[Flash-back 17 ans en arrière] Kizuna (Junichi Kagure)
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Assit à l’étage à côté de la rambarde d'escalier, tu attendais qu’on t'appelle. La maîtresse de maison avait été claire avec toi, te demandant t’attendre à l’étage. Le temps qu’ils parlent à l’individu en bas, leur discussion n’atteint pas tes oreilles.
Nous nous fatiguons de choses qui se passent mal,
Que nous soyons enfant ou adulte.
La seule chose qui reste le même jour après jour
Est les émotions qui en découlent.
Tes pensées étaient en bouillie à force de penser.
Tu n’avais aucun détail sur lui.

Les enfants du domicile jouant dans la chambre à côté la porte ouverte, ton regard se pose sur eux ne trouvant rien d’intéressant. Ils s’arrêtent remarquant ton attention, l’ainé d’un an plus que toi se lève pour fermer la porte.

Les iris sombres se posent sur le miroir en face après la rupture visuelle, tes yeux étaient cernés, depuis des jours, tu ne trouvais pas le sommeil à cause de cette nouvelle perturbante.

Cette nouvelle avait retracé avec force tes blessures et cicatrices.

À la nouvelle, tu avais simplement regardé les annonciateurs avant de retourner dans ta chambre, sans la moindre émotion et mots. À la nuit, tes pleurs et sanglot avaient détruit le silence, Joie tristesse et stress avait été versé jusqu’à l’aube recroquevillé sur toi-même. Ton cœur te faisait mal, mais tu éprouvais du plaisir.

Tu étais stressé, désorienté et heureux à la fois que quelqu’un veut de toi.
Cette nouvelle était un peu comme un rayon de lumière qui transperce ton cocon de désolation
Parmi les innombrables voies et possibilités, il avait choisi la tienne
Tu n’avais jamais prié à vive voix tes désirs muets.
Tu continuais de chercher par toi-même et tu te blessais
Qu’avais-tu fait pour mériter ça ?

Ta main d’enfant se pose sur ton bandeau frontal, quand tu es désemparé ta main migre automatiquement sur la cicatrice, cherchant un réconfort de ce qu’il restait de ta mère.
Tu pensais être seul au monde depuis sa mort
Les livres ont tous la même définition
Liens de sang.
Il est ton nouveau parent par encre
Ton tuteur légal.
Cette chose appelait « Père »
Tu ignorais comment lui faire face.

Les mains enlacent plus fortement les genoux cachant un visage. Tu réfléchissais depuis des jours quoi faire une fois face à ton tuteur. Les livres ne donnaient pas de réponse à ton problème. C’était une nouvelle expérience pour toi. N’importe quel enfant se poserait comme question : comment est-il ? À quoi ressemble-t-il ? Va-t-il m’aimer ? Est-il gentil ? Va-t-on bien s'entendre ? Mais toi ce n’étaient pas les questions que tu te posais, les tiens étaient différents : serais-je à la hauteur de ses attentes ? Quoi faire seul à seul ? De quoi parlé ? Ai-je vraiment le droit ? Va-t-il me trouver indifférant comme les autres ?

Tu ne savais pas comment donner le meilleur de toi-même cette fois sans te briser une nouvelle fois.

Tu avais peur de l’abandon malgré ton accoutumance avec cette dernière, tu voulais quelqu’un près de toi. Tu te sentais mal que l’humanité de tonne un père alors que tu avais été ingrat avec ta mère et que d’autres, on avait plus besoin que toi. Tu n’avais rien fait pour mériter un père.

Tu avais peur de le décevoir, de ne pas être à la hauteur, comme avec les précédents. Tu étais perdue avec toi-même.
Tu acceptais la peine qu’apportent les erreurs
Comme les mensonges qui obscurcirent la vérité.
La déception qui affecte l’âme
Tu avais peur de faillir à ses attentes non entendues.


Tu avais réfléchi durant des jours, la seule chose que tu avais trouvé été de le remercier avant tout, d’avoir voulu de toi et pas d’un autre, mais après quoi faire ? Tu n’avais jamais croisé cette situation ?

-Kokoro descend! Cria la maîtresse de maison.

L’enfant se lève doucement regardant son reflet une dernière fois, le visage indifférant le regard terme lié au cadeau d’il y a trois ans. Tu commences à descendre les marches la tête base oublient le présent fait main à côté de la rambarde d'escalier. Arrivé à la moitié, tu daignais enfin à lever la tête sous le regard jeté par la femme, elle t’avait demandé de te tenir correctement comme n’importe quel enfant.

Ton regard n’avait pas croisé le sien, mais celui de l’homme. Le temps se ficha un instant pour toi, subjugué par l’individu.

Tu loupes une marche avant de dégringoler les restantes pour finir vautré au sol face à eux.
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ft. haruka


Ta vie, c'est de la merde, à qui la faute ? T'es figurant dans l'film de la vie d'un autre.

Il y a dix ans, tu t’es pris un sacré coup dans les dents.
T’as pas sourcillé, parce qu’il était question de fierté, qu’au point où t’en étais, te voir abandonner aurais été synonyme de lâcheté. Tu prends des décisions injustes à longueur de temps, si certains décident de la mort des autres, toi, tu es l’écrivain de leurs derniers instants. Tu es celui qui met le point final à des histoires grotesques et infernales.

La prison avais été un long moment de solitude et si le monde ne s’était pas arrêté de tourner pendant ton incarcération, tu le regrettais à l’époque parfois amèrement. Tu étais rentré là-bas en tant que père de famille et tu en ressortais veuf et esseulé par ta propre chaire, qui n’avait pas eu tort de s’abstraire à toi. Il était clair que tu n’étais pas un candidat idéal, mais par le billet de connaissances, par ton argent et tes œillades, tu avais finalement pu concrétiser ta nouvelle idée, cette drôle de folie.
Adopter.

Toi qui n’avais pas su t’occuper du premier essai, tu rééditais la chose. À croire que tu voulais prouver que t’en étais capable, que tu finirais pas seul comme un con. Fin de ta cinquantaine, tu t’approchais du centre d’accueil, cheveux à peine grisonnant et mine étirée. À te voir, l’on se disait que tes traits parlaient pour toi, que les rides criaient, quelle vie! Tu t’es abstenu de fumer sur le chemin, d’arriver dans un relent de tabac froid lorsqu’avec toi entrerait un courant d’air. Tu as salué, sourie poliment aux femmes t’entourant.

Parce qu’aujourd’hui tu venais rencontrer cet enfant, celui dont tu avais entendu qu’on n’en ferait jamais rien et sur lequel par conséquent tu avais jeté ton dévolu. L’on t’accueille presque en grande pompe, il est clair que l’enveloppe supplémentaire a su aider à acheter l’amabilité. On l’appelle pour toi, tu entends un pas calme dans l’escalier tandis qu’une troupe d’autres tapent avec excitation le parquet à l’étage. Lorsqu’un est appelé, les autres semblent toujours le regarder et se demander s’il va partir.

Il arrive, descend puis dégringole finalement la suite des escaliers. L’on se précipite sur lui tandis que tu déboutonnes ton manteau calmement, attendant que l’orage passe. Il n’y a ni cri, ni larmes, l’apathie de l’enfant pourrait être glaçante.

« Quel drôle d’énergumène. » Tu souris pourtant, clairement amusé. Tu tires doucement sur le tissus de ton pantalon avant de t’accroupir. « Il est étrangement calme. Et solide. » Tu plaisantes, passant sous silence l’incident comme si ce n’était rien. Si c’est la première fois qu’il te voit, c’en est pour toi une énième. À croire qu’à chaque fois que tu étais passé remplir des papiers, tu avais pu l’apercevoir se ramasser et continuer, comme si de rien n’était.

« Haruka? Bonjour, je suis Junichi. Les choses sont un peu compliquées, mais tu pourras bientôt me considérer comme ton tuteur. »

HRP — ♥︎


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Tu t’écrases au sol, ce n’était pas nouveau les chutes des escaliers, les femmes se précipitent inquiétées de te voir inerte, ni cri, ni pleur. Tu n’avais pas cherché spécialement à attirer l’attention, tu détestais ça, déranger les autres pour rien.

- Pardon, je vais bien. Tu marmonnes au sol d’une tremblante, attendant que le choc de la chute se calme.


On t’avait demandé d’être normal
D’être moins maladroit
De te contrôler
De faire des choses qu’on ne t’avait pas apprises.


-Quel drôle d’énergumène. Souris l’homme amusé avant de tirer doucement sur le tissu de son pantalon pour s’accroupir. Il est étrangement calme et solide.

L’enfant se relève doucement à cause du choc traversant encore son corps, il dépoussière ses vêtements avant de regarder son interlocuteur à sa hauteur. Tu avais voulu faire bonne impression à ton tuteur, mais tu avais fait mieux selon toi. Un enfant n’aurait pas aimé sa réaction déplacée, mais toi, tu étais contant, tu l’avais fait rire, tu l’avais fait sourire. C’était déjà un bon début selon toi.

-Haruka ? Bonjour, je suis Junichi. Les choses sont un peu compliquées, mais tu pourras bientôt me considérer comme ton tuteur.

Ton cerveau réfléchi à toute allure, quelque chose à dire. Quelque chose à dire… Le remercier.


-Enchanté monsieur Junichi. Tu te penches un peux en avant par politesse avant de poursuivre de ta voix dépourvue d’émotion semblable à celle d’un robot. Je vous remercie de m’avoir choisi parmi tant d’autres, veuillez accepter ceci en guise de ma gratitude. Tu tends ton poing vide, l’ouvres, le refermes, le ré-ouvre et le referme encore devant son visage. Tu regardes ta main vide. Je l’ai perdu. Fini-tu par lâcher le plus normalement du monde.


Tu avais oublié ton présent
À l’image de ta gratitude.
Fait de reconnaissance.
Plier de remerciement.


Tu leur donnes le dos pour faire chemin inverse remontant les escaliers à grand enjambé, ne te rendant pas compte de ton impolitesse sur le coup.

- Kokoro re décent ! Cria la patronne.

Tu t’étales une nouvelle fois avant de poursuive ton chemin rapidement arrivé en haut, près de la rambarde, tu retrouves ton présent. Une fleur en papier malheureusement piétinée et salie durant ton absence, tu la saisis et redescends sans te casser la gueule cette fois.

Tu lui tends l'origami floral sali et piétiné sans un mot.


La forme n’était pas faite au hasard.
Une vraie aurait été plus logique
À porté de main dans le jardin.
Tu avais, préféré, modeler tes sentiments
Sous l’apparence d’une fleur qui ne fane pas
Une fleur qui ne meurt pas comme ta reconnaissance
Qui t’habite actuellement.


-Voyant c’est quoi, ces manières. Une des dames t’arrache la fleur des mains. Avant de se tourner vers l’homme lui offrent un sourire . Veuillez l’excuser, il est un peu… Spéciale.

Son regard se reporte sur toi, elle attendait des excuses qui ne viennent pas. Tu n’avais rien fait de mal, t’excuser signifier que tu regrettes ton geste, cela était hors de question. Il n’y avait rien de mal à exprimer sa gratitude, alors tu baisses juste la tête face à cette injustice pour qu’elle ne prenne pas plus d’ampleur.

Ne voulant plus se donner en spectacle, la patronne invite le tueur à la suite dans la pièce d’accoté. Pour qu’il puise s’installer et passer du temps avec l’enfant.


L'origami floral (avant les sauvages):
 
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ft. haruka


Ta vie, c'est de la merde, à qui la faute ? T'es figurant dans l'film de la vie d'un autre.

Fracas, trépas, et soudainement un grand calme. C’est ce que le gamin t’inspirais, beaucoup d’inconstance, une irrégularité parfaite. La définition même du chaos en soit. Beaucoup de vagues dans un si petit corps, beaucoup de vie dans un regard aussi perdu. Il te remercie de manière très formelle et la rigidité des mots te procures une sensation de complot. Alors ton regard coule jusqu’aux deux femmes, l’une représentant l’ordre du lieu et l’autre l’éducation, ton sourire est forcé mais tes yeux en disent long. Tu sais bien qu’un enfant sortirait pas pareilles palabres au vocabulaire stérile. Ce n’est pas de la déception, c’est un mélange de négation qui tricotent tes traits dans cette abstraction.

Laissez les enfants être des enfants, sont les mots qui défilent dans ton esprit. Laissez-les se salir, être impolie, se tenir le dos courbé et avoir des mots hésitants sur leur palais, parmi leurs dents de laits. « Tu n’as pas à me remercier. C’est pas moi qui te fais une fleur, c’est toi qui m’en fais une. » Conscient que tes mots sont abstraits pour l’enfant, tu n’en dis pas plus. T’es pas débonnaire, tu t’es pas levé avec de grands airs, prêt à faire la vie heureuse d’un bambin. T’es venu ici en égoïste, en capitaliste de la solitude. Parce que toi Jun, parier sur des vies ne t’as jamais empêché de dormir la nuit.

Mais aussitôt il repart, petite tornade amorphe, prisonnière de son monde aux quatre murs bien distincts. Tu lèves ta main en direction des deux femmes, tu n’as pas besoin qu’elles jouent les outrées pour pouvoir te rassurer. Et si pour le moment tu te contentes de te contenir poliment, à la limite du cordial, tu sais bien qu’en privé, tu feras l’amoral, celui qui leur fera la moral. Tu attends aux pieds des escaliers, dorénavant relevé, coude appuyé sur la rambarde.

Et lorsqu’il redescend parmi vous, le commentaire de l’une d’elle te pique au vif. Tu hausses un sourcil, ta main repliée contre tes lèvres pincées. Tu retournes ton poignet pour regarder ta montre avant de tirer sur ta manche pour la couvrir à nouveau. « Haruka. » Tu les toises toujours mais ton regard coule en sa direction et un sourire s’affiche. « J’aimerais discuter avec elles un instant. Tu pourrais remonter jouer avec les autres? » Tu hoches la tête, comme pour appuyer tes mots. Tu n’es pas celui qui donne les ordres ici, mais tu préférerais que ses oreilles soient éloignées des mots que tu vas prononcer, des maux que tu vas inoculer. Ta face vipérine se détend à mesure que les pas s’éloignent dans l’escalier.

Des aboutissants de la discussion qu’il y a eut en privé, rien n’en ressortira de la pièce aux portes fermées. Si l’on pu entendre ta voix s’élevée, aucun mots ne vinrent trahir ni s’échapper de l’acoustique. Spécial, était le mot qui avait retenu ton attention avec fébrilité. Tu ne pouvais pas plaider en faveur de leurs ridicules manières, de leurs mots durs. Alors tu t’étais servi de ce ton naturel si particulier, celui qui traduit ton dégoût, ta colère, qui est là pour parsemer la misère. Car tu n’avais aucun respect pour leur manière de faire. Une fois les portes ouvertes, la tension ne redescendit pas.

Tu posas ta main sur la rampe de l’escalier. « Haruka? Tu peux descendre. » La fleur en origami était accrochée à ta boutonnière, froissée. Tu attendis que la petite silhouette revienne parmi vous et tu l’alertas lorsqu’elle fût au milieu des escaliers. « Prend ton temps, regarde pas tes pieds. Lève la tête un peu. » Tu le guides, une chute était déjà suffisante pour la journée. Une fois à tes côtés, tu poses ta main sur son dos, pointant du doigt la porte menant au menu jardin. « On va aller faire un tour dehors ensemble. »

Tu laisses les deux femmes derrière vous, tu clos la porte derrière toi, profitant de l’air frais pour souffler. Tu t’éloignes, prend le temps de t’aérer l’esprit de l’agitation précédente pour finalement te concentrer sur l’enfant. « Merci pour la fleur. » Tu allumes une cigarette et bien que tu saches que c’est interdit, tu ne te stoppes pas de tes pulsions. « Qu’est-ce que t’en penses d’ici? Je veux dire, t’aimes bien vivre ici, avec les autres enfants? »

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- Haruka.

La peur t’attrape de l’intérieur, la culpabilité commencée à naître sans rien laisser paraître de l’extérieur, tu avais encore foiré fait un truc de travers selon toi alors que ça avait bien commencé. Tu pensais l’avoir énervé ou agacé, doucement ta tête arrête de fixer le sol et le regarde avec indifférence.

- J’aimerais discuter avec elles un instant. Tu pourrais remonter jouer avec les autres ? Dit-il en hochant la tête, comme pour appuyer ses mots avec le même sourire.

Tu acquiesces sans un mot te tournant en direction de l’escalier, la tête haute pour montrer que tout aller bien alors que non. Tu montes doucement les marches une à une en te posant la question : « A-t-il changé d’avis sur l’adoption ? »

Tout le monde né avec un talon ou un don
Les gens pensent que ton intelligence est ton don
Alors qu’à l’origine, tu ne l’avais pas.
De basse, tu n’étais qu’un enfant comme tant d'autres.
Faire de ton mieux était la seule chose que tu savais faire
Ton don se résumer à ça : faire de ton mieux est redoublé d’efforts après chaque échec.


Arrivé à l’étage, tu cherches des enfants avec qui joué, comme Junichi t’avait demandé de jouer avec les autres. La porte de la chambre de tout à l’heure était de nouveau ouverte, tu t’approches pour tenter ta chance.

-Je peux jouer avec vous ? Demandes-tu de ta voix neutre.

La seule réponse des enfants était un claquement de porte, oui, ils venaient de te claquer la porte au nez. Indifféremment, tu reprends ta place près de la rambarde d’escalier, ramenant tes genoux à toi regardant ton reflet dans la glace méditant ce qu’il t'a dit : « Tu n’as pas à me remercier. C’est pas moi qui te fais une fleur, c’est toi qui m’en fais une. »

Tu tournais la phrase en boucle dans ta tête ne comprenant pas le fond et le sens des mots. Elle était bien trop abstraite pour un enfant de ton âge, pourtant, tu te torturais l’esprit à la comprendre. Est-elle une critique ou un compliment ? Étais-ce un remerciement ou un reproche ? Avait-elle un rapport avec l’origami floral ? Ton esprit continue de chercher les possibilités dans l’immobilité et le silence alors que la discussion continuée en bas entre adultes.

- Haruka ? Tu peux descendre.

Ton esprit se reconnecte à la réalité, doucement, tu te lèves et commences à descendre la tête basse et la boule au ventre, tu avais peur de ce qu’il allait se passer d’entendre une mauvaise nouvelle.

- Prend ton temps, regarde pas tes pieds. Lève la tête un peu. T’interpella-t-il au milieu des escaliers.

Tu lui obéis et relèves un peu la tête, uniquement ton regard se rebaissa de nouveau au sol après avoir vu l’origami accroché à sa boutonnière. Tu étais coupé entre joie et crainte, tu espérais qu’il ne ce forcé pas à la portée.

La descente se fit sans chute cette fois suivant ses instructions, arrivé à son niveau l’homme posa sa main sur ton dos « attakai mono » était ta seule pensée. C’était quand ton dernier contacte chaleureux, doucement humain ?

-On va aller faire un tour dehors ensemble.

Tu hoches la tête sans dire un mot et avance vers la porte, une fois à l’extérieur, tu le suis comme un caneton le fixant avec indifférence.

- Merci pour la fleur.Il allume une cigarette avant de continuer. Qu’est-ce que t’en penses d’ici ? Je veux dire, t’aimes bien vivre ici, avec les autres enfants ?

-Honnêtement, je ne sais pas, malgré que les femmes soient sévères, à bout de nerfs, strictes et blessantes par moments, elles s’occupent de moi alors qu’il y a plus d’enfants que moi dans le besoin, je ne veux pas être ingrat avec eux, c’est la seule maison d’accueil qui a voulu de moi, alors je ne peux pas dire que je n’aime pas cet endroit. Mais dire que j’aime cet endroit serait mentir.Répons-tu de ta voix neutre dépourvut d’émotions.

Ce lieu n’était pas différent d’une cage
Tel un oiseau dans une cage trop petite
Il n’a nul choix que de replier ses ailes
Tu t’adaptais sans plainte.


-Pour les enfants d’ici, je ne les déteste pas et je ne les aime pas aussi comment dire. Reprends-tu de la même voix, ta tête basse. Je ne dirais pas qui sont méchants ou gentils, c’est juste qu’ils n'ont pas eux la vie facile. Les mères apprennent certaines choses à leurs enfants et les pères leur en apprennent d’autres, certains non pas eu la chance d’en avoir, d'autres non pas eu la chance d’avoir l’un des deux. Alors je ne peux pas leurs en vouloir même si j’en ai envie pour leur comportement.

Et toi Kokoro ? Avais-tu l’un des deux ? Avais-tu eu vraiment une mère ? Elle qui était là sans l’être. Selon toi, c’est plus difficile pour un enfant d’avoir un parent qui est là sans l’être que de ne pas l’avoir. Mais tu ne le diras pas par respect pour ta mère, pour les minces efforts qu'elle a faits pour toi.

Une part de toi avait grandi, mais une autre restée un enfant.

Pour comprendre ce monde.
Tu marches sur un fils coupant le monde en deux.
Un fil qui permet de voir et d’avoir deux avis différents
Un fil appelé neutralité.

Ton cœur monochrome était au milieu.
Tu es déchiré entre les deux.


Tu hésites une fraction de seconde à lui dire la vérité pour la fleur, mais tu avais envie de faire des efforts alors tu te jettes tête la première laissant tes mots sortir du mieux que tu peux.

-Pour tout à l’heure, je suis désolé, si j’ai fait quelque chose qui aurait pu vous vexer monsieur Junichi...Je suis maladroit, pas très bavard d’habitude… C’est pourquoi je ferais de mon mieux pour que ça n’arrive plus alors…Pardonnez- moi. Continu-tu de ta voix de robot. Pour la fleur, c’est juste pour exprimer ma gratitude alors vous n’avez pas à me remercier… La vérité… Les mots me manquent pour m’exprimer alors je les remplace par des gestes.

Tu sais que les mots ne sont pas suffisants et ne le serrant jamais.

Tu as toujours eu du mal à trouver les mots pour t’exprimer.
Ne disant qu’une partie des choses.
Tu n’avais que ta franchise pour te faire comprendre ;
Tu ne savais pas t’exprimer autrement.


ಥ_ಥ ❤️
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