my chicken nuggets [darren]
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FT : Shana - Shakugan no Shana
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D/5


Du poulet pour l'humeur
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    un deux trois
    quatre cinq six
    echec et maths
    coup dans les cuisses

Il est midi et tu as faim. Maman est occupée ; les aiguilles vibrent dans un bruit de métal zippé.

Allongée sur ton lit à l’heure où ceux de ton âge sont en cours, à la page, tu finis une partie de tétris sur l’ancêtre de console que tu as déniché. Brougl. Ton ventre est très sérieusement en train de grogner. Dans le fond de ton sac doit trainer deux trois pièces ; et tu sais plutôt précisément ce que t’as envie de grailler. Ta fausse carte d’identité en poche, et ta crédibilité à peu près en place, tu sautes du matelas recouvert de babioles. Les escaliers en bois font du bruit sous tes pas rapides  pourtant légers.

D’une salutation sonore (elle t’avait dit d’éviter), tu sors du bric à brac d’étranges dessins et grigris de l’autre bout du monde. Le pas de la porte découvre le soleil de ce début d’hiver. Un temps à bouffer chaud, une petite merveille. Alors tu déambules dans les rues le sourire aux lèvres, le mp3 branché d’écouteurs fluo qui abreuvent tes oreilles. Tes cheveux roses fouettent le bas de tes fesses recouvertes d’un short en jean pinsés, de héro de comics dépassés, et les larges chaussettes d’écolières que tu as emmenées tiennent chaud à tes petits petons, logés dans d’épaisses baskets bariolées. P-a-r-f-a-i-t. Continuer à s’amuser.

Tu veux du poulet. Et tu te rappelles très nettement dans ton esprit la devanture que tu as croisée, samedi dernier, lorsque tu te baladais dans l’un des quartiers les plus paisibles de l’agglomération tokyoïte. Y’avais un doux fumé qui s’extirpait des fenêtres entrouvertes ; des senteurs qui avaient piquées ton nez de toute sa curiosité. Tu trottines en chantonant, le métro bondé du midi, les regards en biais de quelques passants qui se demandent ce qu’une fillette de ton âge peut faire en dehors de l’école. Ton sourire carnassier dévoile tes petites canines, et quand l’occasion se présente, tu tires ta langues teintées des bonbons que tu as dévoré.

Quel ennui ; leur vie. Ton destin à toi te semble tout tracé ; et jamais, jamais, il ne gagnera leur fossé. Tu descends à Asakusa au son automatique des portes qui s’entrouvrent. Les semelles épaisses de tes chaussures confortables t’offrent quelques centimètres de plus, pour toi qui est déjà grande dans la moyenne japonaise. Pour ton âge ; que tu aimes transformer. Pourtant, ta bouille ronde et ton corps plat ne mentent pas. Mais dans le paysage asiatique il te semble plus aisé de te fondre. Tu te rappelles des conventions autour du monde ; où ta mère t’a emmenée. La cohue colorée. L’étrangeté du voyage ; pour une artiste traditionnelle.

Tu arrives enfin à la destination que tu t’es fixée. L’horaire du déjeuner, et quelques éclats de voix des clients déjà attablés. Tu passes le perron, dans une bruyante salutation –polie, mais envahissante. Le froid a gelé le haut de tes joues dodues, une couleur vive de l’épiderme agressé. Face à toi, un cuistot poivre-sel ; et l’odeur bénie du repas que tu pourras bientôt savourer.

Alors tu te diriges aux bornes de commandes que tu as repérées, l’envie d’un bouillon bien gras et de délicieuses cuisses de poulet panées dans l’estomac. Déjà, tu sent la chair tendre se séparer sur ton palet. Ta petite menotte s’approche…Puis ton regard accroche la surface impavide, morne. Merde, mais ça marche pas ? Tu tournes les talons, t’assois au comptoir, et met ta tête sur le reposoir de tes mains.

« Néééé, Oji-san ! Comment qu’on commande si la machine elle fonctionne pas ? »

Y’a dans tes yeux la lueur de l’appétit ; et tes yeux se sont dirigés sur le tenancier occupé à veiller sur ses habitués. Ton ventre extirpe un énième gémissement.

Putain, qu’est-ce que t’as faim.










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