais ne bouge pas, soutient son regard sans ciller. oh, elle a parfaitement conscience de son inquiétude, et peut-être qu'en d'autres circonstances, elle aurait flanché, mais pas aujourd'hui. si sa question est parfaitement valide, ses doutes le sont tout autant. « Parce que— » le souvenir des explosions lui donnent presque des sueurs froides, mais elle se contente de faire claquer sa langue contre son palais, se mord la lèvre et soupire. « C'est pas de nous que je doute. Ca pourrait tourner plus mal que prévu, et je doute qu'ils hésitent à sacrifier des étrangers à leur groupe pour ces conneries. » un froncement de sourcils vient accentuer les rides jusque là à peine esquissée de son front, alors que son talon frappe le sol, marquant un agacement plus vif qu'on pourrait le supposer — se surprenant elle-même.

alors elle soupire, encore, son regard s'accroche au sien à nouveau. « Même si j'ai accepté en connaissance de cause, je suis venue ici pour être loin de cette vie dangereuse et— » un léger rire file, le genre qui souligne l'impression de ridicule qui la prend à la gorge. et pourtant, elle ne peut être plus sincère. « —j'ai pas envie qu'il t'arrive quoi que ce soit non plus. » d'une main, elle frotte son minois, légèrement, avant de remettre une mèche folle derrière son oreille. et ce n'est pas de ses capacités qu'elle doute, oh non, il sait prendre soin de lui-même comme un grand. cela dit, elle ne peut s'empêcher de toujours penser au pire : il faut bien que quelqu’un le fasse dans leur duo.
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doutes


on aurait pu,
souffle-t-il entre ses lèvres amusé. sa moue est taquine, mais son ton ne l'est pas vraiment. il sent au fond de lui cette inquiétude grandissante qui se propage par les pores de sa peau. une inquiétude qui n'est pas la sienne et qu'il reçoit comme un empathe dans cet espace confiné, face à sa comparse de toujours. dire qu'il la connaît par cœur, ce serait à peine exagérer. il suit des yeux le ballet de ses lèvres qui laissent s'échapper mot après mot.
et eli pousse un long soupir.
un très long soupir.

l'homme écoute la femme avec attention et ses sourcils se froncent et se défroncent au fil de ses pensées. ce qu'elle dit a du sens - comme toujours. ariel, franchement, quoi qu'il se passe ici tu sais bien que je fais toujours attention.
il rit et passe une main sur son visage endormi. c'est une demie vérité, demi mensonge. il se sait être le moins précautionneux des deux lorsqu'il s'agit de mesurer les risques d'une situation mais ça ne l'empêche pas de savoir prendre soin de rester en vie.

je  trouve ça touchant que tu t'inquiète autant ceci dit. j'vais finir par croire que tu tiens vraiment à moi. il lui lance un dernier regard, une lueur de défi, un brin de malice. ça fait longtemps qu'il la regarde, longtemps.
Invité
le soupire ne la fait pas ciller, à peine réagir. trop habituée à ses réactions, à sa présence en périphérie de la sienne. et puis, elle a trop à en dire mais pas assez de mots à offrir, se contente de la sobriété de doutes à peines effleurés plutôt que trop s'y plonger — elle-même ignore où en est le fond et préfère ne pas s'y risquer.

de sa remarque, il lui tire un léger sourire en coin, mais elle se tait. elle se tait et le dévisage, scrute ses traits encore lourds de sommeil. son rire la fait soupirer à son tour, secoue la tête doucement, le geste désapprobateur mais pas moins amusé. « Fais un effort. » c'est soufflé du bout des lèvres, un murmure qui prétend être un reproche mais qui n'a rien de convaincant. bien sûr qu'elle tient à lui bien qu'elle taise cette vérité, et il le sait. tout comme il sait très bien qu'elle ne peut laisser filer sa défiance sans y répondre, d'une façon ou d'une autre.

ainsi ladite réponse se matérialise par la proximité réduite entre eux deux ; elle aussi sait jouer et connait son rôle la perfection à présent. à nouveau elle s'attarde à peine sur son visage, juste un toucher du doigt, un geste taquin qui souligne la présence d'une cicatrice. « Ce genre de prudence-là, hein? » et son rire se meurt dans sa gorge, elle se penche sur lui mais s'enfuit déjà, tapotant sa joue. « Je voudrais surtout pas que tu t'imagines une chose pareille, allons. » car ce n'est pas avec des mots que tout se dit entre eux, non : ce sont les gestes qui comptent. les regards qui se croisent et peine à se détacher, cette façon qu'elle a de battre des paupières avant de se détourner de lui ou encore cette lèvre légèrement mordue.

et cette fois, c'est avec une réticence à peine dissimulée qu'elle reprend sa place précédente.
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doutes


il y a peu de qualité aussi importante dans le métier de sniper que la patience. et cela prévaut aussi dans le métier de détective privé. tout autant que dans celui d'emmerdeur professionnel.
mais sa patience atteint des sommets lorsqu'il s'agit d'ariel. et, en soit, il est déplorable de penser qu'il puisse attendre encore longtemps avant de risquer quoi que ce soit avec elle. sur sa lèvres, elle laisse une trace, une impulsion électrique qui le fait frémir. il sent les poils de ses bras se redresser. bien sur il ne la quitte jamais des yeux, ses pupilles grises plantées accrochées à sa partenaire. il ne cille même plus. est-ce que tu te moques de moi arielle ?
il sourit et ça a l'effet de retrousser sa lèvre supérieur dans un rictus semblable à celui d'un grognement.

et à l'heure actuelle, il sait qu'il ne la touchera pas. parce qu'elle le rendrait bien trop fragile, qu'elle mettrait à mal toute cette épaisse couche d'égocentrisme qu'il a construite brique par brique.
j'imagine beaucoup de choses à ton sujet tu sais bien. lance-t-il comme une bravade. puis il croise ses bras sur sa poitrine.
tu sais, plus j'y pense, moins je trouve qu'on est dans une situation si terrible que ça. je veux dire... repense à l'afghanistan.
il hausse les épaules et serre ses mâchoires.
ces cons de japonais, c'est rien qu'une bande de gosses avec des pétards à côté.

on va s'en sortir dit son regard suivant. il le sait, il le sent. après tout, elle comme lui ne sont plus des enfants, ni des débutants. ils sont redoutables et bien plus encore.

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« Me moquer? De toi? Jamais je n'oserais, allons. » elle est presque convaincante, le ton outré quasiment vrai, si ça n'était pas pour ce sourire qu'elle n'était pas capable de totalement réprimer — ce n'est pas faute d'essayer pourtant. mais en compagnie d'Eli, ne pas sourire est un haut-fait dont elle ne peut se targuer, quelque chose qu'elle admettait humblement, la plupart du temps.

le retour de la distance entre eux semble appeler une étrange sensation de manque, le genre qui survient lorsque l'on regrette de ne pas avoir agit. un sentiment qu'elle s'empresse de taire, d'oublier. « Je suis pas certaine de vouloir savoir. » cependant, le ton revient très vite au sérieux, alors qu'il soulève un fait qu'elle ne peut nier. « Probablement oui. » elle semble avoir admis sa défaite, cette fois-ci du moins, ses mots s'effaçant dans un soupire fatigué.

son regard, elle soutient et sourire, la provocation précédent évanouie pour une sincérité pudique. un instant passe, avant qu'elle ne désigne les portes de l'ascenseur d'un mouvement de menton. « On peut y aller? A moins qu'on ait autre chose dont il faut discuter—? » à demi sérieusement surement, peut-être inconsciemment malhonnête — surtout avec elle-même. parce qu'il y a bien des choses dont ils devraient parler, à vrai dire. ils ne sont plus des enfants quand il s'agit d'être sur le terrain, c'est vrai. mais lorsqu'il s'agit d'être francs, rien n'en est moins sûr.
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doutes

il se passe une petite minute encore et elijah finit par remettre en route l'ascenseur, qui finira sa course quelques étages plus haut. non, il n'a pas vraiment envie de parler d'autre chose, ni de parler tout court.
depuis que ses pieds ont touché le sol ce matin, sa tête est embrumée comme un lendemain de cuite ; et à son incapacité habituelle à traiter les émotions s'ajoute une fatigue prépondérante qui l'empêche d'être complètement attentif.
il sourit quand même à ariel, passe sa main dans sa nuque et sur sa barbe naissante. un soupir plus tard... j'espère que le clebs nous en voudra pas d'être resté enfermé au bureau tout ce temps.


la boite en métal s'branle quand elle atteint l'étage dans un bip sonore. les portes s'ouvrent et il fait signe à sa comparse de passer en premier - galant, ou juste malin. il peut ainsi à loisir l'observer lorsqu'elle se tourne. mais à chaque fois qu'il se perd dans ces observations, il se souvient de cette promesse faite à lui-même il y a quelques années.
j'espère qu'on a encore du café au placard, j'en peux plus de tout ce thé partout, j'ai l'impression d'être chez ma mère.
Invité
« Il est bien dressé — contrairement à certains. » ça n'est rien de plus qu'une pique taquine, lancée sur un ton cependant placide, à peine un haussement de sourcils venant troubler son visage redevenu neutre. c'est là l'avantage de passer autant de temps avec la même personne : des habitudes prennent forme, les réactions deviennent suffisamment prévisible pour éviter les malentendus. pourtant, il y a certaines choses qu'Ariel se garde encore d'exprimer, des mots volontairement oubliés et pensées réprimées. pour le mieux, probablement.

ils sont arrivés, et c'est d'un faible sourire qu'elle le remercie, avant de quitter l’ascenseur. déjà, elle récupère les clefs, toujours rangées à la même place : son sac à main, comme le reste de son environnement, est impeccablement organisé. et c'est parfaitement aveugle aux intentions de son partenaire qu'elle finit par ouvrir la porte, le silence du bureau très vite troublé par un unique aboiement. « On en a. » parce qu'elle s'est chargée d'en racheter, parce qu'elle ne le connait que trop bien.

et la truffe humide de Nazar a tôt fait de lui oublier les complaintes d'Eli ; une fois les gants retirés et soigneusement rangés dans la poche de son manteau suspendu, Arielle se fait pardonner de quelques caresses affectueuses et compliments, l'hébreux sonnant si distant et trop peu utilisé dans son actuel quotidien. « Tu devrais peut-être faire une sieste. » c'est une suggestion qui sonne presque comme un ordre. puis, la journée ne s'annonce que peut mouvementée, autant en profiter.
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doutes

il sourit lorsqu'elle passe devant lui, pense à ses mots sur le dressage du chien - et ce sous-entendu que lui même n'est pas un chien très bien dressé. que dirait ma mère de tout ça pense-t-il, amusé. il lui emboîte le pas, non sans avoir instinctivement baissé les yeux. on ne se refait pas malgré les années. le chien est fidèle à son poste, récompensant son humaine par une joie incontrôlée. eli, lui, ne recevra que peu d'attention de la part de nazar. et pourtant, il peut se targuer de faire partie des rares êtres humains qui ne soient pas arielle à être accepté sans trop de mal par le molosse.
il ne peut s'empêcher pourtant d'asticoter le chien, tirant parfois sur ses oreilles ou mimant une gueule avec sa main pour l'inciter à jouer.
il ne parvient évidemment que très rarement à ses fins, et finit par soupirer.
c'est pas trop le moment de faire la sieste, j'vais plutôt me faire une intraveineuse de café. sa voix est rauque, il se racle la gorge.

traversant le bureau pour atteindre la cafetière, il s'étire une nouvelle fois, ses épaules craquent. l'odeur du breuvage emplit la pièce de chaleur. est-ce que le capitaine shiki devait pas nous recevoir je ne sais plus quand ?
il se tourne vers sa comparse, plante ses yeux gris sur elle tandis qu'il engloutit une première gorgée - trop chaude qui le fait grimacer.

Invité
« Pense à ton cœur. T'as plus vingt-cinq ans. » une réponse lancée d'un ton bien trop sérieux pour l'amusement qui se devine sur la courbure de ses lèvres pulpeuses. cependant, Arielle n'insiste pas, le laisse faire ce qu'il veut ; il fait toujours ce qu'il désire, Eli, elle n'oserait même pas s'imaginer tenter de l'en empêcher.

non, au lieu de cela elle préfère vaquer à ses propres occupations, trie le courier reçu du plus important au plus ennuyeux ; l'odeur du café lui tire un autre sourire, et elle se dit qu'une tasse ne lui ferait pas de mal non plus. « J'ai du le noter quelque part. » et accompagnant les mots d'un geste, elle pêche son agenda du sac à main posé sur le bureau, tourne quelques pages avant de finalement relever le nez, croisant son regard. « Dans deux jours. Ils n'ont pas vraiment l'air d'être pressés de se mettre au travail. » il y a peut-être une pointe de moquerie dans ces mots-là, mais elle est vite oublie alors qu'elle se lève et se rapproche de son partenaire, allumant la radio au passage ; il s'agit souvent du même poste, parfait pour les amateurs de jazz et de bon goût. et ça fait un fond musical parfait.

il y a un soupir à peine retenu qui s'échappe alors qu'elle se sert une tasse de café, noire comme à son habitude. « Tu penses qu'on va pouvoir changer quoi que ce soit? » la vérité, c'est qu'elle n'y croit plus trop, qu'elle est perdue et qu'il s'en rend probablement compte — le lui cacher ne servirait à rien de toute façon. et c'est sans rien dire de plus qu'elle s'installe à ses côtés, son épaule prenant appui contre la sienne le plus naturellement du monde. appréciant l'amertume de sa boisson chaude sans un mot.
Invité

doutes

le café lui a brûlé une partie de la langue, il a cette sensation désagréable de cartonné dans la bouche et finit par bailler en oubliant délibérément de mettre sa main devant sa bouche. une nouvelle gorgée, cette fois ci il ne se brûle pas, le café réchauffe agréablement son organisme. il a l'impression d'être déjà plus alerte, mieux éveillé.
les quelques brides de songes qui restaient s'évapore à mesure que le taux de caféine ingérée augmente.
eli se risque à tenter une approche. il gratte le chien entre les oreilles. évidemment nazar lui offre un regard plein de dédain avant de changer de place.

engloutissant une nouvelle gorgée de café, il se rapproche de quelques pas. je te jure ces japonais je les comprendrais jamais. il racle sa gorge, laisse échapper un petit rire moqueur.
il jette un coup d’œil à sa montre, soupire. le ton d'ariel est soudain différent, il prend une autre inflexion et pour quelqu'un qui ne la côtoierait pas autant que lui, ce détail passerait inaperçu.
on est payé pour résoudre un problème, pas pour changer les choses c'est trivial comme réponse, il hausse les épaules, pose sa tête sur la sienne quelques secondes. ne t'inquiètes pas autant. tu sais que quoi qu'il se passe, quoi que les choses prennent comme tournure, on n'ira jamais au devant de risque trop grand pour nous.
il lève sa tête te la regarde. si on sent que ça part trop en couille, on arrête les frais.

Invité
« Je savais que tu dirais ça. » un soupire file. loin d'être désappointé, il ne manifeste rien d'autre qu'un semblant de résignation face à l'évidence à présent soulignée. oh, Arielle le sait, il a raison et c'est pourquoi elle ne tente pas d'argumenter, en déprit de ses propres hésitations, des doutes qui s'accumulent et ne cessent de croître à mesure que le temps passe, que les dangers s'accumulent.

mais Eli est d'une efficacité sans pareil quand il s'agit de la rassurer ; il suffit d'un contact et de quelques mots bien choisis pour qu'elle se détende, même si ce n'est rien qu'un peu. « J'espère. » ses yeux relevés vers lui, elle scrute son regard avec attention, longuement. un autre tic nerveux s'éveille, la détective mord un peu trop sa lèvre. le calme n'est que relatif, trop court à son goût et déjà elle sent les hésitations la saisir à la gorge à nouveau. pourtant, cette fois elle s'efforce de les taire, se détourne de lui et reporte son attention sur sa tasse fumante. une gorgée, puis une autre. elle fredonne l'air qui s'échappe de la radio, fond sonore à peine audible qui pourtant l'apaise — et réveille quelques vieux souvenirs.

« Tu t'en rappelles—? » d'un mouvement de la tête, elle désigne ladite radio ; le morceau actuel avait déjà été l'arrière-plan d'une de leur conversation, il y a ce qui lui semblait à présent un siècle. mais peut-être est-elle la seule à s'en rappeler, une remarque perdue dans les méandres d'un passé devenu flou.
Invité

doutes

il pousse un petit soupir, mi-amusé, mi-agacé de s'entendre dire qu'il est prévisible. mais après tout, elle le connait depuis longtemps, et si il peut bien lui offrir un privilège, c'est celui de le connaître par cœur. il se redresse un peu et tend ses bas devant lui, fait craquer ses pouces.
la musique à la radio, il la reconnaît tout de suite, elle s'inscrit dans ses souvenirs aussi simplement que l'odeur du thé chez sa mère ou le bruit des bombardements il y a quelques années.
non, je m'en rappelle pas. dit-il en haussant les épaules. visage impassible, il ferme ses yeux, en rouvre un, observe le visage d'arielle avant de finalement se détacher de leur appui.
il se présente devant elle et lui temps la main.
m'accorderiez vous cette danse madame ?

bien sur, il fait le pitre, bien sur, il a menti. sa mémoire est un de ses plus grands atouts - et un de ses plus grands fardeaux. il se souvient de beaucoup, beaucoup de choses, avec une précision presque chirurgicale. son esprit a été entraîné à retenir des détails que les personnes lambda ne retiendraient pas. et de tout ce qui se rappelle à lui, les souvenirs qu'il partage avec ariel sont les plus clairs.

Invité
si elle ferme les yeux, elle sait que les souvenirs seront toujours là comme si tout cela s'était produit hier ; l'ambiance feutrée de ce restaurant, les draperies bordeaux et la lueur des chandelles. sauf que le cadre actuel est celui d'un bureau tout ce qu'il y a de plus typique, rien qui appelle au romantisme ou toute autre émotion que ni lui ni elle ne peuvent se permettre — pas plus aujourd'hui qu'il y a une décennie de cela.

sa réaction face à la réponse d'Eli n'est pas la déception qu'on pourrait raisonnablement prévoir, non ; ce n'est rien d'autre qu'un léger sourire qui se dessine sur ses lèvres maquillées, accompagné d'un semblant de rire étouffé. « Dommage. » mais cela fait partie du jeu, celui-là aux règles tacitement définies et qu'aucun des deux partis n'osent mentionner, de peur d'y perdre — c'est la première règle après tout.

et c'est un ravissement impossible à rater qui tout à coup brille dans son regard lorsqu'il se présente à elle ; nullement surprise mais pas moins amusée, sa main vient se glisser dans la sienne. « Avec plaisir. » c'est sans hésitation qu'elle se rapproche de lui, la distance étouffée avec une aisance qu'elle ne veut admettre. le bout de ses doigts effleure son épaule avant que sa paume n'y prenne place, son autre main l'imitant sans attendre. à cet instant, Arielle ne sait que dire, gardant pudiquement le silence ; son regard pourtant la trahi, accroché à celui d'Eli sans pouvoir s'en défaire. il y a tant de choses qu'elle pourrait lui dire, si seulement la retenue n'était pas de son côté. non, trop professionnelle, elle garde son émoi secret, ses sentiments tumultueux une fois de plus muselés.

ainsi bercés par la musique, tout semble devenir flou autour d'eux, comme si le bureau s'effaçait pour laisser place au restaurant de leurs souvenirs.
Invité

doutes

il se pâme comme un paon, redresse son buste, exagère. yeux dans les yeux, effectuant avec une aisance toute relative quelques pas de danse. loin d'être gracieux, il se contente juste de ne surtout pas écraser les pieds de sa partenaire. la musique flotte en arrière-plan, mais il ne l'entend déjà plus si distinctement. en son for(t) intérieur, les vague à l'âme l'assiègent sans relâche. il se tait pourtant, bien conscient du fait que dire quoi que ce soit romprait le charme.
et puis quand bien même, que pourrait-il lui dire qui rendrait ses sentiments plus légitimes aujourd'hui qu'ils ne l'étaient hier ? que pourrait-il lui souffler qui ferait alors que leur mission passerait au second plan ?

incapable de verbaliser, soldat entraîné, il préfère choisir le devoir avant le reste. et la musique finit par s'arrêter, l'aparté avec elle.
il reste encore quelques secondes là, souriant, les lèvres pincées, à regarder arielle avec une tendresse qu'il ne cherche même plus à dissimuler. puis ils se séparent et eli s'incline. ne suis-je pas un parfait gentleman madame ? puis il se redresse et lui fait un clin d’œil. la tasse de café récupérée d'un geste du bras, il retourne se servir, et, de dos, contient son trouble comme il le peut.
bon, et si on se mettait au boulot à un moment donné ?  lance-t-il en se retournant.

Invité
ils dansent et elle a l'impression d'être de retour dans ce restaurant, ce soir-là. ses sentiments sont un tumulte assourdissant, là, au creux de sa poitrine, et Ariel n'est pas certaine d'être capable de les taire encore bien longtemps. elle essaie cependant, sourit mais pas trop, son regard accroché au sien afin de ne pas laisser son esprit divaguer.

lui comme elle ne disent rien finalement. la danse prend fin mais pas la tension qui toujours demeure entre eux. elle le dévisage, se mord la lèvre et fond intérieurement. sauf qu'elle ne le retient pas et rit silencieusement à sa boutade. « Ca n'a jamais été mis en doute, allons. » son sourire est doux, mais il y a quelque chose qui la chagrine et c'est presque palpable malgré tout le soin qu'elle met à le dissimuler. ainsi, son regard reste accroché à sa silhouette, détail son dos tandis qu'il retourne à son café, comme si rien de toute ça ne s'était pas produit.

il a fait presque sursauter, et elle ne trouve rien de mieux à faire que retourner à son bureau, faisant mine de s'intéresser aux dossiers s'y trouvant. « On devrait, oui. » et elle prend place, retrouvant son allure parfaitement professionnelle — ayant même oublié son thé. pourtant, quelque chose encore la tracasse, ça creuse des rides entre ses sourcils. ça la tiraille et Arielle refuse de flancher — c'est un soldat parfaitement entraîné. mais tout n'est pas si simple, si net et précis. et quelque part, elle veut oser quelque chose de nouveau. « Dis. T'es occupé, ce soir? Ca fait un moment qu'on a plus pris le temps pour sortir manger. » c'est innocent, ça ne veut rien dire. juste deux vieux amis.
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