kinky stuff - kinky gun • Rinne & Akashita
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Rinne & Akashita
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L'image que Rinne décrivait et les mots qu'elle employait laissaient comprendre au borgne que ce serpent était quelqu'un dont elle ne pouvait se défaire. Elle avait dû se débattre au début, puis accepter sa condition. Les cicatrices ne semblaient pas toutes récentes. Est-ce que la figure dénuée de toute émotion qu'il avait entrevue était dirigée contre ce serpent ? S’immiscer dans la vie des autres n'était pas dans les habitudes d'Akagami, mais il avait faillit perdre la vie à cause de cette personne. Non pas de Rinne, mais bien de celui qui l'avait touchée au plus profond. Un gars comme Akagami, pouvait-il comprendre ce qu'elle avait enduré, ce par quoi elle était passée ? Pouvait-il seulement imaginer le pouvoir de cet homme, son influence, la longueur de son bras ?
La jeune femme venait se blottir contre lui, et il ne sembla pas s'en formaliser. Ses pensées étaient ailleurs ; lui qui ne supportait pas avoir de maître s'était rangé du côté de Karas et Exodus car ça l'arrangeait et qu'ils pouvaient aussi l'utiliser. Mais leur appartenait-il vraiment ? Ni grade ni rang, ni ambition, il était là sans vraiment en fait son identité. Il était Akagami Naruse, avant d'être Akashita, avant d'être membre d'Exodus. Et elle ? Son regard se posa sur Rinne. Qui était-elle ?

Rinne, commença-t-il, il n'existe personne dans ce monde qui n'a pas de prédateur.

Trouve son prédateur, et laisse la nature faire son travail. Après tout, peu importe le serpent, sa symbolique ou son pouvoir, finalement il y avait toujours un autre animal qui pouvait le dévorer. Et ainsi de suite. Akagami n'était pas très branché symbolisme, mais les histoires de vie et de mort, du cycle de la vie, il en avait beaucoup entendu parler. Il n'allait pas forcément se mêler des problèmes de la jeune femme et chasser ses démons pour elle, mais si cet homme se trouvait effectivement sur son chemin, l'ours ferait face au serpent. Et s'il se faisait mordre par le serpent, il en mourrait, purement et simplement. Mais il ne tomberait pas seul, tout comme son oeil n'était pas resté impuni. A chaque action ses conséquences, qu'elles soient à retardement ou non. En dépit de son sang chaud, Akagami pouvait être de ceux qui se montrent extrêmement patient pour une vengeance.

Cette courte discussion, calme et intime, sortait beaucoup de l'ordinaire. Probablement autant pour lui que pour elle. Laissant le silence soutenir leurs songes fatigués, le borgne ferma les yeux, se sachant en sécurité ─ pour l'instant. Son corps usé par toutes ces émotions et ces retournements de situation ne demandait qu'à se reposer.
Le seul détail qu'il n'avait pas vraiment enregistré, c'était la dernière phrase de Rinne.

*     *
*


Un bruit sourd se fit entendre, comme quelque chose qui tombait, suivit d'excuses maladroite et d'éclats de rire. Les yeux à peine entrouverts, Akagami émergeait doucement, et sûrement. Tout était sombre, seule la lumière des lampadaires passant au travers des rideaux laissait voir les ombres de sa chambre. Une chaleur à son bras se faisait sentir, et il tourna lentement la tête pour y trouver une chevelure brune et des bras accrochés au sien. Rinne. Les souvenirs de la journée lui revinrent en mémoire et il soupira. Le simple fait de soupirer effectuer une pression minime sur ses muscles et sa blessure au bras gauche ; une douleur brève, comme un coup de couteau, traversa sa peau. Le bruit d'une porte qui se fermait attira furtivement son attention, avant qu'il ne réalise qu'il s'agissait d'un des voisins qui rentrait chez lui. Quelle heure était-il ?

Son regard s'attarda sur Rinne. Paisible, silencieuse ; endormie. Il observa son visage à moitié caché par ses mèches de cheveux, ses bras frêles entourant son muscle massif en comparaison. Puis, quelque chose attira son attention ; quelque chose de doux, tendre, mais ferme en même temps. Il plissa le regard et bougea légèrement sa tête pour mieux voir. Alors, un sourire amusé étira ses lèvres. Bonjour jolie poitrine. Il se rappela qu'il avait défait le soutien-gorge durant leurs échanges... singuliers. Que le tissu n'était pas tombé, mais qu'il n'avait pas non plus été correctement remis à sa place. Une idée lui traversa alors l'esprit, et en dépit de la douleur, il souhaitait la mettre en oeuvre, ne serait-ce que pour l'hilarité qui le gagnerait lorsque Rinne ouvrirait les yeux. Il lui faudrait être lent, patient, doux et tendre. Difficile, mais réalisable ; alors il se mit à l'oeuvre. Très lentement, il pivota légèrement son bras afin que son corps entier puisse lui aussi se tourner sur le côté, faisant face à Rinne. Son épaule le lançait, mais il faisait le choix de supporter et se taire ; son bras blessé, pas très précis et lent, s'approcha de la bretelle qu'il avait repérée. Aussi délicatement que possible, il la fit glisser, tentant d'éviter le contact avec la peau fine du bras autant que possible.
Ce fut long. Fastidieux, dangereux. Il en avait bavé, son bras le lançait. Mais rien de tout ça n'allait le tuer, et la réaction de Rinne sans aucun doute beaucoup plus jouissive de cette manière. Il avait pas on ne sait trop quel miracle, réussi à manipuler ses bras. La tête de Rinne était posée sur le bras valide d'Akagami, son visage à la hauteur de son cou. Quant à ses bras, l'un encerclait la taille de l'homme tandis que l'autre, replié, avait la main posée sur son torse. Et leurs corps ? Oh, il avait bien géré son coup. La poitrine était littéralement en contact avec ses pectoraux. Il avait déjà envie de rire grassement, mais se retenait tant bien que mal. Alors, une fois bien positionnés, ce fut son bras blessé qui se positionna en dernier et vint entourer le corps de Rinne. Sa main se positionna sur le bas de son dos, et il attendit. Patiemment. Tranquillement. Tout en se rinçant l'oeil au passage, comment ignorer ce qui se trouvait sous son nez.


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by Wiise
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    Mardi, 19h25


Drôlerie


« Il n'existe personne dans ce monde qui n'a pas de prédateur. »

Les bribes échouèrent dans ses oreilles comme l’écume de la mer ; dans un bruit sourd et étouffé, aux frontières de sa conscience qui avait déjà commencé à s’enfoncer. Elle se sentit dégringoler dans un sommeil de rêves hallucinés, un trou noir aux vagues images colorées. Son repos lui sembla durer une éternité et tout à la fois, une seconde. Au loin, la respiration du garçon devait continuer à la bercer. Les paroles tournèrent en boucle et teintèrent ses songes de réflexions étranges, où un serpent immense poursuivait une petite souris sur un terrain sans forme ; des mots s’entrechoquant dans des bruits qui n’avaient rien d’humain. Du danger et de l’inquiétude s’entremêlèrent dans une explosion d’images invisibles ; et il y eu comme une étreinte, un soubresaut, l’esquisse d’un corps chaud.

****

Quand Rinne se réveilla, il y avait quelque chose de gonflé et d’agréable contre sa peau. Elle n’ouvrit pas les yeux tout de suite. De toute façon, elle avait l’impression qu’ils étaient collés. Comme scellés. Et puis, elle était bien. Il faisait bon. Il y avait cette impression de sécurité, de sérénité. Comme une après-midi d’été, une fin de journée où la lumière couche sur le monde un tableau sans crainte, une fin douce, de contemplation paisible. Elle percevait bien quelque chose d’humain, a proximité. La sensation de toucher quelque chose de doux. Mais son esprit ne s’aventurait dans aucune réflexion ; elle ne cherchait pas à savoir, à comprendre, elle se laissait flotter. Son corps était entièrement détendu, comme vidé. Elle avait, dans cet engourdissement, l’impression d’être calée contre quelque chose qui redéfinissait les limites de son propre corps. Comme si sa peau s’était fondue contre une autre. Et ne parvenait pas tant à s ‘en soucier. Juste à l’apprécier.

Elle portait encore son pantalon. Rinne pouvait sentir le tissu ample caresser délicatement ses cuisses, l’orée de ses genoux, le creux de ses mollets. Elle décalait doucement ses jambes, de la même façon que le corps sait bouger lorsqu’il veut somnoler. Le haut de son torse semblait être libéré de toute pression, comme libéré d’un carcan habituel : débarrassée de ce quelque chose qu’elle ne parvenait pas à localiser (à peine le cherchait-elle), elle se sentait allégée.

Puis son esprit dut récupérer assez de force pour se mettre à réfléchir. A s’interroger. Et Rinne ouvrit les yeux d’un coup sec. Il y avait un fin duvet se dessinant dans la pénombre encore un peu hachée de lumière (à peine). Un de ses bras enlaçait une taille. Sa taille. Et son autre main était posée sur un torse. Son torse. Son torse… Rinne écarquilla les yeux. Depuis combien de temps dormait-elle ? Qu’avait-elle fait avant de s’effondrer ? Et quel était cette pression chaude contre… Sa poitrine. Et ce bras musclé encerclant son corps menu, lui donnant l’impression d’être…Calinée ? (Ou piégée) Pourquoi cette position lui semblait-elle si naturelle ? Volontaire? Et cette pression chaude. Chaude. Comment sentait-elle la température au niveau de ses tétons pourtant masqué par son étoffe de coton ?

R é a l i s a t i o n. 
Elle décolla sa tête, tenta de se redresser un peu. Mais le bras qui trainait au creux de son dos était lourd ; et elle se remémora (sans savoir pourquoi, c’était tellement pas la priorité), que c’était sans aucun doute celui qu’elle avait blessé. Il y eu un hoquet de surprise qui se déclencha. Et à chaque soubresaut sa poitrine se frottait. Putain. Son soutient-gorge avait glissé. Non. Il avait disparu. Disparu. Qu’est-ce qui s’était passé ? S’était-elle laisser allée à ce point ? Rinne ne dormait jamais habillée. Mais le pantalon toujours bien en place lui indiquait qu’elle ne s’était pas dévêtue. Son visage se rebaissa, s’enfouit dans son cou. C’était comme vouloir fermer les yeux et prier à tout prix de se réveiller dans une autre réalité. Y’avais de la gêne, de l’incompréhension, et une sorte de pétrification dut à la stupefaction. Le visage caché dans une zone qu’elle avait plusieurs heures auparavant pris le soin de lécher, Rinne marmonna :

    « Aka…ga… mi…. »

La main qui cerclait sa taille avait enfoncé ses ongles dans la peau du garçon. Les prémisses d’une fureur en ébullition. Mais au lieu de faire un volte face violent ; son corps encore trop engourdit par des heures de sommeil, elle avait essayé de se fondre d’autant plus dans l’anatomie du joyeux larron.

    « C’est.. C’est quoi ce bordel ? »

Elle étouffait. En fait. Trop de contact, trop de chair. Mais si elle se redressait d’un coup sec, il verrait tout. De face, en plein portrait. Elle était sûre d’avoir aperçu l’œil luisant qui la jaugeait. Après tout, leur dos corps se confrontait. Si elle s’extirpait de sa nuque, leur visage serait nez à nez. C’était bien ça qui l’encourageait à se coller ; alors même qu’elle savait que c’était d’une certaine façon l’encourager, le féliciter, le récompenser. Elle décala sa jambe droite, celle qui était au dessus de la gauche. La fit coulisser le long des jambes de Naruse. Remonta son genoux, haut. Haut jusqu’à son entrejambe. Se fit une place, forma un creux, s’inserra entre ses cuisses. Comme une pression, un avertissement.

    « Dis moi… Tu… N’apprends jamais ? »

Y’avais des moments où tout était inapproprié. Là c’était l’engourdissement généralisé. En fait, au fond d’elle, même si elle ne voulait ABSOLUMENT PAS se l’avouer ; et même si son cœur tapait à des coups secs qui déjà l’épuisait, y’avais dans sa fatigue encore imprimée une envie de rester allongée, de se lover, et de resombrer.

Mais c’était non négociable. Elle se sentait littéralement piégée. Il aurait mieux vallut qu’elle pense dès le début à se libérer, à balancer son bras maudit et à se carapater. Mais l’éveil n’a pas toute sa raison.

C’était l’histoire d’une souris
qui fait tourner en bourrique un chat.


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Magnifique. Magique. Il ne disait rien, ne faisait rien de plus, mais il lui était tellement difficile de contenir son amusement ; elle se réveillait doucement, et il la laissait faire. Sans un mot. Sans un geste. Il lui fallut du temps pour réaliser, puis Rinne se cacha davantage. Alors qu'elle se blottissait davantage contre lui, le ton de sa voix laissait transparaître la colère et la mauvaise humeur ; Akagami afficha un sourire qu'il peinait à contenir, trop amusé par la situation. Il sentit ses ongles s'enfoncer dans sa chair, mais il n'en souffrait pas vraiment ; son genou se déplaçait, venait menacer son entre-jambe qui saluait la vie fièrement ─ trique du réveil bonjour. Apprendre, hein ? Lui, il trouvait le réveil plutôt cool.

J'apprends. Ca veut pas dire que j'en ai quelque chose à foutre.

Dit-il de but-en-blanc sur un ton qui se voulait totalement indifférent malgré son sourire. Il lui avait dit qu'il ne ferait rien aujourd'hui ; mais finalement, il n'avait pas précisé ce qu'était ce "rien", et où se dessinait la limite. A quoi s'était-elle attendu ? Leur instant de répit avant de s'endormir, c'était un instant unique en son genre. La nature reprendrait vite le dessus sur le borgne ; l'enfoiré sarcastique était déjà de retour.
Les doigts tapotant le bas de son dos, il reprit la parole, toujours sur le même ton détaché.

Après le bras, tu comptes aussi me faire l'entre-jambe ? Quelle susceptibilité.

Bim. Petite pique. Son corps se mouva ; il descendit, son torse se détachant d'elle pour descendre. Leurs visages au même niveau, il la regarda droit dans les yeux en dépit de l'obscurité. Cela lui permit de repousser légèrement son genou, ou tout du moins de rendre la tâche un poil plus compliquée si elle voulait le frapper à cet endroit. Moins haut, donc moins de puissance ; moins de risque de finir avec le souffle coupé. Il se demanda alors ce qui pouvait la chambouler le plus ; les mots ? Les gestes ? Le regard ? Ou peut-être bien... tout à la fois ?
Ses doigts stoppèrent leurs mouvements, et lentement sa main se déplaça sur sa peau, remontant le long de la colonne vertébrale ; son regard ne décrochait pas du sien, et il lui susurra quelques mots ;

Essaie d'imaginer mes mains sur sa poitrine, caressant ton corps, et pourquoi pas ma tête entre tes cuisses ? Tu n'as pas envie de découvrir ce plaisir ?

Au moins, il ne passait pas par quatre chemins pour sa proposition.
Sa main arrivée à mi-chemin dans son dos, reparti en sens inverse, ses doigts descendant sur sa peau ; à la seule différence que sa main dériva ensuite sur son flan, puis le bas de son ventre qu'il frôla à peine. Le corps des femmes n'était plus vraiment une surprise pour lui et si les zones les plus érogènes pouvaient changer, le court chemin entre la hanche et l'entre-jambe était toujours l'une des zones les plus sensibles.

Tu n'as qu'à...

Ses doigts frôlèrent l'extrémité du pantalon, jouant toujours sur sa peau.

... profiter.

Son regard n'avait à aucun instant quitté le sien.
C'était amusant. Mais il devait bien admettre qu'il en avait terriblement envie aussi. Il ne perdait pas le nord.


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by Wiise
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Rendez-vous

    Mardi, 19h35


Réveillé


« J'apprends. Ca veut pas dire que j'en ai quelque chose à foutre. »

Bah oui, évidemment. Elle se serait bien tappée la tête contre le mur. Là, la seule option, c’était sa peau dure. Il ne lui fallut pas longtemps pour s’apercevoir que sa masculinité était bien présente : on était à l’éveil, elle aurait dut s’en douter. Mais Rinne avait pas couché à coté d’un homme depuis au moins une éternité. Sa réponse avait eu le don de la faire fulminer, mais l’informaticienne avait cripsé ses dents, dissimulé son agacement. C’était sans doute inutile, le bougre n’en était pas à son premier coup d’essai.

Il jouait du tempo sur le bas de son dos. Chaque petite tappe la cambrait légèrement, pas le choix sous les coups tout en battement. « Quelle susceptibilité. ». Mais quel connard. Avaient-ils réellement partagé ce court moment d’errance avant de se reposer ? La morphine s’était sans nul doute dissipée. Elle se dit qu’à l’avenir, elle devrait peut-être tenter de s’en procurer pour le piquer dès qu’il l’approcherait.

Déjà son corps bougeait, et il se décalait, son visage impressionnant arrivant à la hauteur de son propre faciès. Rinne n’avait plus de nuque pour s’enfouir (pour s’enfuir). Elle dut faire face à son œil inquisiteur alors que ses joues rougies et sa bouche à l’air contri s’évertuait à trahir sa tentative de rester plascide. L’air entre leurs deux torses lui donna l’impression d’être encore plus nue qu’elle ne l’était déjà. Il avait profité de ce revirement pour déplacer son genou, qui se trouvait alors bien moins avantagé pour procéder à son plan pour contre-attaquer. Sa main remonta le long de sa colonne vertebrale, et Rinne étouffa une protestation en un soufflement ; sa bouche s’ouvrit pour évacuer un filet d’air. Et ce regard glacé toujours braqué. La confusion la gagnait.

« Essaie d'imaginer mes mains sur sa poitrine, caressant ton corps, et pourquoi pas ma tête entre tes cuisses ? »

L’orée de la phrase l’avait totalement égarée. Rinne avait refermé la bouche, puis l’avait rouverte, puis refermée, puis rouverte. Comme pour dire quelque chose, qui s’était directement échappé. Y’avais bien des images qui s’étaient succinctement formée. Elle avait voulu remonter ses bras pour le forcer à la fermer ; mais ils étaient engourdis, elle les sentait indiciblement trembler. Les doigts affairés d’Akagami n’aidait rien à son affaire. Il avait même manqué de frôler son bas ventre, que Rinne avait contracté, rentré, automatiquement.

« Tu n’as qu’à…. »

Et les doigts jouent sur des pentes bien risquées. Et la peau de Rinne est a nouveau hérissée. Une zone que personne n’est sensé approcher.

« profiter »

Ses yeux clignaient comme pour s’offrir l’occasion de dévier de la bille plein d’entrain. Ce bleu insupportable. Heureusement putain qu’il n’en avait qu’un. (même si quelque part, ça concentrait toute l’intensité en un point). Rinne trouva des forces dans l’ultime alarma qui résonnait depuis que les menottes de Naruse avait débuté leur descente vers son intimité la plus sacrée. Elle plaqua une de ses mains sur le visage du garçon, et l’autre sur ses propres seins.

    « Arrête tes conneries putain ! »

Y’avais un peu de dissonance dans sa voix révoltée. Et le carmin irradiait. Elle sentait ses tétons pointer sur son unique paume un peu trop réduite pour vraiment tout cacher. Rinne retira d’un coup sec son genou, comme si une guêpe l’y avait piquée.

    « Jajaja… Qui veut profiter de quoi que ce soit avec toi ?! »

Sans aucun doute que la crédibilité lui manquait. Elle se redressa, en appuyant l'oreiller dont elle s'était saisie sur la tête d’Akagami. Comme pour l’enfoncer dans le matelas. Ses deux bras masquaient maintenant sa poitrine dénudée, et elle se leva maladroitement sans équilibre sur le lit. Debout, elle se sentie vite très bête. Ses genoux flanchaient. Elle sauta du lit d’un coup sec, maintenant ses seins contre le choc de l’atterissage. Rinne avait pas des airbag, mais au dessus d’un B, ça devient toujours un peu compliqué. Se réceptionna en sautillant, attrapa à la volée un tee-shirt en relâchant son intimité ; puisque de toute façon, de dos, il risquait pas trop de pouvoir reluquer. Elle l’enfila, sans se soucier de sa propreté, et fit volte face d’un mouvement décidé.

    « Tu manques clairement de nutriments pour oxygéner autre chose que ce qui remplit ton entre jambe ! »

Elle avait l’impression de respirer comme une dératée depuis le début de cette foutue journée. Mais elle devait bien se l’avouer, ce petit repos l’avait quand même requinquée.

    « Je vais sortir faire des courses, en attendant, même handicapé, t’as qu’à trouver un moyen de nettoyer. »

Ses sourcils étaient sévères. Pourquoi est-ce qu’elle se faisait chier ? Qu’est-ce qui l’empêchait de sortir pour plus jamais se retourner ? Rinne n’avait pas envie de se l’expliquer ni de le reconnaitre. La réponse était ceci dit presque toute trouvée. Elle tendit la main de son air renfrogné.

    « Donne moi de l’argent, j’ai aucune raison de te payer à manger. »

N’était-ce pas le genre de phrase qu’on prononçait pour se donner contenance ?

Tu avais pourtant bien fermé
la porte d'entrée de ce royaume oublié.



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La main étalée sur son visage, limite le doigt dans les narines et le borgne se vit, encore et toujours, repoussé. Ne pouvant réagir assez vite à cause de sa blessure, il dû simplement râler... un râlement qui fut étouffé par l'oreille écrasé sur sa tronche. Rouler des pelles à son oreiller c'était cool quand il était ado et inexpérimenté, mais là, à presque la trentaine et un beau palmarès, c'était presque une insulte. Dépité, déçu, mais presque habitué, il resta la tête sous l'oreiller un instant, profitant d'être caché pour afficher un air déçu et soupirer, ce qu'elle ne pourrait bien évidemment pas deviner. Il voulait passer un bon moment, lui offrir une nuit entière de plaisirs qu'elle n'oserait imaginer, il pouvait même se montrer tendre ; pourquoi autant lui resister ? Foutues gonzesses.

Il retira le coussin tranquillement pour s'asseoir sur le lit, la voyant s'affairer avec... un t-shirt à lui. Beaucoup trop grand pour elle. Ca avait un côté sexy même, de la voir avec un t-shirt qu'il portait habituellement pour ses soirées cosy.
Mais la laisser sortir ainsi ? Avec son fric ? Il ne courrait pas après l'argent mais il n'avait pas forcément envie de la laisser choisir sa bouffe à lui. Elle avait la main tendu et il la regardait en silence un instant, songeur. Il hésitait. Puis finalement ses paupières se refermèrent un bref moment, le temps de soupirer, avant que son bras valide n'aille chercher son cache-oeil.
Première galère du jour ; il réalisa que ce geste si anodin était subitement devenu chiant à cause de son épaule. Un peu trop fier pour demander de l'aide, il sortit du lit tout en continuant de s'affairer autour de son oeil mort.

Je vais clairement pas te laisser acheter tout et n'importe quoi avec mon fric ; je viens également. T'auras qu'à faire la jolie brune qui porte les fringues de son coup du soir à côté de moi.

Neutre ; son ton ne laissait transparaître aucune envie de la provoquer. En vérité, Akagami était trop concentré sur un nouveau problème ; mettre un t-shirt. Chaque mouvement d'épaule semblait provoquer un grincement sinistre entre ses os et ses muscles, avec un horrible sentiment de gêne. Comme de la craie sous les ongles qu'on arrive pas à enlever, ou le bruit d'une fourchette qui grince contre la porcelaine.
Dos à elle, il exposait tout son tatouage à la faible lumière extérieure. A chacun de ses mouvements, le dragon semblait se mouvoir et surveiller Rinne d'un oeil méfiant. Puis Akagami se retourna vers elle, et jeta le t-shirt dans la chambre d'un air nonchalant.

Bon, j'ai pas le temps avec ces merdes. Dépêche toi.

Visiblement agacé par son incapacité à pouvoir s'habiller correctement, il était résigné à sortir avec un pantalon seul et ses chaussures qui, fort heureusement, étaient tellement plus facile à mettre. Il attrapa ses clés qu'il plaça dans sa poche, vérifia vite fait son portefeuille qui comportait bien plus de liquide que nécessaire... et s'arrêta encore.

Il oubliait quelque chose. Il le sentait. Mais quoi ? Il ne disait rien, mais il semblait chercher quelque chose du regard.


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hrp : en vrai j'ai aussi la sensation d'oublier un truc mais je sais pas quoi mdr
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    Mardi, 19h45


Manger.


Rinne resta le bras tendu tandis qu’il daignait enfin se lever. Elle avait eu envie de protester face à son refus, manifeste manque de confiance en sa capacité à acheter de bons mets (il lui aurait suffit de préciser quoi acheter…) (bon, l’idée de lui servir un curry immonde l’enchantait, mais.). Elle s’amusa à laisser son membre en position, pivotant en suivant les mouvements d’Akagami qui galerait. En mode « allé, j’attends, j’attends. ». Puis l’endurance lui manqua (Rinne manquait de muscle à ce point-là), et elle l’abaissa. Ses yeux circulèrent malgré elle sur le dos musclé et toujours aussi important du colosse. Le dragon était impressionnant. En comparaison, l’encre au creux de ses cuisses ressemblait à une trainée poudre noire. Mais c’était le but ; qu’il ne se voit pas. (Et la réelle raison pour laquelle elle avait finit par le repousser si vivement). (Une aide toute appréciée pour la raisonner) (elle avait été prête à abandonner) (mais ça, jamais elle ne lui dirait). Rinne ne pouvait pas s’empêcher de se demander quand le tatouage avait-il été réalisé. Quel sensation cela avait-il dut lui procurer, quand les aiguilles du sien avait déjà été ardues à tolérer. Enfin ; depuis, des sévices bien plus violentes avaient essuyées depuis longtemps toute sa sensibilité à la douleur, au châtiment incarné physiquement.

Elle pouffa ; assez fort pour qu’il l’entende.

    « On est prêt à sauter sur une partie de jambe en l’air mais on est même pas capable de prendre un tee-shirt et d’arriver à l’enfiler… »

C’était de mauvaise guerre. Rinne elle-même s’était directement sentie un peu piquée par sa propre impudence. Même si il le méritait (la vanne, pas la balle), c’était quand même un peu de sa faute ce merdier. Mais le mépris de Rinne ne se laissait jamais trop oublier : elle avait ce coté narquois quand elle s’y mettait. Sauf qu’il comptait vraiment sortir comme ça. Il s’apprêtait déjà ; ses clés en poche, son unique œil plongé dans l’intérieur de son portefeuille.

    « Attends. »

Puis elle se ravisa en soupirant. Le connaissant, ça ne mènerait à rien de le raisonner. Et si elle continuait à l’attaquer à l’épaule, il finirait soit par l’étrangler de son seul bras valide, soit par lui-même être infiniment blessé ; avec une épaule incapable de se réparer. Lorsqu’elle eu finit de se lamenter (enfin, de s’exaspérer mentalement), Rinne remarqua que son regard balayait la pièce comme si il avait cherché à y trouver quelque chose. Mais quoi ?

    « Y’a un truc qui manque ?… »

Ah. Ça lui rappelait qu’à elle, y’avais un truc qui manquait : son flingue. L’origine de toutes ces péripéties complètement décalées. Elle trottina vers lui, voulu se pencher en avant d’un air curieux. Et la gravité lui remémora. C’était pas du D, mais ses seins ballotaient. Elle retourna dans la chambre pour chercher son dû, mais impossible de le trouver. Elle revint agacée.

    « Naruse-san… Il est où, mon souti… mon sous-vêtement ? »

On était revenu au bonne manière. Allez savoir pourquoi, parce que le ton n’y était pas.

Sans t'en rendre compte
tout ça commence à te sembler normal
c'est ce qu'on appelle la routine ; ou pire : une rencontre.



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Quelle répartie ; la petite Rinne prenait ses aises apparemment. Elle répondait, se lâchait ; ce n'était pas un mal, mais il ne fallait pas qu'elle s'habitue trop à ce qu'il reste passif face à ses mots. Si son épaule ne l'avait pas lancé, il aurait probablement répliqué et pas de la manière la plus agréable qui soit. Alors il laissa simplement couler, et l'abandonna vers la cuisine tandis qu'elle semblait également se rappeler de quelque chose. Il ne l'écouta pas vraiment et ouvrit un placard d'où il sortit deux sacs de courses. Posés sur le plan de travail, le borgne se retourna brièvement vers Rinne pour lui lancer un regard alors qu'elle se demandait où se trouvait son soutien-gorge. Il lui tourna à nouveau le dos et ouvrit quelque tiroir puis son frigo, semblant se faire mentalement une liste de ce qu'il lui fallait. D'un ton désintéressé, il lui répondit.

Je sais pas. Dans ton cul peut-être ?

Il referma le frigo, attrapa les sacs et se retourna. Il lui lança un bref regard puis se dirigea vers l'entrée. Il se baissa en serrant les dents pour s'asseoir et mettre ses chaussures. Cela faisait quelques années qu'il vivait ici, alors le voisinage le connaissait et l'avait déjà vu avec son tatouage. Tout le monde l'évitait, mais les commerçants qu'il visitait régulièrement n'avaient rien à lui reprocher donc personne ne disait rien. Il était même un client relativement fidèle et honnête, en apparence, même s'il faisait peur.
Chaussures aux pieds, il ouvrit la porte d'entrée et attendit quelques secondes avant de balancer :

Qu'est-ce que ça peut foutre que tu sortes sans soutif ? Personne te regardera. Bouge toi.

Si sa phrase pouvait être interprétée de différente manière, pour lui, c'était juste pour souligner qu'elle allait être éclipsée par le grand dragon, les muscles, la blessure, le borgne, et l'oeil bleu inquisiteur. Il n'imaginait pas un seul instant que des gens puissent la regarder ou s'attarder sur sa poitrine qui semblait plus relâche que d'autres, dû à l'absence de soutien-gorge.
Pas très patient dans son genre, Akagami n'attendit guère plus et s'engouffra à l'extérieur en fermant la porte. Le claquement sec avait brisé le silence et la nuit et il s'éloignait déjà. Ce comportement si je m'en foutiste pouvait tellement agacer les gens parfois, tout comme cela pouvait offrir des opportunité. L'idée qu'elle puisse rester dans l'appartement et chercher son flingue lui traversa l'esprit ; mais cela lui importait peu. Il verrait bien si elle allait le suivre dehors, si elle fouillerait chez lui ; et si elle fouillait, peut-être qu'elle serait partie à son retour, signe qu'elle aurait trouvé l'objet de son désir. Ou pas. Mais ça n'allait pas l'empêcher de faire ses emplettes.
Il savait où il allait, et l'absence de voisins dans la rue ou même de voiture était une bonne opportunité pour éviter les regards suspicieux.


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by Wiise
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Rendez-vous

    Mardi, 20h02


Te rattraper.


C’était un drôle d’effet rebond. Y’avais eu « Nagise-san », puis y’avais eu le retour du loup et de sa répartie cinglante. « Je sais pas. Dans ton cul peut-être ? ». Elle se l’était pris en pleine poire, comme une sorte de baffe, à l’instant même où son esprit vagabond pensait avoir commencé à s’habituer à ses réflexions brutes de décoffrage. A son désintéressement soudain, aussi. Ces drôles de Yoyo qui caractérisaient peu à peu le personnage qui inscrivait chez Rinne quelques unes de ses marques, à force d’échange oraux, physiques, mystico-étranges. De situations désespérées à des scènes d’une banalité ahurissante. Y’avais cet improbable dans leur vis à vis. Il s’était détourné sans plus de cérémonie, et Rinne était restée interdite, un fin soupire vibrant sur le fil de ses lèvres à peine ouvertes. Elle le regarda mettre ses chaussures avec peine ; et sa grimace fut un coup de poignard supplémentaire dans sa bonne conscience.

Elle oscillait entre culpabilité et indifférence ; ne savait plus trop sur quel pied danser. Malgré leur sieste de l’après-midi, Rinne se sentait incroyablement fatiguée : elle devait avoir faim. Il s’était saisit de sac de courses bon marché ; utiles pour receuillir des victuailles. Peut-être projetait-il de faire ses courses de la semaine pour s’éviter trop d’aller-retour. Rinne s’imagina subrepticement Akagami laissé seul à son compte dans les jours suivants. Comment ferait-il? Fierté ou égo, son corps diminué l’empêcherait quoiqu’il en soit de procéder aux gestes de la vie quotidienne de la façon habituelle. Plus encore, il ne pourrait sans aucun doute pas travailler. Comment l’expliquerait-il ? Qui irait-il voir pour se faire excuser ? Quel médecin ? Quel conclusion, mensonge, maquillage ?

Ce fut sa voix abrupte qui l’extirpa de ces brefs mais désolants constats. Et pourquoi s’en souciait-elle d’abord ? Ça avait toujours été sa vie, et le monde autour ; son bardas de soucis, et les inconnus sur son chemin. Pourquoi prenait-elle le temps de s’attarder ? Pourquoi se posait-elle même la question du pourquoi du comment ? Argh. De quoi avoir mal au crâne.
« Bouge toi. ».

Elle s’était réactivée à cette mention précise ; ignorant presque la remarque pleine de bon sens du titan ; dont l’apparence sans aucun doute ravierait tous les regards à son égard. Elle n’eut même pas l’occasion de se piquer au vif ; de protester, de se sentir diminuée de ses attributs physiques. Il était déjà partit devant, sous la pluie qui menaçait d’être battante. Et sans parapluie. Rinne se hâta pour ramasser son sac et enfiler ses chaussures. Il ne l’attendrait pas. En fait, Naruse-san avait tout d’une bête sauvage. Le tonnerre gronda tandis qu’elle enjambait largement vers la porte. Elle pivota, chercha des yeux quelque chose. De quoi le protéger.

Les protéger. Mais là, maintenant, c’était le torse à peine protégé qui avait frappé sa rétine. Puis la cicatrice ; vive, jeune, naissante. La pluie et le froid malmenait les tissus délabrés. Si il grimaçait en s’abaissant, il grimacerait ne serais-ce que mentalement sous le mauvais temps. Sa poitrine brinquebalante, elle attrapa à la volée l’un des parapluie laissé dans l’entrée.

    « C’est ça qu’il ne fallait pas oublier… »

C’était au vide qu’elle s’était adressée, au colosse déjà sorti. Pourquoi lui courrait-elle après ? Pour son flingue introuvable ? Sa culpa…Voilà qu’elle s’y remettait, elle secoua la tête, et dévala à sa poursuite. Il était déjà bien dix mètres plus loin, aussi dut elle courir (et assumer ses seins, putain) jusqu’à sa hauteur, le parapluie déplié au dessus de sa tête.

    « Akagami ! »

La familiarité revenait comme les vagues sous la marée. Soit il le remarquerait, soit il s’en foutrait. Rinne elle-même ne notait plus trop ce détail, les mots sortaient comme ils le devaient - du moins, c’est ce qu’elle imaginait.

Elle monta sur la pointe de ses pieds ; un peu ridicule, plaqua le parapluie au dessus de sa tête. Quelques gouttes tombèrent sur ses épaules, rappel d’une humidité passée (du moment qui avait vraiment tout déclenché). Elle avait le bras tendu, du coté de son épaule non blessée. Pas qu’elle fuyait le bras meurtri de façon consciente, mais elle avait eu cette présence d’esprit. Manque d’endurance, Rinne était déjà essouflée, et le parapluie tremblait un peu devant l’effort qu’elle devait fournir. Elle se disait qu’il allait sans doute l’envoyer chier, et rien qu’à l’idée, y’avais une forme de peur enfantine qui se formait ; un truc qu’elle comprenait pas trop, une fameuse peur du rejet sortie des confins du monde ignoré (de son monde, ignoré).

    « Tu vas mettre de l’eau partout au konbini si tu restes comme ça. »

Elle y était pas arrivée. A lui dire « tu vas chopper la crève, et dans ton état c’est pas l’idéal ». Un truc approximatif. D’une part, question de respect. De pas lui rappeler une énième fois qu’il était diminué : il le savait. D’autre part, parce qu’elle voulait pas lui dire « je m’en fait » ; et qu’il le comprendrait sans qu’elle lui en parle. Et parce que c’était aussi un peu, pour de vrai, l’image qui lui était venue en tête, à elle qui travaillait dans ce genre d’endroit. De pas tout dégueulasser. Ils arriveraient bientôt à destination ; et elle bénissait les dieux du vide intersidéral qui emplissait les ruelles : personne pour épier la scène improbable d’une minuscule nippone bataillant pour maintenir au dessus de la tête d’un géant un semblant de sécheresse.

Sur la moitié de son corps
la pluie battante frappait
et elle s’obstinait à tout faire pour que ce ne soit pas le cas de Naruse.
C’était sans doute bête.



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pour protéger son propre petit jardin secret s a c r é.
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