voyage au centre de la terre. (killjoy)
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Sugimoto pouvait attendre, mais il manquait parfois de la patience nécessaire pour attendre en toute sérénité. Une main sur sa cigarette, une autre sur la chevelure, adossé négligemment contre sa portière fermée, une paire de lunettes de soleil protégeant son regard de l'éclatant soleil qui s'infiltrait dans les rues, le sokaiya patientait relativement sagement, les yeux observant à l'occasion à droite et à gauche pour vérifier que son rendez-vous n'arrivait pas. Il lui avait demandé de venir dans très exactement cinq minutes, et s'il ne s'attendait pas à la voir respecter une ponctualité parfaite - Sugimoto chérissait cette valeur, mais il ne l'exigeait que des gens de son rang, et peut-être par moments continuait-il par se voir comme plus proche des hommes d'affaires qu'il dépouillait que de ses véritables pairs, conscient de sa totale incapacité à se défendre contre leur violence physique. Le temps était radieux, la chaleur plutôt douce ; il avait un peu ouvert sa veste, mais le col de sa chemise était soigneusement boutonné sans qu'il n'en souffrît vraiment. C'était un de ces temps que Sugimoto appréciait particulièrement ; un beau temps pour mourir, songea-t-il avec un léger frisson.

Expirant la fumée nocive avec décontraction, Sugimoto songea à la réunion du jour. A vrai dire, elle n'aurait pas lieu dans le beau bureau (relativement récent, vitres propres, bien plus que l'argent qui avait probablement servi à le bâtir) devant lequel il avait garé sa voiture ; il fallait remonter une rue plus loin, dans un endroit plus sombre, moins bien famé. Mais bien évidemment, Sugimoto n'allait pas stationner son précieux véhicule à un endroit qui craignait trop, d'autant plus qu'il n'en était pas vraiment le propriétaire et n'aurait pas eu les moyens d'assumer des réparations. Cette absence de sous ne transparaissait pas du tout dans sa mise ; il respirait l'argent, Sugimoto, il avait le chic pour conserver son apparence de businessman à succès. Ce n'était pas Killjoy qu'il voulait impressionner ; elle représentait un investissement un peu risqué, mais qui pouvait à court termes renflouer un peu ses caisses personnelles. Non, c'étaient les hommes qu'ils allaient voir, et qui étaient des durs à cuire.

Devoir de l'argent à Alcatraz n'est généralement pas une bonne idée ; et Sugimoto préfèrerait se donner la mort que d'être endetté vis-à-vis d'eux. Ses créanciers à lui sont bien plus sympas ; il faut dire qu'ils savent quel genre de type il est. Absolument réglo, toujours à payer comme il faut, mais plus dangereux qu'on ne le croit. Sugimoto avait des connexions, beaucoup de connexions. Avoir le bras long, cependant, ne servait à rien face à ceux qui n'étaient guère impressionnés par Alcatraz. Il fallait un peu de force brute - ce que Sugimoto refusait d'offrir. Cela ternirait beaucoup trop sa réputation, après tout.

Une minute avant que Killjoy ne fût censée arriver, et Sugimoto se remémorait les quelques précautions qu'il allait devoir lui demander avant de se jeter dans la gueule du loup. Il doutait qu'elle aurait peur. C'était cela qui l'inquiétait le plus.
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Sugimoto & Killjoy

Monsieur Sugimoto avait besoin d'elle. Killjoy en aurait rit à gorge déployée si elle avait pas autant besoin de fric et de réputation ces temps-ci. Ce membre d'Alcatraz, connu pour être un parfait négociant en affaire, touche-à-tout, et bel homme, avait ... besoin de ses services. Killjoy, membre aussi d'Alcatraz dans le domaine du cassage de figure et du Fight Club, avait répondu bien évidemment présente. Mais en se posant les bonnes questions. Où allons-nous ? Voir qui ? Qu'est-ce que ça implique ? Est-ce qu'on va mourir comme des cons ? Ce à quoi M. Sugimoto avait répondu avec l'excellence dont il est capable : en donnant des réponses très évasives mais qui rassurent. Rien de bien important. Juste de quoi faire peur et en imposer. Sans trop en faire. Juste Joy, là, avec lui. D'accord.
Mais comme d'habitude, l'adresse est donnée seulement quelques minutes avant le rendez-vous. Juste le temps de s'y rendre. Akihabara. Évidemment, le quartier que la rouge déteste le plus de tout Tokyo et même de tout le Japon. Les bars, le marché noir, Exodus ... et la prison. Alors qu'elle voulait se changer les idées, passer à autre chose, voilà qu'on lui balançait les souvenirs de son frère en pleine tronche.

À l'heure, il fallait absolument arriver à l'heure. Pas avant et pas après. Sugimoto arrive le premier, c'est la règle. Vêtue de ses fringues habituelles mal lavées mal fichues, Joy avait attaché ses cheveux en un petit chignon à l'arrière, laissant seulement ses mèches de devant tomber. Des lunettes de soleil parce que le soleil tape, et aussi parce que ce fichu œil au bord noir ne veut pas disparaitre, et une sucette goût pastèque en bouche. C'est tout, c'est simple, c'est clair.
Et une fière allure à côté du bien fringué Sugimoto. Et ses cheveux violets décoiffés, ses petits yeux de la même teinte et ses beaux vêtements presque bien repassés. Joy baisse de suite les yeux vers le pli à l'avant qui saute au yeux une fois qu'on le remarque. Préférant ne pas s'attarder dessus, de toute façon il y a mieux à faire, elle salua l'homme d'un signe bref de la tête, avant de jeter le bâtonnet de sa sucette qu'elle mâchouillait sur les derniers mètres.

_ On y va, ou tu as autre chose à me dire ?

Non pas qu'elle se méfiait de son acolyte du jour. Il a la réputation d'être honnête et efficace. Normalement, tout se passera bien. Tranquillement. On va même s'ennuyer. Joy en baille déjà.
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Sugimoto observa Killjoy s'approcher de lui sans broncher. En l'observant, il ne pouvait s'empêcher de songer qu'elle avait l'air éminemment dangereuse : cela tenait à sa façon de se déplacer, décontractée, consciente même qu'elle n'avait rien à craindre. Elle avait cette allure de prédateur que Sugimoto avait appris à repérer très tôt, et qu'il n'avait jamais réussi à imiter tout à fait. Il avait fini par comprendre qu'il ne dégagerait jamais la même aura que les personnes comme elle : Killjoy semblait emplir l'espace comme si elle se fichait bien de savoir à qui il appartenait, alors que Sugimoto se l'appropriait avec un soin bien calculé. Ils étaient dépareillés : elle était naturelle, il était circonspect, et tous deux ne partageaient  certainement pas les mêmes valeurs. Il allait falloir avec : s'accommoder de leurs différences, de leurs habitudes de travail. Sugimoto se dit que c'était probablement plus facile pour lui que pour elle.
Personne ne savait jamais vraiment où se positionner avec lui, parce qu'il brouillait les limites, se défaisait de certaines conventions gênantes.

Sa cigarette était presque terminée, mais Sugimoto ne la jeta pas tout de suite. Au lieu de cela, il se servit de sa main totalement libre pour ranger ses propres lunettes de soleil, qu'il glissa négligemment dans sa poche. Le soleil était un peu agressif pour lui, et il battit des paupières jusqu'à ce que la silhouette de Killjoy lui fut plus nette. « Je ne t'ai rien dit de la situation, tu comptes y aller au culot ? » : fit-il remarquer sans la moindre condescendance, se contentant d'énoncer un fait dont Killjoy elle-même devait être conscience. Oh, techniquement, il lui avait bien dit des choses. Il lui avait dit qu'elle devait surveiller ses arrières et veiller à ce qu'il s'en sorte sans une seule égratignure ; il lui avait dit que ces hommes étaient dangereux et auraient sans doute besoin d'une manifestation de force. Selon lui, c'était tout juste suffisant pour accepter une mission ; mais pour la mener à bien, ne fallait-il pas en savoir plus ?

Sans lui laisser le temps de répondre, Sugimoto reprit la parole avec désinvolture, comme s'il était naturel qu'il conservât cette parole. Après tout, c'était lui qui dirigeait les opérations, et il préférait rendre la chose claire sans avoir à le dire explicitement. Il n'aimait guère les gens qui ne comprenaient pas les sous-entendus. « Je parle. Tu agis. Tu vas devoir faire un exemple, tu comprends. » Et il se tut, jaugeant sa réaction. Il attendait de voir comment elle allait réagir : si elle ne semblait pas saisir ce qu'il essayait de lui dire, la suite de cette collaboration risquait d'être assez difficile.
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Sugimoto & Killjoy

La situation. Quelle situation ? Des hommes dangereux, une altercation, le jeu du qui a la plus grosse. Killjoy avait cet air nonchalant habituel, attendant les ordres, mains dans les poches, lunettes de soleil sur le nez. Déjà bien silencieuse avant que M. Sugimoto lui dise de ne pas parler. Non, c'est lui. Elle elle est là pour montrer qu'à Alcatraz on peut faire les deux : discuter, si on est d'accord, et puis cogner, si on est pas d'accord. Mais sous cette façon d'être, aussi peu inquiète, se cache en réalité quelqu'un qui analyse tout ce qui lui passe sous le nez. Chaque mots, chaque paroles, chaque gestes.
Mais pour le moment, elle ne doute pas de ce qu'il se passe. Une journée ordinaire à casser des figures pour faire parler. Et pour se mettre d'accord.

_ Je parle. Tu agis. Tu vas devoir faire un exemple, tu comprends.

Joy acquiesce simplement.
Elle attend elle aussi un signe de Sugimoto avant de comprendre, au moins dix bonnes secondes plus tard, que c'est lui qui attend quelque chose. Elle hausse les épaules, ouvrant ses bras l'air de dire : Quoi ? C'bon ? On va pas attendre qu'la nuit tombe ? Ouais, bon, les sous-entendus elle aimait pas trop ça. Elle préférait que les choses soient dites clairement. Et elle commençait déjà à perdre patience, ce qui était pas vraiment bon, puisque dans ce rôle-là, il faut être calme et serein pour réagir de façon optimal et au bon moment. Sugimoto et elle vont faire un chouette équipe de gagnants.

_ Tu passes devant ou tu veux reluquer mon cul ?

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Killjoy était lente à la détente - sans doute n'était-elle pas habituée aux sous-entendus qui constituaient l'essentiel du quotidien de Sugimoto. L'homme n'avait pas vraiment le choix : s'il n'était pas capable de manier les mots avec aisance, d'y enfermer des sens cachés que seuls ceux qu'il désirait voir décrypter le message pourraient comprendre, il n'aurait jamais réussi à se bâtir une telle réputation. Et bien sûr, sa dette aurait été dans une situation bien plus critique qu'elle ne l'était aujourd'hui. Il ne pouvait pas en vouloir à Killjoy si elle avait du mal à le suivre, mais il en concevait une forme de sentiment de supériorité qu'il s'efforçait de ne pas montrer. Sugimoto en avait assez de voir tant de gens le surpasser dans tant de domaines : elle avait la force physique pour elle, d'autres avaient le monopole de son argent... Alors il se réjouissait des qualités qu'il avait pour lui, et qui ne se réduisait pas à son seul goût pour les costumes et les voitures. Il y avait quelque chose, en Sugimoto, qui le rendait différent des autres. Et seuls les hauts gradés d'Alcatraz avaient le droit de passer outre cette différence. C'était une situation ô combien idéale, pour quelqu'un comme lui, qui avait besoin de preuves concrètes à assigner dans son carnet.

Il avait les chiffres en tête, ainsi que les noms gravés dans sa mémoire, associés à des visages de voyous qui lui faisaient peut-être un peu plus peur que ce qu'il voulait bien admettre. Il savait qui faisait quoi, quelles étaient leurs spécialités, ce qui les rendait dangereux. Et il en avait dressé un portrait dont il comptait bien se servir aujourd'hui. Peut-être Killjoy se rendrait-elle compte que Sugimoto avait des dossiers sur à peu près tout le monde qui l'entourait - cela voulait dire sur lui-même également, et sur elle aussi.

« Vas-y, je te laisse reluquer le mien. » : lança-t-il avec décontraction, bien que la phrase lui laissât un goût amer dans la bouche ; elle ne collait guère à son raffinement. Cependant, la vulgarité était une arme qui, si elle lui seyait mal, ne lui faisait pas peur pour autant. Il se demandait quelle était son expression lorsqu'il lui passa devant ; sans doute neutre. Au fond, ce n'était pas très important, il n'avait pas vraiment à se soucier des regards de Killjoy. Tout son esprit était concentré sur l'établissement vers lequel ils se dirigeaient. Ils tournèrent et avancèrent jusqu'à arriver devant un bâtiment en apparence tout à fait normal, à ceci près qu'une plaque un peu étrangère indiquait un nom. Sugimoto ne leva même pas les yeux vers elle ; il descendit quelques marches et se posta devant une porte close, que l'on voyait mal depuis la rue. La main sur la poignée, il prévint Killjoy sans la regarder : « Quand on m'aura reconnu, ils sortiront leurs armes. Si tu peux anticiper cela, je t'en serai très reconnaissant. » Et il eut un sourire qu'elle voyait peut-être se refléter sur la surface lisse et métallique de la porte, un sourire clairement amusé, comme s'il n'était pas sur le point de mettre sa vie en danger
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