kinky stuff - kinky gun • Rinne & Akashita
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



Dernièrement, ses journées avaient été chargées. Entre Ikebukuro et Roppongi, il avait traversé Tokyo pour différents chantiers à différents moments de la journée. Néanmoins, ses passages à Ikebukuro avaient toujours été les plus intéressants, depuis une fameuse nuit où il avait découvert le nouveau visage de sa petite vendeuse favorite du FamilyMart. Jamais il n'avait pensé que leur relation -si on pouvait appeler cela ainsi- évoluerait de la sorte. D'une simple relation vendeuse-client, ils avaient partagé contacts, tentation, plaie suite à une bagarre de ruelle, et un baisé volé. La jeune femme n'avait pas quitté son esprit ; il n'en faisait pas une fixette, mais il n'avait de cesse de se demander ce qu'elle valait, ce qu'elle cachait, et ce qu'il pouvait découvrir. Le mystère qui l'entourait la rendait terriblement attirante, certes, mais le danger qui l'entourait la rendait dix fois plus attrayante. Lui qui avait passé sa jeunesse à braver les interdits, faire face à ce nouveau challenge était on ne peut plus... motivant.

A soulever des poids sur son banc de musculation, le borgne était songeur. Les muscles gonflés par l'effort, la sueur perlant sur sa peau, il ne comptait pas ses tractions, obnubilé par la question ultime que tout le monde se pose : que manger ce soir. Il n'était même pas midi en vérité, mais sa journée était libre, alors, que faire ? Du sport, bien évidemment. S'entretenir. Encore et toujours. Mais que manger ? L'idée d'aller à Ikebukuro juste pour aller voir la tête de la vendeuse le tentait, mais faire le trajet jusque là-bas pour ce simple plaisir le tentait moyennement. De plus, il y retournait ce weekend, alors ça pouvait attendre un peu. Un bref coup d'oeil dans le miroir, et il pu voir la blessure de son bras qui commençait à peine à cicatriser. Sacré souvenir.

Son téléphone sonna. Lâchant ses poids, il attrapa son téléphone à côté de sa bouteille d'eau et décrocha en voyant qu'il s'agissait de son patron.

... Demain ? Aucun problème. Mh, j'irai, c'est à côté. A onze heures. Merci.

Il raccrocha. Au même instant, on sonna à sa porte.

C'est quoi ce timing ? maugréa-t-il.

Akashita soupira et reposa son téléphone, attrapant sa serviette au passage. Un "j'arrive" à peine audible de l'extérieur, preuve de l'irritabilité du bonhomme avant même qu'il n'ait ouvert la porte. C'est lorsqu'il regarda qui se trouvait devant sa porte qu'il se rappela ; une petite visite habituelle au konbini d'Ikebukuro, en tout bien tout honneur, sans le moindre changement comportemental. Ni elle, ni lui. Puis, il avait simplement dit "C'est moi qui l'ait ; trouve moi", comme un défi lancé à la brune. Et la voilà.
Un regard en arrière pour son appartement, et il se remémora où il avait planqué l'arme qu'elle venait chercher. Sourire en coin. Il s'était demandé si elle finirait par le retrouver, et sa présence devant sa porte signifiait plusieurs choses. Aucun de ses collègues sur le chantier d'Ikebukuro ne savait où il habitait exactement, alors ils n'avaient pas pu la renseigner, et même si le manager le pouvait, cette information n'avait pas à être divulguée sans l'accord du concerné ; et ce dernier avait refusé que l'on divulgue son adresse. Alors, elle avait bien fouiné...
Le borgne s'éloigna de la porte ; il ouvrit sa salle de bain et retira son débardeur pour le jeter dans le panier de linge sale, se retrouvant torse nu. Il se souvenait bien que le contact l'avait déstabilisée, que son corps avait un effet sur elle. Quitte à en jouer, autant y aller pleinement. Serviette autour du coup, vêtu d'un simple jogging et pieds nus, bandages aux mains, il revint vers la porte qu'il ouvrit. Ne cachant pas son amusement et n'ayant nullement l'air surpris, il afficha un sourire conquérant à la vue de la vendeuse.

Tiens tiens, j'imagine que ça n'a pas été une décision facile à prendre, je me trompe ?

Il se décala sur le côté, lui laissant la place pour entrer.

Je t'en prie. Je n'ai rien à cacher.

Absolument rien qu'elle ne sache pas déjà, certainement.

••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 11h15


Retrouver


    Le premier pas
    précède toujours quelque chose.

Cela devait bien faire une semaine à peu près. Qu’il s’tait pointé l’air de rien, avec cette fois-ci, quelque chose à lui dire. Depuis l’entrevue étrange (et marquante) (à un point) de leur première « vraie rencontre » (Rinne ne se risquait pas à penser au mot « nuit » en association avec Akashita ; trop de connotation, trop d’empourprement, d’emportement), Rinne avait vu défiler fier comme un gardon le jeune homme. Qui s’en donnait à cœur joie pour lui signifier que rien, pour lui, n’avait réellement changé. A ceci près qu’il pouvait à présent la taquiner, faire voler quelques écailles de sa peau-mascarades qu’elle avait toujours pris tant de soin à soigner. Du coup, Rinne avait commencé à réellement apprécier le fait de travailler de nuit, et souvent, d’avoir son irrécupérable collègue absent.

Toujours est-il qu’il y a un peu moins d’une semaine de ça, le 20 octobre, Naruse était venu la voir avec cette fois-ci un sourire au lèvre qui en disait long. Et une énigme était tombée, qu’elle craignait voir poindre le bout de son nez. L’erreur de la dernière fois avait été fatale : elle y avait laissé son arme. Immatriculée. Pouvant mener droit à son identité. A sa vie, un pan de son passé. Même si en soit, de son existence en tant que Rinne, la jeune fille n’avait pas grand chose à cacher. Seulement l’idée que Lui, Lui puisse fouiller, trifouiller, alors qu’à on gout, il l’avait plus qu’assez fait, ça, ça la dérangeait profondément. Naruse la rendait nerveuse. Tendue. Elle ne se l’expliquait qu’a demi, parce que remise de ses émotions elle aurait dut réussir à s’en moquer, mais c’était cette tension de toujours pouvoir le croiser ; cette appréhension sur le chemin du travail. Et comme si le cirque ne suffisait pas, la semaine suivant leur rencontre le patron avait eu besoin d’elle par trois fois, en dehors de ses uniques jours de présence (deux, ça aurait été suffisant).

« C’est moi qui l’ai, trouve moi ».
Le message avait donc été reçu. Rinne n’avait pas mis longtemps à comprendre. Sans doute parce que dans un coin de son crâne, l’inquiétude de ne pas revoir son arme rongeait un peu plus son esprit habituellement calme. Plus les jours passait plus Rinne éprouvait pour lui une forme de défiance proche d’une irritabilité éreintante. Il ne l’empêchait pas d’effectuer ses tâches, mais c’était comme si tout devait s’effectuer avec un caillou dans la chaussure. Faisable, mais extrêmement désagréable. Elle s’était donc mis au boulot. A contre cœur. Il gagnait forcement la partie : soit elle ne le cherchait pas, et ne revoyait jamais son gun, et dieu sait que la legislation locale permettrait très facilement à Naruse de remonter jusqu’à elle, et pire, de faire remonter les flics (et ça, c’était hors de question) ; Soit elle le cherchait, et attestait par la même occasion d’un pan de l’étendue de ses capacités. Retrouver l’appartement d’un individu à partir de son nom de famille et son faciès n’est pas la chose la plus bluffante au monde, toujours est-il qu’il faut avoir la main longue, ou des compétences à son acquis.

Rinne fulminait. Elle avait finit par le trouver. Son écran avait affiché les données escomptées, corroborés les sources des quelques indice qu’elle avait pris le risque de contacter. On lui avait soufflé des choses qui l’avait rendue d’autant plus fuyante. Naruse… Naruse… Et si le danger préssenti avait été au-delà de toute tentation sexuée ? Elle avait chassé les doutes. Décidé de se concentrer sur l’essentiel.

Loin de faire des efforts pour lui plaire, elle avait enfilé un pantalon noir en toile, planqué un discret Pistolet alarme M906 en nickel sous l’amplitude du tissu, et revêtu un pull large au dessus de son soutient-gorge. Être confort. Un sac en bandoulière hébergeait quelque affaire - juste le nécessaire. Elle ne partait pas à la guerre, mais pour elle, c’était presque tout comme. Le trajet lui paru long, un peu irritant. Elle fuma une clope sur le chemin pour se détendre, malgré le regard courroucé de quelques passants. Pas son genre, mais Naruse avait le don de la faire dépasser les bornes de ses propres limites. Monté à l’appartement correspondant. Sonné. Attendu.

Il y eu la rumeur de sa voix. Appréhension. Bon. Rester, zen. Calme. Respectable. Lorsque la porte s’entrouvrit, elle releva la tête. bon dieu qu’il était grand. Toujours cet unique œil d’un bleu presque blanc. Et la lueur de son appartement. Il s’en donna à cœur joie pour enfoncer le couteau dans la plaie. Sans blague. Mais Rinne fit comme si rien de tout cela n’avait d’importance, le regard blasé, elle le dépassa, sans même relever la dernière sentence. « Je n’ai rien à cacher. ». Ce n’est pas ce que les Indics m’ont suggérés.

Elle se retourna vers lui après l’avoir dépassé. Et s’inclina respectueusement, presque pour le provoquer.

    « Bonjour Naruse-san. »

Redressée, elle le jaugea de haut en bas, fixa l’appartement.

    « Où es-t-il ? »

Elle avait remplit sa part du marché.
Qu’en était-il de la sienne ?

Au fond d’elle, un petit écho :
qu’est-ce qui lui prouvait qu’il n’avait pas mentit ?

On ne sait jamais
et lorsqu'on sait
il est souvent trop tard.



_________________
        
Rinne a une identité multiple ; il faut au moins ça 
pour protéger son propre petit jardin secret s a c r é.
* rinne < civile >  ** riné < omega > 
*** rhyme < gérante du marché noir >
Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



Déception.
Déception ultime même.
Aucun regard sur son torse, sur son corps de mâle dominant, absolu canon de virilité pour ses yeux de demoiselles. Il leva les yeux au ciel alors qu'elle passait à côté de lui, et il referma la porte. Elle le salua, courtoise comme à son habitude, et il croisa les bras d'un air désabusé. C'était ça qui l'excitait en fait ? Son gun ?
Le borgne la fixa un instant. Elle n'était venue que pour ça. Evidemment, jamais elle n'admettrait l'inverse. D'autant plus qu'elle venait chez lui, elle n'allait clairement pas faire la petite timide avec ses oreilles rougies et sa voix tremblante ; puisqu'elle aimait porter des masques, elle devait forcément avoir l'air de s'en foutre complètement.

L'homme resta un instant silencieux, mais finit par avoir un sourire, réprimant même un rire amusé.

Tu n'y vas pas par quatre chemins.

Il la dépassa à son tour, retournant dans le salon un peu étroit. Il attrapa une télécommande et éteignit la télé qui diffusait une chaîne musicale en fond sonore jusqu'à présent.

Tu n'as qu'à fouiller, lui dit-il sans lui faire face, mais je crois qu'une discussion s'impose également.

Il se retourna vers elle ; deux verres dans la main et... une simple bouteille d'eau. L'alcool, très peu pour lui, surtout si tôt en journée, et le jus de fruit, c'était pour sa pomme, pas celle de ses invités. Fallait pas pousser.
Posant les deux verres sur la table, il se posa simplement contre le rebord de la commode juste derrière, les mains posées sur les coins. Il l'invita à s'asseoir.

Je m'le demande, qu'est-ce que tu as bien pu apprendre sur moi, mmmh ?

Elle avait fouiné. Fouillé. Cherché. Trouvé. Jusqu'où était-elle allée ? Comment avait-elle fait ? Toutes ces questions qui ne demandaient que des explications, des réponses. Il voulait savoir ce qu'elle savait, certes, mais il voulait également en savoir plus sur elle. Si elle lui disait ce qu'elle savait, il pourrait comprendre ce qu'elle sait faire, quelle est l'étendue de ses capacités, et surtout, qui elle est. Ces guerres de gangs n'étaient pas une chose dont tous parlaient facilement, mais il pensait que lorsque deux membres de gangs différents se rencontraient, il y avait des signes qui ne trompaient pas. Alors, il ne passa pas par quatre chemins, et décida de jouer franc jeu dès le départ.

Alcatraz ? Omega ? Meiji ? Exodus ? lança-t-il. Ou peut-être même, le Shinsengumi ? Même si je doute un peu vu la localisation de ton konbini...

Là.
La bombe était lancée, qu'elle se débrouille avec.
Peut-être savait-elle qui il était, à qui il était rattaché, ce qu'il faisait, pourquoi, comment, contre qui ; ou peut-être savait-elle simplement qu'il en avait également rien à foutre. Mais les expressions sur visage de la vendeuse, le regard qu'elle avait, ses réactions, tout était sujet à interprétation et c'était justement ça qui l'intéressait. Quelle que soit son appartenance, il n'avait aucune raison de s'en prendre à elle sans ordre direct... sauf Meiji. Si elle était Meiji ; cet appartement serait sa tombe.

••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 11h23


Assener


    Dans tes yeux
    ce que je ne veux pas voir.


Naruse, et son éternelle légereté. Rinne avait dépassé le garçon en fixant le plus précautionneusement possible les murs et meubles environnants. En toute discrétion. Pour oublier la réalité, sans contrefaçon : son client était à moitié à poil. Maintenant qu’elle y songeait (arrête d’y songer), elle ne l’avait jamais vu aussi dévêtu que maintenant. Pour couronner le tout, une serviette éponge autour de son cou (son cou.) et les gouttes d’humidités qui perlaient de ses pectoraux aux commissures (bien marquées) de ses reins indiquaient qu’il venait de faire du sport. On a pas le corps parfait sans rien y toucher. Elle resta en avant de lui, toujours de dos, lorsque sa voix, qu’elle reconnue presque amusée, remarqua qu’elle n’y allait en effet, pas par quatre chemins. A quoi tu t’attendais ? Se disait Rinne. Se rendait-il compte que chaque minute passées dans son appartement était pour elle une course contre la montre ? L’existence de ce garçon ÉTAIT un malaise pour toute sa raison.

Il la dépassa, réajusta ses lieux d’un coup de télécommande. Tu n’as qu’a fouiller. Rinne bouillonnait déjà. Elle s’était pourtant promis d’être calme ; elle si apathique d’ordinaire. Mais l’orgueil s’emmêlait de confusion, et d’une certaine gêne qu’elle n’arrivait pas bien à gérer. Elle félicitait ses joues de ne pas s’empourprer à la moindre impulsions. Il en sortirait beaucoup trop de satisfaction. Et elle, cette éternelle impression d’être perdante, quelque soit les apparences. Rinne était sur le point de se précipiter librement dans l’espace de son logis quand la fin de sa phrase bloqua net son élan. Une discussion. Quelle discussion ? Son corps voulu s’emballer mais Rinne lui ordonna de rester calme. De ne pas tirer de conclusions hâtives. Naruse venait de se retourner vers elle. Et sur sa peau, la brulure habituelle de ce regard de glace. Elle était heureuse d’être emmitouflée de son large pull. Mais regrettait subitement de ne pas avoir mis de débardeur en dessous, comme si un courant d’air, invisible, psychique, risquait de s’y faufiler.

Elle jaugea ses mains. Ses sourcils se arquèrent malgré eux. De l’eau. Ah. Oui. Il s’inquiétait qu’elle se déshydrate ? Ou c’était parce que venant de faire du sport… Ou une façon de se foutre de sa gueule ? Genre, tu viens chez moi, je t’offre de l’eau. De l’eau merde. Mais en même temps, qu’aurait-elle espéré d’autre ? Ils n’étaient pas en rendez-vous galant, loin s’en faut. Adossé au rebord de sa commode, il lui fit signe de s’asseoir. Rinne n’aimait pas l’idée d’être assise face à un Naruse encore bien élancé ; mais elle préféra ne pas créer de litige supplémentaire. Pas tout de suite. Qu’avait-il à lui dire, après tout ?

Il se demandait. Oui; Elle s’en était doutée. Tout cela n’était-il pas, d’ailleurs, un test pour délimiter l’étendue de ses capacités ? … Etait-il à ce point dans l’idée de n’avoir rien à cacher ? Naruse avait un raisonnement si éloigné du sien, Rinne s’en retrouvait à chaque fois un peu troublée ; quoiqu’aussi, très très légèrement, intéressée. Quel mode de vie menait-il, vraiment ? Elle croyait peu à peu en voir les contours se dessiner. Puis là, la bombe, qui ôta à Rinne tout envie de plaisanter. L’exercice pour lequel elle s’était déjà tant et si bien préparée.

Il énuméra des noms de gangs. Rinne crut d’abord qu’il voulait la faire deviner le sien, si tant était qu’il fasse partie de l’un d’eux. Mais elle comprit à la référence sur son konbini que c’est à elle, qu’il s’adressait. Elle le toisa avec agacement, révulsion un peu aussi. Elle n’eut pas besoin de feindre sa réaction, celle-ci fut naturelle, et sincère, à 100%.

    « Qu’est-ce que tu sous-entends, Naruse ?! »

La particules aux oubliettes, Rinne s’était levée, vive, et le rouge avait finit par monter jusqu’à ses joues. Elle lui faisait face, éloignée de lui par la table qui les séparait. Si elle l’avait eu dans la main, de forte chance qu’elle aurait balancé le verre d’eau sur le visage du jeune importun. Il ne fallait pas être un génie pour voir à quel point les dires du garçon l’avait révulsée. Mais pourquoi, au juste ? Rinne était en effet partie prenante d’un de ces groupuscules. Le problème était dans les présupposés. L’assurance, le naturel, avec lequel il l’avait amené.

Comme si c’était une évidence.
Que Rinne était tout à fait le genre de fille à être partie d’un gang.

Elle sera le poing, malgré elle. Quelqu’en soit les conclusions de son irrécupérable client-tortionnaire (il y avait au moins trois types de torture dans ses actes actuels, dont le premier résidait dans la simple tenue qu’il avait choisi d’adopter), Rinne aurait du mal à contenir cette valve là. Elle était sortie. C’était ainsi. Mais elle ne comptait pas le laisser jouer indéfiniment à la poupée.

Tu as marché
sur le bout de mon âme.


Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



Ca n'avait pas manqué. La réaction avait été immédiate, franche, directe. Exactement ce qu'elle ne se serait pas permise de faire en d'autres circonstances.
Parler des gangs n'était pas en soi un tabou, mais cela signifiait souvent que vous étiez relié à eux, de près ou de loin, pouvant même indiquer une certaine appartenance. Fait est, plus ils faisaient du bruit, plus les gens connaissaient les gangs. Les gens savaient, mais n'en parlaient pas ; car qui est avec qui ? N'importe quel voisin avait ses secrets, et prudence était mère de sûreté. Mais pour un mec comme Akashita, la prudence, c'était seulement quand ça l'arrangeait.
Le métis la regarda longuement sans lui répondre immédiatement, la laissant réfléchir un peu sur sa propre réaction. Il continua d'afficher son petit sourire provocateur, et se décida à expliquer un peu mieux. Il n'était pas là pour la ruiner ; ce n'était pas son but premier. Le premier, c'était percer à jour le mystère. Le deuxième, s'envoyer en l'air avec elle. Le troisième... il n'en avait pas. Alors, pas grand chose à craindre ─ a priori.

Exactement ce que tu as compris. J'ai l'habitude qu'on me prenne pour un abruti à muscles, si ça peut te rassurer.

Sourire faussement amical.
La première erreur des gens qu'il rencontrait était de le prendre pour plus stupide qu'il ne l'était. Il avait de plus un bon flair, un bon instinct. Quand il décelait une piste, rares étaient les fois où il l'abandonnait en cours de route. Tirant la chaise devant lui, il vint simplement s'asseoir et se servit un verre d'eau, pour lui. Il avait soif, après son sport, ingurgiter du sucre directement n'était pas son kif. La servir elle ? Non, elle pouvait le faire elle-même. D'autant plus qu'il lui avait donné l'autorisation de fouiller ; si l'eau lui plaisait pas, qu'elle se serve dans le frigo ─ ce qui coulait de sens pour lui ne l'était pas forcément pour elle cela dit.

Est-ce que tu penses que je suis une menace pour toi ? demanda-t-il en apportant son verre à ses lèvres.

Il bu, sans décrocher son regard d'elle. Il craignait qu'il balance tout ? Avec son franc parlé et sa manie de toujours dire ce qu'il pensait, il pouvait bien lâcher le morceau oui. Mais en parallèle, qu'avait-il à y gagner ? Juste le savoir. Pour autant, il ne savait toujours pas comment elle s'appelait, ni où elle habitait, alors elle pouvait aisément disparaître du coin pour aller ailleurs. Elle, en revanche, connaissait son nom, l'adresse de son appartement. Possible qu'elle connaisse ses déboires avec la police. Ou même son appartenance à un gang. Il ne le cachait pas vraiment. Et parce qu'il ne le cachait pas, peu le suspectaient, en vérité. Il y avait tellement de raisons externes pour lui à être ce qu'il était, que finalement, le savoir dans un gang n'était plus vraiment un problème.
Le verre fut reposée sur la table. Il s'humecta les lèvres. Que craignait-elle de lui, exactement ?


••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 11h33


Discuter


    Arrêtons le temps
    juste
    un instant.


Ce n’est pas juste. Que tu sois toujours aussi prompte à rester calme quand je bouillonne ; à t’exciter quand je perds pieds ; à revenir à la charge quand je suis fatiguée ; et à t’éloigner juste ce qu’il faut pour me laisser respirer, le temps de m’inviter à reprendre là où je m’en suis arrêtée.

Il ne la toise pas avec inquiétude. Mais Rinne le sait, Rinne s’y attendait. Elle a bien saisit que Naruse ne s’enerve pas pour un rien, qu’il ne se laisse que rarement surprendre. Quelque part, elle se demande si au-delà de ses aléas pervers, il n’est pas bien plus placide qu’elle ne le sera jamais. Parfois, son détachement l’interroge. Est-il advenu un jour, ou a-t-il toujours été ? Elle n’a pas pourtant pas de temps à lui consacrer. Pourtant ?

Rinne respirait un peu plus vite qu’à son habitude, la faute à son énervement. En fait, Naruse n’avait aucun moyen de déduire ce qu’il en était réellement ; ou tout du moins, de saisir ce qui la révulsait autant. Mais ce n’était pas le plus important. Elle réalisait peu à peu après coup qu’au-delà de la colère qui avait été véhiculée, ce qui serait perçue était qu’elle, elle avait sans doute quelque chose à se reprocher. « J’ai l’habitude qu’on me prenne pour un abruti à muscles, si ça peut te rassurer. ». Rinne lui jeta un regard troublé ; il y avait à la fois de la vexation et de la gêne, le type d’œillade que l’on lance après en avoir trop dit ou pas assez, après avoir gaffé, après avoir mal formulé. Le genre de faciès que l’on tire parce qu’on a mal été interpreté. Rinne avait toujours été entière ; elle se préservait du monde extérieur parce que ses masques, une fois qu’on les avait effrité, devenait de plus en plus difficile à préserver.

« Je ne t’ai jamais pris pour un abruti à muscle. » marmonna-t-elle d’une voix si indicible, qu’elle ne put être entendue si ce n’est par elle-même. Non pas qu’elle connaissait beaucoup Naruse, leur seul échange vraiment consistant avait été un enchainement inapproprié d’évènements dérangeants (tout du moins, extrêmement troublants pour Rinne). Mais c’était aussi l’un des contact les plus intenses qu’elle avait eu a éprouver depuis un moment ; et sa psychés en avait retenu toute l’essence (pour le pire comme pour le meilleur), alors même que Rinne n’arrivait jamais à imprimer quoi que ce soit qui fut prononcé. Sa mémoire était purement visuelle. Elle perdait sans cesse les paroles, tels des flux incontrôlés. Parfois, ce défaut la rendait malheureuse, ou prenait malin plaisir à l’égarer.

Son sourire faussement amical la gêna. Elle ne compris pas pourquoi, mais Rinne se sentait un peu mal. Et pas du mal à l’aise habituel, pas de la gêne puérile ou sexuelle. Elle ne toucha pas à son verre, mais ramena son sac contre elle. mis une main dedans, farfouillant. Elle tomba sur ce qu’elle cherchait, mais ne le sortit pas pour autant. C’était un porte clé un peu gluant, un antistress dont le charme résidait dans l’apparence (un concentré de mignonnette face à la dureté des propos tenus).

« Est-ce que tu penses que je suis une menace pour toi ? » demanda-t-il en apportant son verre à ses lèvres. Oui. Et tu n’as pas idée. Tu ne peux pas. Parce que ce n’est pas qu’une question de me balancer. C’est une question d’ordre, de sécurité.

Alors oui, sa véritable identité, celle qu’elle protégeait contre vent et marée, la plus secrète, celle que même ses propres acolytes ignorait ; il ne la découvrirait jamais. Ou du moins, pas comme ça. Mais pour elle, une faille était déjà une entrée. Et à la curiosité se prêtait l’appétit. Et même si Naruse avait l’air d’être celui qui n’en a rien à foutre…

Rinne se stoppa net dans le fil de ses pensées. Etait-ce Vraiment le problème ? N’avait-elle tout simplement pas paniqué la dernière fois, plus que de raison ? Oui, elle tenait à garder séparé sa vie civile et les… Affres de son véritable métier. Mais…
Avant de lui répondre, elle ne put pas s’empêcher de poser la question qui lui brulait les lèvres.

    « J’ai à tout prix l’air de faire partie d’une faction dont le plus clair des activités consiste à nuire aux gens ? »

Elle avait tenté du mieux qu’elle pouvait de ne pas trop colorer ses paroles. De ne pas y insuffler la hargne, l’amertume, le rejet. D’être neutre, éclairée. Tant pis si la question rêvelait quelque chose d'une immaturité, ou d'une fragilité, ou de quelque détail qui lui déplairait. Tant pis s'il soupirait ou se moquait.

    « Tout le monde peut être une menace dans cette ville, en l’état où elle est. »

Elle plongea son regard dans le sien. Mon dieu, qu’elle n’aimait pas y être confronté. Elle appuya un peu plus sur son porte clé, plongé à l'intérieur de son sac. Oui, elle était stressée. Non, utiliser cet objet ne l’aiderait pas à le cacher. Mais ce n’était plus son problème : Naruse avait suffisamment saisit. Elle se demanda si en acceptant de coucher avec lui l’autre soir, elle aurait coupé net à la curiosité du garçon, et donc à cet entretien de questions.

Elle sortit du bout des doigts son paquet de cigarette et son briquet, qu’elle posa sur la table. De son sac, une cannette. Etrangement similaire à celle de l’autre fois.

Je veux bien essayer
De faire un pas vers toi
Mais il n'est pas de route
sans encombres ?


Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



La réponse, qui était en réalité une question, n'étonna qu'à moitié Akashita qui l'observa sans trop la juger pour le coup. A vrai dire, sa question était toute légitime... mais un peu comique, il devait bien l'admettre. Sa seconde phrase, elle, était déjà plus sensée. Le borgne mis un certain temps avant de répondre, son regard ayant bifurqué vers la fenêtre où le ciel commençait à se couvrir de nuages sombre, signe que bientôt la pluie prendrait place. Il sentait la gêne de son invitée, et son calme ne semblait pas aider. Il était en terrain connu, chez lui, savait comment dominer la situation, et elle le sentait. Tout autour d'elle se ressentait la présence d'Akashita.
Peut-être que pour poser cette question, elle avait déjà oublié que jusqu'à l'instant où elle l'avait éloigné du groupe d'alcooliques, jamais il n'avait douté de son appartenance quelconque à un gang. Jamais il n'aurait été mis sur la voie si elle n'avait pas crocheté la serrure, et l'indice ultime, jamais il n'aurait touché son flingue. En vrai, il avait juste été chanceux d'avoir visé juste. Elle aurait très bien pu être une simple délinquante du coin qui volait la caisse de son propre konbini, mais comme elle l'avait si bien dit, Tokyo n'était plus aussi sûre qu'avant.

L'homme reposa son regard sur elle. Frêle, d'apparence inoffensive, pas spécialement canon, plutôt quelconque en vrai ─ à ses yeux. Elle venait d'avouer qu'elle faisait bien parti de quelque chose de plus grand qu'elle, mais refusait d'en dire le nom. Très bien. Il le saurait en temps et en heure de toute manière. Si elle faisait l'huître, ça allait jouer contre lui.

Regarde moi. Lequel de nous deux est le plus suspect aux yeux des gens ?

Mauvaise personne. Cette question, ce n'était pas à lui qu'il fallait la poser. Le fait qu'il lui manque un oeil et qu'un immense tatouage traversait son dos de parts et d'autres hurlait aux gens qu'il faisait parti d'un truc pas net. Depuis son adolescence même les gens disaient qu'il allait mal tourner et finir dans des entourloupes. Lui-même le savait.

Les mecs comme moi font pas long feu, miss-je-me-suis-toujours-pas-présentée, c'est pour ça que j'en ai rien à foutre de ce qu'on pense de ma personne.

Son regard se fit insistant quelques secondes, puis se posa sur le paquet de cigarettes et le briquet. Il ne disait rien pour l'instant, mais si elle voulait fumer, c'était dehors. Personne ne fumait chez lui. Son appartement ne sentait pas la fraîcheur du bois d'été parsemé de pet d'anges, mais ça ne sentait pas non plus la porcherie, alors il tenait à garder son lieu de vie propre ─ très organisé et propre d'ailleurs, comme appartement. Beaucoup s'attendraient à un bordel sans nom.

Dehors, le craquement lointain de l'orage. Toujours pas de pluie, mais cette dernière se rapprochait inexorablement. Le borgne se demandait encore quelle corde il allait pouvoir tirer. Il s'étonnait pour ainsi dire de parvenir à fissurer son masque avec aisance ; peut-être n'était-elle pas aussi assurée qu'elle le pensait ? Ou peut-être était-il simplement le point faible qu'elle n'avait pas pu anticiper ? Ironiquement, il ne se sentait pas en danger. Elle en savait tellement plus à son sujet que lui sur elle, et pourtant, il était celui qui semblait en avoir rien à foutre. Indécent, insolent, énervant. Horripilant. De nos jours, n'importe qui s'énervait si une personne extérieure lisait les sms de notre téléphone ; mais pas lui. Parce que ceux qui en savaient un peu trop, n'étaient tout simplement plus là pour en témoigner. Et plus il donnait l'impression de s'en foutre, moins les gens cherchaient à savoir.


••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 11h45


Fureter


    Fixer les choses
    et ne rien discerner.


« Regarde moi. Lequel de nous deux est le plus suspect aux yeux des gens. »
Alors ses yeux scrutent son corps, malgré eux. Parce qu’il est là, juste en face. Parce qu’il est massif. Parce qu’il lui a intimé de le faire (peut-être). Et parce qu’une immense trainée noire part de ses épaules et disparait dans son dos. Une forme que Rinne a eu assez peu le temps d’admirer, mais dont elle connait l’identité. Un dragon.

Il ne réponds pas directement à ses questions. Elle ne peut pas l’en blâmer ; parce qu’elle non plus. Elle aussi prends des détours, pose parfois ses propres interrogations, feint d’ignorer certains détails, certaines tournures. Parce que ça lui va mieux. Parce qu’elle ne veut pas. Parce qu’elle a envie. Rinne reste stoïque, et son regard navigue, navigue. Sur des ombres qu’elle n’a jamais vu sur lui ; sur des détails qui s’impriment durablement sur sa rétine. Dehors, le ciel se târie, comme l’humeur de Rinne. Les erreurs commises ne lui ressemble pas. Pourquoi ? Pourquoi réagit-elle comme ça ? Pourquoi est-elle venue ? Pourquoi n’a-t-elle pas fait en sorte d’effacer ses fichiers, son port d’arme ? Juste pour un temps ? Après tout, à quoi bon être dans la légalité si c’est pour ne jamais dégainer ? Pourquoi les tas de fail dans son système quasi parfait semblent lui sauter aux yeux depuis qu’elle l’a véritablement rencontré ?

Il y a des tas de choses qui demeurent en suspens. Invisibles, mais à prendre.
Naruse reprend. Rinne s’aperçoit qu’en dépit de l’inconfort auquel rime sa présence, et tout en lui, elle aime bien sa voix. Elle ferme les yeux, pour essayer d’un peu mieux l’entendre, et surtout, peut-être, de la retenir. « J’en ai rien à foutre de ce qu’on pense de ma personne. ». Ah. L’absolution d’autrui. Elle pense à une demoiselle qu’elle a croisé il y a peu. Elle aussi, semblait s’en foutre.
Puis elle réalise qu’en effet, elle ne s’est toujours pas présentée. Que faire ? Abandonner tout resistance et lui balancer son identité ? Laquelle ? Elle esquisse un fin sourire malgré elle, face à ses questions si bête (et si adaptées à l’ironie de sa situation, pas si désespérée). Rinne rouvre les yeux qu’elle a gardé fermés. Elle expire lentement, doucement. Pose ses mains sur ses genoux, après avoir déposé son sac au sol. Se redresse lentement, saisit son paquet de clope, en tire une, son briquet, garde le verre d’eau à la main. Même si l’envie de voir la réaction du propriétaire en allumant sa tige de tabac la titille ; elle n’est pas-là pour ça. Tant que son dû… Ne pas le perdre de vue. Elle toise Naruse. Mais pourquoi est-il si persuadé que les « mecs comme lui » ne font pas long feu ? Elle glisse son briquet dans la poche de son pantalon, retire sa clope de sa bouche, se dirige vers lui, arrive à son niveau. Assis, c’est le haut de sa poitrine qui arrive au niveau de son faciès. Pour une fois, elle peut baisser la tête pour admirer son visage.

    « Pourquoi cherches-tu absolument à savoir ? »

C’est vrai ça. Au fond. Si tu n’en as rien à foutre de rien, pourquoi ça t’intéresse ? Elle mis un certain temps à décrocher ses yeux de son faciès. D’une part parce qu’il était beau. C’était un fait. D’autre part, parce qu’elle bloquait elle-même sur les pensées en suspens. Un coup de tonnerre dans le lointain. Si elle voulait cloper, c’était maintenant. Elle garda pourtant sa cigarette dans la main, et le verre d’eau dans l’autre. Bu, une, deux, trois gorgée. Vida son verre. Se promena dans la pièce après l’avoir reposé, juste devant Naruse.

    « Chercher, hein ? »

Elle ne se gêna pas. La discussion l’embêtait. Peut-être un peu par caprice, il est vrai. Ou alors se rappelait-elle que quand bien même chercher la vérité il désirerait, il ne pourrait l’obtenir, en finalité, que de sa bouche. Cette quasi fatalité lui revenait peu à peu en tête, comme un gout sucré qu’on a longtemps oublié et qu’on a pourtant si souvent apprécié. Rinne avait beaucoup paniqué, mais en définitive, Naruse l’avait lui-même rappelé. Elle ne s’était pas présentée. Que connaissait-il vraiment d’elle, qui puisse lui causer du tord ? Etait-il, en plus, du genre à aller colporter les informations jusqu’à la police ? Pas de doute que sa franchise était un moins sur la liste des risques. Mais en dehors…

Il l’avait mis en garde néanmoins. « Pas un abruti finit. » Mais Rinne n’en doutait pas. De là néanmoins à ce qu’il perce les couches de faux semblants, que même ses collègues la cotoyant… Après, il l’avait vue en civile. C’était différent. Mais même. Au pire il finirait par savoir qu’elle était d’Omega, puis quoi ? Elle pourrait toujours prendre les devants et lui dire, craquer, faire semblant d’avoir réellement tout lâché, par usure. Bref, rajouter une couche de vernis sur le parquet usé.

Elle fit le tour du salon, touchant quelques tiroirs, en ouvrant parfois. Peut-être interviendrait-il à un moment; et quelque part cette possibilité fondait chez elle une certaine appréhension. Tandis qu’elle lui tournait le dos, se baissait, se relevait, inspectait, Rinne ne pouvait s’empêcher de rougir un peu, discrètement, maintenant éloignée, en considérant la tenue et sa quasi absence de vêtement. L’avait-il fait exprès ? Ne pas y penser. Elle tomba nez à nez avec les toilettes. Moment d’hésitation. Quand même pas ? Enfin, tout était possible. Elle aurait le loisir de s’en assurer dans quelques minutes, quand une envie le justifierait.

Elle finit par se retourner vers lui, lentement.

    « Il reste une pièce, n’est-ce pas ? »

Quelque part, son éducation l’empêchait encore un peu de pénétrer dans l’intimité spatiale d’autrui sans le demander.

Un trésor est couvé
Il me faut
Le retrouver.


Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



Akashita sentait son regard sur lui. Elle l'épiait, l'analysait, le dévisageait. Cela ne le dérangeait pas. Il restait assis, immobile, la même expression sur le visage, à attendre qu'elle se décide à bouger. Il s'étonnait un peu de sa propre tolérance et patience envers la jeune femme, car sa curiosité le rendait peut-être plus sage qu'en temps normal. Il aimait jouer, mais la patience n'était pas son fort et à n'importe quel moment l'ennui pouvait le prendre, pouvant justifier un coup de pied aux fesses et une porte qui claque.

Elle se leva. S'approcha. Et son oeil bleu lorgna sur le pull un instant ; elle aurait pas pu choisir pige pour cacher ses formes, celle-là. Petite déception qui ne transparu pas. Il leva alors le regard vers elle, lui offrant pleine vue sur le bleu de son oeil. Pourquoi voulait-il savoir ? Bonne question. Par curiosité, pure et dure ? Il ne lui en fallait pas beaucoup. Devait-il avoir une raison particulière pour vouloir savoir quelque chose ? S'en foutre de l'avis des autres ne voulait pas dire s'en foutre de tout ; il était partisan du rien n'est blanc ou noir, tout est nuances.
Alors peut-être n'y voyait-elle pas d'intérêt. Lui y voyait juste le savoir, la facilité. Quand tu sais, tu peux parler. Quand tu ne sais pas, tu te tais. Et en guise de réponse, il lui offrit le silence, avec un brin de sourire tirant la commissure de ses lèvres.

Elle s'éloigna, se mit à chercher. Elle fouilla, tiroir après tiroir, et il l'observa pendant ce temps, sans rien dire. Silencieux. Muet comme une tombe, à juger ses mouvements. Il se servit un autre verre d'eau, qu'il vida en quelques épaisses gorgées. Il tourna la tête, regardant son frigo d'un air pensif ; il allait bientôt devoir faire les courses d'ailleurs. Il allait bientôt tomber en panne de riz et n'avait déjà plus d'oeufs pour demain matin ; et bordel qu'il en mangeait beaucoup le saligaud.
Son appartement respirait un style de vie sain et organisé ; tout était propre, tiré à quatre épingles, même la nourriture était fraîche. Quelques épices, mais beaucoup de noix, fruits ─ secs et frais ─ et un vaste attirail de cuisine. Son appartement révélait un aspect de lui que beaucoup ne suspectaient pas. Un cuisinier curieux, qui aimait manger sain et frais. Aucun fast food pour lui. Le seul truc qui pouvait potentiellement déranger, c'était le nombre alarmant de poids et le grand espace dans son si petit salon dédié à ses entraînements.

─ Il reste une pièce, n'est-ce pas ?

Akashita fut sorti de ses pensées par le son de sa voix et reposa sur elle un regard un peu désintéressé. Il lui fallut deux secondes pour lui indiquer la chambre, ses doigts tapotant légèrement la table.

Ma piaule.

Et son regard si peu intéressé devint subitement lance qui la transperce. Sa chambre. Son domaine. Son lit. Ses affaires. Ses aventures. ─ la plus grande partie, il n'allait pas parler de la table, du canapé ou du plan de travail de la cuisine non, chaque chose en son temps... et le tapis, aussi. Mais passons.

Tu veux reprendre où on s'est arrêté la dernière fois peut-être ?

Une invitation, une provocation ─ un challenge. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle l'accepte, mais c'était assez amusant de voir ses réactions.
Se souvenait-elle encore de leur étreinte, de la tension entre eux quelques jours auparavant ?


••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 12h05


Coincer


« Ma piaule. »


Des doigts qui tapotent sur la table, un bruit creux. Rinne le savait, mais elle a quand même demandé. Comme pour se demander la permission, se donner l’impression de ne pas sceller d’intrusion. Naruse était drôlement calme cet après-midi, et elle n’allait pas s’en plaindre. En dehors de la provocation évidente de ses muscles saillants (hasard ou pas, il avait fait le choix de ne pas se rhabiller même après l’avoir entendue sonner), il s’était contenté de la jauger calmement. Il n’avait même pas insisté sur sa demande, poussé ses questions contre sa langue, forcé la nippone à délier ses mensonges ; Ouvrir la voie (une voix). Elle avait déjà levé le pied pour se diriger vers la porte (déjà en vue, en vérité), quand la voix du jeune homme s’éleva à nouveau. Un regard perçant, projeté contre son dos.

« Tu veux reprendre où on s’est arrêté la dernière fois peut-être ? »

Un petit battement, et une sensation gênante. Dans le bas du ventre. Misère. Rinne ne se retourna pas (surtout pas) pour lui laisser le plaisir d’admirer sa tête. Qui avait viré au cramoisi, direct. Elle se contenta d’amortir le pied par terre et de poursuivre sa marche, fière. Du type à dire « je m’en fout, j’y vais, garde tes bêtises pour toi. ». L’avance qu’elle avait lui permettrait de respirer un peu. Rinne s’empourprait, mais ses joues rouges ne faisaient pas long feu. C’était une pièce banale, au premier abord. A l’exception près qu’un énorme lit, matelas gargantuesque monté sur un support européen, trônait de tout son long et y engouffrait l’espace. Rinne le toisa un peu interdite. Elle avait rarement vu de pareil format. Son regard se vida. Est-ce que ce mec aime le sexe à ce point-là ?

C’était une réaction naïve. Les lits ne sont pas le seul temple du désir. Mais Rinne n’en était pas-là ; et les sarcasmes précédents sous-entendu par Naruse avait achevé de focus chez elle l’idée que cette pièce renfermait mille baisers. Il s’agissait de ne pas trop y penser. Elle frôla du bout des doigts les draps, la couette. Se déplaça le long du plumard, face à elle : une armoire encastrée dans le mur. Une table de chevet se trouvait de l’autre coté du lit. Commencer par le plus retrancher. Aller dans le sens de l’extérieur - vers la sortie. Elle pris la peine de faire le tour du lit à pied, parce que l’idée de grimper sur la surface molletonnée ne lui disait rien qui vaille. Arrivée devant la table de chevet, elle confirma qu’il n’y avait rien dessus. Quelle chambre vide. Sobre. Maintenant qu’elle y pensait, l’appartement de Naruse était particulièrement bien rangé et ordonné. Elle posa sa clope et son briquet, toujours fiché dans ses mains, sur la table de chevet. Un peu de tabac sortit du bout du tube, et Rinne s’en amusa. Bien fait pour toi.

Il y avait un tiroir dans cette table. Rinne n’y pensa pas à deux fois. On sait pourtant que… Le tiroir céda, dévoilant une marée infinie de petit sachets carrés. La jeune fille recula, surprise de la quantité de ces petits emballages blancs. En se décalant, elle avait tiré d’un coup sec sur la poignet, et le tiroir avait légèrement tiré le meuble, provoquant un bruit de grincement. Son esprit calcula le reste rapidement. AH. Ok. C’était sans doute normal. On a tous une réserve de… Près du lit c’est… (des images qui s’insinuent. tu clignes des yeux, petite ingénue.) Vite, enterrer tout ça. Elle voulu refermer le tiroir, mais sa profondeur lui indiquait qu’il était intelligent de tout de même vérifier. On ne sait jamais. A contrecœur (ce n’était pourtant rien que des préservatifs emballés) elle plongea la main dedans, farfouillant, les doigts en alerte. Rien, rien, rien-Bon, parfait. Elle reprit la poignée dans sa paume, et tâcha de renfoncer la partie extraite dans sa boite. Sauf que son coup sec précédent avait déchaussé le meuble de bois. Il lui fallait recaler l’engrenage par dessous.

Elle soupira, se mis à genou. et tacha de pousser comme elle le pouvait. Puuuuurééeee. Du salon, sans doute pouvait-on percevoir le bruit tenu du grattement incessant de ses ongles, butant contre le socle de bois. Mais c’était super mal fagoté ! Rinne habituée à être d’une grande dextérité eu envie d’exploser l’objet. Rester concentrée.

On veut mais la vie ne veut pas
Tout vas de travers
c’est un bordel sans foi


Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



Elle se cacha. Se refusa à dévoiler quoique ce soit. Preuve en était qu'elle n'avait pas oublié, et le borgne en était quelque peu satisfait. Amusé, il la laissa passer, son sourcil s'arquant comme s'il s'attendait à un coup foireux sous peu. En un sens, il la trouvait terriblement imprudente. Elle savait ce qu'il avait en tête, ce dont il était capable, et pourtant, elle s'engouffrait dans l'antre béante du monstre. Cela aurait pu être respectable si ça n'avait pas arraché un raclement de gorge amusé du borgne qui détourna le regard lorsqu'elle entra dans sa chambre.
Akashita savait ce qu'il cachait, où étaient ses affaires. Ce que chacun de ses tiroirs renfermait. A la voir, elle n'avait pas énormément d'expérience dans le domaine, sinon elle se méfierait davantage. Peut-être se sentait-elle capable de lui échapper, mais qu'est-ce qui pouvait garantir sa sécurité ?

Il attendit.
Patienta. Sagement. Tenté de se lever pour jeter un coup d'oeil, mais il resta sagement assis. Puis il l'entendit ; le bruit du tiroir. Un coin de ses lèvres s'étira, et il tendit l'oreille. Calme. Rien de trop bruyant, mais il lui semblait sentir d'ici le malaise et l'agacement de la jeune femme. Puis, de nouveau du bruit. Visiblement le tiroir avait été arraché à son encoche, et le métis trouva la situation un brin ironique pour la jeune femme.

Il se leva alors, non mécontent de finalement reprendre de l'activité dans cette situation comique, et se posta à la porte.

Et en plus tu pètes mes affaires ? Tu te fous de moi ?

Le regard accusateur, visage sérieux. Bordel, sa tête. C'était beau. Devant elle, sa réserve de préservatifs ─ il en avait toujours plus que nécessaire, parce qu'il lui arrivait d'en glisser dans les affaires de Sun lorsque ce dernier squatter ; manquerait plus que le morveux se pointe un jour en panique en disant qu'il avait mis onsaitpasquellenana en cloque. Sa mère l'avait expérimenté, il en était le résultat, et il n'avait pas trop envie de passer par le même schéma. Surtout qu'il finirait par le noyer, le môme ; un deuxième Akashita dans ce monde serait de trop.

Le borgne s'approcha lentement. Il s'assit sur le lit et posa sa main sur l'épaule de la jeune femme, qu'il repoussa sans ménagement ; pas besoin de faire dans la dentelle quand on pète ses affaires. Il attrapa le tiroir et, d'une main, habilement, vint chercher le petit "clic" qu'il ne connaissait que trop bien pour provoquer le roulement fluide. Là, le tiroir était bien à sa place.
Et c'est en le refermant qu'il reposa son regard sur la vendeuse, jetée un peu comme une malpropre.

Est-ce que tu crois sincèrement que ce que tu cherches se trouve ici ?

Le ton était quelque peu ... catégorique. Il la jugeait.

L'idée que je te fasse venir ici dans l'unique but de te sauter ne t'a pas traversé l'esprit ?

Et qu'est-ce qui l'en empêchait ? La chambre était définitivement trop petite et trop encombrée pour qu'elle puisse s'enfuir. Il n'avait qu'à tendre le bras pour la rattraper. Était-elle une petite souris en cage à la merci du gros chat ? Sourire vainqueur.


••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 12h15


Bouder


Tu t’en doutes ; à force de craquements et glissements sourds, le mal qui attends finira par te jouer un mauvais tour.

Ses mains s’agitent un peu plus, et son impatience s’accentue. L’irritation la gagne, même si le flingue calé contre sa cuisse lui rappelle de rester calme. Ne pas refaire toujours les mêmes erreurs ; apprendre, un peu, du dur labeur. Des petits doigts qui sont comme des mains de fillettes, sous la pression du temps qui défile, de ton incapacité qui t’effrites. Si il te voit comme ça, il va se foutre de toi, c’est sûr. Et s’il t’en voulait d’avoir abimé son tiroir ? Mais il n’est pas abimé ! Rinne commence déjà son réquisitoir. Il est juste mal fermé. Mal placé. Ça se soigne, ça peut être réparé. Inconsciemment, ses doigts grattent un peu plus le dessous de bois, et ses lèvres se tendent. Elle se bat intérieurement contre un Naruse même pas présent.

« Et en plus tu pètes mes affaires ? Tu te fous de moi ? »

Rinne sursaute intérieurement. Mais vraiment. Elle se demande comment son corps fait pour être resté plascide, immobile, sur place. Ah. Oui. Glacée de surprise. Bien sûr qu’elle l’attendait, mais toute avachie dans ses pensées… La voix s’est détachée comme une poigne brutale la ramenant à la réalité. Elle tourne la tête vers lui, et le regard qu’elle croise lui fait, il est vrai, un peu peur. Un léger voil, peut-être imperceptible. Mais elle se dit qu’au fond, on ne sait jamais. Qui est-il ?

Il s’approche lentement, se pose sur le lit. Rinne va pour se pencher un avant. Comme pour s’éloigner de lui, un réflexe prévenant. Mais son épaule est déjà sous sa main, et il l’envoi valdinguer en arrière. Rinne sent le coup sec qui la propulse, son dos se arc, elle attérit sur le sol, et le tissu de son pantalon manque de se tendre. Elle béni le pull si large qui lui sert de paravent — de masque sur ses derniers remparts. Il répare le tiroir si vite que Rinne s’en sent d’autant plus humiliée. Elle a l’impression que le pouvoir de Naruse, c’est de la rendre enfant. De la faire régresser.

« Est-ce que tu crois sincèrement que ce que tu cherches se trouve ici ? »

Il y a du jugement dans le fond de cette voix stricte ; dans ce ton de vérité et peut-être de mépris. Rinne lève la tête et le toise. Sa joue bat un peu, sous la nervosité et l’embarras. « L'idée que je te fasse venir ici dans l'unique but de te sauter ne t'a pas traversé l'esprit ? ». Putain. La nausée. La colère. Ça gronde, c’est sévère. Encore ces gens qui ont les mains grandes et les bras si long. L’assurance de leur coté, parce que la force est faite à leur façon. Rinne a un mouvement sec du cou, elle redresse son regard, lui adresse comme poignard. Elle se lève, époussette son pantalon, recale son pull.

    « Je vais vraiment finir par abimer ta maison. »

Elle tourne les talons, ouvre d’un geste brutal son armoire dans le fond. Des fringues ? Et encore des trucs de sports. Putain ce mec se foutait vraiment pas de la gueule du monde. Une penderie aussi. Presque vide. De pauvres ceintres se battant en duel. Elle sait qu’il est toujours ici. Il n’a pas put en une fraction de seconde disparaitre de la pièce. Du coup, elle sent malgré elle sa présence dans son dos, et par effet de cause, l’impression que des mains lui pressent. Elle voudrait fouiller, mais une hésitation. Est-ce que ses paroles ont eu raison de sa motivation ? Rinne fronce les sourcils, effleure du bout des doigts ses fringues, ses objets. Vas mourir. Je finirais bien par trouver. Au-dessus d’elle y’a un poids. Pas super lourd, mais pas super léger. Qui commence à glisser parce qu’on a agité les tissus sur lequel il était sensé reposer. Rinne lève la tête pour le constater.

La chute est déjà entamée
et c’est pas avec ses bras qu’elle risque de le réceptionner.

Je peut rien de toi
trop de chaud, de froid


Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



Elle ne démordait pas. Elle ne fuyait pas. Très bien, il allait lui laisser un poil plus de répit ─ il n'était pas à une minute près. Une fois qu'elle aurait fait le tour, elle se rendrait bien à l'évidence que ce qu'elle cherchait n'était pas à sa portée. Il la suivit du regard alors qu'elle se relevait, ayant même aperçu une ombre de dédains à son égard. Elle en était presque mignonne. Plus les minutes s'écoulaient en sa compagnie, plus il la trouvait gaminette, effectivement. Et peu à peu, l'attraction du danger et du mystère se dissipait pour laisser place à une simple... curiosité amusée.

Elle se dirigea vers son armoire ; ce n'était pas comme s'il y avait grand chose d'autre à fouiner dans la chambre, en vrai. Pas beaucoup d'endroits ou cacher des affaires. Elle ouvrit la porte coulissante, fouina, farfouilla, et sans même voir son visage, il était persuadé qu'elle était dépitée de ne rien trouver. Néanmoins un mouvement attira son attention. Quelque chose sur l'étagère en hauteur ; les vieux trucs qu'il n'utilisait plus vraiment mais ne jetait pas car ils avaient toujours une potentielle utilité en cas de pépin. Un poids. Elle avait tiré le fin tissu qui était en dessous, et ce qui était auparavant bloqué par un poids plus petits se retrouvait libre de ses mouvements. Elle va se le prendre dans la tronche. Est-ce qu'elle va seulement le voir ? Ne Se sentant pas concerné le moins du monde, il observa. Le poids bougeait. Lentement. Le poids, la tête. La tête, le poids. Combien de temps encore ?

Ah.

Le souvenir de la galère pour nettoyer du sang eu raison de son indifférence et il se leva pour attraper le poids qui était juste au bord et venait à peine d'entamer sa chute. L'objet n'avait même pas entièrement quitté l'étagère. Sans cérémonie, le borgne le reposa à sa place. Il pris Rinne par les bras, la décala sur le côté. Son corps de baissa et il tira les paniers où se trouvaient chaussettes, sous-vêtements, versa la totalité sur son lit. Il dégagea ses pantalons, t-shirts, chemises, jetant tout en vrac sur les draps.

Allez tu m'as assez bousillé la matinée pour rien.

Une fois le lit en bordel, il lui montra la pile de fringue d'une main, comme l'invitant à se plonger dedans.

Tu veux toujours fouiner ? Ca m'a l'air un peu plus compliqué que juste se servir de mon nom hein ?

Ironie, sarcasme, provocation gratuite, foutage de gueule, voyez ça comme vous le désirez.

Te méprend pas ; j'ai bien ton flingue. Mais quand je vois l'empotée que tu fais, c'est peut-être mieux que je le garde.

Une insulte gratuite en prime.
L'insolence était revenue. Il ne prenait pas de plaisir particulier à l'instant précis, mais ce rappel à l'ordre n'était pas sans indiquer que les rapports de force n'étaient, encore, pas au même niveau. Il ne savait pas s'il était déçu, ou s'il en avait juste assez, mais elle n'était pas celle qu'il avait rencontrée dans le local. Il soupira, une main sur la hanche.

Miss fade et sans intérêt, welcome back.


••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 12h23


Relever


Rinne continua de fouiller tandis que l’objet menaçait de fendre son crâne ; tout du moins de lui entailler. Elle se persuada que le truc n’allait finalement pas tomber. Ou essaya-t-elle de voir si le garçon allait la laisser se faire assommer ? Il y avait gros à risquer ; le haut du crâne est une partie qu’on préfère preserver. « Ah ». Il se leva. Rinne le sut au bruit des draps qui se froisse, légèrement. Il eut le temps de se déplacer, de saisir l’objet. En douceur, presque ? Lenteur. Sa taille lui permettait d’y accéder sans batailler ; tout l’inverse de Rinne sur la pointe de ses pieds. Il prit son bras sans pas une seule seconde hésiter. La décala comme si c’était elle aussi un objet ; un mannequin inanimé. Rinne resta coite, intriguée ? Il commença a se saisir de ses habits, rangés dans des paniers - organisés.

Et vrac ; tout glissa sur son lit. Tout fut jeté en vrac, en vrac, en vrac. Rinne le regarda faire interdite. Est-ce qu’il était énervé ? Est-ce qu’elle l’avait déjà trop poussé ? Mais il n’y avait trop rien sur son visage qui lui parle ; trop rien dans ses gestes qui traduisent l’impatience, la violence. C’était presque, peut-être, bien trop calme. « Allez tu m’as assez bousillé la matinée pour rien. ». Rinne leva les yeux au ciel, par reflexe. Qui était le gamin ? Elle était là depuis à peine une heure. Et c’était elle qui s’était faxée le trajet. Etait-il à ce point mauvais joueur ? Etait-ce vrai que les garçons ne pensent qu’avec ce qui entre leurs jambes régule le bonheur ? Etait-il de ces… Non. Non. Il n’était pas bête, se répéta-t-elle comme un sermon.

Néanmoins, quelque chose la piqua au vif dans sa façon de s’adresser à elle. Comme on parlerait à un enfant. Pointant du doigt un résultat, comme si c’était « le résultat », de « ses agissements », que ce foutoir sur le lit, c’était l’issue d’une crise, d’une gaminerie, et qu’on lui demandait « Alors, contente ? ». Mais c’était Lui qui avait voulu jouer au chat et à la souris ; lui qui avait caché son flingue, cherché à l’embêter pour assouvir Son envie. Et puis cette provocation. « Ça m’a l’air un peu plus compliqué que juste se servir de mon nom hein ? ». Toi aussi, Naruse, tu es bien inconstant. Du sourire vainqueur tu passes au sarcasme acide. Tu te moques ; sans équivoque.

Et son gun dans tout ça ? Il la « rassure », et ça a la saveur du cyanure. L’empotée. Putain, l’enfoiré. Elle a l’impression de voyager dans le temps ; de revoir son client, soir de chantier, crasse sur le tee-shirt, cannette juste devant. Elle le toise, mauvaise.

« Miss fade et sans intérêt, welcome back. »

Rinne pouffe, c’est discret, c’est plus comme un souffle qu’on a éjecté un peu plus brutalement que les autres. Elle ferme les yeux un instant, met elle aussi sa main sur sa hanche. Un sourire nait à l’orée de ses lèvres, comme une éclaircie au matin. Elle le regarde, avec ironie.

    « Son jouet ne marche plus, alors on est embêté ? »

Elle se rapproche de lui. Y’a des variations dans l’air, du larsen dans l’athmosphère.

    « Mais ça ne te revient pas de juger ce qu’il vaut mieux quand on parle de mon flingue préféré. »

Préféré ? Sans doute pas. Mais ça sonne mieux ; ça sonne moins creux. Peut-être. Son sourire est un peu carnassier. Rinne a ses périodes, où la confiance déborde. Ça dure une milliseconde, puis ça retombe, comme un ballon percé.

Le chaperon rouge porte parfois
une peau de loup.



_________________
        
Rinne a une identité multiple ; il faut au moins ça 
pour protéger son propre petit jardin secret s a c r é.
* rinne < civile >  ** riné < omega > 
*** rhyme < gérante du marché noir >
Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



Ah, elle reprenait du poil de la bête. Légèrement. Un peu. Un chouilla. Mais pas assez. Nullement intimidé, son visage demeura impassible, et il se prit même l'arrête du nez entre les doigts, comme un parent fatigué d'expliquer à son enfant.

Je m'en lustre tellement la raie avec de l'huile tu peux pas savoir.

Bon, certes. Il était déçu. Il avait espéré une altercation, de la résistance, du répondant, un jeu, une tension, mais le contexte ne s'y prêtait pas. Il ne l'avait pas non plus travaillé il fallait dire. Il pouvait, s'il le voulait, l'attraper par les cuisses et la plaquer contre le mur, la forcer, la faire hurler, mais le viol n'était pas dans ses cordes. Il avait eu une mère, et ça, il ne l'oubliait pas, en dépit de tous ses mauvais côtés.
Dans le fond, il savait que s'il la provoquait davantage, se comportait davantage ouvertement en trou du cul, il finirait peut-être par avoir ce qu'il veut. Ah, pas bête comme idée. Elle s'était rapprochée, mais il la décala et passa à côté d'elle pour retourner dans le salon ; il attrapa la bouteille, en vérifia la quantité, dévissa le bouchon, revint vers elle, et lui vida le contenu sur la tête, purement et simplement.

Le tout dans une gestuelle dévoilant tellement de désinvolture que lui-même ragerait d'être traité ainsi. Qu'avait-elle fait pour mériter une douche froide ? Pas grand chose. Il était celui qui l'avait invitée, indirectement. Elle était venue, comme il l'avait voulu. Elle avait fouillé, comme il l'avait incitée. Mais ce n'était pas elle qu'il voulait, c'était l'autre. Il voulait la femme menaçante qui l'opposait, pas celle qui l'ignorait. Alors si elle s'évertuait à faire comme si sa présence n'avait aucun impact, il n'avait qu'à provoquer l'apparition de cette facette.
La mettre à bout. Au pied du mur.

Ton flingue te sert à rien. Tu n'es pas un jouet, tu es un passes-temps, ne te donne pas plus d'importance que tu en as.

Il jeta la bouteille vide sur le côté. L'eau ça séchait, cool. C'était mieux que le sang, ça laissait pas trop de traces. Son index venant soulever son menton pour qu'elle le regarde, il finit son petit numéro avec le même sourire carnassier qu'elle lui avait affiché.

Et aujourd'hui, c'est toi qui es en territoire ennemi.

••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 12h43


Imploser


De l’irrespect, de la défiance, du dédain, de la moquerie, des lames qui ont le parfum de la suie.

Rinne récupéra ses paroles comme une gifle, ou une tappe sur le sommet du crâne, un geste hautain qui vous rabaisse à la terre, essaye de vous enfoncer dans le sol à renfort de raille. Elle laissa ses épaules s’affaisser un peu, son regard se crisper. En fait, Naruse était peut-être un individu détestable. Plus elle y songeait, plus les pistes soulevées par son principal informateur se révélait probables ; presque évidentes. Il avait tout de ces crétins pédants. Peut-être bien qu’il n’était pas spécialement vantard, peut-être bien qu’il y avait de la simplicité dans son logis ; et de la raison aussi. Mais y’avais cette tendance à marcher sur le monde plutôt que de s’y déplacer. Cette indifférence, mais aussi ce plaisir à peine dissimulé de jouer avec l’absence de respect.

D’appuyer parfois même là où ça fait mal ? Qui sait.
Une gamine. T’es qu’une gamine. C’est ça ? Et lui, un pédophile ?
Y’eu presque du réconfort dans cette pensée peu subtile. Puis il la dépassa comme si elle n’existait pas. Il la décala même, simple bout de tissu laissé sur sa route, dont il fallait se débarrasser pour avancer. Elle ne bougea pas, elle eu envie de soupirer mais de la fatigue commençait à peser sur ses gestes ; pas de la lassitude, non, la sensation d’être éreintée. Il l’épuisait ; si vite. Elle se pinça l’arrière du coude. Keep going. Naruse revint dans la pièce à peine quelque instant après, une bouteille d’eau ouverte dans la main. Elle le regarda, plascide, mais pas rassurée. Il y eu un geste, un bras qui se tends, puis une avalanche.

Liquide, et froide. Sur sa peau, ses cheveux avant, sur son pull. Tout, trempé. Toute, choquée. Quoi ? Il l’avait fait, sans rien, d’un geste léger, pas imprégné, juste déplacé. Rinne eu presque le vertige tant sa connerie, et son impudence, n’avait pas de limites. C’était quoi, ce gars ?

Et là le sifflement du serpent, qui en remet une couche. Ah. Ça y est. Il ne sait pas sur quelle mine il vient de foutre le pied.

« Tu n'es pas un jouet, tu es un passes-temps, ne te donne pas plus d'importance que tu en as. »

« Ne te donne pas plus d’importance que tu en as. »
Rinne a un flash, qui fait trembler son monde.
Il est tard à Tokyo, et la ville crépite de ses lumières artificielles. Du haut d’un immeuble gratte-ciel, la vue imprenable permet d’apprécier ce flot comme une berge lointaine. Le ciel devient la mer, les lampes des insectes, lucioles éphémères mais fidèles. Il y a un siège, et de la moquette. Un bureau luxueux, un bureau vieux. Du bois, et un siège qui coulisse, tout de cuir tout de noir. Dedans, les jambes d’un costard gris. Il dépasse des chaussettes à losange, qui se prolongent sur des talonnettes un peu étranges. Du haut du siège, de la fumée âcre. De la Coco. De la coco. « Tu n’as aucune importance dans tout ça. Tu es juste… » Et un couperet qui file vers la gorge d’une innocente. « à ta place. ». Coupable.

Elle entends à peine Naruse jeter la bouteille vide sur le coté. Il y a une main qui se glisse sous son menton. Les yeux de Rinne sont vitreux. Ils clignent. Clignent. Puis la lumière subite d’une pupille unique, semble réveiller la flamme dormante. Réanimer l’esprit qui, l’espace d’un instant, a cessé d’exister. Il y a un sourire carnassier sur ses dents. De la proximité entre leurs corps respectifs. Rinne a froid, indubitablement. L’eau coule contre sa peau, le pull ne la retiens pas.
En territoire ennemi.

    « En… »

C’est une voix qui n’est pas une voix. Il y a quelque chose de déshumanisé. Ce n’est pas Rinne énervée. Ce n’est pas Rinne empourprée. Ce n’est pas Rinne blasée.
C’est autre chose, comme l’empreinte fantôme de quelqu’un. S’évapore.

    « Territoire ennemi ? »

Ses doigts glissent le long de sa cuisse, puis remonte. Elle recule, s’extirpe d’Akashita. Enlève son pull en silence, d’un grand geste des bras. Sa main retombe contre le pantalon où repose son M906. Plonge sa main, sous le tissu. Le sort, vive (ou pas ?). Au creux de sa main, le manche, et à son extrémité, le cylindre d’un silencieux.

    « Peut-être que tout sera plus simple si tu es mort. »

Rinne a peut-être bien pété les plombs.

Y'a du sang sur mes doigts
je frotte mais ça part pas
ça devient plus noir
c'est comme des lambeaux
de crayons à papier
et le papier
c'est ma chair immolée.


Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



Morte. C'était l'image qu'elle renvoyait d'elle-même au travers de son regard perdu. Le borgne souriait, mais alors même que leurs regards se croisèrent, il sentit que le poids de l'atmosphère venait de changer. Petit à petit, son sourire s'effaça, et la brune se recula. Quelque chose, un imperceptible pressentiment, lui parcourra l'échine. Il avait vu quelque chose dans son regard qu'il ne s'était pas attendu à voir, comme l'éclipse d'un souvenir qui ne lui appartenait pas. Instinctivement, il était déjà sur ses gardes ; ce qu'il avait vu n'était pas la défaite ni la soumission, et encore moins la peur. Quelque chose qu'il ne pouvait contrôler comme il l'avait fait avec elle jusqu'à présent.

Elle se déshabilla, et il ne l'arrêta pas. Il ne regarda même pas son corps, quelque chose lui murmurant que ce n'était pas le moment de baisser sa garde. Il la laissa faire, tant par curiosité que par doute ; la certitude que ce qu'il faisait était en sa faveur s'était dissipée pour laisser place à une question : Qui est-elle ? La question qui, auparavant, n'était que d'ordre du confort afin de coller un nom sur un visage, devenait un but.
C'est sans surprise qu'il la vit sortir une arme. Un silencieux de surcroît. Et il ne bougea pas, comme décidé à la laisser le menacer. Il avait touché quelque chose en elle qu'il ne s'était pas pensé capable d'atteindre, non pas parce qu'il doutait en ses capacités, mais parce qu'il ne savait pas que cela existait. Il semblait y avoir comme un traumatisme, revenu à la vie par ses mots ou sa gestuelle ─ il ne saurait le certifier. Qu'est-ce qu'on avait bien pu lui faire pour qu'elle se planque ainsi derrière des masques ?

─ Peut-être que tout sera plus simple si tu es mort.

Aucun sourire. Simple déclaration. Pas de menace. Juste un fait qu'elle énonçait. Comme si cette pensée l'avait habitée depuis le départ, même lorsqu'ils ne se regardaient pas. Ces mots, pourtant si neutres, donnèrent à Akagami ─ et non Akashita ─ l'impression que c'était ce que sa mère aurait pu lui dire toute son enfance. Il avait, après tout, bousillé sa vie jusqu'à la fin. Se lamenter ne servait à rien, culpabiliser ne menait nulle part, et s'en punir ne ramènerait personne. Alors, il eu un geste vif ; pas assez pour en sortir indemne, mais assez pour ne pas mourir. Il frappa son poignet de la paume de la main, décalant le cylindre ; au même instant, le doigt de la jeune femme avait pressé la gâchette et la balle c'était enfoncé dans l'épaule de l'homme qui serra les dents. Sa main libre vint attraper son cou, et il la repoussa vers l'arrière, la faisant tomber sur le lit et le tas de fringues. Un genou sur le matelas, il tint son bras armé hors de portée, serrant son poignet pour qu'elle lâche prise, et l'étranglait progressivement de son autre main.
L'aurait-elle vraiment tué ? Sur place ? Sans état d'âme ? Il n'aurait bizarrement pas parié dessus, mais il ne la connaissait que si peu. Il voulait savoir, voulait comprendre, voulait coller un foutu nom sur sa tronche et la foutre dehors à coup de pieds au cul. Son épaule lui faisait défaut, sa force diminuant beaucoup plus rapidement à cause de la blessure ; sa mâchoire était toujours serrée, et intérieurement il se plaignait déjà d'un futur arrêt maladie.

Il devait la forcer à reprendre conscience de la situation, de l'endroit où elle se trouvait et de ce qu'elle avait failli causer ; un Exodus tué froidement chez lui, sur le territoire même de son gang, pouvait extrêmement mal tourner. En dépit des situations déjà tendu, il ne la pensait pas de chez Alcatraz. Elle aurait flairé le problème beaucoup plus tôt, et se rendre sur le territoire d'Exodus aurait été beaucoup plus risqué ; elle aurait peut-être pensé à un piège. Alors, dans sa tête, Akashita l'avait déjà fichée ailleurs. Et quiconque n'était pas d'Alcatraz n'avait pas forcément envie d'entrer dans une histoire de règlement de comptes avec Exodus, surtout par les temps qui courent.
Elle toussait. Suffoquait. Il appuyait, assez pour lui laisser une trace dont elle se souviendrait. Puis, malgré lui, il ne pouvait plus maintenir son bras ; il attrapa alors l'arme, qu'il jeta de toutes ses forces derrière lui dans le salon. Il relâcha également la pression sur sa gorge, et la laissa reprendre son souffle tant bien que mal.

Pauvre conne, maugréa-t-il dans un grognement rauque.

Son regard était dur, accusateur, mais fatigué et suspicieux en même temps. La situation avait si vite dégénéré ─ par sa faute. Qui est-ce qu'il avait bien pu inviter chez lui, franchement ?

Oi, commença-t-il, il est temps d'arrêter la comédie.

Parle.

••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 13h03


Déliter


    Et ses cheveux trempés
    collent sur son visage
    des accents ratés.


Naruse réagit efficacement. Il tappe son poignet, le cylindre se décalle, et les yeux morne de Rinne vibrent : la balle part. Il n’y a pas de bruit, ou tout au plus, le murmure d’un son. Celui si caractéristique des silencieux ; qui rendent assez ridicule un acte pouvant mener en prison. Il y a du sang qui coule ; de l’épaule où s’est logé le monstre de plomb. Il y a une mâchoire qui se cripse, un bel effort. Une main puissante qui la repousse — une main que Rinne n’identifie plus, parce que le monde a perdu ses contours et tout ressemble à un démon. Elle s’applatie sur le lit, il y a un rebond, mais très vite, elle s’enfonce : le garçon la surplombe, son poignet brule, puis se gèle, les doigts libèrent l’arme qui a confirmé la guerre. Son cou est dans un etteau de chair. La prise s’accentue, elle suffoque. Elle ne sait plus. Rinne a l’impression que cette douleur irradiante a quelque chose de déjà connu. Elle agite les jambes, le talon de ses pieds qui glisse en paniquant sur le dessus de lit. Au milieu des vêtements. Elle veut s’accrocher à quelque chose, avec la main libre, mais ses forces la quittent, et son poing qui rebondi sur le dos du nippon a la constance d’une brindille.

Il y a des aller-retour entre un ici et un « là-bas » ; des visages qui s’intercalent contre la peau de Naruse-san. Il y a des rides qui se forment, déforment. Mais plus l’oxygène s’évapore, plus son encrage dans la réalité semble se reformer. Pourtant, sa tête implose. Respirer. Il faut respirer. Ses yeux reprennent de la vie, parce qu’ils pensent la perdre. Le sang coule de son épaule sur la peau marquée d’encre. Coule le long du bras d’Akashita, perle sur le torse encore un peu vêtu de l’Omega. Bientôt, c’est à son tour de manquer de force.

Il y a un appel d’air lorsqu’il la relâche. Elle s’étouffe, de la bave qui remonte, de la bile qui grince le long de la trachée étouffée. Son arme est loin dans le salon. Son âme est loin, de sa raison.

« Pauvre conne. »

Comme un coup de poing dans le thorax. Illusion brève, fugace. Les yeux de Rinne se dilatent. Signe de l’attention. Il y a des reflets écarlates dans ces iris qui se fendent. Ils cherchent un astre accusateur, puis le fuient. La bille aquatique les fixe. Elle a quelque chose de différent — mais l’adulescente est encore trop loin pour le voir.

Son corps se crispe, elle se tends. Elle doit se rouler sur le coté pour soulager sa respiration qui suffoque à ses dépends. Rinne tends la main, elle aggripe la première prise à maigre distance — c’est la jambe du garçon. Elle veut se redresser, un peu, mais son torse est feu. La main sur sa cuisse, le tronc à peine relevé, Rinne retourne la tête vers celui qui vient de l’étrangler, et qu’elle a manqué de tuer. Le temps se distant peu à peu, reprends une course ordonnée, éclaire l’ombre de ses yeux.

Le visage de Naruse est sévère mais aussi fatigué - quelque chose qu’elle n’a jamais vu, encore.
« Il est temps d’arrêter la comédie ». Rinne regarde les cheveux de jet du garçon, qui tombent sur ses épaules, se confondent dans le noir corbeau (les écailles du dragons n’ont pas la peau si dure). Elle ne peut pas ignorer les effluves sanguines qui parcourent ses pectoraux. Reprendre son souffle. Ses bras tremblent.

    « Je… »

Dire qu’elle est désolée ? Qu’en fera-t-il ? Sans doute qu’il le sait.

    « Ce n’était pas toi. »

Qu’elle visait. Elle remarque enfin que sa main appuie sur le membre du garçon, que son socle n’est pas un caleçon ni un coussin. Elle la retire aussi tôt, bascule en arrière, repousse quelques fringues, recale un de ces bras, essaye de se redresser, face à lui. Face à toi.

    « Ce n’était pas moi. »

Elle a du mal à sortir des mots pour t’expliquer tout ça. Parce qu’elle-même ne sait pas : c’est arrivé, voilà. Rinne a quelques souvenirs de ce genre d’errance. Elle pense à Kerby. Qui l’a un peu sortie de ces folies. Mais elle ne sait plus trop, ce qu’il lui a dit. Sans doute de jolies mots ; pour l’aider, aussi.
Qu’est-ce qu’elle peut lui donner ? Quel masque est donc tombé ? Elle maintient sa tête hors de l’eau en suivant le court de ses cils.

    « Je m’appelle Rinne. »

C'est comme inutile. Un son qui tombe à plat, depuis le bord de la rive.

Il y a du vertige dans sa tête, mais pas autant que pourrait l’être Naruse face au coulées de lave mortelles. Que lui dire, que lui offrir ? Son pantalon est encore trempé, ses cheveux gouttent sur le matelas déjà souillé. Elle essaye de se repositionner entièrement sur ses molet, de se redresser, de lever ses cuisses et son fessier. Elle arrive presque à la hauteur du torse de Naruse ; mais son corps accuse le choc. Le cerveau a du mal à récupérer sa dose de CO2. Elle a les yeux qui clignotent parfois. Mais elle contracte comme elle peut ses cuisse en équilibre, parce que malgré le flou de son état, elle ne veut pas tomber sur lui. Son épaule rutilante lui redonne toute sa culpabilité.

Une innocente sous le couperet :
Coupable..


Invité
kinky stuff
Rinne & Akashita
••••



Elle revenait à elle, respirait, se retrouvait, se rappelait, et parlait malgré la brûlure de sa gorge. Il savait ce que ça faisait alors il imaginait sans peine. Akashita ne pipait plus mot. En vrai, il n'avait pas spécialement eu de montée d'adrénaline, alors la douleur se faisait vite sentir. Il n'était pas sensible à la douleur ni prompt à pleurer au moindre coup ─ sauf le petit orteil contre le coin de la table ─ mais il devait bien admettre que cette douleur là était loin d'être agréable ou comparable à une simple baffe. Il sentait en lui un corps étranger, qui avait percé sa chair, le gênait, le dérangeait, grinçait, provoquait une sensation d'implosion aux abords de ses os.
Elle se présenta en tant que Rinne, et le borgne afficha un sourire faussé par la douleur.

Il t'en aura fallut du temps, bordel...

Il ne pouvait pas le cacher indéfiniment. Il voyait le sang couler, les gouttes tomber sur le corps à demi nu de la demoiselle, et son corps qui luttait déjà contre cette balle. Dents serrées, il s'éloigna d'elle, son dos percutant le mur alors qu'il baissait le regard vers la blessure ouverte ; sa main vint palper le muscle l'entourant, mais un sifflement de douleur le retint de trop toucher sa blessure.
A nouveau, son oeil bleu se reposa sur la dénommée Rinne, et ses pensées défilèrent à vive allure. Il ne pouvait pas se rendre à l'hôpital ; il devrait expliquer la provenance de cette balle et la raison, et s'il pouvait l'inculper elle, probablement pourrait-elle balancer les flics sur son dos également pour d'autres raisons.
S'il se rendait chez un de ses collègues Exodus, il ne doutait pas qu'elle se ferait instantanément exécuter, et peut-être même serait-il celui avec l'ordre de le faire. On ne traite pas avec la vermine. Ils pouvaient également la capturer et lui soutirer des informations. Est-ce que dans le fond, ce n'était pas mieux comme ça ? Peut-être.
Mais il ne voulait pas qu'on vienne marcher sur ses plates bandes et lui dire où aller quoi faire et qui fréquenter.
Réalisation. Le borgne tourna la tête et observa le mur blanc ; la balle n'avait définitivement pas traversé.

Putain manquait plus que ça...

Il se décolla dur mur et retourna au salon. En vrai, il n'avait pas l'habitude d'être blessé de la sorte. Il récupérait naturellement vite, son mode de vie sain facilitant ses guérisons. Mais des coups de canifs, des baffes, des éraflures de balles, ce n'était pas la même chose que d'en avoir une logée contre son os. Une opération chirurgicale allait être nécessaire, il le savait. Et bordel qu'il n'aimait pas l'idée. Dans sa cuisine, en dépit de la douleur, il s'activait, cherchait un truc qui pouvait potentiellement l'aider à supporter la douleur le temps d'aller... voir quelqu'un. Qui, il n'en savait rien. Mais Rinne ne comptait déjà plus des masses.

••••

by Wiise
avatar
FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
Crédit : Kayou & Sunsun & Absinthe (l) & Arashid e_e & Pureté infinie (l)
Âge : 24 ans
Habitation : 3 Chome-19-7 Nishiikebukuro Toshima-ku, Tōkyō-to 171-0021 Japon
Autres comptes : Lullaby
Messages : 531
C/4

Rendez-vous

    Mardi, 13h13


Réparer


    Il y a du silence
    et peut-être l'ombre d'un doute
    rêvélé.


« Il t’en aura fallut du temps, bordel… »

Son sourire est contrit. Rinne voit bien que le sang continu de perler lentement ; dans des gouttes trop grandes pour être négligées. Elle admire presque sa constance ; le fait qu’il ne soit pas en train de se décomposer. Elle félicite sa stature de lui garantir qu’il pourra un peu lutter. Elle n’ose pas trop bouger ; elle ne veut pas se tromper — enfoncer le mal qui est déjà assené. Il se relève, tâte. Rinne constate — la douleur doit irradier. Son corps se projette en arrière ; il tient encore debout, son dos choque contre le mur ; immaculé. Rinne a aussi compris : la balle est toujours bel et bien logée. Le problème reste tout entier. Son regard lancé la pique comme le bout acéré d’une flèche à la volée. Il doit être préoccupé — Rinne aussi l’est. « Putain manquait plus que ça… ». C’est dit ; c’est ça. Naruse disparait de la pièce, laisse des trainées de pointillés sanglants sur son chemin. L’appartement bien rangé se repeint. Elle entends du bruit, des pas maladroits, mais toujours bien menés. Il tient debout. Il doit chercher — une solution.

Rinne aussi s’active, s’éveille. La situation est posée, mais le remue-ménage a des allures de catastrophe, noeud inextricable. La balle dans son épaule appartient à son arme. Si il se précipite aux urgences, c’est sa tête qui tombera. Si les sources d’Absinthe sont justes, le gang le plus probable est l’un des pire à envisager. Si il décide de joindre ses collègues, elle n’aura pas plus de chance ; ce sera sans doute même pire. Un interrogatoire musclé ; la possibilité de se faire torturer. Rinne est coincée. Rhyme doit s’impliquer. Elle glisse du lit, toussote, expectorations enflammées. Elle inspire un bout coup, et l’air lui fait un mal de chien. Le froid semble s’être évaporé ; son esprit bien trop tourmenté. Il va falloir le convaincre de se laisser mener.

Elle rejoint le salon, et retrouve Naruse affairé.

Tu dois accepter de le laisser rentrer.
Un point de non retour, une nécessité.

    « Naruse-san. »

Une voix posée, comme on dépose sa main dans une partie de poker mouvementée. Un coup de bluff, ou une victoire assurée ?

    « Tu ne peux pas aller aux urgences. »

Elle se dit que s’il le voulait, il aurait sans doute déjà saisit son portable et appelé.

    « Tu le sais. »

Une banalité, évidente.

    « Je ne peut pas te laisser appeler qui que ce soit d’autre. »

Elle ne veut pas recommencer à le menacer. Il s’agit davantage de marchander ; ou tout du moins, de jouer cartes sur table, enfin. Mais la réalité, c'est que c'est lui le plus diminué.

    « Nous sommes dans des positions opposées. »

Elle circule le long du mur, ses doigts glissent du bout des ongles sur la surface granuleuse de la peinture qui a séché — depuis longtemps.

    « Tu as besoin d’être vite soigné. Et je connais quelqu’un qui peut nous arranger. »

Nous arranger ? Ou l’Arranger, elle ?

    « C’est une nécessité. Si ce que l’on pense savoir l’un de l’autre est confirmé, on ne peut pas y impliquer nos affaires privées. »

Sous-entendu : nos factions armées. Et elle est presque sûre qu’il en va de même pour lui. Ou alors c’est un beau pari, risqué.

    « Tu perds trop de sang pour avoir le loisir de te questionner. D’ici deux heures tu auras l’air d’un mort qu’on a ranimé. »

Elle se rapproche de lui, même si l’envie de le faire est des plus éloignées. Il a encore assez de force pour l’assommer et régler l’histoire de la manière que lui considère la plus adaptée. Rinne se remémore qu’elle n’est toujours pas sapée. Mais c’est un détail, à reléguer.

    « C’est un homme dont le travail consiste justement à réparer ce genre d’accident. »

Rinne a manqué de parler de désagrément. Mais la culpabilité a rompu ses côtes et ravalé ses mots. Accident, c’est neutre, et c’est adapté. Elle lui fait face, et son regard ne peut pas s’empêcher de rester rivé sur la tâche presque noirâtre. Abondance de liquide vital qui court loin de ses organes. Putain. Et si elle lui avait foutu le bras en l’air? Et si il ne récupérait jamais ? Et si elle avait entaché son destin ? Rinne a la nausée, mais elle tiens bon. Ce n’est pas elle la vraie amochée. Son coup palpite encore de l’agression ; mais il n’y a aucune rancune, à peine reste-t-elle choquée. Quelque part dans le lointain, la suffocation a quelque chose de familier.

Il doit accepter.
Sinon
tout va peut-être
s’arrêter.

Une angoisse te tiraille le ventre
un grondement intercalé
d'une amertume
décharnée.



_________________
        
Rinne a une identité multiple ; il faut au moins ça 
pour protéger son propre petit jardin secret s a c r é.
* rinne < civile >  ** riné < omega > 
*** rhyme < gérante du marché noir >
Contenu sponsorisé
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum