Plaza desperado // ft. Rinne
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D/5
Hello, hello, you don’t know how it is now
Les lumières de la ville coulent de ses plaies en flots de cire criards
Des silhouettes inconsistantes ricochent sur ses blessures humides d’une fin visqueuse et lourde
Une foule d’ombre foule du pied sans y penser les petits cailloux carmin que ça sème sur son chemin
Hallucinations – à cette heure les trottoirs ne sont mangés que par les rats de toutes les sortes
Dans ces rues veines éblouissantes règne seule une apathie aveugle sur laquelle ça se déverse en torrents invisibles d’ultimatum ardents
Les murmures urbains rêve enfiévré plongent leurs racines de pourpre entre les os de sa cage thoracique – dont les soulèvements trop réguliers se gorgent d’une nuit toujours plus moite à chacun de ses pas
Les doigts crispés sur son cœur – un barrage tout en ongles salis de mort et tremblements suintant à la vie qui s’écoule
ça se laisse submerger par le poids réconfortant sur ses côtes d’un revolver encore brûlant.

la panique seule tire sur les fils de sa détermination
( hypnotisé.e par la terreur c’est mû.e par une résolution infaillible de condamné )
c’est la culpabilité qui mêle à son sang éparpillé le poison à retardement d’une mise à mort à laquelle ça s’offrira reconnaissant.e
l’échec
ECHEC
broie ses respirations qui s’écrasent dans sa gorge en gluante bouillie de soupirs clapotants

pas de caresses sur la tête
pas de bravo cédés en bouquets dans le creux de son cou non
pas de félicitations déposées au coin des lèvres pour ce Lapin
et toutes ses confessions ne seront pas assez de sacrifices pour racheter le pêcher de son existence futile, inutile, totalement parasite
PARASITE
ça s’en veut de regretter les biens de l’amour, alors que ça sait ne mériter que l’amour du mal
Ainsi ça traîne ses sanglots souillés de son sang souillé sur les trottoirs bondés de Tokyô – comme autant de calvaires
que ça acceptera comme un don, car Dieu est encore trop bon pour le marquer au fouet de sa bonté
ça (se) sait n’être pas digne de la main qui châtie
ni de ses faveurs assassines comme l’absolution
pourtant, pourtant – ça sent son cœur battre à l’espoir que Dieu lae regarde dans les yeux lorsqu’il lae sanctionnera – pécher d’orgueil, encore…
C’est un pécheur désespéré que Dieu lui-même ne saurait sauver
PECHEUR
Ainsi ça traîne son cadavre en puissance condamnée par des larmes pourrissantes et du sang étranger

Au-dessus de sa tête un panneau lumineux scintille comme une croix, un peu plus que toutes les autres croix
la honte bouscule son ombre souillée dans le couloir illuminé – vite prier avant de succomber
Entrer – la démarche chancelante qui s’écrase contre les étagères, tempête de bruits métalliques et tintamarre de verre brisé – sa capuche glisse alors que ça manque de tomber
tout explose sous ses paupières en grouillement d’étincelles parasites mais ça n’a plus la force de cligner des yeux pour chasser la vermine aveuglante
Sa main gantée s’écrase sur le comptoir dans un fracas désespéré de chair à vif – les membres tremblants le souffle charcuté la voix qui glisse piteusement sur les flots de sang ensalivés

« Téléphone. Ca doit téléphoner. Vite, ça doit téléphoner. »

dans le sillage de ses doigts se déroulent les contours cramoisis d’une lutte contre l’agonie
les fils soudain coupés – le corps échappe comme une poupée blessée – sombre contre le comptoir dans une sorte de grâce aux relents ferreux d’assassiné  
Le Lapin tiré tombe au sol – attendant que son chasseur vienne chercher son trophée.
BY MITZI


hrp : 2 mois plus tard omg je suis tellement désolée... en plus c'est nul vraiment je suis confuse... pardon
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C/4


Je ne brûlerai pas d'amour pour toi
pourvu que la pluie nous épargne


22 Septembre, 04h01



La nuit est l’aurore des sévices
Et au calme du sommeil
Se substitue l’agitation de la haine.


marche, lui dit-il ; et l'enfant regarda son maitre comme si c'était l'imbécile.


Rinne a les yeux dans le vague. Une soirée de plus à écumer ses pensées en l’attente d’une clientèle quelconque. Pas de la solitude, presque de l’ennui. Elle joue entre ses doigts de l’entrelacement d’un élastique et d’une barrette pour cheveux. Parfois l’objet tombe et un cliquetis racle la surface silencieuse de sa caisse. Rinne file entre ses lèvres quelque murmures de chansons, du yaourt pour oreille, rien qu’un vrombissement étouffé. La caméra du konbini est son seul adversaire, et parfois son regard glisse sur elle.

Tout est si calme ; je crois.
Même ta propre vie te paraît si loin, perdues dans les dédales des heures qui se meurent. Nous ne sommes jamais vraiment nous-mêmes ; parce que nos êtres sont multiples. Rinne est Rinne. Rinne est Rhyme. Rhyme est Riné. Riné est Rhyme. Riné est Rinne. Tu as choisis d’y apposer des noms quand d’autres, plus aveugles, ou peut-être moins attentifs, fondent sans le savoir leurs nombreuses identités dans des glissements progressifs.
A 16h, Mr. X est de bonne humeur. Il dira bonjour à la boulangère d’un air poli mais radieux ; rajoutera à la simplicité un peu de fioriture ; du baume pour les cœurs alourdis. A 23h, Mr.X sera mélancolique. Un poids anonyme balancera contre ses côtes un peu de douleur. Il sentira sur l’aurée de ses yeux un peu d’écume ; comme une envie de pleurer qui lui arrachera un pincement, de lèvres. Il ira fumer une cigarette non loin de sa fenêtre ; et froncera les sourcils. Lorsque son ami appelera sur son cellulaire, une voix rauque et véhémente décrochera l’appareil. Ses mots seront sans formes, ou alors celles des couteaux, et il n’y aura pas d’amour pour polir leurs accents.
Un jour prochain, Mr. X sera de bonne humeur ; mais la lassitude teintera son cachet : les fioritures auront cette fois-ci l’ardeur du désintéressement ; et ses ponctuations heureuses, pour seul destinataire sa propre personne.

Nous ne sommes
Jamais vraiment nous-mêmes.


Café, clope. Sa main s’aplatie, donne une enveloppe charnelle à la décision tout juste prise.

Quand du ventre monstrueux citadin, se recrache une bête.
Elle pénètre l’espace d'un vacarme verbeux ; d’objets qui s’écroulent, et de sang qui suinte. Rinne a la tête tourné et les yeux qui s’écartent ; ses orbites les repoussent en des billes d’onyx qui ont fondu en eux l'angoisse et l'alerte, perplexe.
Un gant ruisselant gagne le coté de sa main ; celle que l’enfant-femme a figé (sans même le réaliser).

« Téléphone. Ca doit téléphoner.
Vite, ça doit téléphoner. »

La voix est insalubre, comme le reste de son corps. Il y a quelque chose qui n’est pas humain ; elle ne sait pas quoi. Le visage face à elle n’en est pas un. Mais du masque ou du faux semblant, qui est le plus réel ? Rinne ne recule pas ; Rinne ne frémit pas. Elle est suspendue pour que ses synapses s’activent.

Brusquement ; fait volte face, détourne sa caisse, sort son propre portable. Arrivée devant lui ; la menotte lui tends. L’objet du désir – Début à contretemps.

    « Téléphone si tu dois téléphoner. Mais suit-moi. »

Sa main enfourche le bras maculé ; sa peau blanche est à présent colorée. L’arrière boutique. Il est 4h01. Tant pis. Rinne active d’un coup sec les grilles inactives : pour une des premières fois, le Konbini endormi.

Arrivée dans la pièce exigue, de rangements et de quelques chaises attablées lestement ; Rinne se retourne vers lui, désigne une assise.

    « Pose-toi-là. Tu ne vas pas rester comme ça. »

Rinne est nulle en secours. Mais il y a de quoi faire dans la pièce attenante. Elle récupère des compresses, et tandis que son corps s’accroupie, quelques tremblements libèrent l’incompréhension qui tétanise ses paupières. Du sang. Beaucoup de sang. Beaucoup trop. Et cette voix. Diction.

Qui es-tu, maintenant ?

Revenue à tes pieds, l’adulescente a sortie des bandages qu’elle déplie comme la traine d’une mariée. Elle coupe méticuleusement des sections qui s’effilochent du bout de ses mains – pas douées.

    « Je n’ai pas d’oreilles, je n’entends rien. Les murs sont sourds et les caméras sont en veille. Je ne relèverai pas la tête si tu ne veux pas garder ce que tu as sur la tienne. »
Moi ; je ne veux rien savoir — parce que je ne t'offre rien de plus que ce que je sais donner.

Rinne te voit
Et à ton travers
Comme l’allégorie fantasmagorique de cette nuit d’hiver.
Là où tout
s’est écroulé.



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