kinky stuff - kinky gun • Rinne & Akashita
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Rinne & Akashita
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La jeune femme était venu l'arrêter dans ses recherches et, en dépit de ses efforts, il sentait la force le quitter, et il se sentait également blêmir. Allait-il crever bêtement comme ça ? En vérité, il ne pouvait même pas sortir. Se déplacer était une mauvaise idée. D'une oreille quasi absente, il l'écoutait, mais il dû tirer la chaise et s'asseoir. Sa main venant se poser sur la plaie il effectua une pression dessus en dépit de la douleur, voulant stopper un minimum l'afflux de sang. Une serviette. Un tissu. N'importe quoi. Il regarda autour de lui, cherchant du regard un torchon ou n'importe quoi qui puisse faire l'affaire. Là, pour le coup, il se shooterait bien la gueule avec de l'alcool.

Rinne parlait de faire intervenir quelqu'un. Qu'elle le fasse. De toute manière, il y pouvait quoi lui dans cet état, ses forces diminuant d'une manière alarmante. Son coeur lutait pour envoyer assez de sang aux parties de son corps qui en avaient le plus besoin, et c'était pour cette raison qu'il commença à sentir ses doigts qui le picotaient. La balle s'était logée aussi profondément ? Il ne s'agissait que de l'épaule pourtant. Le borgne fit un geste évasif de la main ─ la faible, quasi inerte.

Fait ce qui te chante, tu vois bien que mon avis on s'en balance.

Sa voix était moins claire que ce qu'il avait voulu. Ca l'énervait. Il s'énervait. Au lieu de paniquait, il sentait la colère lui piquer les narine ; être témoin de sa propre impuissance pouvait sérieusement l'agacer et, en conséquence, lui donner un surplus d'énergie avec une rage de vaincre plus prononcée. Ironiquement, il reprit la parole, plantant son regard azur dans les pupilles noires de Rinne.

On sait tous les deux que c'est dans ton intérêt que je ne crève pas.

Quoiqu'il pouvait mourir et elle pouvait faire disparaître le corps. Mais il avait toujours son flingue caché quelque part, et ce seul indice pouvait faire remonter jusqu'à elle. Ce flingue, comme l'assurance qu'elle ne serait pas son ennemie dans la totalité. Cet otage mécanique, preuve qu'il n'y avait pas de disparition hasardeuse et qu'où qu'il soit, les forces de l'ordre devraient le retrouver, mort ou vif.
Le brun baissa à nouveau le regard. Sa vue se floutait légèrement. Si seulement il avait eu cette poussée d'adrénaline soudaine pour se maintenir alerte. Il pouvait être un mastodonte, un tas de muscles sur pattes, personne ne pouvait tenir tête face à son propre corps qui vous lâche. C'était son cas. Afin de survivre, il se débarrassait de ce qui était inutile, ne conservait que le minimum vital. Plus les minutes s'écoulaient, plus il se sentait faiblir. Alors certes, il pouvait certainement se mettre dessous et marcher, mais ces efforts là, n'étaient-ils pas inutiles et potentiellement dangereux même ? A forcer la pompe de chair d'envoyer plus de sang, plus efficacement, plus diffus ; à risquer l'évanouissement.

Les hommes comme moi ne font pas long feu ; un sourire étira la commissure de ses lèvres. C'était ce genre d'incident débile qui allait le mettre au tapis ?... Non. Ses sourcils se froncèrent. Rinne allait bien évidemment faire quelque chose. Et si elle ne voulait pas, il n'aurait qu'à l'emporter avec lui.
Son regard déterminé se reposa sur elle, alors qu'il attendait que les choses se passent. Sagement. Docilement.

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by Wiise
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    Mardi, 13h33


Agir


    L’homme face à la condition physique
    redevient un matériel bien basique.


Elle le vit flanchir. Il n’y avait même pas besoin d’échanger, de négocier. La vie le quittait. C’était une folie ; de voir basculer ainsi les ennuis ; d’un instant à l’autre, tout s’était délité. La constance, le stature, les paroles, l’individu. Même sa voix s’entachait du mal qui le rongeait. Mais ses propos demeuraient les mêmes, en essence ; cette placidité attachée à la fatalité, de réponses tranchées d’une incisive honnêteté. « ─ Fait ce qui te chante, tu vois bien que mon avis on s'en balance. ». Son fessier avait trouvé une chaise. Sa main essayait tant bien que mal de compresser la plaie. Rinne commençait sincèrement à s’inquiéter.

Sincèrement ; parce que la douleur physique chez les autres avait pour elle quelque chose d’infiniment dérangeant. Bien plus que la concernant. Et sa voix s’était perdue, quelque temps : peu à peu les morceaux le constituant allaient s’écrouler, jusqu’à la perte de connaissance. Il fallait d’abord l’aider, ensuite appeler. « On sait tous les deux que c'est dans ton intérêt que je ne crève pas. » Que savaient-ils, en définitive ? Rinne fit demi-tour vivement. Elle récupéra sur son lit un tee-shirt au manche longue. Revint un peu précipitée à ses cotés. Purée. Elle y connaissait que dall. Est-ce que foutre du tissu risquait de tout faire empirer ? Elle récupéra sa main, avec une un toucher docile, prévenant. Enroula les manches autour du bras. Serra, fébrile. Obligée de le déplacer. Obliger de lui arracher encore un peu de libre conscience. Mais ils étaient pressés. Elle s’éloigna, tapota sur son téléphone, maculé du sang perlé sur ses doigts.

    « Allô ? Oui. C’est un code 40530. Shibuya-ku, Tomigaya, 2 Chome−34. »

Rinne avait déjà eu à faire affaire avec la chirurgie masquée, par le passé. Ces gars étaient des pros, elle n’en avait jamais douté. Ce dont elle doutait plus par contre, c’était de ce qui était en train de se passer. Naruse avait toujours en sa possession son premier flingue ; une corde rouge reliant indubitablement son destin et le sien. Elle ne pouvait pas le laisser crever, sans qu’il ai révélé l’emplacement de l’objet. Ne jamais laisser de trace. Même Monsieur n’aurait rien put y faire en cas de crasse ; le mort aurait emporté dans sa tombe un terrible secret.
Et au-delà, l’idée d’avoir tué quelqu’un. Pour rien.
Par sa faute. A lui ; l’autre, au loin. A Elle. A ses foutus méninges (en déclin).

    « Reste éveillé. Ils ne vont pas tarder. »

Elle pris la main d’Akashita qui n’était pas occupée à maintenir le tee-shirt en l’état entre ses doigts, massa sa paume. Avec énergie. Des gestes de bases qu’elle avait appris en bénéficiant elle-même de certains soins.

    « C’est pour te stimuler. »

Dans un autre contexte, le geste aurait été autrement déplacé — et risqué. Mais l’heure n’était pas aux ébats enflammés. Le chat a la souris s’étaient calmés ; il n’y avait ici que deux individus confrontés à la faiblesse cruelle de la vie. La porte sonna dix minutes plus tard ; une rapidité appréciable. Rinne se rua sur la porte, sans prendre la peine se rhabiller. Leur ouvrit. Deux individus assez baraqués, aux faux airs de déménageurs. Transportant avec eux le nécessaire d’opérateur. La porte fermée, Rinne débita les informations à sa portée.

    « C’est un qualibre 3mm. Lancé à bout portant. La balle n’a pas été délogée, l’épaule est compressée depuis dix minutes maintenant. »

Ils acquiescèrent en silence, ne prirent pas la peine d’observer les lieux. Ils savaient quoi faire. Ils se dirigèrent dans le salon, tombèrent sur Naruse qui luttait encore à peine pour garder les yeux ouverts. Rinne avait les dents serrées. Et si il était allergique à un produit en particulier ? Et si… Son heure était comptée. Elle fit demi-tour vers la chambre, pour balancer toutes les fringues au sol, dégager le matela. Un des deux hommes l’avait suivie, il l’observa sans mot dire, puis sortit un film dont il recouvra l’ensemble du matelas. Il repartit dans le salon à la recherche du garçon. L’entrée de la chambre était étroite, le mobilier prenait tout la place. Rinne compris très rapidement qu’il fallait leur laisser le champ libre. Elle passa dans le salon tandis que les deux hommes soutenaient le mastodonte en dérive pour l’amener vers leur opération. Ça allait piquer.

    « Deux heures de travail. »

Rinne aquiesca envers l’homme qui s’était retourné. Un regard profond, des rides plus ou moins marquées. Les deux avaient une trentaines presque consommée. Elle s’échoua sur le canapé, à coté de son sac qui y avait été laissé. S’occuper l’esprit, ne pas y penser. Un tas de pensées affluaient. Etait-elle inquiète pour Naruse-san parce que sa situation désespérée avait été causée par son manque de santé mentale ? Ou parce qu’elle l’appréciait ? Le connaissait, un peu, maintenant ? Etait-ce le moment pour se poser ce genre de questionnement ? Il y eu quelque chose de ressemblant à un râle, et Rinne sursauta. Boum-boum-boum. Son cœur vrillait. Se serrait. La nausée n’était plus seulement installée, elle l’irriguait. De toute part. La noyait. Elle se leva, vacilla, se précipita vers les toilettes pour aller vomir.

Dans la salle, les deux hommes avaient injecté à Naruse une sacré dose de morphine. Le travail dura le temps escompté, labeur millimétré d’artisan brillant, et grassement payés. Rinne eu le temps de vomir la quasi totalité de ses tripes et de fumer une cigarette pour s’aérer l’esprit — sans succès. De la bile infinie. Lorsque l’opération fut finie, Rinne s’inclina pour leur travail, et ils entreprirent de récupérer le matériel. Du sang, du sang. Sur l’étendue plastifiée des draps. Du sang, du sang. Sur le sol, là où Naruse avait circulé. Du sang, du sang. Rinne alla chercher une bouteille d’eau.

    « Il se réveillera tranquillement. »

Tranquillement. C’est ce qu’ils lui avaient dit. Rinne voulait sangloter. Mais ce n’était pas son genre. Elle se contenta de faire le tour du matelas pour déposer l’eau sur la table de chevet, à coté de son second briquet de sa clope laissée. Elle resta par terre, les bras sur le matelas, à attendre qu’il daigne se réveiller. Une petite envie de prier. Son crâne était lourd, d’avoir retenu des larmes, et d’avoir agis en rapidité. Elle cala sa tête dans le creux de son coude. Tentée par morphée, mais trop rongée pour s’y lover.

Au dessus de sa tête
Un monde
pèse comme un gong.



_________________
        
Rinne a une identité multiple ; il faut au moins ça 
pour protéger son propre petit jardin secret s a c r é.
* rinne < civile >  ** riné < omega > 
*** rhyme < gérante du marché noir pour omega >
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Rinne & Akashita
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Un homme comme lui, ça n'admettait pas ses erreurs. Ca ne disait pas "désolé, je n'aurais pas dû aller aussi loin". Mais plus que son confort à elle, Akashita était concentré sur le sien. Il avait visiblement sous-estimé la jeune vendeuse. Elle ne lui avait pas semblé si dangereuse, si prompte à perdre son sang froid au point de tirer sur quelqu'un sans réfléchir aux conséquences. La corde qu'il avait touchée, il avait déjà compris que ce n'était pas quelque chose d'anodin, et que ce n'était pas de la colère. Il y avait eu dans de le regard de la brune un vide si grand, qu'il se demandait simplement si elle n'avait pas été formatée pour se déclencher avec certains mots.
Elle s'affairait à l'aider, mais il ne pouvait plus faire grand chose. Sortir la balle. Il fallait qu'il s'en débarrasse, et stopper l'hémorragie. Il s'estimait déjà relativement heureux que l'énergie cinétique de ce petit cylindre n'ai pas provoqué un arrêt du coeur ; la balle devait être trop petite pour un effet aussi puissant. Son corps, petit à petit, devenait chaud. Luttait. Mais son visage, lui, ne voulait rien laisser voir. La sensation de faiblesse était quelque chose qu'il ne supportait pas.

Puis, tout devint flou. Elle lui prit la main, mais il ne faisait guère attention ; il se sentait un peu déraper, mais restait conscient. Des minutes qui semblaient des heures s'écoulèrent et des gens qu'il ne parvint pas à identifier clairement, sa vue se floutant, débarquèrent chez lui. Il fut forcé de marcher, et si son corps suivit mécaniquement le mouvement, il ne se sentait pas marcher de lui-même.

Puis ce fut le noir. Le black-out.

Ni rêve, ni souvenirs. Rien. Il n'avait rien à penser de toute manière. Ni famille ni amis, ni espoirs ni rêves. Juste... du repos.

Il ne savait combien de temps s'était écoulé. A sa reprise de conscience, partielle, il ne savait même plus où il était ; ah si, le plafond de sa chambre. Mais il avait encore envie de dormir, flemme de se lever aujourd'hui. Alors sa paupière se referma, et il sombra à nouveau dans le vide.

Il lui sembla s'être reposé une seconde seulement, car son oeil se rouvrit. Il sentait un peu son bras non blessé, ses doigts gigotèrent un bref instant. Un grognement, un râle, et il se souvint de ce qu'il s'était passé. Il voulu se redresser mais la sensation d'engourdissement était encore bien trop présente. Il pu néanmoins apercevoir la chevelure brune à son chevet ; le visage de cette qui lui avait tiré dessus. Son esprit était englué dans la morphine et il sentait que parler n'était pas encore une option pour lui. A la place, il usa de ses forces pour se décaler vers l'arrière et redresser son buste. Depuis combien de temps était-il allongé là ?

La balle avait été retirée. Si elle voulait le finir c'était maintenant, tant qu'il ne pouvait pas se défendre.

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    Mardi, 15h53


Contempler


    film étirable
    qu'on ne peut que briser


D’un revers de l’œil Rinne pouvait voir son visage encore meuble ; paisible accouché d’une dose de morphine. Sa respiration régulière soulevait son torse criblé de tatouages sinueux, et son œil clos laissait parfois vibrer ses cils, au rythme d’un sommeil qu’elle devinait sans rêve.

    « Akagami Naruse. »

Murmura-t-elle en tendant faiblement le bras ou sa tête ne reposait pas. Il y avait de la quiétude après l’orage ; une accalmie étrange presque hors du temps. Dehors, la pluie avait pris l’espace depuis déjà un moment. La lumière fluctuait dans la pièce exigue, valves aquatiques contre les murs. Rinne se sentait affaiblie, et cherchait à taton dans son esprit une forme de raison. Remontait le fil des actes, de ce qui avait mené le garçon a être plongé dans un sommeil si profond. Sa tête parfois protestait ; de paroles qu’Akagami avait prononcés, s’était dressé une horde de désagréables sensations. Rinne, que t’es-t-il arrivé ? Ses yeux sombraient dans les couloirs d’une étrange prison (l’espace de ses antiques démons). Quel avait été le mot ? L’instant ? Déclenchement ? Le bout de son doigt roulait sur l’étendue plastifiée, collante, visqueuse du sang à peine séché.

C’est étrange comme l’homme au repos semble différent. Elle se redressa un peu ; il ne s’éveillerait sans doute pas avant un moment ? Son corps s’éleva jusqu’au matelas. Une curiosité brulante ; au revers de sa culpabilité. Son regard navigua sur l’enveloppe charnelle à l’allure apaisée. Son visage était beau, assurément. De quelle origine était-il, déjà ? Ainsi réduit, Naruse-san était sans en douter à sa merci. N’était-ce pas en soit une belle aubaine ? Mais le bout de ses doigts fila simplement vers son visage, qu’elle n’osa pas toucher dans un premier temps. Elle resta suspendue, comme figée un instant. De sa faible distance, le creux de sa main pouvait sentir la brise issues des poumons du géant. Que cachait-il derrière ce cache-œil ? Un orbite vide ? Une cicatrice ? Rinne se ravisa, comme pour respecter quelque chose qu’elle même ne définissait pas.

Elle se rabaissa, repris sa position d’origine. Ses cheveux coulaient sur ses épaules, trainées noires au milieu du carnage. Sa respiration se ralentissait ; et les doutes insomniaques s’évaporaient peu à peu contre la fatigue évidente. Au fond de son tronc, un poids lancinant.

Il y eu le bruit d’un frottement ; et quelque chose d’une présence. Rinne éclaira ses yeux brusquement. S’extirpa de la torpeur enveloppante. Naruse-san s’était réveillé. Son œil glacial avait recommencé à exister. Il ne lui parla pas. Elle ne sut pas dire si un regard lui avait même été accordé. Dans son état, le monde devait continuer de sembler bien éloigné. Elle le fixa tandis qu’il se redressait, la tête toujours reposée contre ses bras, les genoux contre le sol qui lui semblait si froid. Un instant de latence — une bille suspendue dans l’attente.

Rinne se réactiva. Son corps se déplia, et elle se saisit de la bouteille d’eau. Remarqua qu’elle avait oublié d’y apporter un verre ; aussi fort était-il, il vallait mieux éviter tout poids inutile. Elle se redressa, muette, et se précipita en trottinant jusqu’au salon récupérer l’objet désiré. Revint bouteille et verre en main.

    « Il faut que tu boives. »

C’était en effet une nécessité ; après tout ce que son corps avait enduré. Elle jeta malgré elle une œillade à son torse, canvas animé. Dans les yeux de jet de la japonaise, un brouillard épais d’une forme de honte ou d’insécurité naviguait. Elle pris place sur le lit, assise, et tendit le verre à l’orée de ses lippes. La morphine mettrait encore quelque temps à se dissiper.

Rinne avait l’impression de contempler son œuvre, et tout à la fois, ne pouvait s’empêcher de réaliser qu’Akagami avait cherché ; cherché à épier, les méandres anxiogènes que son cœur s’était efforcé de cacher.

Il faut parfois savoir être désintéressé
Un doute d'une infinie détresse.


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La situation était des plus étranges. Ce qui avait commencé comme une simple journée d'entraînement, complètement normale, avait viré au fiasco total où la vie aurait pu s'arrêter pour lui. c'était ainsi. C'était pour cela qu'il jugeait qu'il ne ferait pas long feu. Il se connaissait assez pour savoir que son propre comportement le mettait en danger et que rien ni personne ne changerait ça ; il savait qu'il mourrait aussi bêtement, un jour, juste... comme ça. Il ne voyait pas les choses se passer autrement. Approcher de la trentaine était déjà, en soi, un succès. Parce qu'après tout, pourquoi était-il ici ?

La jeune femme à son chevet s'activa et quitta la pièce un instant, permettant au borgne de faire la grimace alors qu'il sentait une immense faiblesse dans son épaule gauche. Une blessure dont il ne récupérerait pas en trois jours. Il serra les dents ─ à moitié, ne sentant pas vraiment ses muscles et laissa sa tête reposer en arrière. Rinne revint, et son oeil bleu se vissa sur elle en un regard accusateur et curieux à la fois. Elle avait eu l'occasion de s'enfuir, de le laisser planter là, ou de finir sa fouille sans que personne n'intervienne. N'avait-elle donc toujours pas trouvé son arme ?
Elle s'approcha, verre d'eau à la main. Akashita sentit alors sa gorge sèche lui hurler de prendre le verre. Il leva alors le bras droit, à moitié convaincu par sa propre force, et sa main encadra le verre. Tant qu'il le tenait, ça allait. En un mouvement un peu lent et imprécis, il ramena le verra à ses lèvres, avalant goulûment l'eau plate. Une sensation de fraîcheur et de brûlure en même temps lui parcourra la trachée tandis qu'il finissait le verre.
Abaissant son bras, le borgne reposa son regard sur Rinne. Son esprit était encore un peu flou, mais il y voyait assez clair pour ne pas sortir trop de conneries. Et puis, une question lui brûlait encore les lèvres.

Pourquoi es-tu encore là ? lâcha-t-il d'une voix éraillée par la sécheresse de sa gorge en dépit du verre d'eau.

Sa voix était faible, presque comme un murmure, preuve de son faible état. Ainsi, il était à la merci de n'importe qui. Sa seule défense restait son regard qui semblait vouloir tuer ce qui se trouvait dans son champ de vision.
Définitivement, la jeune femme faisait parti d'un gang. Elle n'avait pas voulu mêler ledit gang à tout ça, d'ailleurs ; Akashita voulait comprendre et savoir, mais ses capacités étaient encore trop réduites et engluées pour qu'il puisse mener son raisonnement à bout. Alors il se contenta de poser le verre de côté, et voulu se masser le visage un instant avec sa main. Cache-oeil en travers. Une histoire que peu connaissaient. Sans aucune gêne, ses doigts attrapèrent l'élastique noir et tirèrent pour retirer ce cache-misère ; une marque de brûlure sur l'oeil recouvrait la chair ; son sourcil était inexistant et un oeil vitreux complètement aveugle semblait mort. Le borgne pu enfin se passer la main sur le visage, massant légèrement sa peau encore engourdie.

Tête dans le cul... maugréa-t-il pour lui-même.

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    Mardi, 16h00


Penser


    Un malaise parcours la terre
    de laquelle j'ai germé.


Il a assez de force pour porter le verre. Rinne remarque que quelque chose dans cette observation la soulage. La soustraction d’un des poids pesant lourd sur ses épaules. Son regard est froid ; Rinne y voit comme les mots amers d’une accusation. Elle ne peut pas s’empêcher de se demander si dorénavant, chaque regard croisé lui inspirera ce désagréable sentiment. L’omega réalise à cet instant qu’elle envisage une possible suite ; re-rencontre. C’est absurde ? Pourquoi se reverraient-ils ? Il ne retournera pas au chantier avant un moment. Ses mouvements sont lents, sa voix est si faible. C’est ainsi, tout n’est que basculement.

« Pourquoi es-tu encore là »

Une question qui se pose vraiment. Rinne cligne des yeux. Elle aussi ne sait pas trop. Elle n’a pas trouvé son arme, c’est un argument. Mais pourquoi s’est-elle contenté d’attendre sagement? L’inquiétude, le tourment. Rinne n’est pas une sanguine sauvage sans attachements. Sa conscience a quelques détours qui lui font prendre de mauvais cheminements. Elle ne peut pas laisser quelqu’un qu’elle a blessé dans la solitude, profiter pour fuir lâchement. Et puis, elle n’avait pas eu la force ni l’envie de chercher. La nausée avait été violente, et son corps se remettait du sursaut de PTSD. Y’a quelque chose de vraiment déplaisant.

Elle ne sait pas qui elle regarde. Un homme d’une trentaine d’année embourbé par sa faute ; ou un malfrat partie d’un gang ? Rinne veut soupirer, mais elle se tais. Son regard reste rivé sur lui, comme désespéré de trouver quelque chose qui ne veut pas se montrer. Inopinément ; c’est quelque chose qui l’avait intrigué qui se retrouve naturellement dévoilé.

Akagami a glissé ses doigts sur son cache-œil, retiré l’abris du secret pour un temps. Rinne a l’impression d’épier quelque chose qui ne la regarde pas ; mais son esprit ne peut pas l’empêcher : animée de curiosité ses yeux scannent et impriment les détails de ce qui lui est donné. Une brulure, les marques d’une douleur passée. Comment cela a-t-il put lui arriver ? Rinne sent bien qu’elle a envie de demander. Mais éluder une nouvelle fois ses questions pour lui en poser, c’est plus que de raison. Il maugrée pour lui-même, et l’adulescente lui réponds. D’une voix calme, évidente.

    « Je ne l’ai pas trouvé. En réalité, elle ne l'a pas cherché. Et je ne pouvais pas te laisser comme ça. »

Une rare honnêteté.

    « Tu vas avoir besoin d’aide pour nettoyer. »

Une réalité. L’appartement est maculé de sang, marqué par l’effroi. Et qu’il l’accepte ou non, le géant est diminué de ses capacités. Elle s’approche un peu plus de lui. Son œil vide semble être le fantôme de celui encore en vie. Fascinant spectacle d’un visage où l’expression est déviée ; faussée par l’empreinte d’un houleux passé.

    « Et c’est l’épaule de ton coté le plus… »

L’épaule juste en dessous de sa pupille valide, qui a été touché. L’épaule donc la plus entrainée, ou du moins, c’est presque certain, avec un taux maximum de coordination ? Mais les paroles meurent sur les lèvres de Rinne, qui ferme les yeux un instant, comme pour décider quelque chose.

    « Tu n’aurais pas dut chercher. Plus que de nécessaire. Qu’as-tu essayé de faire ? »

Ses yeux se sont rivés sur les siens, comme vissé aux aspérités qui s’y trouvent. Elle se dit qu’il faudra sortir lui acheter à manger. Ou préparer. Qu’elle ne peut pas le laisser comme ça. Qu’il va défaillir, quand même c’est un si grand gaillard. Au fond d’elle, il y a de la colère, et une intense frustration.

Deux chiens de faïences
discutent un soir d'été.


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Elle ne l'avait pas trouvé hein ? Il n'en était pas étonné, mais il se gardera bien de le dire. Cependant la suite de sa phrase laissa le métis un peu perplexe qui ne voyait pas trop où elle voulait en venir. Elle se sentait coupable, peut-être ? Voulait se racheter ? Comportement étrange, quand il se rappelait qu'il était celui qui l'avait poussée dans ses retranchements et causé cette balle. Il ne la blâmait pas vraiment, d'ailleurs ; les gens réagissaient, et il faisait avec. A quoi bon soutenir une rancune contre elle alors qu'il était celui qui avait déclenché la merde. Cela étant, il ne voyait pas non plus de raison pour se priver de l'occasion qu'elle lui offrait.
Ce qu'elle disait avait du sens, alors il ne la coupait pas. L'idée de se faire aider en revanche l'agaçait ; il n'était pas un assisté, ne l'avait jamais été, et ne voulait pas l'être. Trop de fierté ou d'égo, allez savoir, mais il ne pouvait pas non plus la repousser. Même s'il lui disait "non", il ne pouvait même pas la mettre dehors. Tournant son visage vers elle, quelque peu indifférent à l'idée de lui montrer sa blessure à l'oeil, il sembla vouloir lire en elle.
Sa question était légitime. Pourquoi voulait-il savoir ? Qu'est-ce que ça pouvait bien changer à sa vie ? Fondamentalement, rien. Avait-il toujours besoin d'une raison pour agir ? Il lui offrit un soupir accompagné de paupières fermées, signe qu'il se résignait à parler compte tenu la situation et sa fatigue. Puis, il n'avait pas forcément de choses à cacher.

Tu m'as déjà montré bien trop de mensonges ; la lâcheté m'exaspère.

Ses yeux se rouvrirent et il planta à nouveau son regard sur elle, quelque peu accusateur.

Je n'aime pas les secrets ni l'hypocrisie.

Hypocrite. Rester ici, se dire incapable de partir, et pourtant le détester -le détestait-elle ?- et avoir failli le tuer. Jouer le rôle de la petite vendeuse parfaite, mais être capable de le menacer violemment avec une arme à feu ; s'être énervée lorsqu'il avait fait illusion à un gang, mais n'avoir aucun remord à se renseigner à son sujet pour retrouver son arme. Ses actions confirmaient, mais ses mots niaient, et ses regards fuyaient. Akashita tendit la main vers elle, lentement, et souleva son menton pour voir la trace de sa main autour de son cou. Il ne l'avait pas ratée non plus. De légers bleus avaient commencer à marquer sa peau si claire. Un peu du gâchis, il devait bien l'admettre. Il relâcha son menton.

Et quel mensonge vas-tu trouver pour cette marque ?

A mesure qu'il parlait, sa voix lui revenait normalement. Moins de tressaillements, plus d'assurance et de puissance. Une voix presque normale.

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    Mardi, 16h10


Réclamer


    Le temps s'est posé sur un instant
    je l'ai vite oublié.


Y’a de la dureté dans ses propos, mais la vérité marque son fer sur la peau de chagrin du palpitant de Rinne. De la lâcheté. Lâcheté. Est-ce que les mensonges sont une forme de lâcheté ? Obligatoirement ? Est-ce de la lâcheté de sa part, que de s’encombrer de milles et un masques pour tenter d’encombrer la route des possibles invités ? Rinne l’écoute ; il a les yeux fermé. Lorsqu’il les rouvre, ils sont acérés. Une accusation, énième, une confrontation, toujours le même. Son esprit doit dissiper les vagues troubles de la morphine en reste. « Je n’aime pas les secrets ni l’hypocrisie. ». De l’hypocrisie ? Rinne ne sait pas, elle est pour une fois bien indécise. Il associe des qualités à ses agissements qui ne sont pas celle qu’elle s’était elle-même imaginé. Secret, oui. Hypocrisie ? Rinne, et le déni.

Elle soutient son regard malgré les peines qu’il cause à son cœur qui tambourine un peu à nouveau. Rinne n’a pas l’habitude de parler, encore moins de ses pensées cachées, de ce qu’elle cherche à masquer de la réalité. Ses muscles, comme un souvenir ancré, se rappellent qu’il leur faut se tendre. Aussi réduit soit-il, Naruse semble toujours, pour une raison qui lui échappe, si prompte à la dominer. Il y a quelque chose dans la franchise de ses propos qui désarçonne la nipponne. Elle qui aime pourtant la clarté…

Sa main se tends vers elle. Les yeux de Rinne s’agitent un peu, tandis que sa poitrine gonfle. Il soulève son menton, et la peau qui se tends indiciblement réveille la douleur à peine endormie. Elle se rappelle qu’elle aussi, a quelque petits soucis. Il le souligne sans problème, avec ce même naturel irritant. Relâche son menton, dans un même temps.

Quel mensonge ? Rinne aurait habituellement sourit, d’un sourire un peu fade, quoiqu’assuré. Une figure pour proclamer « je sais ce que je fais ». Mais là, quelque chose en elle reste figé. Ses yeux se baissent vers le torse de Naruse, étudie à nouveau les formes qui aurait put l’obséder toute l’après-midi. Mais il en a été autrement. Le sang séché a une texture friable sur le plastique dont le lit est emballé.

    « Ce n’est pas compliqué de porter une écharpe. Ou un col roulé. »

Peut-être Naruse s’imagine-t-il que Rinne a une vie de famille. Des amis. Qu’elle sort. Cela lui arrive, oui. Mais si rares sont les gens et les occasions. Et si tenu sont les liens, et les sentiments. Elle ne sera pas trop embêtée. Elle devra faire en sorte de bien tout maquiller.

    « Comme tu le sais, je sais m’arranger. »

Son épaule présente un bandage immaculé. Preuve d’un travail de qualité. Rinne rapproche sa tête de l’emplacement, et relève son regard vers l’enneigé.

    « Il va falloir que tu prennes quelques soins. Je vais t’écrire ça sur un bout de papier. Mais avant toute chose… »

Elle posa sa main sur son épaule. A peine. Très doucement. Elle ne voulait pas lui faire mal ; elle ne s’en sentait pas capable. Mais il était de son devoir de parvenir à ses fins, sinon, tout ça n’aurait rimé à rien.

    « Dis-moi où tu l’as rangé, Akagami. »

C’est la première fois que ton prénom franchit ses lèvres en ton éveil. Elle ne sait pas pourquoi elle a choisit de l’utiliser. Peut-être voulait elle savoir ce que ça fait. Sûrement pas te surprendre : il est logique qu’elle ai appris jusqu’à ton prénom étant donné ses informations.

Le souhait que la fée avait formulé
n'enchanta pas le garçon qui avait souhaité l'écouter.


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••••



Rinne ne perdait pas le nord. Et le borgne retint à peine une grimace lorsque sa main appuya sur son épaule. Il n'était pas trop en position de dominer quoique ce soit, pourtant il continuait à parler comme si. Rinne avait raison, lorsqu'elle pensait qu'il agissait comme s'il marchait sur le monde et non avec ; Akagami fonctionnait ainsi. Force était de reconnaître qu'il n'avait pas reçu l'éducation du japonais standard, cela crevait les yeux.
Douée pour mentir, pour arranger les choses à sa manière ; Rinne avait-elle un talent inné pour cela ? Si oui, pourquoi arrivait-il à mettre le doigt dessus et à la faire réagir, parler un minimum ?... Y arrivait-il vraiment, de toute manière ? Le métis ne comptait pas la laisser s'en tirer à si bon compte avec son arme. Il n'avait pas pris une balle dans l'épaule pour rien après tout.

Un petit sourire étira ses lèvres ; si son corps était un peu dans la brume, son caractère lui n'était pas endormi. Il attrapa la main de Rinne posée sur son épaule mais ne l'éloigna pas. Il avait juste rétabli un contact.

Tu me prends une balle et on en vient de suite aux prénoms sans honorifiques ? Tu restes même à mon chevet, m'offre même ton aide... je te plais à ce point ?

C'était gratuit et ça ne mangeait pas de pain. Mais plus qu'une réelle provocation il y avait de l'amusement dans sa voix. Sa main glissa, entraînant la sienne sur son muscle pectoral, comme une invitation à le toucher davantage (excusez moi je glousse irl ptdr). Puis, subitement, peut-être était-ce la morphine, mais une idée lui traversa l'esprit. La lumière subitement s'alluma à un des étages et c'est, comme toujours et à jamais, sans le moindre tact qu'il lui posa franco sa question du jour :

Tu as peur que je te fasse mal parce que tu es vierge ?

En vrai, il l'avait juste balancé au pif. Il ne savait absolument pas si elle était vierge, et il s'en tapait un peu, mais l'idée de lui sous-entendre qu'elle agissait comme telle déclencherait peut-être... quelque chose. Au pire, qu'est-ce qu'elle lui faisait ? Une balle dans l'autre épaule ? Autant s'en prendre une dans la tête et mourir glorieusement sur son lit avec la trique comme le grand abruti qu'il pouvait être par moment. Avec un peu de chance la morphine rendrait la mort super tripante et agréable.
Lui aussi, il ne perdait pas le nord ─ ou peut-être l'avait-il perdu, mais que bizarrement il allait dans la même direction que d'habitude ?

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    Mardi, 16h20


Paniquer



Tu ne le changeras pas.

C’est une forme de phrase préfabriquée qu’on applique à un certain type d’individu buté, généralement âgé. Parfois il arrive que des jeunes gens ait la tête assez dure pour que le stéréotype s’applique aussi à leur moyenne d’âge.

Rinne compris que quelque chose n’allait pas lui plaire à l’instant où les lèvres du requins s’étaient étirées en un petit sourire. Chaque fois qu’une expression de ce type passait sur le visage d’Akagami, elle présageait un retour de baton verbal bien sentit. Ce garçon avait l’habitude maintenant de lui envoyer des batons, de tapper ses rotules, fouiller ses démons. Peut-être était-ce un talent inné chez lui, que de viser juste, de s’insérer dans les ouvertures les plus fines et les plus dérangeantes. D’y glisser son fiel, ses remarques acerbes, ou taquines, sacro-sainte honnêteté dont il ne se défaisait jamais.

Il prends déjà sa main. Il ne la décale pas vraiment, il la touche, c’est suffisant. Rinne respire calmement. Ce type de désagrément, son corps commence à s’y faire, sa tête à comprendre. Et les évènements récents rendent légèrement plus futiles ce qui il y a encore peu la transformait en furie. Mais cette voix qui entonne. « Je te plais à ce point ? ». Te pique au vif. Rinne a envie de protéster, encore. D’arracher sa main subitement. Mais il faut le laisser jouer, un peu, encore. Voir jusqu’il veut l’emmener. Puis redescendre tranquillement vers la question de l’intéressée : l’emplacement de son arme.

Elle ne peut pas s’empêcher de noter l’amusement dans sa voix. Amuse-toi, tant qu’il est encore temps. Ses sourcils se froncent légèrement, elle n’y peut rien, c’est viscéral. Et dans sa tête la question reste cependant en suspens. « Je te plais, à ce point ? ». Naruse-san n’est pas si répulsif, et donc ? Elle n’a pas pourtant pas le temps de s’y attarder. Parce que sa main, plus grande, plus forte, et chaude, chaude, infiniment chaude de la fièvre juste récente, mène la sienne vers d’autres recoins. Son muscle pectoral. MAIS QU’EST-CE QU’IL FOUT CE CON ? Rinne a le plat de la main sur sa peau qui se gonfle ; son rythme cardiaque n’est pas loin (et le sien implose). Une électricité navigue sur ses joues, à la vitesse de l’éclaire. Encore ce truc dans le bas du ventre, ces fourmis, cette armée désespérante. Et son visage s’embrase, c’est comme ça. Elle est prête à ouvrir la bouche pour hurler, a tirer sa main (pourquoi ce n’est pas déjà fait ?), mais une question tombe. « Tu as peur que je te fasse mal parce que tu es vierge ? ». « Parce que tu es vierge ? » « Vierge » « Vierge » ?

Allô ? Ici la stratosphère. On vient de voir passer l’âme d’une japonaise qui avait l’air de s’être égarée. Rinne a freeze, une micro-seconde. Vous savez, le temps que le mur de sa raison se brise, et qu’elle arrache sa main d’un geste vif du torse pourtant si opportun. Elle ouvre la bouche, une sorte de bégaiement confus dût à une fébrilité accrue. Elle assène un énorme coup de poing (si faible) à l’endroit même d’où s’est extirpé sa main.

    « MAIS QU’EST-CE QUE TU RACONTES ? »

Elle se propulse en arrière, mais croise son regard. Cet œil bleu qui n’en finit pas de hanter par sa présence écrasante. Rinne s’empourpre de plus belle. Franchement ? Elle réalise qu’elle est encore à moitié nue. Met ses bras autour de son corps, d’un coup ; comme si tout avait changé, qu’il n’avait encore rien vu.

    « Je… Que... Je… PEUR DE QUOI ? »

Puis là, le tiraillement. Dire quelque chose, prendre contenance. Alors d’une voix dure, sévère, piquée au vif.

    « On t’a définitivement perdu. J’aurai dut leur dire de t’achever proprement. »

C’est sans doute la première fois que quelqu’un parle à Rinne de sa sexualité. De vive voix. Sans filtre ni forme. Akagami, quoi. Elle se penche au bord du lit pour ramasser un tee-shirt dans tout le fratras. Mais son élan est mauvais, son équilibre précaire la balance en avant, elle attérit la tête la première et se cogne fortement. Un cri de surprise plus des jurons qui s’enchainent. Rinne si calme vient d’éclater la scène. Elle se relève, le tee-shirt dans les poings, serrés, si sérrés. Elle finit par lui balancer au visage désespérée.

    « Mais qu’est-ce qui t’as rendu aussi con ?! »

Elle fulmine parce qu’elle sait qu’il va s’amuser. Qu’au pire, il prendra sa réaction pour une confirmation. Que dans tous les cas, voyant son intérprétation, il s’en servira pour jouer de ses sensibilités. Alors Rinne se relève, titube un peu parce que son crâne a quand même bien pris. Navigue sur les marées de vêtement en manquant d’y glisser, se barrer, aller dans le salon, se calmer. Le laisser en plan. Se calmer. Oui, Se calmer, vraiment.

Fait les 100 pas toujours à moitié à poil dans le salon en bataille.
Fais demi-tour, volte face. Saisit le flingue qui a volé plus tôt, celui qui a blessé le grand (le beau). Le ramasse, le maintient, le regarde. Du bord du lit où elle se tient.

    « Impossible que je te rate, crétin. »


Mais le prédateur ne veut pas savoir
que l'affaibli détiens en lui
le secret qu'il nécessite.



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Rinne a une identité multiple ; il faut au moins ça 
pour protéger son propre petit jardin secret s a c r é.
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Le rouge de ses joues ; le regard surprise ; avait-il visé juste ? Le borgne resta interdit un instant, réalisant qu'il venait de taper dans le mille. Une vierge ?! Pour de vrai ? Genre, oui, ça existe encore. Parfaitement normal oui. Mais il s'en étonnait ; parce que le peu qu'il avait vu d'elle, elle n'était pas à plaindre. Alors certes, elle n'était pas le canon de beauté de type américain, mais elle avait ce charme japonais, et une poitrine qui semblait ferme ─ il ne l'avait pas raté, surtout quand elle s'était penchée dans sa direction.
Le coup de poing, même minime, lui arracha une grimace de douleur et il s'empressa de poser sa main dessus en lâchant un super "putain niquez vos mères" tellement glorieux que l'injure se fondit dans le décor.
S'ensuivit un enchaînement de paroles, de gestes et de gaffes. Il ne pouvait pas la prendre au sérieux, et restait à la regarder d'un air surpris, l'amusement commençant vraiment à titiller son ventre et son souffle. Ses lèvres se refermèrent et il se mordit la joue pour ne pas exploser de rire lorsque sa tête percuta le lit. Tout le charme, tout le glamour, le côté dangereux et excitant de la situation avait totalement disparu. A la place subsistait un gag en temps réel, et finalement, il éclate de rire quand elle le menace. Un rire, comme ses paroles, franc et honnête. La situation était tellement comique ─ puis la morphine n'arrangeait rien.
Il resta là, à rire bêtement pendant quelques longues secondes avant de se passer la main sur le front et balancer d'un air si détaché que c'en était presque insultant.

Après m'avoir tué, ferme juste la porte et les fenêtres en partant, ça laissa une horrible odeur pour mon voisin ─ un gros con si tu veux savoir.

Paniqué ? Non. Allait-elle le faire ? Il ne s'agissait pas de la même fille que précédemment, alors il en doutait. Mais il semblerait que l'amusement le rendait plus bavard qu'à l'accoutumée. Il passa sa main derrière sa tête, prenant une position confortable.

Alors c'est pour ça, sinon ! Tu veux pas que ta première fois soit avec un mec que tu n'aimes pas, parce que tu te souviendras de ta première fois toute ta vie, blablabla. Mais quand même ? L'idée même là, de me chevaucher sauvagement, ça te tente même pas ? Tu sais pas ce que tu rates.

Mesdames messieurs, voici le coq.
Un plumé avec sa crête en pétard et sa longue queue dont il est tout fier et qui ne souhaite que l'agiter devant la poule voisine pour bien lui faire comprendre que le mâle, c'est lui. Il était tout de même admirable de voir qu'en dépit de son oeil, Akagami ne se pensait pas lait et repoussant pour la gente féminine, bien au contraire ─ même si c'était son corps qu'il mettait en avant et non sa tronche, faut pas se mentir.

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    Mardi, 16h35


Renverser


Y’avais de surprise dans tout ça. Le rire éclata comme une chiure sur sa gueule. Littéralement. Ça dut avoir le son de l’echec et des mauvais sentiments : Rinne sentit fondre le peu de patience et de distance qui lui restait en dedans. Pas une seule once de sérieux face à elle, et au fond, elle le comprenait. Elle lui avait au moins fait mal sur le torse, c’était déjà ça de pris. Vu son état, elle pouvait en réalité s’en donner à cœur joie. Elle resta cependant en position, l’arme toujours très clairement pointée vers le crâne, la sécurité encore en place. Histoire d’éviter les accidents malheureux, et d’avoir à rappeler le comité de l’après-midi.

    Ton détachement éternel
    est une corde qui pends
    à mon cou

« Après m’avoir tué, ferme juste la porte et les fenêtres en partant, ça laissera une horrible odeur pour mon voisin — un gros con si tu veux savoir. »
Non je ne veux pas savoir. Il n’avait plus aucun doute quand à son incapacité à tirer. Ou alors il avait totalement décidé de s’en foutre. La morphine devait toujours faire effet, et grossir le trait déjà très grossier d sa débilité profonde. Peut-être pas complètement stupide, mais quand il s’y mettait, c’était du niveau compétition.

Respire. Take a breath. Tout vas bien se passer. Là maintenant tout de suite, plusieurs envies la traversait. Tirer, à n’en pas douter. Mais juste à coté de son oreille, couper quelques mèches, bref, lui montrer qu’elle savait faire des merveilles, et ENCORE UNE FOIS qu’il y avait pire que d’être tué. Akagami semblait peu à peu totalement se laisser aller à la discussion ; elle avait l’impression de le voir se pavaner alors même qu’il était relié par obligation au lit, incapable d’en bouger. Lui tordre le bras ? Et si oui, lequel ? (;DDDD) (pardon). Il continua sur le mauvais circuit. Ah.

« L’idée même là de me chauvaucher sauvagement, ça te tente même pas ? TU sais pas ce que tu rates. » Non, je ne sais pas.

Et des images assez vive circulent dans sa tête, parce que vierge ne veut pas dire démunie. Elle les chasse d’un coup sec, en s’intimant de rester calme, alerte. En fait, elle les chasse en débitant une bastos supplémentaire. Le cran d’arrêt à sauté et la balle s’est fiché sur le mur à coté de sa tête. Elle en lance une deuxième, à l’opposé du visage. Parce qu’avec le silencieux le geste parait si anodin. Juste la thune, pour laquelle Rinne, là, maintenant, tout de suite, a beaucoup de dédain. Rinne est énervée, et vexée.

A-t-elle honte de sa « condition » ? Non. Non. Rinne a déjà eu l’occasion. Comme beaucoup de gens. Elle n’a pas osé ? Peut-être. Elle a été effrayée ? Ou alors, comme le soulève d’un air si fier (et insupportable le coq qui caquette à ses cotés « tu veux pas que ta première fois soit avec un mec que tu n’aimes pas » ? Non. Rinne est assez lucide pour savoir que la première fois idéale, elle n’existe pas. Que l’amour est éphemère. Alors, oui, sans doute, le sentiment à l’instant présent est préférable. Il permet de la douceur, de l’échange, de l’écoute, de l’attention. Mais Rinne connait son corps et elle sait le laisser à l’abandon. Elle n’a juste pas. Pas. Pas. Ces pensées rongent son humeur. Elle laisse échapper un bruit de bouche agacé et balance son flingue re-sécurisé par terre, avec vivacité. Il rebondit, cogne, roule, glisse. Elle tape dans ses mains, et son regard affiche mauvais temps.

Elle se place sur le lit, et un rire un peu dément (jaune, sans doute), s’échappe de ses lèvres.

    « Ok, très bien… »

Très bien. Très bien. En fait, c’est une chance rare. De pouvoir faire quelque chose à main nues. De ne pas se reposer sur son flingue et son acuité visuelle. Sa dextérité peut faire un tout autre type de merveille.

    « Maintenant que tu as finit d’énumérer tous les scénarios les plus classiques et insipides contenues dans ce qui te sert de cervelet… »

Elle se rapproche. Son bras glisse. Elle décale ses fesses à coté de lui ; assise sur le coté du lit. Sa main vient appuyer sur une de ses clavicules, la gauche, pas si loin que ça de sa blessure. Une pression, qu’elle augmente, petit à petit.

    « Tu veux t’amuser, c’est ça ? »

La plus timide des personnes peut gagner en assurance tant qu’elle s’auto-convainc qu’il s’agit juste de j o u e r. Rinne sait porter des masques. Il y en a un qu’elle n’a pas porté depuis très longtemps ; la rumeurs des rires du lycée. (fragment usé d’une réelle identité ?) Elle marche avec ses doigts de la clavicule jusqu’à l’épaule. Bientôt, la douleur irradira Akagami. Elle le regarde avec un fin sourire, ses yeux se sont éclairés d’une malice toute particulière. Son autre main glisse vers sa cuisse. Lentement. Caresse l’intérieur de cette dernière, joue sur les formes de creux, de haut et de bas. Son sourire s’élargit. Elle va bientôt remonter vers un endroit très particulier…

Et à l’instant où sa main ripe sur le caleçon du garçon, son autre doigt appuit sans pitié au dessus de la blessure à peine refermée. Quelque soit la force qu’il compte récupérer, il y a bien une règle ou deux qui ont changé. On ne peut pas se soustraire à la faiblesse de la chair.

Hurle un bon coup,
ça ira mieux.



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Elle laissa tout tomber. Son arme, ses bras, son air menaçant. Akagami était toujours un peu dans le flou ; en vrai, il avait eu les idées un poil plus claires avant, et il lui semblait qu'elles se floutaient à nouveau, l'empêchant de penser clairement. Son imagination divaguait, et il se sentait prompte à rire à n'importe quoi, même à son propre pet. Un peu confus par sa propre condition, il ne perdit néanmoins pas son sourire lorsque la brune vint se poser sur le lit à côté de lui.
Parce qu'il n'avait pas les idées claires, il en oublia un peu le contexte. Subitement, seule la paire de seins enfermée dans ce soutien-gorge sobre pouvait capter son attention ; à portée de main ! Il n'avait qu'à lever le bras, tendre la main, et il pouvait les englober. Il sentit la main de Rinne se poser sur lui et, un peu sourd à ce qu'elle disait car son cerveau avait migré vers des abysses inatteignables, se contenta d'un "hmpf" lâché dans un sourire un peu coquin. Juste coquin. Et l'autre main qui glissait vers le bas...

Mais d'un coup, une vive douleur le stoppa net dans son délire de taureau en rut et son corps se crispa vivement, ses genoux remontant alors que ses abdos se contractèrent, décalant son buste de la main vicieuse de Rinne.

Saloperie de chiure d'enfoiré d'ta mère !

Au moins, cela avait eut le mérite de le réveiller. Il y voyait plus clair. L'oeil vif se braqua sur Rinne, et ce fut à ce moment précis qu'il décida de, il le penser, lui chier dans les bottes.
Certes il n'était pas aussi vif. Certes il n'était pas au mieux de sa forme. Mais il pouvait toujours lui tirer sur le bras qu'elle lui avait si gentiment offert pour qu'elle se ramène contre lui ; Rinne fut tirée vers l'avant et tomba sur lui ─ il se fit super mal en passant et insulta encore plus de mamans inconnues de ce monde parce que, vous vous en doutez, il n'insultait pas vraiment la maman de Rinne.
La jeune femme contre lui, il faillit se mettre à regretter son geste à cause de son épaule mais, con comme un balai et têtu comme une mule, il ne lâcha pas le morceau et la serra contre lui ; pas au point de lui faire mal, mais assez pour la bloquer... bien que, en toute honnêteté, il pensait davantage à adoucir sa douleur que la tripoter en l'instant.
Se stoppant, il ne fit rien de plus. Il ne bougeait plus. Il avait juste les dents serrées sous la douleur et se demander quel dieu implorer pour que ça s'arrête ; l'idée de galérer en allant pisser lui traversa brièvement l'esprit et subitement il réalisait combien son épaule allait l'encombrer. La pression se relâchant, ses muscles se détendirent et d'une voix étouffée, il murmura ;

Putain.

Juste ça. Juste ce mot, qu'il avait sifflé comme un souhait discret pour que la douleur se calme un instant. Mais qu'est-ce qu'il avait été con en fait, de la ramener contre lui ; encore plus de pression contre sa blessure. Merci génie !


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    Mardi, 16h45


S'amuser


    C’est le genre de hurlement que tu voulais entendre. Peut-être que t’as pas réussi vraiment à l’atteindre — parce que sa psychée semble impénétrable, et que les grammes de morphines aggravent ce qui te paraissait déjà innatteignable comme niveau de connerie — mais au moins, il gémit. Enfin, il cri. Il insulte même. Des génitrices anonymes par centaines.


Rinne s’aperçoit qu’il y a quelque chose d’extrêmement satisfaisant à voir son corps réagir aux mouvements de ses mains : de le voir s’être cambré, presque pétrifié de douleur, sous la pression de son doigt. Y’a un truc agréable, un peu entrainant, à constater se genoux repliés, à percevoir la distance qui s’est formée, intense et vive, entre sa menotte et le torse rutilant. De fièvre, et d’une douleur tout à fait réveillée à présent. Y’a comme un sourire qui nait, autrement : Rinne s’amuse, elle le sent, et c’est pas ce sourire vide, c’est on dirait quelque chose d’un peu plus malfaisant.

Et elle en oublie presque qu’elle peut être un agneau ; qu’à son tour, blessé et amoindri, Akagami peut encore faire subir. Elle s’en rappelle vite, quand le bras qu’elle a laissé en suspend est tiré en avant ; que son corps choi comme une poupée de papier vers le vide intersidéral de cette anatomie phénoménale. (Parce que bon, ouais, Naruse-san est super bien gaulé). (Et je me garde de préciser de quelle section nous souhaitons ici parler). Rinne se sent s’applatir. Y’a les tétons du garçon sur le haut de ses seins, et sa poitrine à elle qui s’applatie sous ses pecs en bétons. Et elle rougit malgré elle parce qu’elle sent maintenant tous les microsmouvements du jeune homme qui repoussent son thorax au rythme de sa respiration. C’est un étau de chair, et même si elle arrive pas tout à fait à se mentir en se disant que c’est détestable (parce qu’aussi agaçant que ce soit, y’a un coté agréable), l’envie de s’en libérer est urgente.

Y’a pourtant qu’un seul bras qui la retiens ; et son autre main a elle est libre quand le bras ravivé de Naruse est absolument hors d’état de nuire. Mais effet de surprise ou moment de latence, elle prends le temps d’écouter encore un peu ce cœur qui bat le tambour, pulvérisé sous la souffrance d’une chirurgie toute récente (et de l’intervention perverse d’une adulescente en dérive). La joue de Rinne elle aussi est calée contre lui, parce que son bras enchainé à la main encore puissante du colosse est tirée bien au-delà. Effet de la gravité ; rien pour y pallier. Elle est en fait au niveau de sa nuque, au creux de son cou, là où les cheveux la chatouillent à nouveau. Une impression de déjà vu avec son lot de nouveautés.

« Putain. »

C’est un murmure, et elle relève la tête, mais avec sa position, elle voit rien. Que le bas de sa tête, l’orée de son menton, et les sillons qui indiquent que sa mâchoire est tendue. En même temps, l’épaule droite de Rinne repose en plein sur la zone amochée ; elle se dit qu’il a vraiment dut perdre un boulon lors de l'intervention. Après, racaille ou pas, on se fait pas toujours tirer dessus. Et la morphine ça tabasse. Elle se dit qu’au point où ils en sont, elle peut bien s’amuser encore un peu. Y’a vraiment quelque chose de grisant à sortir du rôle habituel d’éternelle subissante.

Alors son sourire s’agrandit sous l’ombre de ses cheveux qui tombent ; et elle redresse un peu sa tête le long de son cou. Et sa poitrine enlacée d’un tissu bien sobre se presse généreusement ; mais ça en fait, c’est pas calculé, et elle se dit que c’est un peu mal joué. Son appétit du gain est néanmoins bien plus vivace, et elle entrouvre la bouche, élime ses dents du fin traits rosés de ses lèvres. Croque doucement la zone qui fait suite à la jugulaire, celle qui annonce l’approche du lobe oculaire. Qu’il la tienne s'il veut, à ce jeu, c’est l’équilibre qui jouera contre eux-deux. Et son poids s’écrasera davantage sur son corps trop malade.

En fait, Rinne a peut-être aussi un peu pété un plomb ; ou perdu une case, égaré un truc. Mais c'est que les pulsions transforment bien des gens ; et l’Omega a jamais été en reste quand il s’agissait de trouver revanche. Encore moins quand il s'agit de s'appliquer — Faire les choses bien. Alors elle remonte sa main encore libre vers le visage du jeune homme, et du coup, son poids tout entier est obligé de s’appuyer contre lui; et ça la fait rire mine de rien, même si son corps s’agite pas des tressautements d’allégresse, parce qu’elle est trop occupée à réaliser son jeu de petite peste.

La pulpe de ses doigts a trouvé l’objectif : c’est la bouche d’Akagami, sur laquelle ils se posent, et elle sait qu’avec le mal de chien que sa blessure lui oppose, il cherchera de l’air à foison pour diminuer les pulsations. Alors au moment où sa bouche s’entrouvre un minimum pour respirer un peu plus, elle plaque sa main toute entière ; et sa langue continue de jouer de l’autre coté, là où la nuque (parfois) frémit.

    « Tu veux quand même pas alerter tout le quartier ? »

Sa tête s'est à peine écartée. Son souffle a dut glisser sur la zone encore humide de salive. En fait, elle doute complètement du fait qu’il soit encore vraiment apte la déranger dans ses plans ; y’aura toujours son point faible irradiant, toujours une échappatoire pour qu'elle lui fasse la nique. Rinne remarque qu’elle s’amuse mine de rien ; alors même qu’en temps normal, quelque chose pétrifierait ses mouvements et encombrerait d’un rouge cuisant le sommet de ses joues.

Tant mieux, c’est pas du tout le cas maintenant.

Pile ou face
t'(es)as perdu.


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Rinne & Akashita
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La situation avait tellement dérapé. Tout avait déraillé. Autant pour lui que pour elle. La douleur irradiait, chauffait ses muscles et se diffusait dans son corps. La morphine semblait agir par vague, ne bloquant la douleur que jusqu'à une certaine intensité. Un peu confus, l'attention du borgne était focalisée sur sa douleur, cherchant à s'y habituer au fur et à mesure. L'adrénaline revenait peu à peu à son tour, lui permettant d'encaisser le trop plein sans avoir à exploser des murs pour se soulager ; même si nous savons tous que ça empirerait la situation.
Mais Rinne, jolie brunette cachée sous mille masques, semblait prête à revêtir un rôle différent que celui qu'elle avait affiché tout le reste de la journée. Akagami ne fit pas spécialement attention à ce qu'elle faisait jusqu'à ce qu'il sente ses doigts sur ses lèvres ; une sorte de chaleur agréable, contrastant avec la douleur, lui rappela qu'il se passait autre chose sur sa peau. Il sentait le souffle de la demoiselle, sa peau contre la sienne, son corps, tout frêle en comparaison, appuyé contre le sien. Akagami n'était pas compliqué. C'était même un mec très simple. Jouer, s'amuser, profiter, emmerder, sexer, manger, faire du sport. Et bien manger. Sa vie se résumait à ça. Partagé entre la douleur et l'appréciation du contact, il découvrit comme un plaisir intriguant. Curiosité piquée, il la laissa faire. Elle plaqua sa main pour bloquer sa respiration. Il en fut surpris, mais une lueur d'amusement traversa son regard alors que seul moyen de respirer efficacement lui était retiré. Il sentit, dans son cou, comme un jeu de langue mêlé à un souffle chaud. Agréable. Terriblement agréable en vrai. D'un côté la douleur, de l'autre la plaisir ; un drôle d'équilibre qu'il n'avait pas expérimenté dans ces conditions. Ses doigts se crispèrent un peu sur la peau de Rinne et ses yeux se refermèrent alors qu'il prenait une inspiration par son nez, plus difficile que ce qu'il avait imaginé. Il sentait son corps réagir, le désir revenir, se manifester ; les doigts glissèrent en une caresse vers le milieu de son dos, son emprise semblant se relâcher peu à peu. Et ce, pour une raison particulière.

Akagami n'avait plus dix-sept ans. Il ne comptait pas non plus ses expériences, ne faisait pas même de compétition entre elles, à les classer. Il avait de fait acquis une certaine aisance à profiter des contacts, chaque personne offrant quelque chose de différent ; mais d'autres restaient les mêmes, et ce indépendamment de la volonté des gens.
Clic.
Comme les soutien-gorge. Que ce soit par devant ou derrière (lel), ils fonctionnaient tous d'une manière similaire. Un jeu, hein ? Il ne lui avait pas répondu, mais elle avait très certainement senti son torse se bomber légèrement sous la respiration plus lente mais plus puissante ; tout comme elle devait sentir les doigts frôler sa peau en une longue et lente caresse, un effleurement calculé et maîtrisé. Son bras blessé, bien que très difficile à utiliser, n'était pas non plus inerte. La mâchoire se resserrant ─détail qui n'échapperait pas à celle qui lui bloquait la bouche─ il fit usage du peu de force dont il pouvait se permettre pour plier le coude et relever sa main jusqu'à entrer en contact avec la hanche de Rinne. Un simple contact sur lequel il fit à peine pression, laissant juste la chaleur se transmettre d'une peau à une autre. Il avait envie de sourire. Mais il ne le faisait pas. Le moindre changement musculaire sur son visage pouvait être palpé, alors il ne fit rien.

Dans le fond, il se sentait toujours aussi vainqueur. Il était blessé, mais ne perdait en rien de son assurance. Car, dans le fond, n'était-il pas celui qui obtenait ce qu'il voulait, petit à petit ? Laisser une trace, un désir, une marque, un tentation qui la travaillerait, un jeu auquel se prêter jusqu'à ce qu'il gagne parce qu'il n'abandonnerait pas. Elle allait le refuser, lui offrir un challenge, car même s'il fonctionnait à l'humeur, il y avait une satisfaction indescriptible à se provoquer.
Et pourtant. L'intérêt du jeune homme pouvait si vite se relâcher si elle le désirait vraiment.


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by Wiise
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Rendez-vous

    Mardi, 16h55


S'égarer (encore)


    Elle sentit ses doigts se crisper sur son épiderme, hérissé des frissons inévitables qui la parcourait.


Et Rinne masqua en dernier rempart l’électricité qui venait de piquer l’intérieur de son corps, en une valve d’aller-retour surprenants. Il fallait tenir - Son stratagème marchait. Akagami avait du mal à réceptionner l’air nécessaire au bon fonctionnement de son cœur. Et c’était en toute logique ; la majorité de ses composants avaient été mis aux arrêts pendant plus de deux heures et demi. Elle aurait aimé, cette-fois, admirer l’œil perçant du géant. Y sonder ce qui s’y développait. (en réalité, elle y aurait vu une sorte de joie amusée qui aurait chamboulé tous ses plans) (Aurait confirmé qu’il ne changerait jamais, vraiment) (Il était donc positif qu’elle continue à l’ignorer) (Enfin positif, pour qui ?). Rinne remarqua seulement qu’elle sentait souffler son nez sur le haut de ses doigts, tandis que tous les micromouvements de la mâchoire du garçon s’imprimaient à l’intérieur de sa paume.

Puis un serpent insidieux fila. Des doigts qui glissent le long de son dos nu, au creux de la colonne, au milieu des carrefours osseux. Et son poignet qui se desserre de l’étaux de chair. Mais Rinne sent qu’elle faiblit, parce qu’être touchée est différent qu’opérer sur l’autre ses désirs ardents (même quand ils sont plus de l’ordre de la supercherie que de l’appétence sexuelle). (Le déni semblait aussi bien présent dans son esprit). Y’a comme une nouvelle alerte qui s’allume dans le cerveau de l’informaticienne. Dans le fond de son crâne, tandis que sa langue s’affaire toujours à grignoter ce qui effleure la jugulaire du nippon, y’a un signaux qui lui hurle de se décrocher, maintenant. Et sa tête se redresse à l’instant où un bruit infime indique qu’une barrière a été détruite (une ultime, barrière). Et la main qu’Akagami avait tiré plus tôt vers lui rejoins le matelas, en dernier soutient, parce que sa poigne ne la retiens plus tant, et qu’il faut accuser le coup. (assez amusant)

Dans cette chutte, Rinne sent le tissu de son soutient-gorge glisser indiciblement du bout de ses seins ; demeurer en place par la force d’un équilibre précaire, de ses bretelles fidèles.

Et les doigts masculins continuent de parcourir l’interface de son corps fébrile, et y’a une nouvelle tension qui se pose sur sa hanche ; tandis que la paume toujours en place de Rinne perçoit l’infinie douleur en sous-terrain qu’Akagami contient. Dans l’unique but d’effectuer ce geste anodin. (Mais bien plus mesquin qu’il n’y parait pour l’Omega, pas habituée pour un sous au contact humain).

Elle est juste posée. Entre sa peau et la sienne ; une chaleur qui s’agrège ; un cocon qui se forme ; et Rinne qui sent que ça la tiraille, qu’elle a une envie écrasante de l’embrasser, de parcourir son anatomie de baisers enivrants. Elle a presque l’impression qu’une dichotompie se forme ; qu’elle héberge un lion qui guide ses pensées. Mais un faux mouvement, et sa poitrine est à nue. Et sa conscience placide est toujours là (en vain ?), elle veille toujours au grain. Alors c’est la débandades de pensées contradictoires, et c’est le battement dératé de son palpitant.

Rinne s’appuie sur le matelas de sa main presque libérée qui a chu à l’instant. Elle se redresse, sent une des bretelles glisser, s’immobilise, reste suspendue dans son geste. Contraction. Le problème vient de ses deux jambes, toujours extérieures à l’étendue du garçon, et qui donc l’encouragent à tomber en avant. Bien, ok, essayons ça. Elle passe une de ses cuisses au-dessus des siennes. La voilà à califourchon.

Et y’a un truc qu’elle a même pas penser à étudier qui la surprends brusquement. Une présence à son entre-jambe. Que la pauvre naïve et inexpérimentée ne sait pas comment réceptionner. Ça se sent contre l’intérieur de sa cuisse droite ; cet appareil que Rinne n’a pas vu depuis plus de quatre ans.

L’intérieur de sa cuisse droite qui semble être devenu le terreau de toutes ses terminaisons nerveuses… L’intérieur de sa cuisse droite qui…AH. Y’a un truc qui brusquement lui revient à l’esprit ; un détail qui d’un coup lui semble hyper important. Alors Rinne se redresse entièrement, et son visage fait face à celui d’Akagami, et à peine a-t-elle localisé l’œil de glace que sa main qui lui servait de soutient précédemment s’extrait de l’appui devenu inutile.

Et là, y’a sa première main qui se décroche des lèvres d’Akashita. Et y’a celle qui s’est levée à l’instant qui part à vive allure ; et appuie impitoyablement au même endroit qu’auparavant. Un peu plus doucement mais assez pour être franchement désagréable.
Et au même moment, y’a le visage de Rinne qui se précipite en avant, et ses lèvres qui se plaquent, comme pour s’excuser du mal occasionné. Et sa langue qui joue avec sa langue à lui ; ardie, le temps qu’elle s’assure que la douleur irradie.

Elle sait qu’elle est injuste mais c’est comme presser le bouton d’urgence. Une façon rapide et efficace pour focaliser le désir d’Akagami sur des pulsions un peu plus violentes ; moins émoustillées, moins farfouillantes. Quand bien même son baiser a put avoir quelque chose d’affolant. Il s’agit surtout de l’avoir affaibli suffisamment. Et le corps qui subit trop de douleur s’épuise, et l’esprit fatigue, et sombre, indubitablement. Et sa bouche contre sa bouche a dut empêcher au garçon de tempérer toute la valve en s’oxygénant. Il a dut sentir chaque petit signaux de douleur circuler du cerveau jusqu’à l’épaule.

Leurs lippes se décrochent, Rinne recule. Son propre torse est agité d’une respiration courte, et son visage rougit. Sa poitrine se soulève dans l’étoffe branlante. Si on en prends le temps, on voit sur le bas de son ventre, et aux cotés de ses hanches, ds rayures qui circulent, cicatrices éternelles.

    « Désolée ! »

Y'a une forme d'inclinaison dans le mouvement de sa tête. C’est malgré elle que son masque railleurs et pervers (dans le sens pêché du terme) s’effrite, parce qu’en vrai elle est un peu acculée de lui procurer autant de difficultés, de lui infliger cette douleur, de profiter de sa… Faiblesse. Mais y’a une donnée qu’elle avait oubliée. (assez rare pour être souligné). Et puis surtout. Surtout. Elle était entrains de perdre pied. Quelque part, c’est pas forcement elle qui aurait gagné. Rinne a encore le souffle court, et les images tactiles d’Akagami flottent dans sa tête. Et sur ses lèvres un gout amer-sucré.

Meilleur que le paprika,
à n’en pas douter.



_________________
        
Rinne a une identité multiple ; il faut au moins ça 
pour protéger son propre petit jardin secret s a c r é.
* rinne < civile >  ** riné < omega > 
*** rhyme < gérante du marché noir pour omega >
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Rinne & Akashita
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A nouveau, tout fut chamboulé et renversé ; la barrière entre le plaisir et la douleur était si fine que le borgne n'arrivait pas à savoir où il se situait. Elle s'était redressé, et lui, un peu dans le vague, n'avait pas vu grand chose venir ; mais la douleur à nouveau irradia son épaule et cette fois-ci, en dépit de ses dents serrées, un gémissement de douleur bien distinct se fit entendre avant qu'il ne soit étouffé sous un baiser torride et inattendu.
La douleur irradiait, l'air lui manquait. Avoir la bouche ouverte pour accueillir un baiser qu'il n'avait pas anticipé l'empêchait de respirer convenablement, et il sentait que petit à petit, ses forces le lâchaient à nouveau. Pouvait-il néanmoins en profiter ? Pas vraiment. Anormalement fatigué par cet échange, il avait le souffle court à la fin du baiser. Il se savait incapable de quoique ce soit dans cet état ; il le sentait, et c'était visible.

Puis ce fut à cet instant qu'il remarqua les marques, alors qu'il avait baissé les yeux de son visage désolé. Il ne dit rien, et son regard remonta vers elle ; ce bout de femme était complexe, contradictoire. Il semblait y avoir en elle tellement de visages qu'il ne serait pas surpris si elle lui avouer ne plus savoir où elle en était. Faisait-elle parti de ces gens aux lourds secrets qui ne peuvent être dévoilés car ils auraient l'impression soit de trahir, soit de se mettre en danger ? Quelle était la cause de ces marques ? Cela avait-il un impact sur elle ? Akagami était bien placé pour savoir que chaque cicatrice avait son histoire, et la sienne pouvait difficilement être cachée. Il s'était habitué au regard des gens, et s'en foutait un peu. A dire vrai, il se sentait plus attiré par les imperfections que par ces bimbos lisses et fades qui pensent qu'avoir des seins et un cul bombé les rend sublimes.
Fatigué, le borgne ferma les yeux un instant, essayant de libérer son esprit embrumé de l'emprise de la drogue. Son corps lui hurlait de se reposer, de s'endormir, mais il n'en avait pas envie. Ses paupières se rouvrirent alors que son iris bleu cherchait le regard de Rinne. Son bras valide bougea lentement pour ne pas la surprendre, et il posa sa main sur sa hanche une nouvelle fois ; son pouce retraça la marque d'une des cicatrices, et il n'y avait rien de vraiment sensuel ni de pervers dans son geste. Il avait compris le message de toute manière, son corps et Rinne lui hurlaient qu'il ne pouvait rien faire aujourd'hui ─ à sa plus grande déception, mais il allait survivre.

A quoi cela te sert-il d'être désolée ?

Il ne l'était pas. Il ne l'était jamais. Pourquoi devait-elle l'être alors ? La vérité, c'était qu'il ne lui en voulait même pas de lui avoir amoché l'épaule et manqué de le tuer. Il avait joué un jeu dangereux ─ comme toujours ─ et il connaissait les risques de ses jeux ; il savait aussi que les surprises pouvaient être de la partie, bonnes ou mauvaises, aux conséquences bénéfiques ou désastreuses. Il avait évité le pire, mais ce n'était pas la première fois et certainement pas la dernière. Il le disait lui même ; les mecs comme moi ne font pas long feu. Et à quoi servent les secrets aux morts ? A rien. Les morts s'en foutent.

Je ne te ferai rien. Pas aujourd'hui.

Sa voix était grave, audible mais basse comme un secret prononcé du bout des lèvres ; aujourd'hui elle ne risquait rien le concernant. La douleur continuait d'être diffuse et il se voyait déjà galérer pour manger, cuisiner, faire la vaisselle, laver son appart, faire les courses et on en passe.
Puis, malgré lui, la question lui échappa.

Qui t'a fait ça ?

Question indiscrète, il le savait. L'huître reviendrait ; il ne serait pas étonné qu'elle se rhabille et s'en aille, l'arme cachée étant probablement tombée aux oubliettes avec tout ce remue ménage.

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Rendez-vous

    Mardi, 17h25


Ouverture


    Dans tes yeux de lumière
    un souffle s’arrête
    sur la route, un instant, de nos caresses sinueuses
    j’ai pris un peu de ton temps.


Y’a de l’épuisement dans chacun des deux. De la transpiration, de l’essoufflement. Y’a un corps qui s’affaisse - c’est celui du géant. Et l’énergie qui s’éteint, elle la perçoit dans sa carcasse fiévreuse qui s’enfonce, se tapie dans l’épaisseur du lit, dans le moelleux plastifié du matelas moletonné. Le gémissement qu’il a poussé a marqué les oreilles de Rinne. Elle s’en est sentie gênée, tandis que quelque chose d’excitant l’avait quand même traversée (une sensation qu'elle n’a pas put empêcher). Comme si le son, naturel, instinctif, avait parcourut sous sa peau des dédales trop profonds. Il y a eu l’inquiétude aussi ; celle d’avoir blessé un garçon qu’elle sait plus comment prendre. Et son œil si autoritaire maintenant à demi trouble s’est baissé, il a marqué de son laser les contours de son corps, celui-là même qu’elle a pourtant l’habitude de masquer.

Lorsque son iris replonge vers le visage d'Akagami, Rinne s’est déjà excusée. Et les yeux du garçon referment déjà porte close. Elle se dit qu’il va se laisser emporter. Mais le bleu perçant refait surface, et il guette son regard ; s’y immisce (comme jamais). Y’a une forme de promiscuité plus tenace qu’à l’instant même où leur corps se touchaient. Comme l’intimité indéfinissable du calme après la tempête. De cet instant d’apaisement où l’acuité se fait plus présente. Le mouvement qu’amorce Akagmi est plus lent, y’a une forme de rigueur et de délicatesse (quelque chose d'eminament d i f f é r e n t). C’est son bras valide qui se tends, et sa main qui se pose sur sa hanche, et son pouce qui détaille l’épiderme. Cette zone qu’elle sait boursouflée - marquée à jamais. De l’orée de ses os au tour de sa taille.

« A quoi cela te sert-il d'être désolée ? »

À rien, et c’est vrai. Ça t’a jamais fait avancer. Ça t’a juste enfoncée dans ta culpabilité, à la rigueur salement confortée dans ton acabit de victime esseulée. Peut-être qu’au fond tu l’as dis pour donner consistance à une gentillesse que tu feint ; peut-être qu’en vrai, tout ça, c’est du chiqué.

Rinne, elle bouge pas vraiment ; y’a son tronc qui mime les vagues sous sa respiration haletante qui s’étiole. Bientôt, son poul se sera posé calmement. Elle reste muette, et la question en suspend tangue sous un vent sans air. À quoi ça me sert ?

« ….Pas aujourd’hui »

C’est encore la marque de son honnêteté. Et ça la fait sourire un peu, tristement (indiscernable nuance), parce qu’elle se dit que si ça continue, y’aura de l’attachement — parce qu’elle commence étrangement à avoir l’impression de le connaitre. Peut-être parce qu’il ne cache rien (ou qu’il s’y prends drôlement bien). Le bout de son pouce est chaud ; et la caresse pourtant sans désir lui semble pénétrer autrement plus profondément — parce qu’il a vu, remarqué, noté, quelque chose qui témoignera à jamais de faits qui se sont déroulés. Des histoires qu’elle n’a pas encore le droit d’oublier.

Alors quelque part dans le chaos de ses pensées ardues, ta franchise la sauve un peu. Comme un pied posé à terre, et une main qui vous y enserre. Histoire de pas trop te laisser te perdre.
La voix d’Akagmi est plus grave qu’à son habitude ; pourtant déjà si profonde à l’accoutumée. C’est une sorte de murmure. Ses sourcils se arquent, parce qu’elle a l’impression de parler à une âme qui fond ; d’entendre ses forces qui s’en vont.

Et c’est sa faute.
Elle l’a pourtant refait en âme et conscience.

Le bout de ton pouce est armée d’une défiance que tu ignores sans doute
de repasser nonchalamment , certes délicatement, sur les sutures d’un calvaire immense. (Tout ce qui nous touche est toujours plus intense).

Puis sa voix perce de nouveau l’étrange silence. Dehors la pluie pousse les arbres en rafales ; et le ciel a une robe couleur cendre.

« Qui t'a fait ça ? »

La question te frappe. Y’a un visage ; dans un flash. Et Rinne ferme les yeux subitement, et ses sourcils se froncent durement, son visage se ferme, son ventre se tends. Comme un coup de poing qu’on lui aurait enfoncé violemment. Elle se reprends vite, elle rouvre les yeux — Rester en phase avec la réalité. Puis y’a cette pudeur. Cette envie de pas le crier. « Quelqu’un qui m’a marqué » ; de pas l’affirmer, l’avouer, l’encrer, de pas prolonger l’évidence de la chair suturée. Alors elle se rattrape à son regard toujours veillant ; et ses yeux luttent pour pas se troubler, parce que l’état de fatigue accumule au bord de ses pensées des sentiments désespérés.

Trop de virages à 180° d’une minute à l’autre, consummées. D’un meurtre frôlé à un échange de désirs baclés, jusqu’à cette langueur étrange d’une fin de journée. Le décor tamisé du manque de clarté (une journée bien troublée) rajoute à Rinne l’impression d’avoir plongé hors du temps. Et si ça l’aide ; ça lui donne aussi l’impression de plus savoir où aller (de plus savoir où est-ce qu’elle peut bien, en fait, se trouver). Ici et maintenant, mais ailleurs, tout autant (dans son crâne, mentalement).

    « Un serpent. »

C’est sa voix monocorde qui a finit par lâcher. Mais y’a quelque chose qui sonne faux, comme un dernier ersatz de son passage en déshumanisée. Comme un tremblement infime qui marque un tempo décallé.

    « Qui avait la queue d’un fouet. »

Rinne se couche à coté d’Akagami, elle s’affale, son crâne s’enfonce dans le second oreiller que les médecins n’ont pas balancés. Inévitablement, la main qui repassait s’est momentanément séparée. Et cette séparation a l'effet d’un court-circuitage. Comme la perte de contact avec une présence chaude et rassurante. Pourtant si loin de la relation qu’elle entretient avec ce garçon. Alors elle se tourne vers lui, décolle son dos pour se mettre sur le coté ; tourner sa tête vers le profil du jeune homme. Elle tends la main vers le bras valide qui a dut se reposer, et dessine des arabesques du bout de ses doigts au niveau des biceps.

    « Ces cicatrices sont vivantes ; parfois, elles se réveillent ; et elles brulent. Comme pour comémorer un feu qui ne cessera jamais. »

Les jours de pluies sont les pires.
Et son regard se perds un peu dans le vague. Alors elle le remonte, comme un énième reflexe. Vers le visage en biais, vers l’œil qui ne pourra plus jamais voir.

    « Et toi, Akagami, qui t’a fait ça ? »

On a tous ces détails,
petits gallets qui forment la route de notre vie passée


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Rinne & Akashita
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C'était étrange, cette situation. Personne ne connaissait le borgne aussi calme qu'il l'était dès à présent. Toujours à grimacer, râler, s'énerver ; lui-même n'était pas habitué à se retrouver ainsi cloué au lit, impuissant et fiévreux. Être malade, cela lui arrivait occasionnellement, mais son corps ne rechignait jamais à la tâche et cela ne stoppait pas son répondant. Pourtant là, en l'instant présent, il sentait s'évaporer son envie de s'énerver et batailler ─ agressivement tout du moins. Rinne aussi semblait s'être rangée. chacun avait temporairement déposé les armes, et quelque part cela soulagea le borgne qui ne se voyait pas perdre la face devant elle une nouvelle fois. A l'instar du temps morose, l'ambiance s'était étiolée au point de s'assombrir en quelque chose de triste, d'une certaine manière. Une accalmie.

Akagami, au début, se demandant si elle allait encore lui mentir ; puis l'image du fouet lui fit comprendre qu'elle imageait son calvaire. Il ne savait pas trop ce qu'il devait imaginer, mais il savait que cela avait dû être physiquement douloureux et éprouvant. Des coups de fouet ; cela relevait du niveau de la torture et du sadisme. Aussi connard qu'il pouvait être, le borgne n'employait pas ce genre de méthodes et, à sa connaissance, ne jubilait pas à la vue de la souffrance qu'il pouvait causer à autrui. Les gens le trouvaient difficile et dérangé, trop sauvage pour être adapté à la société ; mais ce serpent, lui, devait certainement avoir la gueule du citoyen parfait, à n'en pas douter. Les pires psychopathes étaient toujours ceux au visage le plus innocent. Ses sourcils se froncèrent à l'idée qu'une telle personne puisse sévir en toute impunité. Dans le fond, avait-il l'âme d'un justicier ?
Les mots de Rinne, dans tous les cas, ne tombaient pas dans l'oreille d'un sourd. Ses images, ses douleurs, il les comprenait parfaitement bien. Même douze ans après sa blessure, il lui arrivait parfois de faire face au fantôme de son oeil perdu et des souvenirs de son calvaire.

La brunette, couchée à côté de lui, semblait d'humeur à parler. Autant que lui. Leur rencontre, loin d'être anodine, avait marqué en eux le début d'une relation somme toute particulière. Ni haine ni amour, simplement une série d'événements qui les avaient contraints à se faire face. Tantôt alliés, tantôt ennemis, tantôt flirt, pas même le borgne ne savait vraiment ce dans quoi il s'était embarqué.
Il n'était que légitime qu'elle lui renvoie sa propre question et, comme il l'avait déjà indiqué, il n'avait rien à cacher ─ même si habituellement, le choix de ne pas répondre ou demander aux gens comment ils pensaient s'être blessé était sa manière de leur mettre la pression. La japonaise, cachée dans son angle mort, avait baissé sa garde ; et lui de même. Le visage d'Akagami ne se tourna pas vers elle et il regarda simplement le mur devant lui, tentant de concentrer son attention sur les doigts dansants plus que sur la douleur de sa blessure.

De l'acide. Ca fait un mal de chien.

Instant de silence. Le souvenir lui revenait en mémoire ; il s'en était pris aux mauvaises personnes à cette époque et pouvait s'estimer chanceux de s'en être sorti ainsi. Il se rappelait avoir été tenu par les bras, des coups à l'arrière des genoux le forçant à ployer devant celui qui appliquerait avec soin l'acide sur une zone très précise. Un avertissement, une punition, un petit plaisir sadique ; cet acte avait été tout ça à la fois. La peau fondu, le visage horrifié de sa mère, l'incapacité des docteurs à sauver un oeil déjà trop abîmé, une tentative de reconstruire cette partie du visage qui fut seulement vaine.
Chaque homme avait son vécu. Akagami ne déprimait pas sur la chose. Il n'avait, selon lui, pas moins été gâté que les autres. Il avait juste davantage cherché la merde, qui l'avait trouvé.
Son visage pivota. Rinne avait affronté son oeil mort, vitreux et répugnant, sans broncher. Il devait bien reconnaître qu'elle avait les boyaux qui tenaient. Habituellement, la vision horrifiait. Cela coupait net toute envie de s'approcher de lui, ou même toute attirance disparaissait. Il le vivait bien ; cet oeil finalement, était le tue-l'amour parfait lorsqu'un coup d'un soir devenait trop collant ou s'imaginait que être borgne ça donne trop de charme.

Ton serpent est toujours en liberté ?

Comme une envie de s'en prendre à quelqu'un. Un sadique. Cette personne ne pourrait pas manquer au monde. Une raison valable de s'acharner sur une personne et lui rendre la monnaie de sa pièce.
Lui, son bourreau croupissait déjà en taule depuis longtemps.


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Rendez-vous

    Mardi, 17h45


Conjoncture


    Murmure à mi-mots
    de récits échoués sous l’eau.


Rinne s’attendait à ce que tu répondes. Elle pouvait se l’expliquer ; tu l’avais habituée à dire de but en blanc des choses que les autres trouvent gênantes. Y’avais cette évidence permanente chez toi, qui lui offrait une forme de certitude ironiquement réconfortante. Au-delà des remous inhérents à ton existence, y’avais cette honnêteté, ce regard planté dans la vie, dans les recoins que les gens lambdas évitent. Ça apaisait un peu son cœur. Relaxait cette défiance habituelle que Rinne entretenait envers les gens ; et contre les failles qu’on pouvait identifier chez elle. C’était pas une histoire de se faire confiance. Y’avais pas d’amitié, pas d’amour, rien de fixé. Et à l’instant, elle avait aucune envie de s’y attarder. De chercher à cloisonner votre relation dans une case qui l’aurait circonscrite.

Tu sortais de ses fiches méthodologiques ; de ces sentiers battus et raffinés par des nuits entière à grappiller des informations pour délimiter les caractéristiques des individus croisant son chemin (ou impliqué dans sa vie débordante, dégoutante). Malgré la méfiance latente. Malgré les informations débordantes. Malgré la curiosité brulante.

Akagami ne tourna pas la tête. Rinne continua de circuler sur son bras ; d’y serpenter même, étrange image tampon d’un vocable utilisé pour caractériser ses propres démons.

Alors que la peau fondue l’avait elle-même suggérée, son cœur rata tout de même un battement à ta dénomination. « De l’acide. ». Le mot lui même à cette sonorité déliquescente, les remous des bulles d’épiderme qui éclatent, descendent, pleurent jusqu’au bout, meurent contre tout. Rinne eu mal pour toi. Sa placidité de surface cachait une empathie qui l’avait souvent acculée. Tu put le sentir, sans doute, au bout de ses ongles qui avait légèrement ripés. « Ça fait un mal de chien. ». Y’avais comme un détachement, Rinne savait pas trop bien. Comment est-ce que tu le percevais ? Qu’est-ce que ça te ramenait d’en parler ? Est-ce que tu avais accepté ? Ton calvaire avait marqué ton visage — premier abord de ton identité. À la surface du monde, la personne (l’accident aurait été trop précis pour être considéré) t’ayant infligé ça flotterait pour jamais.

Elle se demanda si à l’instant où tu avais prononcé tes mots, des souvenirs avaient éclos en bombardement, petites mines de mémoires violentes. Elle se demanda quelles images circulaient sur ta rétine ; quel lieu tu avais dut retrouver, pendant un court moment. Rinne s’aperçu même encore, qu’elle se sentait coupable. Irrémédiablement. Comme d’avoir posé une question qui ne se fait pas. Pourtant, l’échange était légitime. Elle ferma les yeux. Essaya d’imaginer le liquide décapant couler sur un œil qui devait être lui aussi d’un bleu intense. Avais-tu bougé ? T’étais-tu débattu ? Avais-tu hurlé à la mort ? Et quel âge avais-tu? Qu’avais-tu fais pour le mériter ?

M e r i t e r. Rinne eu comme un sursaut. Ou un début de réflexion qui éclôt. Elle pensait avoir mérité son sort. On lui avait dit ; et elle ne pouvait pas le nier. Elle avait cherché, trouvé, et s’était irrémédiablement coulée dans des affaires qui n’avait pourtant à l’origine, rien pour la concerner. C’était un triste mérite. Mais on avait au moins réussi à l’en persuader. Et la leçon ne serait jamais oubliée.

Encore aujourd’hui, elle continuait d’être donnée.

Ses paupières s’étaient ré-ouvertes.

« Ton serpent est toujours en liberté ? »

Libre. Liberté. C’était le mot à employer. Elle ne connaissait pas grand chose de Hiroshima Akato. Le simple son de ses dénominations rappelait chez elle des expressions confuses ; une relation sinueuse, insidieuse, et difficile à cerner. Qui était-il ? Pourquoi avait-il eu le pouvoir de la vendre, et de la ficher dans le gang ? Pourquoi Tequila l’avait-elle écouté ? Comment avait-il planifié le déroulement des évènements ? Eu l’idée non pas de l’éliminer, mais de la placer ? Drôle d’entrée en bourse dans un univers où l’argent naît des misères et des pauvres gens. Elle laissa flotter les ombres nuageuses sur les murs de la salle. Un peu. La pluie fluctuait dans la lumière entrante. Y’avais ce bruit caractéristique des gouttes que le sol fait éclater.

Ses doigts arrêtèrent leur promenade entamée. Elle ouvrit la main, encercla le bras de Naruse, là où le muscle gonflaient légèrement, signe d’un entrainement quotidien, de muscles sculptés.

    « C’est un serpent dont on ne se sépare jamais. »

Y’avais ce ton un peu brisé, de l’être qui s’est résigné. C’était vrai. Akato était mortel, aucune raison d’en douter, mais il avait sur Rinne un contrôle tout entier. Sans doute était-il la plus haute instance d’autorité pour l’informaticienne. Celui qui avait formaté sa psyché. Modelé sa vie présente. Et si Rinne était habituellement si lucide et prompte à trouver des issues de sorties, de cet homme aux cigarillos épicés, elle n’avait jamais tenté de se détacher. Il avait inscrit dans son corps et dans sa tête une vérité cuisante : qu’il aurait toujours un coup d’avance.

Rinne, pourtant, endurait la souffrance. Maintenant, les sévices physiques ne la laissait plus se faire entendre. Mais pour rien au monde elle ne tenterait quelque chose qui puisse la ramener contre lui, à sa merci. Lui donner envie de la garder plus longtemps. De rejouer, comme avant. Elle se contentait de le rencontrer quand il l’exigeait. Avec l’impression d’être un pion docile dans le creux de sa main. Et si l’adulescente n’avait pas abandonné l’espoir de se libérer ; ce ne serait jamais en bataillant de front.

    « La colère d’un cerveau réptilien est différente de toutes les autres. »

Oui.

    « Parce que les serpents ont le sang froid. »

Elle devait décidément être bien fatiguée pour ainsi se laisser aller. Y’avais cette enfant, tapie dans le décombres, qui commençait à prendre toute la place. L’envie de se blottir contre son bras et de dormir. Un truc qu’elle n’arrivait à faire qu'avec Kerby. Elle se rapprocha, encercla de ses deux bras celui d’Akagami. Colla sa joue contre le bas de son épaule, ferma les yeux à nouveau. Son souffle était calme, lent.

    « Tu devrais te reposer. »

Elle était un peu mal placée.

    « Je… te ferai sans doute à manger. »

Elle sombrait peu à peu. Mais en ombres chimériques, les conséquences actuelles de l’après-midi suggérait chez elle de trouver des solutions.
Comment allait-il faire, s’il vivait seul ?

C'est un mélange de honte et d'orgueil
quand l'humeur fluctue
les idées aussi.


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