qu'adviendra-t-il du passé. (darren)
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tel Lamartine qui se lamente du temps qui passe...

La cigarette se consume en dernières braises qui viennent mourir au sol en un ultime éclat lumineux. Il est trop tard pour en allumer une autre, le restaurant, déjà en vue, projette sa façade attrayante dans la rue. Les passants s'en détournent, font parfois un écart, mais certains s'y engouffrent, alléchés par l'odeur de poulet qui se répand dans l'atmosphère. À une heure où l'estomac se creuse, vidé par les émotions de la journée, ces derniers sont de plus en plus nombreux à se presser sur le pas de sa porte, quelques hésitants pesant encore le pour et le contre en confrontant le contenu de leurs portemonnaies.
Les années passent, les pages se tournent mais les personnages de l'histoire sont les derniers à s'en rendre compte - ils ignorent qu'ils sont les seuls à pouvoir refuser le futur en revenant à la page précédente, et s'ils le savaient, qu'en feraient-ils ? Les pages sont déjà écrites de toute manière.
Le poulet, c'est bon, et pas uniquement d'un point de vue gustatif : c'est bon pour la santé. À condition, bien sûr, de savoir le cuisiner. Ce n'est pas là un talent dans lequel Wataya excelle. La traditionnelle répartition sexuée des tâches a encore la belle vie dans son foyer, même si parfois il tente lui aussi de la changer. Mais il est vrai que des deux, il est celui qui s'est davantage occupé de Suzume. Si bien que lorsque les deux anges de sa vie sont toutes les deux absentes, Wataya n'hésite pas à combler le vide qu'elles laissent en lui en allant manger à l'extérieur, seul, ou avec des collègues.
Seul, c'est chez Darren qu'il se rend, et pas uniquement parce qu'il sait cuisiner le poulet comme personne : de tous ceux que Wataya fréquente, Darren est certainement le plus proche de le comprendre. Et pourtant, ils n'ont jamais vraiment échangé la moindre parole à ce sujet. C'est la similitude du parcours qui l'explique : ils ont probablement eu les mêmes raisons de s'éloigner de leur gang d'origine, du moins, c'est ce que pense Wataya. Alors, s'il y a bien une personne dans cette ville envers qui il pourrait concevoir une loyauté sans failles, ce serait bien Darren - à supposer que la situation l'exige un jour.
Il n'a aucun mal à se frayer un chemin dans le restaurant. Il est relativement grand et plutôt imposant, et même s'il a ce sourire affable collé aux lèvres, cette cicatrice qui lui barre le visage lui donne un air dur qui effraie les plus téméraires. On doute parfois de ce badge qui orne sa veste - sauf à considérer qu'il s'agit là d'un avocat véreux. Pourtant, poli, Wataya laisse la place à une mère qui a du mal à faire passer sa poussette avant de s'installer lui-même à sa place habituelle et de commander son plat habituel, avec l'aisance de celui qui n'est que déjà trop venu. Mais comment se lasser d'une cuisine qui ravit autant son palais ?

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C'est cette odeur fumante qui lui donne un sens. Qui exalte ses papilles alors qu'il sait pertinemment que ce n'est pas pour lui. Ce n'est pas pour lui qu'il cuisine, que ses plats existent aujourd'hui. Mais c'est justement ça qui lui donne de l'importance. Cette joie et bonne humeur de servir de ses petits plats à sa clientèle. Les potentielles sourires et bruit de mastication compte tenu de la qualité recherchée que Darren arrive à leur offrir. Le tablier spécial du chef, Darren qui attendait depuis l'ouverture. Sans doute ouvrait-il un peu trop tôt mais c'était par habitude. Lui qui malgré sa soixantaine passé ne prenait toujours pas la peine de faire de grâce matinée.

Et il y avait finalement eu ses premiers clients, le sourire léger pour ne pas effrayer avec son faciès qui n'était de base que peu rassurant, ce visage qui devenait bien pire si il souriait à pleine dent. Les commandes notées, les plats préparés et distribués. Pour les habituels, il y avait toujours ce petit instant de discussion. Des banalités comme une autre, mais Darren qui en était pourtant bien intéressé. On pourrait croire que c'était le manque de contact qui lui donnait cette envie de discuter, lui qui en vérité n'avait que Junichi pour enjoliver sa vie de retraitée. Mais pourtant, c'était juste son attitude, cette manière d'être un grand-père inquiet pour tous. Cette envie de discuter d'une normalité qu'il n'avait pas connu et dont même aujourd'hui, qu'il ne pourra jamais réellement connaître à cause de ses années de vécu. Qu'importe ce qu'on essaye de faire.

Ils sont toujours là quelque part, même si on décide de s'en éloigner. Des gens ou des sujets, finalement, on n'abandonne jamais le milieu.

Lui dont la bonté d'âme n'est un élément de sa personne qui ne peut-être mit sous silence. Toujours aux attraits pour ses clients, présents pour le moindre soutient. Que vous soyez là fréquemment ou bien pour une première fois. Comme par exemple cette dame entrant avec une poussette, Darren qui se presse à l'aider pour qu'elle puisse naviguer plus sereinement à l'intérieur de son cher restaurant, bien à l'allure familiale. D'un naturel joyeux, récupère la commande de cette dame ainsi que d'un client qui était arrivé en même temps, client qu'il ne connaissait que trop bien. Finalement, Darren avait prit sa commande juste par principe, bien qu'il savait pertinemment que ses plus chers habitués ne changeaient que très rarement ; généralement parce qu'ils avaient tous plus ou moins goûtés tous les plats qu'étaient notés sur la carte, et qu'ils en avait fait sortir leur favoris.

Les plats préparés en cuisine avec une grande rapidité, mais tout autant de manière. Rien ne pouvait-être bâclé en ces lieux, Darren aimait bien trop cuisiner pour pouvoir laisser une telle monstruosité s'échapper de ces fourneaux. Et une fois que tout est préparé, que tout est apporté. Lui qui d'habitude attend sagement au comptoir après ses légères discussions, va simplement s'installer en face du dernier de ses clients.

Le vieillard qui s’asseoit d'une manière que peu délicate pour cause d'un gabarit bien trop grand pour l'habituel meuble japonais, lui qui dépassait en taille mais aussi en poids les normes qu'attendrait un japonais, ou bien même un métisse. Qu'elle vie de n'avoir que récupérer les gènes de sa mère. Réellement. « Ça fait longtemps que je ne t'ai pas vue Kazunari. » La voix rauque qui s'élève dans un japonais parfait, tandis qu'avec son physique on pourrait penser avoir affaire à un de ces étrangers. « Quoi de beau depuis la dernière fois ? » Parfois, juste une douce simplicité.


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Ils sont rares, les gens qui l'appellent par son prénom. Ils sont rares, les gens qu'il appelle par leur prénom. Peut-être parce que la plupart des gens n'arrivent jamais à la familiarité nécessaire pour se le permettre. Ils restent toujours à la lisière de la promiscuité. Ils le craignent, ou bien il craint de se rapprocher d'eux. Darren est différent. Il était là à sa naissance, il était là avant. Avant, c'était son père qui le connaissait. Maintenant, Kazunari a pris le relais. Il a des souvenirs d'un homme plus jeune qui discute gravement avec son paternel lorsqu'ils croyaient ne pas être observés - l'enfant qui ne comprenait pas ce qu'il entendait et qui a oublié ce que l'adulte aurait correctement interprété. Darren conserve toujours cette allure de mystère que Wataya lui a prêtée, sans jamais que son aîné ne lui donne le sésame qui lui aurait permis de reconstituer l'étrange portrait de cet homme au passé si singulier.
Darren a l'air trop grand pour le siège sur lequel il s'assied. Pourtant, ses genoux qui dépassent et ses épaules trop larges ne suffisent pas à le rendre amusant. Ni le fait qu'il ait décidé, après une prestigieuse carrière, de faire de la cuisine du poulet son nouveau métier. Il prend ce travail très au sérieux, Wataya l'a vu tout à l'heure, avec la jeune femme. Mais il conserve toujours cet aura de gangster que les gens comme eux ne parviennent jamais totalement à étouffer. Même en étant père, grand-père, malgré les inflexions que leur cœur peut prendre pour ceux qu'ils aiment, ils restent d'une façon ou d'une autre marqués par ce qu'ils ont fait.

« Le boulot; Darren-san, vous savez ce que c'est. » s'excusa Wataya avec un sourire à la remarque très polie que son aîné lui avait faite.

Boulot qui en soit n'avait rien de très excitant, en dépit des apparences - des papiers, des papiers, et encore des papiers, et parfois des conservations avec des clients ou des originaux dont vous peinez à comprendre les raisons pour lesquelles ils font irruption dans votre bureau, mais dans tous les cas, ça peut s'avérer assez pénible à gérer. Mais quand bien même il aurait voulu en parler, Wataya aurait été bloqué par l'appartenance de certains de ses plus anciens clients avec Alcatraz - et devant Darren, en parler le gêne. Il est certain pourtant qu'il comprendrait, et peut-être même approuverait-il ce comportement. Mais le jeune homme se sent incapable d'aborder le sujet.
Les circonstances, cependant, sont particulières, ce jour-là, et Wataya ne peut prétendre que la journée est ordinaire - même si au fond, rien n'a changé, le soleil règne toujours dans le ciel immaculé, et les faits ont déjà une allure d'ancienneté. Mais l'idée de les évoquer colore le jour d'une teinte nouvelle - comme si quelque chose d'inédit et qui demandait à naître pointait le bout de son nez.

« Pas grand chose de mon côté, mais tu as entendu pour Hideo Mishima ? Sale affaire... »

Wataya laissa sa phrase en suspens. C'était une bien laide mort que d'être aussi sommairement exécuté. Il avait entendu ce que la police en disait, brièvement. Et ce n'était pas joli du tout.

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« Sale, oui. Ça c’est clair. » Et il n’y avait pas d’autre mot. Si quelqu’un dans ce monde méritait une mise à mort part exécution, ce n’était clairement pas Hideo Mishima, qu’importe ce qu’il avait fait tout au long de sa vie. C’était sale autant pour la mise en scène que pour ce manque d’indice qui pouvait ruiner le moral d’autrui. Mais pourtant, malgré tout, il y avait cette petite étincelle dans ce regard de vieillard, celui d’une exécution des plus parfaites. Ce genre de chose qu’il avait fait de son jeune temps, ce genre de chose qui pourrait rendre n’importe quel assassin et nettoyeur de scène jaloux. Mais qu’importe, c’était triste. Triste et malotru. « Qu’importe leur histoire et leur règlement de compte, personne ne mérite ça. » Personne, même pas le pire des enfoirés. Et l’incompréhension était des plus total.

Pourquoi donc. Pourquoi était-ce ainsi. Finalement, rien n’était réellement logique.  

« Mais dans cette histoire, le plus idiot est sans aucun doute l’accusation contre les Exodus. Ils sont peut-être spéciaux, mais pas aussi con. » Du moins, à son époque. Darren n’était plus autant affilié aux gangs que dans son passé. Alors il y avait eu de nouvelles têtes, de nouveaux gens, de nouvelles histoires. Il savait ce qu’il savait, ce qu’il supposait mais surtout ce qu’il entendait. Darren dans son silence qui pourtant garde bien plus d’informations silencieuses qu’on ne pourrait l’espérer.

Il en vient à lâcher un soupire tandis que sa main montante s’en vient masser l’arrière de son cou. Darren qui avait beau être en bonne santé, l’âge ne pouvait pas être simplement oublié qu’importe la façon dont il se comportait. Les articulations qui ne lui pardonne pas, lui et ses longues années de service d’assassinat. Et il attend. Un instant silencieux dans ses paroles mais bien accompagné du bruit de mastication de ses quelques clients. Darren s’approche avec légèreté vers ce dernier arrivé. « Et j’imagine que même par chez vous, niveau information ça ne doit pas donner grand-chose. N’est-ce pas ? » Puis la prise de conscience. Darren qui s’excuse avant de disparaître sans attendre de réponse. Entre dans sa cuisine pour terminer les préparations de dernière minute de sa commande.

Assiette en main, il retourne s’asseoir tout en lui présentant son plat habituel.  


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