whisky whiskey scotch [Nott]
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FT : Hanmi / Unstoppable Siblings
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You can’t be trusted.

      Tout est une épreuve
      la venue au monde
      l’éducation
      la croissance
      l’étalage
      la déliquescence
      Des souffrances accumulées
      aux teintes parfois plaisantes
      juste assez pour stimuler
      notre envie de rester présents. »


Riné aquiesca silencieusement avec un hochement de tête ; le genre de mimique à vous dire « c’est bien que tu comprennes », « oui, parfait ». Nott est déjà l’entrée du bar quand elle repousse le tabouret - grincement aigu, glissement ardu (tâches de sucre sur le sol ; bière qui colle) - et se dirige à son tour vers la sortie. Elle a pris le temps de finir son café en un dernier geste, sa tête relevée vers l’arrière, le breuvage amer qui réchauffe une dernière fois sa gorge. Elle sait parfaitement où l’emmener, et se lèche déjà les babines à l’idée. Les breuvages y sont d’une rare qualité, le prix, d’un tout autre standing. Riné a déjà l’intention de le mettre à l’épreuve de façon plus pragmatique. De titiller ses défenses, la cohérence de ses paroles. Le terrain est tout préparé - elle sait ce qu’il en est, ou plutôt, ce qu’il Devrait en être de ses comptes. Ne manque plus qu’un peu de provocation ; d’ouvrir les conduits pour entrainer une c i r c u l a t i o n.

    « J’espère pour toi que tu aimes le Whisky ! »

Lui lance-t-elle en chemin. Une cigarette a rejoins l’aurée de ses lèvres, mais elle attends qu’ils soient dans une rue peu empruntée pour l’allumer. Riné fait toujours un peu preuve de respect, même extraite de sa vie civile. C’est la marque de son éducation, mais aussi de l’omnisconscience qu’elle a des gens qui l’entourent. On a pas tous choisi de crever par la clope ; autant essayer d’aider les raisonnables dans leur quête de santé. La ville est plutôt calme ce soir, ce qui arrange Rinne. Ils passent tout de même face à des ruelles où les néons chatoyant dialoguent avec les rires un peu gras (de l’alcool, tout le temps) des nippons en dérive.

Ils arrivent finalement en bas d’un petit immeuble. Sur le coté de l’entrée, un panneau renseigne les différents commerces établis dans ses étages. Tokyo ; ville trop pleine. Le Japon est obligé de construire en hauteur, de caser dans ce qui ressemble à des habitations des bars, des restaurants, des salons. Sur le coté de l’entrée, un escalier qui descend. Avant cet escalier, un distributeur. Rinne se saisit de quelques pièces de yen, et commande une bouteille d’eau. Elle boit, agite l’eau dans sa bouche, ingurgite le liquide. Elle jette un coup d’œil à Nott.

    « Tiens, rince-toi la bouche. »

Là où ils vont, pas question d’avoir le palais encombré de houblon ou d’alcool de patate (bien que l’un soit plus tolérable que l’autre). Elle lui balance la bouteille, sans se soucier de son avis. Au pire, il se contentera de porter le réceptacle de plastique. Les escaliers descendent sur une cinquantaine de marche, jusqu’à un sous-sol où repose un bar. Les lumières sont jaunes, tamisées, le sol est un joli parquet, et l’ensemble rappelle ces fameux bars constitués lors de la prohibition, aux Etats-Unis. Pas âme qui vive. Riné entre sans hésitation, et s’assoit à une table. Le temps qu’il s’installe, un monsieur est sortit de l’arrière salle. De nombreuses bouteilles sont rangées dans des étagères, le long du mur derrière l’établi. Riné salut l’homme d’un signe de tête, et se concentre sur Nott.

    « Tu bois du whisky ? »

Elle croise ses mains en dessous de son menton, après avoir glissé la carte à son encontre. Des premiers prix sont affichés, qui ne dépassent pas 600 yen. Riné se garde bien de lui dire que le Ardberg, qu’elle compte commander, rajoute un zéro à son addition. Pour l’instant, le pauvre garçon n’a aucune raison de se douter des intentions alambiquées de sa collègue. Pas même malgré leur entente habituelle, des plus relatives.

Se font face
un serpent et une pie
celui qui a des ailes
n’est pas toujours celui qui survit
(qu’il est dur de se terrer dans le ciel)


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Talkft— Rinne
Music— Regarde ce ciel illuminé par des milliers d’étoiles. Regarde le monde s’amuser autour de toi. Regarde la vie prendre forme. Une cigarette au bord des lèvres. La fumée grise qui s’envole vers un autre monde. Après quelques minutes l’autre te rejoint dans la rue. Tu l’observes un instant, sous la lumière blanche des lampadaires. Tu ne sais pas quoi penser d’elle. Ça reste une fille alors bien sûr tu ne peux pas l’apprécier. Mais quand même. C’est pas la première fois que tu as à faire avec elle et t’arrives toujours pas à choisir entre l’ignorer et la mépriser. Peut-être que ce soir tu arriveras à te décider. Qu’elle te donnera suffisamment de matière pour que tu puisses choisir. Ou pas.

Vous marchez dans les rues de la ville pendant quelques minutes. Pourquoi tu la suis ? T’aurais dû l’arrêter à la sortie du bar. Lui dire qu’elle balance sa proposition. Mais non. T’es tellement intrigué que tu acceptes qu’elle t’emmène dans un lieu paumé. Tu jettes ta clope encore à moitié intacte. Ce n’est plus les grandes rues larges d’Ikebukuro mais des ruelles glauques. Le genre d’endroit où les voitures ont du mal à passer et où peu de gens traînent à une heure aussi tardive. Des rires. Des relents d’alcools et de vomis. Ce n’est pas la peur qui parcourt ton échine, mais la méfiance. Vivre à fond sa vie ça veut pas dire se jeter les yeux fermés dans un coupe-gorge. T’es peut-être un peu con à tes heures, mais pas suicidaire. Pas encore. Le temps que ton cerveau imagine des trucs ton guide s’est arrêté devant un immeuble.

Elle te jette une bouteille d’eau en te disant « Tiens, rince-toi la bouche. ». Tu jettes un regard circonspect à la bouteille. T’es déjà bien gentil de la suivre jusqu’ici tu vas pas non commencer à suivre ses ordres comme un bon chien. Faut pas exagérer non plus. Et puis l’ambiance glauque et malsaine du lieu t’invites pas à faire preuve de gentillesse. Tu poses la bouteille par terre, à côté du mec assis par terre et visiblement trop alcoolisé pour pouvoir réagir. L’autre descend les marches d’un escalier. Tu la suis, pousse une porte et arrives dans un bar. Le genre de bar qui old school avec un style américain période années 1920-30. Ça te fait penser aux photos de bar que ton père avait prises lors d’un voyage d’affaire en Irlande. Et à ces vieux films de gangsters se déroulant pendant la prohibition aux Etats-Unis.

Tu rejoins l’autre à une table alors qu’un homme, le serveur, vient apporter une carte. Dans d’autres circonstances, genre pour draguer un mec ou deux et t’amuser, tu aurais certainement adoré cet endroit. Il a un charme que les autres bars de Tokyo n’ont clairement pas. Mais c’est pas par plaisir que tu es ici, mais pas intérêt, personnel et/ou financier. « Tu bois du whisky ? ». Silence encore. Tu n’aimes pas le whisky. Ça te rappelle les longs dîners à la maison avec des amis à tes parents. Des gens que tu voyais de temps en temps, toujours gentil avec toi. Ils parlaient de choses beaucoup trop ennuyeuses pour tes jeunes oreilles. Un coup d’œil rapide sur la carte à la page des bières. Le choix est large et les prix assez disparates. Toutes les bourses peuvent y trouver leur compte. Le choix est fait. Tu reposes la carte et te concentre sur la fille en face de toi. « Maintenant qu’on est au calme tu peux parler. », le ton est froid et condescendant comme souvent. Tu ne sais pas ce qui t’attends mais t’as envie d’en finir vite. C’est pas ton truc les longues causeries de toute manière.

L’homme revient. Il n’a pas besoin de parler, les autres savent qu’il attend les commandes. « Je prendrai une bière ambrée. Vous avez carte blanche pour la marque. ». T’as pas prévu de passer la nuit ici alors si elle pouvait se dépêcher de boire et de balancer le job.
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      Son impatience et irritation, manifestes.
      Dans ses gestes, ses regards en biais ascérés, et les paroles qu’il vient te balancer.

Assise sur sa chaise de bois, Rinne se délecte des faits et gestes du garçon ; qui enchaine les choix indiquant l’espace monumental les séparant. Tant dans les goûts que dans les manières. Il ne s’encombre pas de feindre, c’est déjà un bon point : il exprime clairement qu’il est là à demi contre son gré, et dans l’unique but d’établire du business. Une forme de professionalisme à n’en pas douter ; mais qui indique aussi un autre trait plus drôle à noter : Riné a réussi, d’une manière ou d’une autre, à piquer sa curiosité. Elle adresse un doux sourire –resptacble- au serveur, et retient une grimace quand l’infortuné à ses cotés commande une bière. Quel manque de discernement. Mais on ne peut pas tous aimer les bonnes choses, se dit-elle, dans l’humeur légèrement méprisante que lui inspire Nott.

Rinne déteste rarement les gens ; et elle ne les méprise que par dépit, ou lorsque l’human being en face d’elle a fait montre d’une stupidité évidente et volontaire ; ou a lui même sortit les crocs. Elle n’a pas cette intensité de sentiment pour quiconque ; il est rare que quelque chose provoque chez elle un peu plus d’un ersatz de réaction. Mais quand elle s’est lancée dans quelque chose, Rinne s’y investit. Et Nott a quelque chose d’assez irritant – de l’acabit du caillou dans le fond de votre chaussure. Et elle est de toute façon bien décidée à grapiller toutes les informations qu’elle est, dans cette mise en scène improbable, venue grapiller.

Le deal existe ; il est juste beaucoup moins risqué et compliqué qu’elle ne pourra lui expliquer. C’est nécessaire. Nécessaire pour évaluer l’ampleur des dégats. En soit, Riné espère ramener de quoi se rassurer : Nott est un artisan qui a du savoir-faire, et c’est sans aucun doute quelqu’un de potentiellement dangereux lorsqu’on se situe dans sa mauvaise main. Il va sans dire qu’Omega se portera mieux (et les affaires du marché noir) s’il s’avère être intelligent et de confiance. Sinon, le risque à prendre sera trop grand. L’informaticienne aux mains de sang sait qu’il faudra trancher : choisir l’option la plus profitable. Elle n’a aucune envie d’être à nouveau mêlée à des histoirs de nettoyage.

Le serveur revient avec leur commande ; celle de Riné ayant été transmise du bout des lèvres et d’un regard affable. Elle ne se cache pas d’être une habituée ; ni de l’habitude en question. Le whiky des Ilay est agité dans le verre qu’elle prends le temps de fixer, observant avec plaisir le dépôt se former ; couler lentement de son épaisseur sirupeuse jusqu’au niveau de son origine. Cela doit bien faire 10mn que Riné a laissé l’invitation (à peine cordiale) de Nott à s’exprimer. Elle continue de sourire d’un air satisfait, boit une infime gorgée, la garde en bouche, et avale en clignant des yeux avec appréciation.

    « Un fumet rare. »

Il finira bien par s’habituer : elle aussi, fait les choses à son rythme. Lorsque le verre se repose dans un bruit mat contre la table laquée, elle croise les doigts.

    « C’est un deal qui met en jeu plus d’un million et demi de yens. »

Elle a plongé son regard d’encre dans le tiens, d’un appui solide. Sa voix s’est muée en quelque chose de plus calme, de plus stable.

    « 400g d’amphétamines à réceptionner et livrer. »

L’opération était risquée, parce qu’elle demandait de se déplacer. Seul. Le rôle du soldat condamné.

    « Qui plus est, la marchandise ne vient pas de chez nous. »

Elle fit jouer ses doigts sur le bord de table pour les ramener jusqu’au verre. Au fond du bar, un air de jazz jouait le tempo de leur échange équilibriste : à un fil de tout contretemps.

Ils se tournèrent vers la croupière
l'œil hagard, vicelard
l'appétit du gain
ou le tapi
ou la couche
ils ne savaient que dire, que choisir


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Oups i did it againft— Rinne
Music— Elle est là en face de toi. A boire son whisky hors de prix. A prendre de grands airs comme si elle avait la situation bien en main. Et toi tu fais quoi ? Tu la regardes. Ton verre de bière sous le nez. Il attend impatiemment que tu le vides, ou au moins que tu l’entames, mais ça n’a pas l’air d’être ta priorité. Tu veux avoir l’esprit clair. La situation est trop mouvante. Trop incontrôlable. Il y a encore trop de questions sans réponse qui viennent hanter ton esprit. Pourquoi es-tu là ? Quel est ce job ? Est-ce qu’il n’y aurait pas autre chose là-dessous ? L’aigreur envers cette fille mélangée à un soupçon d’inquiétude commence à te rendre paranoïaque. Tu as envie que tout se finisse vite. Tu as envie d’un lit. De ton lit. Et d’un verre de vin. Oh oui, tu donnerais tellement pour un verre d’un de ces vins que ton père garde précieusement dans la cave. Un grand château bordelais. Ou un Bourgogne. Un nom célèbre. Le genre de vin qui coûte beaucoup trop cher à la bouteille même pour toi. Mais t’as juste cette bière. Cette pauvre bière ambrée qui malgré son odeur ne t’inspire pas. Tu n’as pas soif quand l’inquiétude frappe à la porte.

L’autre joue avec son verre. Elle te rappelle eux. Ton père. Ses amis. Tous ces gens que tu admirais étant gosse et que tu t’es mis à fuir un beau matin. Tu aurais dû garder tes yeux d’enfant Nótt. Ça t’aurait évité bien des problèmes. Mais il est trop tôt pour évoquer ça. Des événements doivent encore se produire. « C’est un deal qui met en jeu plus d’un million et demi de yens. » Enfin. Il était temps. Elle se décide à poser quelques cartes sur la table. Le jeu va pouvoir devenir intéressant de ton point de vue maintenant. Une telle somme c’est intéressant, après tout dépend de combien tu pourras garder dans ta poche mais tu verras la répartition des parts plus tard. « 400g d’amphétamines à réceptionner et livrer. Qui plus est, la marchandise ne vient pas de chez nous. » C’était trop beau. Les drogués et toi c’est fini. T’en as assez fait quand t’as débarqué à Tokyo. Mais plusieurs questions te passent par la tête. Elle a quelle forme l’amphète ? Et depuis quand Omega revend de la drogue qu’il ne fabrique pas lui-même ? A chaque fois que tu refourguais de la came dans la rue, tu allais la chercher auprès d’un pseudo scientifique complètement taré du gang, jamais auprès d’un étranger.

Tu gardes ton regard fermé. Ne rien montrer. Ne dire que ce qui est nécessaire. Tu joues en même temps une partie d’échec et un poker menteur. Tu pourrais dire que ça ne t’intéresse pas, que tu ne touches pas à la drogue, et te barrer. Mais quelque chose t’intrigue à propos de cette histoire. T’as envie d’en savoir plus. Peut-être qu’il y a des infos à revendre. Après tout si Omega est dans le mal t’as plus rien à y faire. « C’est quoi la qualité de la marchandise ? La somme est correcte mais on peut vendre ça plus cher si on sait à qui parler. » Premier étape : faire l’intéressé. De toute manière c’est marqué sur ta gueule que t’aimes l’argent. « Par contre. C’est qui les fournisseurs ? Traiter avec un taré drogué d’Omega ça passe. Mais pas les inconnus c’est trop risqué. » Deuxième étape : montrer la méfiance. Faire comprendre à l’autre que tu es avide mais pas con.

Tu bois une gorgée de bière. Afin d’installer un petit silence avant la prochaine attaque. Pas mauvais par ailleurs. Enfin c’est de la bière quoi. « Ce que tu as dit m’intrigue beaucoup. Que crois-tu qu’il se passerait si on apprenait qu’Omega a des problèmes avec son fonds de commerce ? » Oh Nótt tu ressembles tellement à ton père en ce moment. Assis au fond de ta chaise, une main tenant ton verre du bout des doigts, l’autre posée sur ta jambe, à proférer des menaces à peine voilées. Et ce sourire en coin. Et ce regard sombre plongé dans les yeux de l'autre. Il serait si fier de toi s’il te voyait. Tu aurais pu t’arrêter à la deuxième étape mais l’occasion était trop belle. L’inquiétude a finalement rebroussé chemin. Tu aurais pu être beaucoup plus direct, lui sortir quelque chose comme « Penses-tu que 400g d’amphétamine valent plus qu'une information pareille ? », mais on t’a toujours appris à respecter l’intelligence de son interlocuteur. Avec cette méthode tu espères en apprendre plus sur elle. Cerner ce personnage insaisissable qui te fait face. Avant de prendre peut-être une décision sur ton avenir.
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      Mordra, mordra pas ?


Rinne savoure autant son whisky que la pièce théâtrale qui se délite dans ses doigts et passe de ses mains à celle de l’importun. Y’a comme un air de tango dans cet échange discret et infiniment périlleux. Des pas qui claquent sur le sol silencieux : des avertissements mutuels ; des défiances invisibles, mais palpables étrangement. Rinne, elle te sent pas. Elle te sent pas du tout. Et y’a les échos du passé qui lui murmurent de se méfier à tout prix : de tout faire pour préserver l’ordre établi. Et toi, là, t’es l’écrou tombé dans les rouages d’une machine bien huilée. Un danger potentiel. Rinne se leurre pas : dans cette fosse aux lions, les cadavres ambulants sont tous pourris. Omega c’est le rassemblement des opportunistes et des individuels, ceux qui en ont assez dans la cervelle pour s’investir dans les deals uniquement quand ils leur font la part belle. Pour tenir tout ce petit monde en laisse ; ou plutôt, l’amener à former des liasses, c’est du travail d’orfèvre : du bon dosage à tous les niveaux. Impossible de tracer tout le monde ; impossible même d’exiger de qui que ce soit de rendre des comptes.

C’est le problème des têtes pensantes. C’est infiniment plus dur de leur mener la danse. Faut poser sur un plateau ce qui éveille leur appétit : mettre en bouche quelques amuses gueules qui ont assez de piquant pour attiser l’envie. Rinne, elle est pas sociable. Mais elle sait mener des négociations, et obtenir d’une corde vocale le son nécessaire pour sa partition. C’est quelqu’un de rigoureux. Et elle pense sans doute avoir vu l’enfer - en tout cas, elle l’a frôlé de près. Mais ce qui compte, c’est pas ça. Non. C’est qu’elle sait qu’elle en a vue que l’entrée : que la merde, la vraie, elle est si forte, qu’on peut plus respirer.

Elle sait très bien ce qui l’attends si quelqu’un vends les mauvaises infos au mauvais moment ; et pire, au mauvais garnement. Elle sait ce que ça donne lorsque la marée monte sur le terreau de leur marché abscons.

Elle sait aussi de tes paroles précédentes, celles au Q.G, que t’as pas apprécié le deal de la dernière fois. Que y’a des chances que ça t’ai laissé un gout amer en bouche. Pourtant, t’y es allé et tu l’as conclut : t’as pas reculé quand le mec s’est trouvé être le dernier des trous du cul. Et tu l’as quand même suivie dans ce bar à whisky. C’est que quelque part, t’es près à écouter ce qu’elle te sert. Qu’au fond de toi, même infime, y’a eu une part de ta curiosité. Ça témoigne aussi de ton esprit bien ficelé : il ne faut jamais passer à coté de quelque chose dont on n’a pas vue la nature. Y’a toujours une infime possibilité. Les occasions sont bonnes à prendre tant qu’elles sentent pas le cramé. Le cramé, ce sera pour plus tard.

Rinne, elle a l’infime sourire détendu plaqué sur le visage. Parce que c’est ainsi qu’elle joue Riné : comme une mauvaise garce pas trop méchante, un peu joviale, mais toujours renfrognée. En gros, de la placidité saupoudrée d’orgueil et de mépris. Un peu ses pires cotés ; la boute en train en prime, lorsque l’humeur le veut bien. Riné c’est sans doute l’indic que Rinne a jamais sut trouver. Son dernier recours. Parce que des informateurs, bien meilleurs, elle sait que les rues en sont pavées. Mais les questions qu’elle pose ou les fils qu’elle étends, y’a que elle, dans ce cas précis, qui puisse s’y atteler. T’as au moins ce mérite : d’avoir forcé l’éternelle planquée à se remettre en joue.

Parlant de joue : toi, Nott, tu joues bien. Y’a trop rien qui circule sur ta mine d’ange déchu. T’as cette plastique quasi parfaite qui la met mal à l’aise. Mais étrangement, y’a rien entre vous qui circule dans l’air : pas la tension habituelle que Rinne, éternelle ado, peut pas s’empêcher d’recevoir en pleine tête quand elle est en face de jolis gens. Sans doute que tu lui hérisses trop le poil pour réveiller chez elle quoi que ce soit d’autre que de la méfiance. Et un peu de mépris. Et beaucoup de professionnalisme, mine de rien. « La somme est correcte, mais on peut vendre ça plus cher si on sait à qui parler. ».

Elle taperait bien dans ses mains si c’était pas abusé. Tu gagnes des points : t’es pas le dernier né ; et tu dis les choses telles qu’elles doivent être prononcées. Oui. Oui. Il a entièrement raison. 400 grammes d’excstazy, c’est bien plus qu’un million et des brouettes. Ça grimpe facilement ; surtout quand on sait y mettre les formes.

Toi, Rinne, c’est pas ton job. Mais t’apprécies qu’il l’énonce : quelque part, il se vends à son tour. C’est un bon marchand.

« Par contre, c’est qui les fournisseurs ? » « Pas les inconnus, c’est trop risqué. ». Ah, un taré drogué d’Omega ça passe. T’as envie de le noter : pour pas oublier. Tout ce qui est oral, c’est jamais trop ta cam. Tu sais qu’en sortant d’ici tu vas devoir t’empresser de griffonner. Pour graver un peu ce que le lion a bien voulu servir à ta tablée. C’est décidément bien un membre du gang. Mais dans cet univers, en réalité, qui est assez bête pour accorder sa confiance ?

« Ce que tu as dis m’intrigue beaucoup. » Tu relèves les yeux vers lui : ils s’étaient perdus dans l’ambre de ton verre favoris. « Que crois-tu qu’il se passerait si on apprenait qu’Omega a des problèmes avec son fonds de commerce ? ». T’as envie de pouffer. D’où est-ce qu’il sort ça lui ? Mais c’est bien. Ça va t’arranger. Tu laisses tranquillement les cliquetis de ta machine cérébrale remonter : le temps que tout se mette en place. D’une gorgée plus large, tu regagnes le fumet, et claque ton verre sur la table, tapote ta langue contre ton palet. Puis Rinne sort une clope, tire le cendrier à elle.

« C’est une question intéressante. Qu’est-ce qu’il se passerait, hein ? »
Elle recraches sa fumée l’air de pas y toucher. Se perds dans le vague ; à peine : son regard continue d’accrocher le tien à présent. Elle a prononcé sa phrase d’une voix inégale : le début était vif, la fin presque morne, comme balancée dans le noir, au loin. Les vapeurs d’alcool se mélange au tabac dans un tourbillon de saveur agréable. Il lui faut au moins ça pour te trouver supportable. Même si au fond, se dit-elle, c’est pas grand chose. Tu la sort d’un quotidien d’errance en surveillance ; de veille intempestive mais inanimée. Elle tapote le bout incandescent et un paquet de cendre tombe platement.

    « Fais les calculs qui te semblent nécessaires, j’ai tout mon temps. »

Elle pose sa main sur la table.

    « Mais une fois dans le deal, on ne faisande pas. »

C’est une voix un peu plus grave : ou du moins sonne-t-elle ainsi.

    « Les informations nécessaires à sa conduite excluent toute rétractation. »

Puis un sourire un peu plus vilain triture son visage ; étire ses vaisseaux sanguins, délie sa langue.

    « Et crois-moi… Tu ne voudras pas te rétracter. »

Oh non.

L’annonce est maigre ; mais les quelques éléments qui planent lui semblent suffisant. Il saura à sa retenue que ce n’est pas qu’une question d’argent. Livrer la surprise au premier à coup aurait trahis l’inconsistance de ses propos : on ne sert pas sur un plateau d’argent le canif capable de tuer un khalife.

La biche se lécha les babines devant son prédateur naturel
au loin sur la colline
se trouvaient plusieurs d'entre elles.



_________________
        
Rinne a une identité multiple ; il faut au moins ça 
pour protéger son propre petit jardin secret s a c r é.
* rinne < civile >  ** riné < omega > 
*** rhyme < gérante du marché noir pour omega >
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We aretoxicft— Rinne
Music— Un air de vieux jazz américain dans un bar japonais. Et toi assis à la même table qu’une jeune fille. Scène étrange et improbable s’il ne s’agissait pas d’une rencontre professionnelle. Strictement professionnelle. Il y a toujours une atmosphère particulière dans ce genre de réunion. Les paroles sont agréables et polies mais les sous-entendus et les corps trahissent les rivalités profondes entre les personnes. Ici il n’y a que deux protagonistes. Toi et l’autre. Mais ça suffit à rendre l’air de cette salle mal éclairée électrique. Une sorte de jeu d’échec est en train de se jouer. Une partie où on ne peut voir ni les pièces ni le plateau, où les joueurs ne font qu’énoncer leurs coups en se regardant dans le blanc des yeux. Les spectateurs ne peuvent comprendre la scène. Peut-être même qu’ils s’en fichent. Après tout, ce qu’il se passe entre vous ne les concernent pas.

Tu avances tes pions un par un Nótt. Essayant de déduire à partir de rien ce que pense l’autre. Complexe. Impossible. Cette fille est une anguille passant entre tes filets. Peut-être qu’il est l’heure pour le pécheur de prendre des mailles plus petites. Ou d’abandonner cette pêche. Abandonner. Voilà un mot que tu n’apprécies guère. Mais il faut savoir préserver ses intérêts dans le monde des gangs, et lorsqu’on pense perdre la mise, alors on doit se retirer. Non. Pas encore. Tout n’est pas à jeter dans cette rencontre. Tu veux ajouter des informations sur la fiche de cette fille. Remplir des cases pour faire grimper son prix. Tu gardes la main sur ton verre tout en l’écoutant attentivement. « C’est une question intéressante. Qu’est-ce qu’il se passerait, hein ? » Silence de ta part. A toi de deviner ma belle, je ne suis pas doué en prédiction. Voilà ce que tu voudrais lui répondre mais parfois se taire c’est mieux. Si Omega devait apparaître faible aux yeux du monde des gangs le danger ne viendrait pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Ce gang n’est qu’un amas informe de gens qui partagent comme unique but : amasser de l’argent ou du pouvoir pour mon compte. Il n’y a presque que des opportunistes individualistes, et tu t’inscris sur cette liste sans remords. Si Omega devient faible tu prends la porte pour aller voir ailleurs. Comme beaucoup d’autres. Tu n’as aucun honneur et tu t’en fiches. L’honneur ne sauve pas des vies. L’argent si. Et si l’argent se trouve ailleurs alors tu iras ailleurs sans état d’âme.

Elle te sort de tes pensées. « Fais les calculs qui te semblent nécessaires, j’ai tout mon temps. Mais une fois dans le deal, on ne faisande pas. Les informations nécessaires à sa conduite excluent toute rétractation. » Sourire de sa part. « Et crois-moi… Tu ne voudras pas te rétracter » Il est temps de peser le pour et le contre dans cette proposition. Pour : il y a beaucoup d’argent à se faire, et l’argent t’aimes ça. Contre : le danger est impossible à évaluer mais potentiellement élevé, le contact pour récupérer la marchandise à l’air foireux et surtout c’est un deal de drogue. Le truc qui ne t’a pas réussi la dernière fois. Déjà que t’avais arrêté d’en vendre parce que tu te faisais agresser par les acheteurs. Ne vaudrait-il pas mieux passer. « Admettons que j’accepte. Je gagne combien et j’empoche un pourcentage de combien sur le prix de vente de la drogue ? » Toujours ce sourire angélique greffé sur ton visage .« Tu sais très bien que je ne fais pas dans le bénévolat et que mes tarifs sont particulièrement élevés en ce moment. Alors j’écoute ton offre. » Hésitation. Tu ne sais toujours pas si tu acceptes le job ou pas, mais le salaire te permettra peut-être de te décider.
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