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Karma | Aquamarine


Le matin s'était levé en déployant ses voiles roses et glacés sur le ciel pâle, et Aquamarine en levant les yeux avait compris que la journée serait froide.
Cela contrariait ses plans, car il avait prévu de battre le pavé, la tête pleine d'idées saugrenues qu'il espérait relâcher dans la nature par ses pérégrinations. Il ne savait que faire de toutes ces idées ; aujourd'hui elles le dérangeaient sincèrement. Il ne pouvait les consigner sur du papier ou prendre le temps de les exprimer à voix haute : il n'en avait ni les moyens ni la patience.
Aujourd'hui il ne travaillerait pas, avait-il décidé. Chaque jour il se pressait parmi la foule des ouvriers et des employés qui espéraient une  embauche à la journée ; comme eux il s'entendait avec quelque mafieux avec qui le courant passait bien ; et comme eux il gagnait toujours plus qu'il ne déclarait.
Aquamarine n'aimait guère l'idée de se fondre dans la foule ; malgré son calme, une partie de son âme désirait toujours briller devant les foules. Jusqu'à voir ses sourires se refléter dans les yeux des autres.
La matinée s'attardait sur Tokyo ; pourtant déjà la faim le tiraillait. Les finances d'Aquamarine ne lui permettaient guère de fantasy ; il devrait se contenter de quelque connerie achetée dans un distributeur. Il aimait tout particulièrement les machines du parc près de la gare, car on y trouvait des fruits pour un prix relativement raisonnablement. Ce fut cette motivation qui le fit avancer d'un pas traînant sous le soleil froid de l'automne mourant.
Il ne s'attendait pas vraiment à y faire des rencontres ; mais ton visage, Karma, il le reconnaissait entre mille. Il l'avait déjà remarqué la toute première fois, lorsque les traits d'Hideo avaient frappé sa rétine, imprimés sur un visage jeune. Alors Aquamarine s'était demandé s'il ressemblait à son propre père. Mais ce n'étaient pas vraiment vos paternels qui l'avait ramené à toi ; il savait reconnaître un garçon dont il voulait être l'ami quand il en voyait un.
Il ne savait pas de tout, mais il en savait assez pour comprendre que ta position nouvelle pouvait changer bien des choses ; il n'avait simplement pas envie de se prendre la tête avec cela, il voulait prétendre à l'immuable, car ce qu'il était venu chercher dans la capitale, c'étaient ces instants d'éternité où il oublierait qu'il avait vécu avant.
Il ne savait pas que tu étais déjà au courant de tout, que tu connaissais son nom, connaissait son lien avec ton propre gang.
C'est avec innocence qu'il se glissa derrière toi et posa les mains sur tes yeux, dans un jeu de Qui est-ce ? qu'il savait que tu pouvais gagner.

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Les cieux étaient cléments, d’un bleuté rassurant, alors que le froid ne se faisait pas terrible sur ton épiderme (tu devais avouer ne pas spécialement aimer la sensation du froid directement sur celui-ci). Pourtant, le froid présent ne te décourageait pas, tu en avais sensiblement marre de rester enfermé durant des heures, au QG comme chez toi (à jouer à des jeux sur une console), tu avais ce besoin qui tiraillait tes songes de prendre l’air, de voir la nature et cette masse terrible de choses (d’humains). Non pas que tu étais phobique des foules, tu n’en avais strictement rien à cirer, mais il semblerait qu’on avait intérêt (en cette société) de bousculer autrui sans un mot, et tes nerfs étaient dans un état de rage si intense, que tout ton être hurlait à ta conscience de contenir tes pulsions d’agacements : tu n’allais pas fracasser une femme, ou un homme, sans aucune bordel de raison (quand bien même, elle te semblait suffisante pour lui arracher les yeux). Oui, sortir n’était pas toujours une bonne idée, surtout quand tu avais un sacré besoin de calme, ou – en tout cas – pas d’une masse grouillante et bourdonnante.

Pourtant, Karma, quand bien même tu es légèrement (très) insociable, tu restes quelqu’un qui se doit de côtoyer le monde. Tu ne supportes simplement pas être (quand tu as besoin d’être tranquille) entouré d’inconnus qui te donne quelques pauvres envies de meurtre. Peut-être devrais-tu songer à t’énerver d’une manière terrifiante afin de faire fuir ces idiots, dont celui qui venait de marcher sur ton pied, et qui par accident tombait au sol, sous un regard hautain et méprisant : on ne marche pas sur ton pied, et tu étais bien clément de ne pas lui écraser la jambe avec haine. Quel abruti.

La vision du parc Gyoen était comme une utopie, une vision sacrée, une route du miracle. Des arbres et des plantes, un peu de calme, pas de connard qui marche sur ton pied : tu en étais clairement heureux. Pourtant, bien vite, tu sentais des mains se posaient sur tes yeux, tu ne savais pas si tu fracassais maintenant la personne qui jouait à cette idiotie, mais finalement, tu pensais savoir qui était là, et ton calme revint au galop.

« Uemura. »

Le nom dit, tu retirais ses dextres pour te retournait vers lui, tu n’avais pas encore pris le temps de venir le voir, car en réalité, tu avais à lui parler.

« Tu tombes bien, j’avais à te parler. »

Tu préférais être direct, après tout tu n’avais pas envie de perdre ton temps avec des banalités sans noms, ça risquait de t’agacer terriblement, et dieu seul savait que tu étais des plus terribles avec les nerfs à vifs. Tes yeux se plantaient dans les siens, avant que tu ne continues dans tes sentences.

« Je sais pour ton père, alors je ne comprends pas pourquoi tu n’es pas avec lui. »

La question était surtout, pourquoi n’es-tu pas chez Alcatraz avec ton paternel ? Car, cela t’échappait étrangement.


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Karma | Aquamarine


La peau de ses mains était froide ; il avait toujours le bout des doigts gelés, Aquamarine, alors que l'air perdait de sa chaleur, il avait comme deux morceaux de glace au bout des bras. Il pliait les phalanges car il avait l'habitude de la sensation de sa chair raide, mais c'était à proprement parler un petit miracle. Il ne portait jamais de gants, cela lui permettait de sentir plus de choses.
Il pouvait dire que tu te raidissais à son contact, avant que ton corps ne se détendît ; car oui, tu l'avais reconnu, il n'y en avait pas beaucoup pour se comporter avec tant désinvolture. Parfois, Aquamarine pensait à toi ; ta personne lui évoquait toujours la rudesse et la distance, non que tu le sois. Mais il se disait que des marques d'affection, tu n'en recevais peut-être plus beaucoup ; lui non plus, d'ailleurs. Pourtant, il y avait, sur sa peau, les fantômes de ces caresses et de ces souffles qui fut un temps suffisaient à lui réchauffer le cœur. C'était avant la chute, avant que l'écœurement ne vienne le jeter à la rue.
Alors maintenant, il ne donnait plus grand-chose ; mais il avait pitié de toi, Karma, alors il consentait à t'offrir un peu plus. C'était peut-être pour cela que tu pouvais l'apprécier. Parfois, il te parlait comme si tu étais unique.
Mais son nom, oui, ce patronyme qu'il avait laissé derrière lui comme un mauvais rêve brisa cette harmonie, et quand tu posas les yeux sur lui, il ne souriait plus.
Aquamarine se mordait les lèvres ; dans ses yeux brillait une étincelle qui était peut-être due à la colère, ou alors elle était haineuse, et il ne parvenait pas à retenir.
Son visage s'était figé ; la tension était puissante et retenait ses traits.
Il sait que tu as à lui parler ; il devine tes mots avant même que tu ne les prononces. Il les a déjà entendus, dans sa tête ; ils ont tourné et tourné tant de fois, mais alors ils n'étaient que de simples hypothèses. Des possibilités dont il ne voulait guère. Ces mots, ils étaient un obstacle à son bonheur ; ils l'avaient privé de chaleur, et à présent son cœur ne battait plus que pour le maintenir en vie.
(Mon père.)
Le mot dansait dans son esprit.
« Nous y voilà. » : murmura-t-il, et sa bouche pliait de déception, ses sourires s'effaçaient comme s'ils n'avait jamais existé.
Aquamarine n'avait jamais rien dit, il avait peur. Non pas des jugements ; non pas des mépris ; mais il craignait tout ce qui pouvait l'empêcher de prendre un nouveau départ.
La puissance d'un nom valait bien une chaîne.
« Comment sais-tu, pour mon père ? Comment je m'appelle ? » : te demanda-t-il, un peu stupidement il est vrai, mais d'une voix douce ; la voix qu'il réservait à son dernier sauveur, à ses derniers adieux, où se mêlaient mélancolie et rêverie, des marques d'affection teintées de regret.

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Ces fois-là, où on avait cette envie de t’offrir un peu de compassion, étaient peut-être des plus terribles pour toi, tu n’aimais guère apporter la pitié, ceux qui osaient te regarder avec complaisance dû à la mort – horrible – de ton paternel, mais tu te devais d’être fort Karma, alors tu ne laissais jamais tes barrières tomber, elles étaient hautes et solides, elles protégeaient tes sens et tes songes. Alors, cet élan d’empathie d’Aquamarine te gênait, tu n’aimais pas qu’on puisse te penser faible car tu te devais d’être au-dessus de tous, d’être l’un des plus grands, afin d’égaler ton père, qui restait – même mort – ton plus grand modèle.

Et pourtant, la mine auparavant compatissante du jeune, avait été échangé par un regard sombre de réminiscences qui ne semblaient guère joyeuses. Tu n’avais pas tant de pitié, après tout, ce n’était en aucun cas ton problème, tu avais simplement envie d’avoir quelques réponses à tes questions, car dans le fond, tu ne comprenais pas réellement pourquoi il n’était pas des tiens.

Il semblait perdu, comme un enfant, ses réactions te rendaient curieux de connaître ses raisons d’être clairement un ennemi de son père, car dans le fond : vous ne pouviez pas vraiment être proche, lui et toi, les meiji n’étaient pas des partenaires et tu n’accordais aucune confiance à ce jeune gang adorateur d’explosif. De plus, il restait neutre, bien trop neutre dans l’histoire de la mort de ton père, tu n’aimais pas l’idée qu’ils puissent, peut-être, passer un accord avec Exodus, oui, tu n’avais franchement pas confiance en eux (alors même que tu étais ami avec un des membres, une chose que tu t’interdisais formellement, dans le fond).

« Comment je le sais ? Tu sais très bien qui je suis, Aquamarine, je pense aussi que tu sais où se trouve ton paternel, dans mes rangs, et je ne comprends assurément pas pourquoi tu n’es pas avec moi, mais chez ces gens. »

Tu préférais rester discret dans tes mots, ne pas être trop clair, quelqu’un pourrait passer et même si ton visage n’était pas inconnu, tu étais un chef de gang alors on savait bien que tu n’étais pas des plus doux, mais Aquamarine n’était pas l’un des plus hauts gradés de son gang.

« Je ne connais pas ton passé, effectivement, ton père est resté flou sur votre relation, mais cela reste trop peu pour satisfaire mon besoin de connaissance, explique-moi pourquoi n’es-tu pas avec nous. »

Tu soupires, avant de répondre.

« Uemura Chiaki. »

Tes sentences sonnaient comme un ordre, tu voulais savoir, tes questions devaient trouver des réponses pour que tu puisses comprendre et ne pas être con avec ce garçon.
hrp : j'espère que ça t'ira, c'est un peu nul, so sorry !
parole en #461212.


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Karma | Aquamarine


Un monde s'écroulait dans l'indifférence la plus totale.
Tout ce qu'Aquamarine s'était efforcé de bâtir pendant des mois disparaissait sous son regard, alors que tu pulvérisais les dernières ruines de sa dignité. L'anonymat dont il s'était paré se déchirait comme un manteau que l'on tirait dans tous les sens. Il tentait en vain de se couvrir de ses lambeaux, mais toi, Karma (toi, Mishima Yamato), tu l'en découvrais sans pitié.
Il te découvrait sous un nouveau jour ; un jour où il ne pouvait plus glisser ses mains contre tes yeux ou son bras contre tes épaules ou rire de ton sérieux ou souffler ses misères au creux de ton oreille.
Tu sais, Aquamarine ne te voyait pas comme un ennemi ; ses adversaires étaient ceux qui s'opposaient à ses pas, mais il ne se souciait pas vraiment de ton rang. Ce qu'il voyait tout d'abord, c'était un garçon de son âge, à quelques années près ; et ton caractère lui plaisait bien. Tu pouvais être de ces gens à qui l'on confie une soirée de son existence, avant de rentrer sagement chez soi, les paupières lourdes de souvenirs mais le cœur léger. Et il aurait voulu que tu ne vis que lui ; non une famille dont les liens étaient distendus, mais quelqu'un qui, si tu l'avais voulu, serait descendu de son piédestal et aurait ri à tes côtés.
Il n'avait plus envie de rire, en cet instant ; la bile lui montait à la gorge et le cœur battait comme celui d'un animal affolé. Il entendait à nouveau son nom, prononcé par ta voix ; et cette accusation qu'il ne comprenait guère, tant elle lui paraissait absurde, sans fondement.
Glissant les mains dans les poches, il soutint ton regard. Il avait cette habitude de ne jamais fuir quand on le dévisageait, et souvent les gens détournaient les yeux. Mais il ne défiait pas vraiment, Aquamarine. Il était juste franc comme l'étaient les enfants.
« Yamato Mishima. » Il répliquait sans grâce, et dans son regard toute trace d'affection s'était effacée ; il ne restait qu'un vide profond, ses iris sombres semblables à des trous noirs, qui ne pouvaient admettre qu'il avait peur. « Ce n'est pas mon père qui t'a donné mon nom. Où l'as-tu trouvé ? »
(Il sait. Il sait qu'il y a eu des bruits, parce que certaines personnes sont stupides et jalouses et n'ont rien de mieux à faire de leur temps que d'élaborer des listes. Et il ne s'en serait jamais soucié, Aquamarine, si tu n'avais cherché à lui demander des comptes.)
Ses doigts tambourinent contre le tissu de son pantalon ; le rythme, si tu pouvais l'entendre, t'évoquerait le battement de son propre cœur.
« Est-ce que tu sous-entends que j'ai l'obligation de travailler pour toi ? A cause des liens du sang ? »
Mais Karma, Aquamarine, il ne savait même pas pour qui son père travaillait avant de rejoindre Meiji. Il ne savait pas où il vivait et il ne connaissait rien de ses allégeances. Il le savait yakuza, et il le savait parti, définitivement sorti de sa vie ; il n'avait pas besoin de plus. Sa mère lui avait même dit, fût un temps, qu'il était mort, et il y avait cru jusqu'à récemment.
Sans doute devrait-il t'expliquer tout cela ; mais les mots ne sortaient pas de son gosier. Ils étaient bloqués par une pudeur ; celle qui chaque jour l'empêchait de parler de sa famille, d'Osaka. Comment pourrait-il tout t'avouer, quand il se sentait trahi ?

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Le regard assombrit du jeune homme était clair sur ses songes, il semblait bien nerveux, un air figé sur le faciès qui te faisait bien comprendre que la situation n’était pas à son avantage. Il était bien tendu, ce pauvre garçon, et tu n’avais toujours aucune réponse à tes questions, cela n’allait pas t’aider dans ton manque de compréhension. Non pas que tu le condamnais d’être un Meiji plutôt qu’un Alcatraz, ce n’était pas tes affaires, d’origine tu n’aurais même pas dû t’intéresser à cette histoire, mais tu avais cette fine curiosité qui se demandait pourquoi il était loin de son père, peut-être était-ce par manque du tien.

Il connaissait lui aussi ton véritable nom, il n’était pas compliqué à connaître : Mishima n’était pas un nom des plus communs dans cette ville : tu étais le fils de Mishima Hideo. Voir ainsi Aquamarine, dans un air sombre et sans joie, aucune amitié dans le regard était bien étrange soudainement, tu savais bien que le sujet semblait ardu, mais pas tant que cela.

« Je ne suis pas n’importe qui, je pourrais te dire que je l’ai appris par le murmure du vent, mais je l’ai surtout connu par mes hommes, et aussi par ton père. Une identité, c’est impossible à totalement dissimuler quand elles sont dans des archives ou dans des documents, non pas que je fasse des recherches sur toi, c’était dans une sorte de hasard, mais ce ‘hasard’ me laisse tout de même perplexe, Uemura. Je pense que mon nom ne peut être méconnu, le tien aurait pu l’être face à un lambda, mais je reste ce que je suis. »

Un soupir agacé échappait à tes lippes, non, tu ne pensais pas qu’il devait par obligation rejoindre Alcatraz, tu ne pouvais pas le forcer à être des tiens, quand bien même tu l’appréciais et que tu aurais été bienheureux qu’il vienne avec toi, dans ton gang, celui de ta famille.

« Non, tu es libre de faire ce que tu veux, Aquamarine. Je n’ai pas tant de choses à voir avec ça, cependant je ne comprends pas pourquoi tu n’y es pas, j’ai besoin de réponse. »

Tu parlais d’une voix douce, c’était soudain, mais tu voulais le mettre à l’aise pour ne pas qu’il aille ailleurs, après tout, tu ne serais pas satisfait de ses réponses s’il partait sans même te les donner.

« En fait, j’ai seulement besoin de comprendre pourquoi ton père est avec moi, et que toi tu n’y sois pas. »

Ton regard se fit plus doux, alors que tu mettais tes mains dans tes poches pour profiter d’une source de chaleur nouvelle.
parole en #461212.


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Karma | Aquamarine


Il avait la tristesse qui perlait au coin de ses yeux ; il ne pleurait pas et n'en avait guère envie, mais il la ressentait proclamer la moindre parcelle de son être. Il trouvait cela stupide, Aquamarine ; il ne se souciait pas vraiment de son père. Pour lui, c'était comme s'il n'avait jamais existé ; il était venu au monde par quelque mystère qui en effaçait le rôle. Mais cela lui faisait mal. De savoir qu'on le rattacherait toujours à cet homme.
Que tu le rattachais à cet homme.
Et Aquamarine baissait la tête quand il entendait son vrai nom ; il battait des paupières comme s'il pouvait nier l'évidence et substituer à ton visage un autre qui lui serait moins familier - plus facile à haïr, le cas échéant. Il t'écoutait sans plaisir ; il subissait ce sujet que tu avais décidé d'amener sans comprendre à quel point cela pouvait le détruire. Il ne te comprenait pas, à cet instant-là ; le spectre de ton rôle au sein de ton gang se superposait à la personne qu'il avait toujours connue, et il ne parvenait pas à faire la part entre les deux. Jamais il n'avait pensé que tu pourrais lui demander pourquoi il ne vous avait pas rejoints ; pour lui, cela semblait comme une évidence, aussi certaine que le lever du soleil.
Cela le perdait ; déstabilisé il attendait un mot, n'importe lequel, peut-être une expression ou une phrase qui lui donnerait la clé de ce revirement.
« Ne m'appelle pas Uemura, s'il te plaît, finit-il par dire, c'est son nom
à lui. »
Il y avait une prière dans sa voix, une supplique si ténue qu'elle semblait disparaître dans le vent qui l'étouffait. Mais il voulait que tu le reconnaisses comme Aquamarine, et que tu ne te serves que de ce nom-là, même s'il n'avait pas de sens. Même s'il ne s'agissait que d'un amas de syllabes qu'il avait arbitrairement apposé à sa personne, mais du moins résultait-il de son choix.
Et parce que tu t'adoucissais, parce que tu semblais te rendre compte à quel point il était sensible, il voulut bien t'offrir une réponse.
« Je n'ai aucune raison de joindre le moindre clan parce que mon père y est. Lui et moi, nous sommes des étrangers qui partageons un même nom et quelques traits communs. » Telle était la crue vérité qui se cachait derrière les mystères d'Aquamarine. Il n'avait plus aucune famille à laquelle il désirait se rattacher ; pas à ce père qui avait rejeté sa femme et son enfant sous la pression de ses pairs ; pas à cette mère qui lui avait menti pendant tout ce temps, qui lui avait inculqué la haine d'un père qu'il ne connaissait même pas. Il était fatigué de leurs luttes indirectes ; fatigué de leur indifférence à son égard. Il y avait eu un moment où il s'était dit qu'il était une revanche que sa mère avait bâtie à partir des fardeaux que l'homme de sa vie avait laissé derrière lui. Et ça l'avait rendu fou.
Mais il n'en souffrait pas vraiment, non ; dans le fond il avait juste cessé de ressentir grand-chose. Parfois il se prenait d'affection pour quelqu'un, mais ce n'était jamais très fort. Il ne connaissait plus rien de ces sentiments qui vous dévastent et vous mettent à terre. Lui restait debout, et soupirait de n'être pas vaincu.
« J'aurais été avec toi si tu me l'avais demandé plus tôt, peut-être. Mais tu sais, je crois que sans mon nom, les autres ne m'auraient pas accepté. Je ne suis pas taillé pour ta vie. »
Aquamarine, il n'aimait pas les convenances : il s'adressait à toi avec familiarité même en sachant qui tu étais, non parce que cela n'avait pas d'importance, mais parce qu'il n'avait pas vraiment envie de reconnaître vos différences. Aquamarine, il vivait dans sa tour, et il avait besoin de gens qui l'entouraient et lui souriaient et lui faisaient prendre conscience qu'il faisait partie d'une famille. Il désirait plus que tout la liberté de faire ce qu'il voulait, d'assister son gang comme lui le désirait. La liberté, tu étais un Mishima, tu la trouvais peut-être à Alcatraz ; pour sa part, il pensait n'y trouver que des chaînes, trop lourdes à assumer pour qu'il ait seulement envie de les porter.

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Le sujet devait être clos, tu comprenais bien que tu n’aurais pas encore les réponses que tu désires tant, quand bien même tu les devinais étrangement, un lien qui unissait un père et un fils qui n’avait rien de beau, pas comme toi et ton père, qui était un modèle à tes sens. Tu le laissais alors terminer, sans vraiment engager une suite à votre discussion, simplement une fin, tu n’allais pas continuer à rendre son cœur comme celui d’un martyr, car tu n’avais pas la haine nécessaire pour forcer les réponses à Chiaki.

« Si je t’avais connu avant, je t’aurais bel et bien proposé de rejoindre Alcatraz, la mort de mon père me met dans une position délicate, et une guerre entre Alcatraz et Exodus, ou bien même avec Meiji est tout à fait possible dans le futur, et ce jour-là, quand bien même nous sommes ‘’amis’’ maintenant, je n’aurais pas d’autre choix que de te voir comme un ennemi. Je suis un chef et ce n’est pas par envie mais par devoir que tu deviendras une cible, car je ne peux pas paraître faible aux yeux des miens. C’est con, mais c’est ainsi, Aqua, je n’aurais pas le choix car je suivrais les traces de mon père. Et je vais trouver celui qui, un jour, a osé porter un flingue à sa tête pour le tuer. Et le jour où se connard sera entre mes mains, je le tuerais en le regardant droit dans les yeux, qu’il sache la haine que je ressens pour lui. Et si cette histoire vient d’un gang, alors je décimerais le gang s’il le faut pour venger celui qui était et restera mon plus grand modèle. »

Tu parlais pourtant peu, si ce n’est à Midnight, alors tu fermais les yeux pour calmer tes ardeurs, l’air hivernal infiltrant tes poumons, une légère brûlure en ton corps, apaisait tes sens, tes songes et tes sentences alors que tu déposais une main amicale sur l’épaule du garçon.

« Désolé, je n’aurais pas dû te parler de cela. »

Pas besoin d’en dire plus, alors tu le prends dans une accolade amicale – tant que celle-ci est possible – avant de sourire doucement au jeune homme pour, a lui aussi, apaiser ses songes. Tu te reculais pourtant bien vite, tu n’aimais pas spécialement les proximités trop « gnangnan », quand bien même tu voulais faire en sorte qu’il aille mieux. Karma, quand bien même tu étais le chef d’Alcatraz, tu n’étais pas un fou furieux, sadique et tortionnaire avec tous.

« Tu veux qu’on se trouve des taiyakis, ou n’importe quoi d’autre, dans le parc ? »
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Aucun des passants ne faisait vraiment attention à vous deux ; vous aviez l'air de deux jeunes on ne peut plus lambda, et votre drame passait inaperçu à leurs yeux.
S'il y avait eu des regards, Aquamarine serait peut-être simplement parti ; il n'aurait pas cherché à poursuivre la conversation tant qu'il n'était pas tout à fait l'aise. Car il avait cette tendance à fuir, au fond, cet instinct de survie qui l'obligeait à prendre le large quand il ne parvenait plus à maîtriser la situation. Aquamarine était quelqu'un qui jamais ne lâchait du lest ; il n'avait pas l'étoffe d'un subordonné, tu sais, il n'aimait guère déléguer les rênes de son existence à quelqu'un.
Si on lui disait de crever, il dirait non.
Même pour toi, Karma, il ne pourrait pas mourir.
La vérité, c'est que tu lui faisais peur ; il ne frissonnait pas de froid sous son manteau. Tout le vent du monde n'aurait pu lui arracher un tel tremblement. C'était au cœur qu'il avait froid, subitement ; et même si tu t'efforçais d'être rassurant, il ne pouvait s'empêcher de se poser des questions.
Et si le coupable était bien Meiji.
Et si tu pointais ton arme sur lui.
Si tu lui disais que tu ne pouvais lui pardonner un acte qu'il n'avait pas commis.
Il n'avait jamais réfléchi à vos différences, Aquamarine ; c'est qu'il n'avait pas vraiment prévu qu'il t'apprécierait. A présent, elle lui sautait aux yeux ; et le sens de tes questions lui était manifeste. Et il comprenait tes réserves ; comprenait pourquoi tu aurais préféré l'avoir à tes côtés. Mais il ne pouvait pas non plus te promettre qu'il te donnerait le nom s'il le découvrait. Si jamais il l'apprenait, il quitterait sans doute Tokyo sur le champ, se chercherait un endroit où se terrer. Choisirait un nouveau nom.  Prierait pour que tu oublies son existence.
« Non, c'est bon, t'inquiète. » : murmura-t-il quand tu le pris dans tes bras. Mais peut-être sentais-tu comme son corps tremblait ; Aquamarine se demanda si c'est pour cela que tu te reculas bien vite. « Comme tu veux, j'ai faim en vrai. » Il avait presque oublié que c'étaient les distributeurs qui l'avaient attiré jusqu'ici, que ta présence n'était qu'une coïncidence.
Progressivement, Aquamarine se détendait ; il était encore en vie, et tu n'avais tué personne, et le ciel bien que frais était diablement beau en cette froide matinée.
« Tu sais, je te souhaite aussi de trouver qui a tué ton père. Pas que je puisse vraiment comprendre ce que tu ressens, en vrai. Mais peut-être un peu quand même. Tu sais, les gens avec qui je vivais à Osaka, je les aimais bien. J'aurais peut-être fait quelque chose pour eux. »
L'aveu avait glissé de ses lèvres sans qu'il ne s'en rende compte. Il n'avait jamais dit d'où il venait, même s'il était clair qu'il n'était pas né ici. Il avait parfois un léger accent, mais la plupart du temps on ne l'entendait pas.  Et parfois, des mots lui venaient sur la langue, des mots un peu différents, mais qui ne choquaient pas vraiment l'oreille.
Mais si tu connaissais son père, alors peut-être avais-tu entendu parler de son passage à Osaka. Il était venu à Tokyo il y avait déjà quinze ans, après avoir appartenu à une grande famille du Kansai. Il n'avait plus grand-chose à te cacher, Aquamarine ; il s'attendait même à ce que tu saches déjà avec qui il vivait, à l'époque.

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Il était si simple de croire que ton rang t’offrait une certaine liberté, des privilèges qu’on n’accorde qu’au chef, on pourrait même rêver d’une telle position, quand on n’est pas assez logique pour comprendre tout ce qui pouvait en être négatif. Tu devais te montrer exemplaire, être fort et ne pas perdre la face, tu te devais de dégager une certaine prestance pour qu’on puisse aisément te respecter. Mais surtout, tu n’avais plus le droit à la bonté d’âme dans une mesure bien étrange : si un ami devenait ton adversaire, tu n’avais pas le droit de crier pour sa survie, tu devais être aussi froid que possible, peut-être même le tuer. Car tu n’étais pas libre des devoirs d’un chef (roi) et tu te retrouvais là, à dire qu’un jour tu devrais pointer une arme vers Aquamarine, rien n’était sûr, mais tu ne pouvais pas penser que le calme plat serait possible entre Meiji et Alcatraz, vous n’étiez pas des gangs amis, ni même de terribles ennemis pour le moment, mais le futur pouvait être celui d’une paix, comme celui d’une guerre.

Alors, tu le prévenais, que ce jour-là, il n’y aurait plus d’amitié.
Dans le fond, tu en es désolé, car tu n’as pas spécialement envie de te battre contre lui.
Mais tu es le chef d’Alcatraz et tu dois être respecté et craint.
Ton gang, celui de ton père, de ta famille, avait besoin d’un chef qui ne se laissait pas avoir par de pauvres illusions.
Car peut-être que lui aussi, serait dans cette position, de devoir te tuer.

Tu ne savais rien de l’avenir, encore incertain.

Alors, quand Aquamarine, lui aussi, te prévenait de sa faim, un faible sourire amical se dessinait sur tes lippes, alors que tu étais bien heureux de savoir que tu pourrais manger un peu en sa compagnie, il avait un côté apaisant, car il n’était pas d’Alcatraz, qu’il se fichait bien que tu sois Mishima Yamato, Karma ou encore le chef du premier gang de la ville. C’était agréable d’être avec lui, dans le fond, malgré ce petit passage à froid il y a quelques minutes.

« Mon père était mon modèle, je savais bien qu’il était parfois en danger, quand on est chef, on veut ta peau. Mais, je ne pensais pas qu’il allait mourir maintenant, Error m’a soutenu, d’autres membres aussi, mais j’ai perdu quelqu’un qui était comme ma seule famille d’une balle dans la tête, alors je vengerais sa mémoire. Osaka ? Je n’y suis jamais allé. »

Tu avais rarement quitté Tokyo en réalité, ni même ta maison car ton père te protégeait du danger.
Tu étais le futur (à l’époque) chef du gang, mais surtout le fils d’Hideo.
Il ne prenait pas le risque que tu sois kidnappé ou tué.

Tu avançais dans le parc, mains dans les poches, avant de voir un petit stand de street food.

« Oh, des taiyakis, j’adore ça. Tu en veux un ? »
parole en #461212.


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Karma | Aquamarine


Il vous fallait vous éloigner un peu des distributeurs, marcher quelques pas avant d'approcher les stands disséminés dans les allées du parc. Tu avais à peine eu la peine de répondre que déjà vous étiez arrivés. Il acquiesça donc à ta proposition, sans te préciser que dans le fond, son premier critère en termes de nourriture était le prix d'un produit. Il avait été élevé ainsi, parmi des gens qui n'avaient pas grand-chose ; beaucoup de personnes plus âgées que lui avaient eu bien du mal à trouver un emploi décent. Il savait que sa mère elle-même, malgré ses efforts, n'avait pas réussi à faire mieux.
Ce trait demeurait marqué en lui ; souvent, ses silences que l'on interprétait comme de l'indifférence étaient en vérité une manifestation d'humilité - comme si Aquamarine ne s'était jamais accordé le droit de parole.
En revanche, il n'avait jamais hésité à s'imposer aux autres ; sa présence muette était comme un poids qu'il relâchait dans leur existence, et toujours il demandait à ce qu'on habitue à lui, détestant devoir faire davantage de compromis.
S'il était parti, c'était pour être libre.
« Si tu allais à Osaka un jour, continua-t-il, tu pourrais rencontrer ma famille, à moi. Mais avec la plupart d'entre eux, je ne partage pas des liens de sang. On était un peu... spéciaux. Un peu comme toi, en fait. »
Dans une autre vie, dans un autre monde, Aquamarine t'y aurait emmené lui-même. Il l'aurait fait avec un sourire inquiet, sans faire montre de fierté, avec la froideur du journaliste qui détaille ce qui se trouve sous ses yeux. Il t'aurait dit que ces gens avaient des emplois précaires : ils s'occupaient du ramassage des ordures, faisaient des ménages. Il t'aurait parlé des intrus, de ceux qui étaient venus parce que les loyers étaient bas pour eux, alors que pour sa mère ils étaient déjà trop élevés ; et comment on s'était efforcé de les intégrer, parce qu'on ne discriminait personne. Il t'aurait dit, aussi, à quel point ils formaient une communauté, presque à part. Et alors, Karma, peut-être aurais-tu compris ce qu'il cherchait vraiment à fuir. Ce n'étaient pas ces gens-là, ni leur mode de vie. C'était l'absence de perspective, tout simplement, non à cause de ses origines, mais qu'il n'avait pas d'argent.
(C'était une révélation qui l'avait mis hors de lui, un aveu qui l'avait dégoûté du mensonge dans lequel il avait vécu.)
(Si tu insistais un peu plus sur ton père, il finirait peut-être par t'admettre que, peut-être, il a envie de recréer la famille qu'ils n'ont plus formée depuis quinze ans.)
« Mais tu sais, je pense que j'aurais aimé avoir un père comme le tien. »
Il finit par te le dire, même si c'était maladroit, parce que dans le fond il était un peu jaloux de l'affection de lui porter. Il aurait aimé être capable de faire preuve de la même résolution dans ton cas. Mais il savait bien que non ; savait que si son vrai père venait à mourir, il aurait la tête emplie d'un unique regret.
(Pourquoi suis-je venu ?)

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